‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 70 sur 121 · CHERE · texte numérisé non relu

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ma conduite , mais de montrer à ceux qui voyageront par la suite dans les régions arctiques aussi bien qu'aux navigateurs comme nous, quels résultats on peut obtenir avec un peu de soin et d'attention. C'est un fait certain que, de tous les voyageurs qui ont passé l'hiver dans des climats septentrionaux, jamais aucun n'en à éprouvé de plus rigoureux par sa température , de plus remarquable par la durée du froid excessif, de plus fréquemment accompagné de coups de vent impétueux. Notre destin fut de passer ici, non quelques mois, comme la plus grande partie de ceux qui nous y ont précédés, non une ou deux saisons, mais une longue suite d'années, dont je puis dire, sans exagérer, que presque la totalité ne fut qu’un long hiver, et un hiver qui, presque constamment, comme le démontre le registre tenu pendant notre longue détention au milieu des glaces, fut, même pour cette contrée , d’une rigueur extraordinaire. Comme le prouvent toutes les pages de mon journal, nous ne cherchions à nous épargner aucun travail à l'extérieur du navire, Nos hommes voyageaient comme nous toutes les fois qu'il le fallait , et travaillaient en plein air, sans y être forcés, à tout ce que nos devoirs exigeaient, comme sinous eussions été en Angleterre. Jamais la crainte du mauvais temps ne fit éviter ou différer aucun genre de service , si ce n’est en des cirepnstances très-particulières que j'ai toujours

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indiquées quand elles se sont présentées. On peut aisément reconnaître la vérité de ce fait dans l’ensemble de cette relation , et c’est de ce simple exposé qu’on peut tirer les conclusions sur lesquelles je crois devoir fixer l'attention.

Quelle fut donc la température, ou plutôt quelles furent les températures pendant ces saisons prolongées qui ne furent, je le répète, qu'un long hiver, un hiver sans exemple, de quatre années? Le lecteur de cette relation l’a vu dans le journal de presque chaque jour ; il a vu que le point de congélation était pour nous presque la « chaleur d'été » ; qu'un froid au degré de zéro était le « tempéré » , et que si nousavions froid, c'était quand le thermomètre était à 30, 5o et même 80 degrés au-dessous du point de congélation.

Avions-nous des ouragans violens et des chutes de neige épaisses? Nos hommes y étaient-ils exposés dans leurs divers voyages ? Avaient-ils à faire face au vent, et à la neige qu'il chassait ? Dormaient-ils dans une maison de neige, même quand ils étaient épuisés de fatigue et affaiblis faute d’une nourriture suffisante ? On a vu tout cela. On a vu qu'en plusieurs occasions nos rations furent réduites ; et j'ai prouvé, ce que personne n'ignore , que rien ne contribue davantaÿge à rendre les effets du froid pernicieux pour le corps. Et pourtant, malgré tous ces travaux, toutes ces fatigues, toutes ces privations,

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