‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 80 sur 121 · PE RE ART TRE · texte numérisé non relu

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sons gelés et des os? Et lorsqu'il peut se coucher, je ne dirai pas sur la dure, mais sur la neige, qui lui offre du moins un lit doux, pourquoi ne se trouverait-il pas aussi bien logé que les princes de la terre, demeurant dans des palais dont le marbre n'approche pas de la pureté de celui qui forme son habitation ; habitation qu'il peut construire en moins d'une heure , et qui, comme celle d’Aladin , peut s'élever à tout instant du jour en tel endroit que bon lui semble? L'homme doit être un noble animal, même sous la forme et les traits d’un Fsquimaux. Est-il une autre

créature sur la terre qui püût faire tout cela ; en-

durer tout cela, imaginer, exécuter tout cela et plus encore , et se trouver heureux, — heureux s’il est à Naples, — heureux s’il est dans la Boothia Felix ?

Mais ce climat , qui convenait à ceux qui n’en connaissaient pas d'autre, qui n’en avaient jamais vu de meilleur, produisait sur nous un effet tout différent, indépendamment des souffrances et des privations qu'il nous occasionait, Tout le bonheur des Esquimaux était fondé sur l’abondance des vivres ; les matériaux de ce bon-. heur étaient à leur portée, et ils les partageaient avec les animaux qui ne connaissent presque que cette jouissance. Tout ce que pouvait faire la rigueur du climat n’était donc rien pour eux ; ils s'inquiétaient peu que l'hiver füt long ou court ; ils n'avaient aucune raison pour se met-

tre en peine si la saison suivante serait bonne

ou mauvaise ; ils n'avaient rien à espérer ni à

craindre. Mais il en était tout autrement pour

nous. Nous songions sans cesse , tour à tour avec

espoir et avec angoisse, à un été qui pouvait n’ar-

river que lorsque l'hiver serait déjà à ses trous-

ses, et sur le point de reprendre un ascendant qu'ilconserverait probablement pendant la plus grande partie d’une autre année.

Le résumé de ce mois n'offre rien de consolant. Si le mois de juin de 1830 avait été plus froid qu'aucun des mois de juin mentionnés dans les voyages précédens, celui qui venait de s'écouler était encore pire, car il avait été plus froid et plus orageux. Pendant les deux premières semaines , la température moyenne avait été de 7°, et pendant la dernière quinzaine, entre 2°et 3°. La moyenne de la température de tout le mois avait été de cinq degrés plus froide que celle de juin 1830. En juin 1831, la première pluie était tombée le 21; en 1830, elle avait eu lieu le 10. J'ai déjà fait remarquer que le solstice d'été s'était passé sans que le thermomètre eût été vingt-quatre heures sans descendre au point de congélation.

Nous avions eu beaucoup d’ouragans ; mais un fait remarquable, c’est qu'en 1830 le degré de température s'élevait constamment alors, ce qui n'eut pas lieu en 1831. Ce fait établit une diffé-

rence essentielle entre ces deux saisons, et la

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