‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 64 sur 121 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Journal de mai, — Voyage avec les naturels.

Deux des naturels étaient arrivés la veille, avec la provision de veau marin qu'ils nous avaient promise, et qui pesait 173 livres; ils nous avaient aussi rapporté cinq gros poissons qu'ils appelaient Erkalook-ait-loo. Apprenant qu'ils avaient un autre dépôt de poissons à vendre, nous les envoyâmes les chercher. Le temps fut froid ; le thermomètre était à zéro. Le mardi, les deux Esquimaux revinrent, apportant un veau marin, et une petite provision de poisson qui ne pesait que 65 livres, car ils n'avaient pu retrouver leur magasin.

Le thermomètre monta à 20° au-dessus de zéro, et la température moyenne fut de 4°.

Les deux Esquimaux nous quittèrent, en nous promettant de nous apporter dans trois jours un veau marin et des saumons. Ils devaient pêcher

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pendant l'automne à l'endroit où nous étions, et à Neitchillee pendant l'hiver. Notre nouvelle cuisine portative réussit parfaitement. Le principal avantage en était, qu'elle n’exigeait d'autre combustible que de l'huile, cu de la graisse. Ayant coupé la glace près de nous, nous lui trouvâmes une épaisseur de cinq pieds et demi. Le thermomètre pendant la nuit, fut à zéro. Le samedi , nous envoyâmes chercher quelques objets qui avaient été laissés en arrière pour faire place à M. Taylor sur le traineau. Ainsi se termina la semaine.

Après l'office divin , nous recümes la visite de quelques familles d'Esquimaux. Un des hommes entreprit de nous conûuire à Neitchillee, par les lacs , en huit jours de temps. Sa récompense devait être une grande perchede bois. Uni autre, qui était resté à bord, s'en alla le lendemain , en nous promettant derevenir dans quatre jours. Pendant ces deux jours et le suivant , il n’y eut guère de changement dans le temps, mais la wempérature moyenne devenait graduellement plus douce.

Nous eùmes, le mercredi, un ouragan et de la neige. Cet ouragan ne fut plus qu'une forte brise le lendemain. L'Esquimaux revint, mais il n’avait à nous vendre que quelques vêtemens. Les préparatifs de voyage étaient en train , et entre autres choses on apprêta des provisions pour douze hommes pendant trois semaines. Le temps

5 et 6 mai.

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parut promettre de s'améliorer, car le thermomètre remonta , pendant le jour , jusqu'a point de congélation , et il ne descendit qu’à 12° audessus de zéro pendant la nuit.

Pendant leur promenade du dimanche, nos hommes virent plusieurs traces de rennes : ces animaux semblaient revenir pour l'été. La matinée du lundi fut employée à tout préparer 16 mai, pour notre voyage; et à huit heures du soir , le

premier traîneau , avec la barque en peaux , et des provisions pour six hommes pendant trois semaines, et un second traîneau portantune même

15 mai.

quantité de provisions, partirent pour aller reconnaître la seconde chaîne de lacs et la côte occidentale de la péninsule, aussi loin au nord qu'il serait possible. Deux naturels devaient servir de guides à ces deux divisions. Calculant que nous atteindrions en sept jours la côte occidentale, notre plan était que la seconde division, sous les ordres du commandant Ross, continuât son examen , tandis que la première retournerait au vaisseau pour en rapporter de nouvelles provisions , et rejoindrait la seconde par le plus court chemin. Nous désirions en outre obtenir des naturels de nouvelles informations géographi- 5

ques et de nouveaux approvisionnemens en vivres et en vêtemens.

