L. G. TORAUDË
cès, jusqu’à ce qu’ ils se soient en quelque sorte accusés, parce que profitant c u conseil ou Chanoine c'.e Lugo pour lequel j’étois venu lorsqu’ils me demande-, rent le sujet pour lequel ils m’avoient fait mettre .m dans leurs prisons après leur -voir c:it. m’ils revoient le savoir : ieux que moi. puisque je n’y fusse pas venu, si on ne m’y eut amené; je leur dis «x # que j’en- in pût ois la cause à quelque 'fausse accusation, que je croyais que le Proviseur ce Lugo leur a- J voit envoyée contre moi. pour se mettre a couvert ce., poursuites que j’avois co. encee; contre lui a. la Co- j rogne; parce, c i -je, .u’il- poursuivirent de m’interroger et c..e ne faire toutes les questions qu’ils trou- . voient notées dans un petit livre qu’ils avoient devar.t leurs peux, et qu’après cela ils envoyèrent leur ilKade Philippe c e Ville en Ville pour faire des enquêtes contre moi. et tâcher de trouver quelque matière sur laquelle ils pussent fonder les accusations qu’ils avoient envie ce forger, et qui furent celles ci ont j’ai déjà' parlé. Je cr. is aussi qu’ils furent , d’autant plus portés a travailler des lors a leurs formalités contre moi. qu ’ nsavoient sçu ce ma bouche et de celle fie l’-dkac'e Farina, qui m.’avoit traduit à Lugo, que le chapitre c es Chanoines eh corps avoit a mors occasion poursuivi le Proviseur et obliger l’Evê- , que a le déposer ce sa char b e et à mettre un autre à sa place; et ue voulant obliger l’Evêque a reponcre de la personne du Proviseur, jusqu’à ce qu’il eut ré-f poïic'u auA accusations qu’on préparent contre lui. le proviseur s’étoit sauvé ^a nuit et échappé par les montagnes,; sans qu’il eut été possible aux Chanoines . de le rattrapper. quelque sein u’ils eh eussent
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j>ai dit ci-i evant que les Inquisiteurs n’ont pas accoutumé de poursuivre les Personnes qui n’ont pas de bien, quelques hérénques qu’elles puissent leur paropitre: j’ajoute à cela que lorsqu’ils en rencontrent c e tel? . et qui n’ont pas de quoi, payer .leur nourriture, ils s’’en c a font bien vite, soit en o. led absolvant, soit en. leur, donnant quelque bneve punition, cour e ils le pratiquèrent sur un i^rable paysan ue j’avois trouvé et qui étoit reste anrts ' m0 i dans la prison ecclésiastique ce Lugo qui-se
mil oit de guérir les personnes mordues par a es chiens ou par des bêtes enragées en regardant fixement leurs yeux, et soufflant for terrent contre leur visage; car 1 > ayant fait conduire-dans leur Inquisition, ils le jugèrent et -4 e-condamne Vent à l’abord et sans delai a être mené' sur un âne et a souffrir des nains du bourreau aux lieux accoutumés de la Ville trois cents ■ coups d’une -pièce ce cuir coupée en long dont les - bourreaux d’Espagne se servent au lieu c e fouet, et dont ils frapuent lés épaules et le dos des criminels montés sur des ânes- après quoi ils le bannirent ce la Galice. Quant a la nourriture c es prisonniers et a toutes- les choses dont ils peuvent avoir besoin dans , leur prison, on doit savoir que non-seulement ils ne souffrent point qu’aucun leur tende les .sains ni par affection, ni par charité; nais qu’ils évitent autant qu’ils le peuvent qu’on ne sçache ni le nom, ni la qualité, ni le nombre des prisonniers qu’ils ont dans la maison de 1 ’Inquis ition., Un Alkade fournit leur nourriture, laquelle ils règlent à plus ou moins de frais, quoique: toujours fort moc: i que s r suivant la
qualité et les moyens du prisonnier. Il est fori aisé cle juger qu'ils en usent ainsi pour éviter qu'on ne prenne connoise-inçe de leur manjare d'agir,' et afin qu'on ne sçache rien de ce qu'ils font chez eux: où l'Alkade fournit avec la nourriture un matelas, deux draps, deux couvertes et un oreiller aux personnes qu’ils croyant le -mériter, et dont il fait payer le louage à part de la nourriture au double plus cher qu'il ne couteroit ailleurs, quelques petits, g rosiers et déchirés que soient les draps,, et qu'il ne les rechange crue de deux en deux sois. Je laisse à part la sorte de nourriture que l'Alkade fournit qui est fort modique, tant à la viande des jours, gras qu'aux deux oeuf s qu'ils donnent à midi et à huit heu res du soir aux' vendredis et aux veilles des fêtes; mais que je trouvois suffisante uuant au pain et au vin. qui y sont "fort bons et à grand marché, de même que toutes les autres denrees. Je n'entreprends pas, de décrire les autres peines qu'ils font souffrrr a ceux qui ont eu le al heur c'e; tomber en leurs mains pour n'en avoir pas été spectateur, et n'avoir pas eu la curiosité de . 'en informer; mais je -puis cire que les Espagnols ti ennent ' pour une cnos e f ort nouvelle, lorsqu'il voyent sortir ce l'Inquisition :uelque personne déclarée' innocente de la sorte que je l'ai été, parce que les Inquisitors ne veulent pas perdre leur peine, ni en avoir le démenti.
- Les personne? avec lesquelles j'ai converse, de même que celles qui ont eu occasion ce lire les'Livre, que j'ai donnés au Pu. lie et d'y voir, la sincérité avec laquelle je les ai écrits, seront sans docte
persuadés que je n’ai rien mis clans ce récit qui ne soit fort, véritable et qui n’ait été presque tout confirmé par un très-grand nombre de personnes qui ont été les victimes des Inquisiteurs, et surtout de celles qui ont été détenues loggtemps dans leurs prisons, et qui ont souffert en leurs personnes les,peines, les tourment et les supplices qu’ils n’ont pas eu lieu de pratiquer sur moi. Lorsque je fus tout à fait en liberté, quelque hâte que j’eusse de sortir d’Espagne, et de me rendre par mi les miens, la guerre ayant été déjà déclarée entre la France et la Hollande, et l’étant bientôt après entre la France et 1’ Espagne, je ne vis'aucun chemin ouvert pour moi que celui de la mer, qui n’atoit pas sans c.e graru es c ifficultés; les vaisseaux propres a passer en Hollande étant ordinairement as se? rares a la Corogne, et ne s’en prés-ntant alors aucun qui osât faire voile sans convoi. Je fus dans ces peines jusqu’à ce que j’appris que le.Roi d’Espagne avoit résolu de faire-lever trois mille ho. es en Galice pour les envoyer par mer en Flan dre, et que dans cette vue il avoit traité avec des Hol landois de ma co.nnoissance, qui moyennant une certaine sort e, s’étoient obligés à faire venir cinq flûtes dont deux seroient armées en guerre, qui seroient ensemble capables de porter tous ces Soldats, et en meme temps pour eux des épées, des habits et les autres choses nécessaires, et de faire embarquer pour eux les vivres à. suffisance pour leur passage. Je résolus dès-lors c.e profiter de cette occasion, et de passer la mer sur l’un de ces bâtimens: rais les choses s’en allant en grande longueur, je ne perdis pas tout non temps; car
dès-lors que je fus sorti de l'Inquisition, les malades de Saint-Jacques et des principales Villes de la Galice vinrent avec empressement à moi, les uns pour me demander eûx-même du secours, les autres me rirent crier de venir à eux; mens or te que mon emploi fut beaucoup plus grand qu'il n'avoit encore été, au grand cnagrin •'••'de miéde^cins de la Province, qui se voyoient,méprisés de tous à mon occasion et que e quelques jours avant mon enbarqse: em . je fus consulté par une .rende •da'9 du Portugal et pur un grand Seigneur du Royaume de Leon, et, Je leur envoyai avec » consulte les renedes nécessaires pour leur gu .-ri: on. dont je fus fort honnêtement satisfait. Mes profits furent assez considérables pendant tout, ce tems-là. et ils eussent éte bien plus grands, si j’eusse toujours eu affaire à des personnes égalèrent honnêtes; riais parmi ceux cor.t j’avois tout sujet de .e louer, il s’en trouva plusieurs qui renvoyant son payement au dernier jour, firent tarit qu’ils r’en frustrèrent, et que l’heure ce non enbarque-e t étant venue, j’abandonnai pour Plus de cinq cents écus de dettes en Galice, sans carier de celles que je laissai à Madrid. Je sortis de 1>Inquisition le 25 Février 1689, et je t’embarquai a la Coro- . gne le 14 Août de la même année sur la principale flûte des cinq qui portoient les trois mille ho s es en Flandre, et qui en avoit six cents pour sa part, un Colonel et quelles Capitaines qui oceupoient la chambre principale du Vaisseau où j’obtins aussi un bon logement pour moi et trois de ma conpagnie dans la chambre supérieure que le Capitaine s’étoit reservee.
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Nous euEes à i ? abord un vent assez favorable quoiqu ? assez faible: nais qui changea >ar bonheur en un vent à demi contraire sur le milieu c.e la route, je dis par bonheur parce que si le vent eût toujours continue, nous fussions tombés i. : .anquablenent dans la Flotte de France, qui étoit partie ce Brest pour porter du secours au Roi Jacques en Irlande, et qui avoit deux jours auparavant croisé notre route.
Nous avions pour escorte une frégate de 40 pièces de canon, sur laquelle le Marquis de Leganès s’étoit embarqua p.w 1= Flandre avec ***4® quelques Capitaines des troupes qu’on transport oit,, dont le Co andant découvrit et attrapa dans sa route un bat! ent François venant ce la Martinique chargé de tabac et d’indigo, estiez quarante mille francs, qu’il conduisit a Ostenae avec nous, et ceux Vais- , beaux Marchands amis venus avec lui ce Bilbao. Nous fî-es tout le voyage -ans rencontrer aucun armateur rl d’autres vaisseaux ennemis que celui qui fut prl< et nous arrivâmes heureusement a Ostence le dernier du mi e mois avec toute notre compagnie, et tous le soldats, excepté trois qui moururent ce maladie les Vaisseaux, et lurent jettss à la mer. Ayant on terre, je trouvai dans Ostende des troupes Espagneles ou Flamandes beaucoup plus nombreuses, meî eures et : ieux équipés, et leurs armes en bien meilleur état que je ne les y avois vues ^
barsuai pour 1’ Espagne, n’y ayant vu aloïc que tre.
+ en lambeaux et- demanda:
t, pii de soldats presque tous en xa...u
: au
de rouille. M’y étant un'peu rafraîchi. et y ayant 1 i ries soldats de Calice avec leurs Officiers,
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je vins à Bruges sur le canal par le "bateau ordinaire.. suivi de près par un extraordinaire .pii portoit le Marquis de Leganès, qui fut salué en divers enc roits du canal par de petites pièces de campagne, et la ’ ous ue te ri e d ’ùn c er.i-Rôgiment de Dragons vêtus de rouge, tous bons homes divisés en divers petits corps, et postés c ’espace en espace, jusqu’à la vue de Bruges; d’où ; ’étant rnis sur un nouveau canal, je visn coucher à l’Ecluse place forte et frontière des.. Hollandais, où je : ’embarquai le lendemain satin sur une barque de notterdan, où elle ne porta dans ceux'fois vingt-quatre heures, après avoi cotoyé Wlessinques et Dorth, et d’où je me reâdis à la Haye croyant d’y trouver ma petite famille, mais ayant appris que a compagne étolt passée en Angleterre depuis plusieurs rois pour travailler à ma délivrance, et qu’elle y étoit restée en attendant de mes nouvelles, ej, ayant été fort mortifié de ce nouvel, éloignement non attendu, après plusieurs sérieuses réflexions ; je ne résolus de la prier de ne venir trouver au plutôt,, lui envoyant en ■ êne temps le nécessaire pour sortir d’Angleterre et pour venir à moi; et quoiqu’elle crut que je pouvois trouver des avantages aussi grands en Angleterre, qu’en Hollanêe, la - craint e qu’elle eut que je ne fusse pris en passant la mer, l’obligea à ne répondre qu’elle etoit toute disposée a ne venir trouver, et qu’elle profiteroit de l’escorte de Messieurs les An assadeurs de Hollande,, qui dévoient bientôt revenir d’Angleterre chez eux. Cette attente fut à la vérité un peu longue; nais enfin agréable; puisqu’apres plus de cinq ans d’absence, nous eûnes la siatisfaction ce nous
voir rejoints a Amsterdam, où ma compagne arriva heureusement la premier Décembre 1689; ce qui fut suivi d>une mutuelle,résolution de ne nous séparer jamais plus l’un de l’autre que lorsque la mort nous y obligeroit.