‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 74 sur 121 · RE RE EG · texte numérisé non relu

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possession de ces huttes, ce qui nous permit de ent | nous occuper plus promptement de nos observations. Cependant nous campâmes à six heures

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du soir sur une pointe de terre à environ un demi-mille de ces habitations abandonnées.

Nous ne perdimes pas un instant pour commencer nos observations , et elles se continuerent toute cette journée et la plus grande partie de la suivante. Les détails scientifiques en ayant été communiqués à la Société royale, et imprimés ensuite dans les Transactions philosophiques , il est inutile de les répéter ici.

Néanmoins, pour satisfaire la curiosité générale, nous allons en donner les résultats les plus remarquables , d'une manière simple et facile à comprendre. L'emplacement de notre observatoire était aussi près du pôle magnétique que les ressources limitées que je possédais me permettaient de le calculer. L'inclinaison indiquée par mon aiguille était de 89° 59 , étant ainsi à une minute de la position verticale, tandis que la proximité de ce pôle, sinon son existence positive précisément à l'endroit où nous étions, était encore confirmée par l’action , ou pour mieux dire, par l'inaction complète des aiguilles horizontales que j'avais alors en ma possession. Elles étaient suspendues de la manière la plus délicate possible , mais il n’y en avait pas une seule qui fit le moindre effort pour se mouvoir et changer la position dans laquelle on l'avait placée : fait qui prouve, comme doit le savoi:' à présent quiconque a quelques connaissances en physique,

que le centre d'attraction est à une très-faible

distance horizontale , sinon immédiatement endessous.

Dès qu'il ne me resta plus le moindre doute à ce sujet , je fis part à mes compagnons de ce résultat satisfaisant de nos travaux communs, et ce fut alors, au milieu de félicitations mutuelles, que nous plantâmes le pavillon britannique , et que nous primes possession du pôle nord et du territoire environnant , au nom de la Grande-Bretagne et de sa majesté Guillaume IV. Les fragmens de pierres à chaux qui couvraient le rivage nous fournissaient en abondance des matériaux pour bâtir ; nous élevâmes donc un assez haut monticule de pierres, sous lequel nous déposâmes une caisse d’étain , dans laquelle était placé un écrit contenant les détails de ce fait intéressant. Nous regrettâmes seulement de ne pas avoir les moyens de construire une pyramide plus solide et en état de résister aux assauts du temps et des Esquimaux. Si elle eût égalé celle de Chéops, je ne sais si elle nous l eût paru d’une hanteur suffisante, en cemoment d’exaltation d'esprit. La latitude de cet endroit est 70° 5’ 17", et la longitude 96° 46° 45°.

Ce sujet intéresse trop toutes les classes de lecteurs, pour que j'omette quelques autres remarques relatives à ce qui en forme la partie scientifique, quoique je désire le renfermer dans le cercle le plus étroit possible. Pendant notre absence , le professeur Barlow avait tracé

toutes les courbes offrant une variation égale, jusqu’à quelques degrés du point de leur rencontre , laissant aux observations futures à déterminer ce point, s’il était jamais au pouvoir des navigateurs d’en faire. Il fut très-satisfaisant pour nous , à notre retour en Angleterre, de trouver que l'endroit que j'avais ainsi examiné était précisément le point central où ces lignes se seraient rencontrées s’il les eût prolongées uavantage sur sa carte magnétique. Je n’insiste pas davantage là-dessus, tant à cause des limites dans lesquelles je veux me renfermer, que parce que tous ces détails scientifiques se trouvent rapportés dans l'essai qu'il lut à la Société Royale six mois avant notre retour en Angleterre.

Il doit pourtant m'être permis d'ajouter encore une remarque; car parler de ce qui a été fait, et ne rien dire de ce qui reste à faire, serait laisser imparfaite une question aussi importante.

On a vu qu'autant que nous pouvions compter sur nos instrumens, nous étions placés à une minute du pôle, mais non précisément sur le point où il est situé; présumant que ce point pourrait être déterminé par des instrumens tels qu'il est à présent au pouvoir de la mécanique d'en construire. Le lecteur qui n'est pas étranger aux sciences sait cela depuis long-temps; et si les conversations populaires accordent à notre voyage le mérite d’avoir planté notre pavillon

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sur lPendroit même, sur le so.met enfin de ce pôle mystérieux que bien des gens regardent peut-être comme un objet réel, visible et palpable, on peut à présent se désabuser si on le veut; mais dans un semblable cas, où un peu de latitude n'a pas grande importance, l’absurdité même de cette croyance prête au sujet un intérêt que la simple vérité n'aurait pu lui donner.

Pour déterminer ce point avec plus de précision, où avec une précision complète, si la chose est possible, il faudrait le concours de différens observateurs placés à différentes distances, et dans des directions différentes, de l'endroit calculé; et pour obtenir tous les résultats intéressans auxquels on pourrait arriver en employant ces moyens, il faudrait aussi que ces travaux se continuassent pendant un temps considérable. Je n'ai pas besoin de dire en quoi consistent les résultats qu'on pourrait attendre ; car ce sujet, sous ce point de vue, est un peu trop abstrait pour des lecteurs ordinaires ; je ferai donc seulement allusion aux mouvemens diurnes et annuels de l'aiguille, à ses variations sur le pôle même, et aux conséquences qu’on pourrait en tirer par la suite. Tout cela est de la plus haute importance pour la théorie du magnétisme.

Ayant ainsi brièvement établi ce qui reste à faire aux observations futures; ayant montré ce qui, comme je puis le dire hardiment, manque

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