Nous fimes neuf milles avant midi, et nous arrivâmes aux huttes des naturels à Neotaknag , environ une heure avant les traîneaux. Nous y

17 mai,

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dressâmes notre tente. Des guides qui nous avaient été promis devaient être prêts dans la soirée. On nous dit que plusieurs rennes avaient récemment passé en cet endroit, poursuivis par un loup. Nous avions autrefois trouvé les Esquimaux en possession d'un fragment d’une grande pièce de bois , de quelques cercles de fer et d’autres objets ; nous avions soupçonné qu'ils nous les avaient volés, ou que quelques-uns de nos hommes les leur avaient vendus ; ces soupçons pénibles furent alors dissipés et le mystère fut éclairci. C'étaient des objets que nous avions jetés à la mer comme inutiles pour faire place à d'autres, et les Esquimaux les avaient trouvés. Je gravis une montagne d'environ 800 pieds de hauteur pour examiner le pays. Nos guides arrivérent dans la soirée, conformément à leur promesse.

Notre marche avait quelque chose de nomade, et formait une ligne pittoresque. La mère des deux guides marchait en avant, un bâton à la main. Venait ensuite mon traîneau, attelé de deux chiens, contenant un de leurs enfans et quelques objets à leur usage, et guidé par une femme portant un enfant sur son dos. Suivaient alors un traîneau des l'squimaux , puis celui du commandant Ross, et un second traîneau des naturels. L'arrière garde se composait d’un Esquimaux trainant deux peaux remplies d'huile, et nous marchions à quelque distance avec un

de leurs jeunes enfans. Nous fûmes obligés de

dt | faire plusieurs haltes , car les traîneaux étaient | pesamment chargés, la neige très-profonde et la glace raboteuse.

18 mai Nous avions eu quelque dificulté à déterminer nos guides à aller si loin, quand nous dressâmes nos tentes, et les naturels se construisirent sur-le-champ des huttes de neige. Un graud vent, accompagné de neige, s’éleva alors et dura jusqu’à midi. Nous avions traversé le fond de la

ER baie et l'embouchure de la grande rivière à la-

quelle nous avions donné le nom de Lord-Lind-

say. C'était l'endroit où nous avions acheté une

“dl grande quantité de saumons l’année précédente.

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| Nous étions à environ trois milles du continent,

k près d’un groupe d'îles rocailleuses qui s’éten-

À daient de nord en sud. La terre était très-élevée

sil des deux côtés, et nous avions devant nous la

| 1 | j moniagne de Kakoloktok. Notre marche s'était E | | dirigée jusqu'alors vers le sud, à fort peu de "| chose près, et nous avions fait quatorze milles.

S Dans la soirée tout fut prêt pour le départ, et

l le comniandant Ross se rendit sur la montagne

ë que je viens de nommer pour prendre des angles,

tandis qu'on se remettait en marche. À mesure que nous avancions , le bras de mer se rétrécissait, et l’on voyait un plus grand nombre de petites îles qui indiquaient que l’eau était peu profonde. Nous arrivâmes bientôt à une petite rivière, de chaque côté de laquelle était un ro-

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cher de cinq à six cents pieds de hauteur. Il y avait aussi , à l’est de l'île, un canal le long de la

côte du continent , par lequel nous pourrions “ | abréger considérablement la distance en retour- 41 nant au vaisseau. La neige et la glace étaient 4 f f de nature à rendre notre marche pénible, et 5

nous ne pümes avancer que lentement. A neuf heures nous passâmes devant l’embouchured’une autre petite rivière nommée Sokinnohunuting, ct nous arrivämes enfin à celle de la rivière de Saumarez.

C'était le 19, et nous rejoignimes en cet En- 19 mai. droit le commandant Ross. Nous fümes trèssurpris de voir que cette rivière n'était pas couverte de glace, et que l'eau en remplissait le lit et coulait avec rapidité ; mais nous le fûmes encore davantage en apprenant qu'elle avait été dans le même état pendant tout l'hiver. En faisant quelques questions à ce sujet, nous apprimes qu'il se trouve plusieurs sources dans le lac qui est au-dessus, à environ un mille de distance. Nous tirâmes les traineaux sur une chaîne de hauteurs d'où nous obtinmes une bonne vue de cette rivière , qui semblait couler dans la direction du sud-ouest. Dans un endroit elle était resserrée entre des rochers dequatre-vingts pieds de hauteur, et le lit en était si étroit que nous

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nous figurioms presque que nous pourrions sau-

ter par-dessus. La température de cette eau était

de 34 degrés aulessus de zéro, et nous püûmes 1. 18

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tous nous désaltérer sans avoir l'embarras de faire fondre de la neige.

