‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 71 sur 121 · RE ES · texte numérisé non relu

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3,4 juin.

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un seul homme souffrit sérieusement de la gelée, et perdit une partie du pied ; encore cette perte fut-elle uniquement la suite de son imprudence. On ne doit donc pas dire qu’on ne peut prévenir ces accidens, même dans les circonstances les plus défavorables. Je ne me vante de posséder aucun secret ; les plus simples précautions suffisaient , et ces précautions sont au pouvoir de chacun. Que les hommes de mon équipage que J'ai ramenés chez eux disent si elles étaient suffisantes ou non

Le 3 et le 4 n'offrirent guëre de changement , et nous ne fûmes pas très-occupés. Le dimanche ne fut marqué que par l'office divin ; mais nous avions disposé la veille une expédition pour le lundi , et par conséquent tout était prét.

Dans la soirée, le chirurgien et quelques hommes de l’équipage partirent en avant avec le traîrteau pour aller à une distance de sept milles. Mais le lendemain il y eut un ouragan si violent, et il tomba tant de neige, que nous ne pümes partir. Nous l’essayâmes la nuit suivante ; mais ayant à marcher contre une forte brise et la neige, nous n’arrivâmes au traîneau qu'à six heures du matin. A neuf, le soleil se montra tout à coup, et son éclat nous éblouit tellement, que nous fümes obligés de dresser notre tente, trois milles seulement au-delà , près du rocher que nous avions comparé à Ailsa.

A huit heures du soir, nous nous remimes en

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ée, marche vers le sud-ouest , et passant au travers rte des îles, nous arrivâmes à une montagne située a à vingt milles du vaisseau , et que j'ai déjà désinat gnée comme étant fréquentée par les mouettes. chSé Nous y vimes les premières qui fussent arrivées der de cette saison. Un mille plus loin, nous troufi - vèmes deux tentes d'Esquimaux ; et quelquesde | uns de nos anciens amis nous invitèrent à y enque | ter, quoiqu'ils fussent pris à l’improviste, et St qu'ils fussent couchés à peu près péle-mêle, hommes , femmes et enfans. Deux jeunes gens nt, nous dirent qu'ils étaient en chemin pour porter she | du poisson au vaisseau , et nous promirent de Le nous en fournir pendant l’été. Is avaient enten- “le du parler du commandant Ross, mais ils ne l’aaient pas vu. Nous leur dimes de se rendre au ues vaisseau , et nous nous séparâmes.

AA Un brouillard épais survint, mais nous avions Ÿ juin. les. nos propres traces et celles des naturels pour nt, nous guider. À huit heures, nous arrivâmes à mes Shag-a-voke , et nous dressimes notre tenté sur aus la côte , le soleil ayant trop d'éclat pour que nous k la | pussions le supporter. Je laissai en cet endroit de } les provisions destinées au commandant Ross FE avec une lettre; et nous élevâmes au-dessus d’un nt, | Monceau de pierres un pavillon pour attirer son te, attention. Comme Île brouillard ne me per- … mettait de rien examiner, nous retournâmes au vaisseau.

a Les traces © ” naturels, que nous suivions , 10 juin

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nous prouverentqu'ilsn'avaient pasdetraîneaux, et qu'ils trainaient dans des peaux ce qu’ils portaient avec eux. À cinq heures, nous campâmes au même endroit qu’en venant , et enfin nous y trouvämes de l’eau. Je partis en avant, afin d'envoyer du vaisseau quelques hommes à l'aide de ceux qui m’accompagnaient, de sorte que j'y arrivai troisheures avant eux. Les deux naturels y avaient été, mais ils n'avaient pas apporté de poisson, et ils devaient revenir le lendemain. Pendant mon absence on avait rouvert le trou que nous avions fait dans la glace peu de temps auparavant, et la nouvelle glace qui s’y était formée avait dix-sept pouces d'épaisseur.

