‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 65 sur 121 · SES · texte numérisé non relu

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28 mai.

point de manquer. A dix heures du soir, nous partîmes , et il fut décidé que le commandant Ross examinerait la côte à l’ouest, tandis quej'en ferais autant du côté de l’est, en m'en retournant par Padliak. Il avait des provisions pour quinze jours ; je jugeai donc qu'il pouvait en employer au moins six à aller en avant. Comme je me séparaï alors de lui, je dois différer à rendre compte de son voyage jusqu'au moment où ilen fera lui même la relation. Après notre séparation, je me mis en marche, traversant d’abord un bras de mer qui avait déjà été examiné, puis une vallée dans laquelle coulait une rivière, etenfin nous arrivâmes à minuit au cap Isabelle par un temps couvert et un épais brouillard.

Nous nous étions arrêtés au milieu de la baie de Padliak ; mais le soleil étant caché, nous ne pümes déterminer précisément dequel côté nous devionsmarcher. Cependantnous partimes à huit heures, quoique mes hommes se plaignissent d’inflammation aux yeux, et nous dirigeâmes uotre marche de notre mieux, au milieu de la confusion et de l'obscurité que causait l'épaisseur du brouillard. À minuit, nous arrivâmes à un bras de mer semblable à celui qui conduit de Padliak au grand lac. N'y trouvant pas de naturels, je résolus de continuer à avancer dès que nous aurions pris le repos qui nous était indispensable, car nos provisions tiraient à leur fin. Cependant ; ayant quelque temps à moi, je

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répétai en cetendruit les observations que j'avais déjà faites pour déterminer de combien ce lac était élevé au-dessus du niveau de la mer.

Notre tente était sur une hauteur d’où je pou- 29 nai.

vais obtenir une bonne vue du pays, dès que le ciels'éclaircirait; mais un vent accompagné d’une neige épaisse dura toute la journée. Il se calma dans la soirée , et je pus voir le cap Isabelle sur la mer occidentale, et les terres élevées de Shaga-voke du côté de l’orient ; mais je ne pus décider si nous étions venus par le lac que nous avions à l’est, ou par celui qui était à l'ouest. Quoi qu'il en füt, nous continuâmes à marcher, et nous trouvâmes le chemin bon jusqu'au lac qui était le plus près de nous ; mais la quantité de neige récemment tombée, avait tellement changé l'aspect de la terre, que je pouvais à peine reconnaître aucun des objets que je connaissais si bien. Nous parvinmes pourtant à arriver à ce lac, quel qu’il füt, et nous fûmes tres charmés d'en trouver la surface ‘eaucoup plus favorable pour voyager, que la glace raboteuse de la terresur laquellenous avions marché jusqu'alors, non sans nous fatiguer beaucoup. Ayant ainsi réussi à trouver une route plus agréable, si le nom de route peut s'employer ici, nous suivimes la rive du lac située au sud-est. Nous vimes chemin faisant plusieurs ortolans de neige, et nous ne fümes pas fâchés de rencontrer ces messagers du printemps de cette contrée glaciale ; prin-

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