La glace dr lac n’était pas couverte d’une neige aussi profonde que celle de la mer, mais cette neige ne présentait aucun indice de dissolution. Nous en suivimes les bords du côté de l’ouest , où était le pied d’une montagne haute et escarpée, et nous dressâmes nos tentes à trois milles de la rivière, près des huttes de nos guides , qui nous avaient précédés. En dépit de tous nos soins et de toutes nos précautions, un de nos hommes eut un doigt du pied gelé , et il nous fut de peu d'utilité pendant le reste du voyage ; il avait caché son accident jusqu'au moment où les remedes ordinaires ne pouvaient plus suffire. Il en arriva autant à un autre, mais il fut aisément guéri, parce qu il nous en avertit à temps.

Les naturels s’occupèrent à faire des trous dans la neige pour y déposer des provisions et quelques autres objets, ce qui allégea beaucoup les traîneaux. Ils firent aussi quelques traineaux de glace d’eau douce en forme de bassin elliptique peu profond. Deux de ces traîneaux attachés ensemble contenaient une quantité considérable d'objets à eux appartenant, et portaient en outre une de leurs femmes. Quoique lourdement chargés, ils marchaient avec beaucoup de rapidité.

Ce ne fut pourtant qu'à neuf heures qu'ils furent prêts à partir, et nous continuâmes à côtoyer le lac du côté de l’ouest, la vieille femme

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maintenant toujours son rang en tête de la troupe. Les rives du lac étaient hautes et rocailleuses ; sa largeur variait d’un à deux milles, et il inclinait davantage à l'ouest. À onze heures nous arrivâmes à un détroit d'environ cinquante toises de largeur. La rive était escarpée du côté du sud, et de l’autre était une pointe basse couverte de cercles de pierres, restes des habitations d'été des Esquimaux qui nous accompagnaient,

. qui y avaient fait un dépôt de poissons pour leur retour. Ils nous dirent que c’était une excellente station pour y pêcher des truites de lac, mais que les poissons de mer ne pouvaient remonter si haut, à cause de la force du courant dans la partie étroite de la rivière dont je viens de parler.

Tandis que nos hommes prenaient leur repas et se reposaient , les naturels firent un trou dans la glace pour pêcher. Nous fûmes surpris de voir qu'elle n'avait que cinq pouces d'épaisseur , quoique ce ne fût qu'à cinq toises du rivage, et que l'eau n'eût en cet endroit qu'une profondeur de six pieds. Elle aurait dû y étre plus épaisse qu'au milieu du lac, où pourtant, quoique nous ne pussions trouver le fond, elle n'avait que deux pieds d’épaisseur. La température de l’eau y était précisément au-dessus du point de congélation. Nous essayâmes d’expliquer cette singularité, en supposant l’existence d'un courant d'ouest en est jusqu'à vine

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époque tardive de la saison ; mais comme on ne voyait aucune pente apparente, celte solution n'avait rien de bien satisfaisant. Si nos Esquimaux ne prirent pas de poisson, nous vimes du moins de quelle manière ils en prennent. Une boule d'ivoire ou d'os, à laquelle sont attachés quatre petits morceaux semblables, est suspendue à une ficelle attachéé au bout d’un bâton. Le pêcheur tient ce bâton de la main gauche et maintient ces balles en mouvement à quelques pieds au-dessous de la glace, pour attirer le poisson; et dès qu'il en voit un, il le perce avec la javeline barbelée dont j'ai déjà fait la description.