Les hommes que j'avais laissés en chemin arrivèrent avec le traîneau, et long-temps après, ceux que j'avais envoyés à leur secours, et qui ne les avaient pas rencontrés , s'étant trompés de chemin. A huit heures, nous vimes les deux Esquimaux arriver. Îls nous apportaient quatrevingt-dix-sept livres de poissons de différentes espèces, consistant principalement en petites morues , en gades, et en quelques saumons. Ils nous apportaient aussi une peau d'ours et quelques vétemens. Leurs femmes vinrent ensuite. Nous les recmes sur le tillac, le samedi n'étant pas un jour commode pour les admettre entre les ponts. Ils nous promirent une autre provision de poisson pour le lendemain.

Le dimanche, à cinq heures du matin, un af-

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freux vent d'ouest nous amena de gros nuages chargés de neige , et il en tomba pendant seize heures sans interruption. Cela n'empècha pas nos Esquimaux d'arriver après l'office divin , avec le poisson qu'ils nous avaient promis ct quelques autres objets. Je les fis entrer dans la abane, et je leur lus quelques passages des saintes Écritures dans la Bible en Esquimaux , qui m'avait été donnée à Holsteinborg. Iseurent l'air de les comprendre, quoique je m’y attendisse peu ; ils m'écoutèrent avec grande attention , et ils corrigeaient mes fautes de prononclation, en me faisant répéter les mots qu'ils ne comprenaient pas jusqu'à ce qu'ils pussent en trouver le sens. Je leur lus ensuite le symbole et l’oraison dominicale, dans le livre d'Egede , et ils parurent du moins en comprendre les paroles. Pour m'en assurer encore mieux , je leur lus quelques mots du vocabulaire d’Egède , et je fus convaincu qu'ils les entendaient mieux que ceux qui se trouvent dans des ouvrages imprimés plus récemment. Je ne les laissai point partir sans leur avoir donné un repas en poisson, et ils me promirent de revenir; il eût été inutile de chercher à savoir ce qu'ils pensaient de ce qu'ils m'avaient entendu lire, et s'ils en comprenaient

Je sens; car nous ne connaissions pas assez leur

langue pour faire une pareille tentative ; el je le vegrettai beaucoup.

de ne parle pas ainsi en fanatique ; et je n'ai

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jamais concu des idées romanesques de la perfectibilité des nations sauvages. Je suis encore moins porté à supposer qu'aucun pouvoir humain puisse enter une religion raisonnable et solide sur l’esprit d'hommes qui manquent de tout ce qui peut être le fondement d’une foi raisonnable, et saine en pratique; qui n'ont jamais fait usage de leur raison; et qui, comme je puis le dire en toute sûreté, n'ont guère de l’homme que ce qu’on trouve dans les êtres qui approchent le plus de la nature purement animale. Et pourtant, même dans ces contrées, Dieu n'a pas laissé sa toute-puissance sans preuve, quoique les démonstrations puissent en être quelquefois très-étranges. Comprenaientils la moindre chose à tout ce que je leur disais, en essayant de leur expliquer les choses les plus simples de la manière la plus simple? je ne pouvais même faire une conjecture à ce sujet. En aurais-je été plus avancé, si j’eusse mieux compris leur langue? j'ai tout lieu d'en douter. Qu'ils eussent, jusqu'à un certain point, une loi morale « écrite dans le cœur, » c'était ce dont J'étais convaincu, comme je l'ai déjà dit ailleurs, car beaucoup de traits de leur conduite le prouvent; mais hors de là, je ne pus m'assurer de rien; et tous les efforts que je fis ne purent me mettre en état de rien conjecturer qui mérite d’être rapporté, sur leurs opinions concernant les points essentiels qui au-

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raient pu me faire présumer qu'ils avaient une religion.

À cinq heures du matin , le commandant Ross 1 juin. arriva avec ses compagnons, tous en bonne santé. Les naturels prirent congé de nous pour aller pécher à Neitchillee et nous apporter du poisson. Au lieu de faire l’extrait de la relation de cette expédition, je laisserai le commandant Ross parler lui-même.

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