‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 45 sur 121 · LR RES DORE ET · texte numérisé non relu

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favorable que celui de juin, il ne nous avait pas indemnisés du retard de la saison pendant les deux mois précédens. Le premier jour d'août était arrivé, et nous n'avions encore vu la mer libre d'aucun côté. La masse de glace qui la couvrait continuait à être immobile. Cependant il était probable que le premier ouragan venant du sud la romprait, s’il durait seulement quarante-huit heures; de sorte que nous pouvions encore nous nourrir d'espérance.

Le mois s'était passé d’une manière assez monotone, mais du moins ce n’était pas faute d'occupations. Le vaisseau avait été complétement radoubé et repeint, et cette dernière opération, utile en elle mème, lui donnait aussi un aspect tout nouveau. Les voies d’eau avaient été si bien bouchées qu'il n’en faisait pas plus de cinq à six pouces dans les vingt-quatre heures. Nous y avions adapté des semelles, et nous espérions qu'il en serait meilleur voilier. Enfin nous avions fait servir, pour le réparer, différentes parties de la machine à vapeur.

Le changement de nourriture avait tellement amélioré la santé de nos hommes, que ceux mêmes pour qui nous avions eu à craindre une attaque de scorbut se portaient alors parfaitement. Nos approvisionnemens en poisson étaient pour nous un sujet de félicitation, et contrebalancaient un peu nos autres désappointemens. Ceux qui, en lisant ces pages, Y verront parler

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si souvent d’alimens et de nourriture, ne doivent pas s'en tenir littéralement aux idées que ces mots présentent ordinairement à leur esprit. Chez eux, un bon ou un mauvais diner n'est qu'un sujet de satisfaction ou de mécontentement, et le premier saumon de la saison n'est qu'un objet de luxe. Le mauvais diner d'hier sera compensé demain par un meilleur, et celui qui ne peut se procurer du saumon en trouve aisément l'équivalent. Mais pour nous, une bonne ou une mauvaise nourriture, des provisions fraiches ou salées, suflisaient pour faire pencher la balance entre la force et la faiblesse , entre la santé et la maladie, et, comme cela pouvait arriver, comme cela n'est arrivé que trop souvent autrefois, entre la vie et la mort. Ainsi, le premier saumon de l'été fut pour nous un médicament que toutes les drogues que nous avions à bord n'auraient pu remplacer. Et quand il n'aurait fait que diminuer le dégoût qu'inspire naturelleraent à la longue l’éternelle uniformité des provisions d’un vaisseau, il aurait eu pour nous plus de valeur que tout le saumon de la Tamise n'en a pour ceux qui peuvent s'en procurer.

Nos relations avec les naturels avaient continué à confirmer la bonne opinion que nous en avions concue, Peut-être étions-nous airivés à mieux connaître les particularités qui les caractévisaient ; peut-être avions-nous vu ben des

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