‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 56 sur 121 · CHAPITRE XXXVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIL

Une expédition est entreprise. — Relation de ce voyage. — Résumé du mois d'avril.

2 Le temps ne s'améliora que lentement; cepen- #1. dant le 2 avril la température pendant la nuit avril. fut à zéro, et dans la journée elle s'était élevée à 3° au-dessus. Nous nous aperçûmes que l’ai- ‘avril. guille d’inclinaison s'était dérangée Le dimanche il y eut une brise, qui devint un ouragan le lendemain. Les variations de la température furent

sans importance.

“avril. C'était le jour où nous avions commencé nos expéditions l’année précédente. L'état des choses était alors bien différent ; d’ailleurs nous ne pouvions guère nous passer de l’aide des naturels et du secours de leurs chiens. Dans la nuit du 6, le thermomètre descendit à 17° au-dessous de zéro , ce qui nous donnait une température de 34° plus froide que celle du même jour de l'année précédente.

4 avril,

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Toute la journée fut une suite de coups de 7 avril. vents qui chassaient la neige avec force. Ils cessèrent avant le jour suivant, qui fut beau, mais 8 avril. froid; le thermomètre pendant la nuit était à 20°; il ne fit pas plus chaud le samedi. Quand le » avr. soleil agissait sur la neige , elle devenait étincelante; mais on n’y voyait pas d'eau, et elle ne paraissait pas se fondre. Il fit encore plus froid de 2° le dimanche, qui se passa suivant l’usage. 10 avrit

Le lundi, le thermomètre remonta presque à 44 avril zéro, ce qui était un augure favorable. Nous nous occupâmes des préparatifs d’un voyage que nous projetions. Ce changement heureux ne fut pas de longue durée, car le lendemain le ther- 49 avri momètre retomba à 23°. L'année précédente, à pareil jour, il y avait plusieurs mares d’eau près du vaisseau et sur le rivage ; cette année-ci tout était glace solide. Les deux jours suivans, la 45 444 température s'adoucit, et le thermomètre monta *"i! très- près de zéro à midi. Il atteignit f° au-dessus de zéro le vendredi, et il se fixa à 2° le samedi: 45 «tu nos préparatifs de voyage se continuérent. cu

On vit ce matin le premier ortolan de neige ,, de la saison. Nos préparatifs de voyage furent terminés le lundi, et nous n'attendimes plus 48 avrit. qu'un temps favorable. Le lendemain parut nous, promettre un changement, car le thermomètre

avril.

9 avril.

monta à 8° au-dessus de zéro, et l'air semblait doux, en dépit d'une brise. Deux hommes furent envoyés en avant à une distance de deux milles,

ot

211 avril.

91 avril.

avec le traineau, afin qu'ils fussent prêts à partir de très-bonne heure le lendemain matin, si le temps le permettait.

Le temps étant beau, le commandant Ross partit de grand matin avec quelques-uns de nos hommes ; cinq devaient l’accompagner pendant toutson voyage ; les autres revinrent au navire, où ils arrivèrent à midi. On s’occupa à préparer un autre traineau et une cuisine portative. Le 21, le thermomètre monta jusqu’à 31° au-dessus de zéro, et nous fümes agréablement surpris en voyant arriver trois Esquimaux, Neytaknag, Pooweytak et Noyenak.

Ils étaient venus avec leurs chiens par les montagnes situées à l'occident, et ils s’arréterent à environ un quart de mille, en levant les bras pour montrer qu'ils étaient sans armes, et en s’'écriant, suivant leur usage et en forme de salut amical: « manig tomig ! » Nous allâmes aussitôtlesjaindre. C’étaientles Esquimaux qui avaient passé l'hiver à Awatutyak , au nombre de trois familles, et ils étaient alors à leur station près de l’entrée du bras de mer qui conduisait à cet endroit. Le commandant Ross les avait rencontrés, et il les avait chargés d’une lettre pour moi, pour m'informer qu'il avait acheté d'eux, pour deux couteaux, deux magasins de saumons. C'était une exellente nouvelle, et nous primes des mesures pour envoyer chercher le lendemain matin des provisions si agréables.