Après une heure de repos, nous continuâmes à marcher sur les bords du jac, et nous y trouvâmes plusieurs baies et criques et quelques iles, Nous arrivâmes ensuite à un autre détroit qui était aussi une station de pêche, et quelque lemps après à un troisième, près duquel était une ile où nous vimes des restes de huttes qui avaient servi au même chjet. Là nous dressâmes notre tente, et l'Esquimaux qui nous accompaguait bâtit sa hutte. Nous remarquâmes en cet endroit des traces de rennes, et nous vimes un loup. À huit heures du soir nous nous remimes en marche , et nous arrivâmes à une terre basse d'un caractère différent. Elle consistait en pierre à chaux, et jusqu'alors tous les rochers avaient été de granit. La neige était fort épaisse, et pen-

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dant la nuit le thermomètre tomba au-dessous de zéro.

Là quelques-uns des naturels qui nous accompagnaient ne se soucièrent plus de voyager la nuit. Ils firent donc haîite, et se mirent à se con: struire une hutte, après nous avoir assurés qu'ils nous rejoindraient le lendemain. L'un d'eux et sa femme consentirent pourtant à nous suivre. Après avoir fait huit milles, nous arrivämes à une île où nous trouvâmes les restes d'une tente d'Esquimaux , et un des naturels s'y arréta.

Le 21, nous traversämes une vraie contrée de y, x,

désolation, guidés par quelques pierres que les naturels avaient placées à cet effet. Nous passà mes devant plusieurs petites îles, et enfin nous arrivâmes a six heures à l'extrémité de ce grand lac, après y avoir voyagé trois jours. Nous campâmes en cet endroit, où nous vimes plusieurs rennes et deux loups ; mais ils étaient tous trop

‘ prudens pour se laisser approcher. Un vent très-

fort souflla du nord-est; il tomba de la neige, et le froid fut très-vif, quoique le thermomètre ne fût qu'à 20° au-dessus de zéro. Nous donnâmes à ce grand lac le nom de l'amiral justement célèbre, Von-Krusenstern.

Le vent ne nous permit pas de marcher ; d'ailleurs les Esquimaux n’y auraient pas consenti. Le thermomètre tomba à 3°. Le lendemain le veut se calma; mais ils ne voulurent point partir avant que leurs compagnons les eussent rejoints,

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21 mai,

ce que le mauvais temps les avait empéchés de faire la veille. On ne voyait qu’une vaste étendue de neige couvrant un pays plat. Le sol était si bas près de l'eau qu’on ne pouvait distinguer où il finissait. Un des Esquimaux nous apprit qu’il y avait une troisième chaîne de lacs à l’ouest, dont les eaux se déchargeaient dans l'océan oriental au moyen de la grande rivière.

À quatre heures les deux hommes qui étaient restés en arriére arrivérent , et se construisirent une butte. Ils nous informèrent qu'il existait un autre lac du côté de l’est, et ils le nommaient Tishagriahiu , de même que celui près duquel nous allions arriver , et auquel je donnai le nom de mon ami Jekyl, capitaine de la marine royale. Tandis qu'ils se préparaient à partir , nous eùmes le temps d'examiner un nouveau traineau, que nous trouvämes aussi beau qu'extraordinaire. Il avait la même forme que les autres, mais il était entièrement de glace et parfaitement bien fait. À sa transparence, on l'aurait pris pour un traîneau de cristal; et quoiqu'il semblât avoir la fragilité du verre, il était assez fort pour supporter le poids des objets nombreux dont il était chargé. Enfin , tout étant prêt, nous partimes à onze heures.

Nous franchimes plusieurs langues de terre et quelques petits lacs, guidés par des marques qui étaient souvent tellement couvertes de neige, que nos guides étaient obligés de s'arrêter et

d'entrer en consultation ensemble. A minuit, nous traversâmes une rivière et ensuite un petit lac; et après avoir passé à quatre heures une chaîne de petites hauteurs , nous entrâmes dans uve vallée remplie de neige et contenant un lac d’où sortait une rivière que nous remontâmes jusqu’à ce que nous fussions arrivés sur la pièce d’eau dont elle emportait le trop-plein. Ce lac avait deux milles de longueur, et il se joignait à un autre, à peu de distance, par le moyen d'une rivière qui en réunissait plusieurs dans cette chaine, de manière à former une pente générale. Je donnai à ces deux lacs le nom du professeur Hanstein. Nous finimes notre journée après avoir fait quiuze milles, et nous dressâmes enfin nos tentes à dix heures. Le sol sur lequel nous avions voyagé pendant cette journée était redevenu de granit; la rivière que nous avions traversée avait cent cinquante toises de largeur. La latitude de notre position était 69° 45° 20", et la longitude 95°.

