‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 79 sur 121 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

Fin de juin. — Résumé de ce mois.

Il tomba de la neige, et le sol en fut tellement 14 juin. couvert, qu'on ne voyait pas un pouce de terre. Aucune mare d’eau ne s'était formée, et il n’y :f avait pas une goutte d’eau courante. Cependant la température monta pour la première fois à

40°. Dans le cours de cette journée comme de

la précédente, nous tuâmes quelques gélinottes,

et ilen fut de même le lendemain. Il neïigea de ;5 juin. nouveau le 16, cependant le soleil parut ensuite, 46 juin. ! et une mare d’eau se forma enfin près du vaisseau. ti Cette eau, pendant la nuit , se couvrit d’une

glace d'un pouce d'épaisseur, etelle ne se fondit

qu'à midi. Le soleil fit alors quelque impression 17 juin. sur la neige ; il en fit encore davantage le len- 48 juin. il Ë demain , et ainsi se termina la semaine. È j 4 Le dimanche vit s’accomplir nos devoirs reli- 19 juin. Ê

| gieux suivant l’usage. La journée du lundi fut 90 juin.

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chaude et la nuit très- froide. Nous vimes des troupes d'oies et de canards voler vers le nord, et nous tuâmes quelques gélinottes.

21 juin, Le soleil avait alors presque atteint sa plus grande élongation. C’était le solstice d'été, et pas une goutte de pluie n’était encore tombée. Il ne s'était pas encore passé vingt-quatre heures sans que le thermomètre descendit au point de congélation. Cependant la première pluie tomba dans le cours de cette journée pendant deux Leures, quoique la glace formée pendant la nuit eût un pouce d'épaisseur.

22 juin. Dans la matinée du 22, nous eûmes une brise fraîche venant du nord; mais il y eut encore une forte gelée pendant la nuit, aïnsi que pendant

33 juin. celle du lendemain. 11 fit encore plus froid le

24 juin. jour suivant, car le matin le thermomètre était à 30°, et il ne remonta qu'à neufheures au point de congélation , où il resta pendant les vingt-

95 juin quatre heures du samedi. Depuis trois à quatre jours nous avions tué un assez bon nombre de canards, d'oies , de gélinottes et de pluviers.

26,2% Ces trois jours n’offrirent aucun changement,

75 Ji: ci ce n’est qu'il plut dans la soirée du lundi, et que nous pümes enfin nous fournir d’eau sur le rivage. Cependant la surface des mares se gela

29 juin. encore le 29, le thermometre étant tombé à

50 juin. 31°; et la moyenne de la température du 30 ne fut que de 35°. Pendant tout ce temps on avait

travaillé à l'arrangement des agrès du navire, et

il était alors presque entièrement terminé. Il était décourageant de voir que nous serions prêts si long-temps avant que le temps le fût, et que nous étions arrivés à la fin de juin, que nous avions passé le solstice, pour avoir encore de la gelée toutes les nuits, avec peu de compensation pendant Ja journée. Le solstice d’hiver est rarement en Angleterre ce qu'était celui d’été dans ce misérable pays , sous le plus abominable de tous les climats.

Telle est la contrée dans laquelle l’homme trouve pourtant le moyen de vivre, et de vivre heureusement, comme nous n'avions pas le droit de le contester. 1l est vrai qu'il ne peut boire d'eau au milieu de l'été, sans faire fondre de !a neige, et que s'il n’avait pas l'esprit de se procurer du feu, il faudrait qu’il passât neuf mois de l’année sans boire. Il ne respire pas le parfum des fleurs, car il n’en voit aucune qui en exhale, mais l’huile de veau marin flatte son odorat. Il n'a ni carottes, ni herbes d’aucune espèce pour faire de la soupe ou des assaisonnemens ; mais l'huile lui tient lieud’assaisonnemenset de soupe, et il peut se procurer une salade dans l'estomac d'un renne, quand il a la bonne fortune d’en tuer un ; et cette salade est cuite à un feu dont les avantages n’ont jamais été contestés. Que lui importe de ne jamais voir cette chose inconcevable pour lui qu'on appelle un arbre, puisqu'il peut se construire des équipages avec des pois-

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