BAS—-CANADA
Le premier endroit Gans le Bas-Canada que le Prince a honorée de sa présence a été Gaspé. La péninsule connue sous ce nom comprend les deux comtés de Bonaventure et de Gaspé.
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Sa superficie est de 7,289 milles carrés, dont une bien petite partie est en culture. On en défriche aujourd’hui Pintérieur et les ‘ colons s’apperçoivent déja que les produits de ce sol qui est pres- À que partout aussi fertile que les cantons voisins du Nouveay- Brunswick, sont plus assurés que ceux qu’ils tirent de la mer. D’après le recensement de 1851, la population était de 21,748 âmes ; mais elle doit s’être considérablement accrue depuis cette époque. La valeur annuelle du produit des pêcheries de ces deux comtés y compris les Iles de la Magdeleine qui font partie du comté de Gaspé est de plus de ent cinquante mille piastres. Le total des exportations des ports de New-Carlisle et de Gaspé a été, en 1859, de $497,953 et celui des importations de $235,588. Le Bassin de Gaspé a été institué port franc quelques semaines seulement avant l’arrivée du Prince.
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Son Excellence le Gouverneur-Général, Sir Edmund Head et tous les membres du cabinet provincial montérent à bord du steamer Victoria et se rendirent de Québec à Gaspé où ils rencontrèrent Son Altes-e Royale, dimanche, le 12 août. Le jour suivant, ils lui furent présentés, et après eux le shérif et une députation du comté de Gas, é ; ils eurent, ensuite l’honneur de déjeuner avec le Prince à bord du {ero. L’escadre royale partit du Bassin de Gaspé pour se rendre au Saguenay, à deux heures de l’aprèsmidi. Les vapeurs Victoria et Lady Head ayant à bord Son Excellence et sa suite, avaient pris les devants.
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Au départ comme à l’arrivée du Prince, une salve d’artillerie fut tirée de Ja résidence de M. LeBouthillier, représentant du comté, laquelle occupe un des points les plus saillants du beau bassin de Gaspé.
Les magnifiques paysages du bas du St. Laurent et les nombreuses maisons blanches qui s’échelonneut le long de ses rives formant comme une rue continuelle, furent l’objet de la plus vive admi- É ration.
On rapporte que, dans la soirée, l’Honorable M. Cartier, premier ministre du Canada, et les autres voyageurs, chantèrent quelquesunes de nos chansons canadiennes, le Prince en répétant le refrain avec les autres.
La Claire Fontaine, la plus populaire de ces chansons, a été, à cette occasion, publiée dans les journaux de New-Vork, et cet air canadien fut mis au nombre de ceux que l’on jouait en Phonneur du Prince dans le cours de son voyage aux Etats-Unis.
À lentrée du Saguenay, le Hero donna sur des récifs, et, quoiqu’il n’eût pas subi d’avaries, les commandanis des autres vaisseaux Crurent plus prudent de ne pas s’aventurer plus loin. Le Prince monta alors sur le vapeur Victor, et, précédé du Tadoussac, appartenant à M, Price, il remonta la rivière l’espace de quarante milles et dépassa le Cap £ternité. |
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La température était froide et humide, et de gros nuages sombres ajoûtaient encore, dit-on, à l’aspect sauvage et à la grandeur du paysage. Le Saguenay est navigable depuis son embouchure jusqu’à Chicoutimi. Il prend sa source dans le lac St. Jean, f étendue d’eau de 30 milles de longueur sur 20 milles de largeur, et distante de 120 milles. Il arrose un immense pays, dont le sol è est presque partout d’une fécondité extrême. Le climat de ja vallée du lac St. Jean est plus doux que celui de la rive nord du St. Laurent. Le comté de Chicoutimi, qui ne renfermait que 6000 habitants en 1851, a aujourd’hui probabiement le double de cette population. La population est presqu’exclusivement d’origine française. Partout on y ouvre des écoles fréquentées par de nombreux élèves.
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On y fait un très grand commerce de bois, qui d’ici à bien des années ne peut que s’accroître, le pionnier portant partout la hache dans les vastes forêts vierges. Le saumon abonde dans le Saguenay.
beau. Le Prince qui, à la tombée de la nuit, était revenu
a bord du Hero, remonta ensuite de nouveau la rivière sur le
Victoria, et débarqua à environ 15 milles de son embouchure,
sur les bords de la rivière Ste. Marguerite, un de ses affluents. On avait p'anté des tentes sous lesquelles avait été transporté tout un ; appareil de pêche.
| $ | Le jour suivant, jeudi, le froid se fit sentir ; mais le temps était !
, Après s’être quelque temps livrés au plaisir de la pêche et de la 4 chasse, le Prince et sa suite remontèrent en canots d’écorce la rivière Ste. Marguerite. Les avirons de celui de Son Altesse, qui tenait les devants, étaient maniés par deux Canadiens-Français.
Son Altesse Royale put «de la sorte Jeter un rapide coup d’œæ1l sur ce qu’a d’intéressant une des parties les plus éloignées des domaines de Sa Majesté, dont la position, à l’extrémité nord de l'Amérique civilisée, ne ’empêchera cependant pas de devenir une des plus riches et des plus importantes de notre pays. Jacques-Cartier rapporte que cette partie de la province que nous habitons, était autrefois divisée en trois royaumes appelés le premier Hochelaga, le second Canada (c’est-à-dire le district actuel de Québec) et le troisième Saguenay. Donnaconua, ’Agouhanna ou roi du Canada, lui raconta des merveilles sur les richesses du dernier de ces roya:mes. On découvre aujourd’hui des mines précieuses dans beaucoup d’endroits où l’on n’en soupçonnait guères l’existence ; et qui sait si les visions qui ont ébloui les yeux de Cartier ne pourront pas un jour où l’autre deveair des réalités pour les habitants des régions, situées au nord, au-delà de Québec ? En attendant on aurait tort de mépriïi ser les autres éléments de prospérité que nous venons d’énumérer.
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