tir Nous leur donnâmes à diner et à coucher , et … si le nous apprimes d'eux ce qui suit: Tous leurs “À amis à Neitchillee se portaient bien, à l'exception h Ross de Tiagashu, qui était mort pendant l'hiver. Ils ù nos avaient tué beaucoup de rennes, pris beaucoup | dant de poisson , et ils s'étaient attendus à nous voir | ire, à Awatuise et à Neitchillee. L'un des trois était | arer sur le point d'aller à Neitchillee, et il appren- | . Le | drait à ses compagnons où nous étions alors. Nous 1ÿ SSUS | regrettâmes la mort de notre ami Tiagashu, qui ti s en | avait été un des premiers à nous donner des in- ‘Î | RAG » | formations sur la géographie du pays. Il était d’un excellent caractère ; et comme il avait une les | famille nombreuse, il avait tellement souffert de rent | la disette pendant un certain temps, que nous bras | avions cru devoir lui fournir des vivres ainsi qu’à t'en sa famille. Trèés-pauvre lui-même par suite de e sa- la même cause, ilavait fort peu de choses à vendre, ssi- el il n'avait pu faire que très-peu d'échanges | hient avec nous ; mais nous avions fini par lui faire | trois présent d’une lime et d’un couteau, ce qui l’après vait mis de niveau avec les autres. C'était un | h cet | acte de justice autant que de libéralité, car 1à con- J toute cette famille avait toujours été pleine d’at- L moi, 1 tentions pour nous, et elle nous avait montré sa our reconnaissance en nous donnant un veau marin C'é- sur deux qu'elle avait pris. Quoi qu'il püt être s des | comme Fsquimaux , il était du moins à nos yeux ain un homme aimable et exemplaire. Nous ne pù-

nes apprendre quelle avait été la cause de sa

mort, et nous regrettâmes de ne pas avoir été près de lui, puisque nos médicamens auraient peut-être pu lui sauver la vie.

22wril. Suivant les traces laissées par le premier traineau, je quittai le vaisseau à quatre heures du malin avec le chirurgien, trois marins et nos trois Esquimaux. Nous arrivâmes à onze heures à leur station, nommée Niokhunagriu. C'était l'endroit où nous avions dressé notre tente le 28 juin précédent. Nous y trouvâmes les deux magasins de poissons, qui ne pesaient ensemble que 180 livres, mais nous n’en payâmes pas moins le prix convenu. Ils se mirent sur-le-champ à nous construire une hutte de neige, et elle fut achevée en quarante-cinq minutes. Nous ne tardâmes pas à nous préparer un dîner chaud, qui nous fut fort agréable après avoir fait seize milles sur une glace très-raboteuse. Cependant nous

apprimes que la route était meilleure au-delà À de l'endroit où le commandant Ross avait quitté ceux qui l'avaient accompagné. Nos hommes ayant oublié leurs couvertures, nos bons amis

k. leur prétèrent des peaux.

A midi, deux d’entre eux partirent à grands pas avec un traîneau et six chiens, pour aller

chercher un troisième dépôt de poisson, qu'ils

nous dirent être sur les bords d’un lac à une : assez grande distance, Je pensai que cette nouvelle provision valait la peine qu'on l’attendit,

etle prix en fut également fixé à un couteau.

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Pendant ce temps nous examinâmes leur hutte,

qui était assez grande pour les trois familles,

ayant dix-huit pieds de diamètre; mais elle était

dans un état de dégradation qui prouvait qu’elle

avait été occupée depuis le commencement de

l'hiver. Les femmes nous accueillirent cordiale-

ment, et nous en trouvâmes une vieille qui était malade, ou qui croyait l’être. Le chirurgien lui donna quelques médicamens. C'était la femme à plusieurs maris, et elle lui montra sa reconnaissance en lui donnant une des pierres d’où ce peuple tire du feu, présent qui devait certainement avoir du prix aux yeux de celle qui le faisait. Ils nous offrirent de l’eau, qui est fort rare-parmi eux dans cette saison, parce qu'il faut beaucoup d'huile pour fondre une certaine quantité de neige ; ils nous donnèrent aussi du saumon, et nous l’acceptâmes pour ne pas les offenser; nous leur times en retour quelques petits présens.

Ils nous firent des questions sur les hommes de notre équipage, et ils répondirent à celles que nous leur adressâmes sur leurs amis et leurs familles. Un enfant nouvellement né avait été nommé Aglugga, en l'honneur, à cequ'il paraît, du commandant Ross, que les Esquimaux nommaient ainsi. La vue de cinquante peaux de veau marin prouvait que leur pêche avait été bonne, et indépendamment de la chair que nous voyions dans leur hutte, ils en avaient plusieurs dépôts sous la neige. Ils avaient en outre tué

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