Relation du voyage de Charas en Espagne
Moyse Charas (1) naquit a Uzès vers 1618, d’une famille protestante. Il s’établit d’abord à Orange. Ses! talens pour Pharmacie lui firent une grande réputation.' Charas enseigna neuf ans la chymie au College Royal et fit imprimer ses leçons sous.le titre de Pharmacopée * Royale Galémique et chymique.- Cet ouvrage fut traduit dans toutes les gangues de l’Europe sV et même en Chinois. Comme il estoit Protestant, "il fut obligé de sortir de 4 France.en 1680, époque de la révocation de l’Edit de Nantes. Il se retira en Angleterre, où il reste jusqu’à la mort de Charles II. Alors il passât en Hollande où il exerça la Médecine avec tant de réputation, que l’Ambassadeur du Roi d’Espagne Charles II, le crut propre à rétablir, la santé ou du moins à prolonger la vie de son Maître.
Charas craignoit les rigueurs de l’Inquisition Espagnole, qui n’avoit pas toujours respecté la protection des Rois. L’Ambassadeur dissipa ces craintes, qui pourtant, n’étoient que trop fondées; et Charas partit pour Madrid.
Il composa sur les vipères un ouvrage qui fut pour lui la source des événements les plus importans de sa vie. "Une fable s’étoit répandue aux environs de Tolede; on y "croyoit qu’un Archevêque de cette Ville avoit obtenu du "Ciel, que les viperes n’auroient point de venin à douze "lieues autour de Tolede. Ce préjugé pouvoit êstre funes- "te. Charas prouva par des expériences sur les animaux, "que la morsure des viperes étoit aussi mortelle dans la
(1) In Eloges des Académiciens de l’Académie Royale des
Sciences, morts depuis 1666, jusqu’en 1669. Par M.le Marquis de Condorcet de la même Académie et de la Société Royale de Turin. A Paris, chez Sïuau, Panckoucke, Hôtel de Thou, rue des Portiers, in 12 de 168 p (Bibl. Nie.ï—a ©—©- Extrait (journal de Vei si p.201