Nous fûmes rejoints par deux des naturels que nous avions laissés en arrière, et il fut bientôt nécessaire de nous remettre en marche. Là, comme dans tous les endroits où nous nous étions arrêtés, les Esquimaux firent un dépôt de provisions pour les y retrouver à leur retour. Ce ne fut qu'avec difliculté que nous pûmes déterminer l’un d'eux à partir, et je crois qu'il n’y aurait pas consenti sans la crainte qu'ilavait de perdre

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j 25 mai,

la récompense qui lui avait été promise. Nous vimes quelques loups, un corbeau et un hibou. On tira un coup de fusil sur un loup sans l’atteindre. La température à minuit fut de 14° audessus de zéro.

Le ciel était couvert, et une brise fraîche venait de l’est, quand nous nous mimes en marche. A près avoir traversé un petit lac, nous arrivèmes à une langue de terre formant la ligne de séparation” de ceux que nous avions passés en quittant le grand lac de Krusenstern. Nous trouvämes ensuite un Jac fort étroit, et nous suivimes une rivière qui conduisait à un plus grand, à deux milles de distance. Après nous être reposés une heure, nous nous remiîmes en route; et ayant traversé une autre langue de terre, nous arrivâmes au grand Jac dont je viens de parler. Il s’étendait d'est en ouest, et semblait avoir dix milles de longueur ; mais la nuige ne nous permit pas d'en reconnaître Ja largeur. La terre faisait partie de la Boothia-Felix , et il y avait plusieurs îles basses à l'extrémité orientale du lac. Les naturels nous dirent qu'il était très-poissonneux, les saumons y remontant de la mer occidentale par une grande rivière. Après avoir marché douze heures et fait dix-huit milles, nous dressâmes nos tentes près de la rive septentrionale du lac. [l tomba beaucoup de ncige pendant

toute la journée, et le thermomètre monta à 30° à midi.

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Nous partimes à unc heure du matin, et, nous 26 mai. dirigeant vers l’ouest , nous arrivèmes en deux heures à l'extrémité du lac. Après avoir traversé encore une langue de terre , nous trouvâmes une rivière à laquelle nous donnâmes le nom de la Princesse-de-Suède, et l’ayant passée, nous arrivames au lit de la grande rivière. Après une halte dont nous avions grand besoin, nous la descendimes jusqu'à son embouchure , qui était au fond d'une baie de trois milles de longueur.

C'était celle que le commandant Ross avait déjà examinée. La terre y était élevée et rocaillense, et, ce qui était rare en ce pays, l'aspect en avait quelque chose de romantique. La place où nous nous étions d’abord arrètés, se nommait Padliak, et l’on avait reconnu que l'entrée du bras de mer en était à trente-cinq milles à l’ouest quart de nord-ouest. Nous vimes en cet endroit un troupeau de douze rennes.

Nous y trouvâmes aussi trois familles d'Esqui- 27 mai. maux de notre connaissance, occupant deux huttes ; mais nous regrettâmes d'apprendre que Kablala était parti quelque temps auparavant ; qu'Ikmallik et sa famille étaient au-delà de Neitchillee, et que nous n'avions aucune chance de les voir. Nous apprimes pourtant avec plaisir qu'ils avaient eu du succès à la chasse des rennes l'hiver précédent, et nous achetâmes une peau de daim, une paire de pantalons, et une peau pleine d'huile à brûler, dont nous étions sur le

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