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d’éducation de ce genre sur ce continent, lui a donné une marque “égard on ne peut mieux méritée,
Le soir, il y eut sur l’Esplanade un feu d'artifice qui produisit beaucoup d'effet ; mais un triste accident vint gâter le plaisir que tesait éprouver cette partie de la fête. Une piate-forme érigée auprès céda tout À coup sous le poids de la foule qui l’encombrait. Plusieurs d’entre elles se firent des blessures graves ei il y en eut même une qui en mourut le lendeinain.
Avant ds quitter Québec, le Prince visita la citadelle. Cette œuvre de Part militaire est remarquable non seulement à cause de Phabilité qu'ont déployée ceux qui l’ont accomplie, et des sommes énormes qu'a dù dépenser le gouvernement britannique pour Ja reudre imprenable (bien qu'avec les moyens de destruction que l’on possède aujourd’hui, cette épithète semble n’être plus de mise) ; mais encore à cause du magnifique spectacle qui se déroule sous les yeux de l’observateur, À une hauteur de 250 pieds au-dessus du niveau du St. Laurent. Le coup-d’œil y est tout différent de celui dont on jouit du haut de la terrace Durham où du toit de l’Université. Au-dessous du promontoire abrupte que forme le Cap-Diamant, le St, Laurent change d’aspect, et Îles bords escarpés de cette partie de la rive qui fait face à l’observateur douneut au tableau un caractère plus sevère et une couleur un peu plus sombre.
Le 93 août, à 11 heures du matin, Son Altesse Royale quitta Québec, non cependant sans avoir, à plusieurs reprises, témoigné au maire combien elle était contente de la réception qui lui avait eté faite et de l’ordre et du bon woût qui avaient présidé à la fête. La ville elle-même et ses environs ont pu manquer d’intéresser vivement le Prince et sa suite.
‘ Peu de villes, dit M. Marnier, (1) offrent à l’observateur autant de contrastes étranges que Québec, ville de guerre et de commerce perchée sur un 106 comme un nid daigle, et sillonnant l’océan avec ses navires, ville du continent américain, peuplée par une colonie française, régie par le gouvernement anglass, gardée par des régiments d’Ecosse, ville du moyen-âge par quelques-unes de nos anciennes institutions et soumise aux modernes combinaisons du systême représentatif, ville d'Europe par sa civilisation, ses habitudes de luxe et touchant aux derniers restes des populations sauvages et aux montagnes dészrtes, ville située à peu près à la méme latitude que Paris, et réunissant le climat ardent des contrées méridionales aux rigueurs d’un hiver hyperboréer, ville catholique et protestante où l’œuvre de nos missions se perpétue à côté des fondations des sociétés bibliques, où ies jésuites bannis de notre pays trouvent un refuge assuré «ous Pézide du puritanisme britannique.”?
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(1) Lettres sur l’Amérique, par X. Marmier, 2 vols. in-120. Paris,
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Les souvenirs historiques que Québec offre à l’esprit du visiteur ont été ainsi récapitulés par un autre écrivain :
‘ Et l’histoire ! L'histoire est partout: autour de vous, au-dessous de vous ; du fond de cette vallée, du haut de ces montagnes, elle surgit, elle s’élance et vous crie : me voici!
‘6 La-bas, dans les méandres capricieux de la rivière Saint- Charles (le C'ahir-coubat de Jacques-Cartier) est endroit même ou il vint planter la croix et conférer avec le seigneur Donaconna. [ci, tout près d’ici, sous un orme séculaire que nous avons eu la douleur de voir abattre, la tradition veut que Champlain soit venu planter sa tente. C’est de l’endroit même où nous sommes que M. de Frontenac donna à l’amiral Phipps, par la bouche de ses canons, cette fitre réponse que l’histoire n’oubliera jamais. Sous nos remparts s'étendent les plaines où tombèrent Wolfe et Montcalm, où le chevalier de Lévis remporta, l’année suivante, l’immortelle victoire que les citoyeus de Québec ont voulu rappeler par un monument. Devant nous, sur la côte de Beauport, les souvenirs de batailles non moins héroïques, nous rappellent les noms de Longueuil, de Ste. Hélène et de Juchereau Duchesnay. Laàbas, au pied de cette tour, sur laquelle flotte le drapeau britannique, Montgomery et ses soldats tombèrent balayés par la mitraille d’un seul canon qu'avait pointé un artilleur canadien. De Pautre côté, sous ce rocher qui surplombe et sur lequel sont perchés, comme des oiseaux de proie, les canons de la vieille Angleterre, Pintrépide Dambourgès, du haut d’une échelle, le sabre à la main, chassa des maisons où ils s'étaient établis Arnold et ses troupes. L’histoire est donc partout autour de nous: elle se lève de ces remparts historiques, de ces plaines illustres et elle vous dit: me voici !?
Québec, fondé par Champlain, en 1608, fut pris par Kirk, en 1629 ; il fut rendu à la Frauce en 16312, et attaqué sans succès par l’Amiral Phibbs, en 1690, