‹ Relation du voyage de la commission scientifique de Morée dans le Péloponnèse, les Cyclades et l'AttiqueChapitre 5 sur 40 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Tous tes livres dans lesquels il est question de la Morée, depuis qu'on en imprime, Mercator, Baudrand, Moreri, Cantelli, Coronelli, l'abbé Bartbélemi, les diverses encyclopédies de tous les pays, à compter- de celle qui mit ce genre de dictionnaires en vogue peu après le milieu du siècle dernier, ainsi que les traités de géograpbie , jusqu'à ceux qu'on réimprime à l'heure qu'il est, ne manquent guère, en se copiant presque textuellement les uns les autres, de nous dire d'abord : qu'étant environnée d'eau et ne tenant au continent que par une langue de terre, cette partie de la Grèce est une Chersonèse. Ils ajoutent que sa figure est, d'après les anciens 1 , celle d'une feuille de Plane ou Platane, approchant aussi de celle d'un Mûrier 2 , ce qui, non moins que l'abondance des Mûriers qu'on y cultiva dès le temps du bas -empire, aurait bien pu lui mériter le nom qu'elle porte maintenant. Ce nom n'était pourtant pas usité vers le XI. e siècle, où la princesse Comnène, sœur de l'empereur Alexis 3 , cite encore un comte du Péloponnèse, se signalant contre les Pisans, les Vénitiens et autres peuples occidentaux qui commençaient, depuis quelque temps, à se ruer sur un pays appelé lie de Monçon dans

1 . Strabon, lib. VIII , cap. 2 ; Pline, lib, IV, cap. 4 ; Pomponius Mêla , etc.

Page 1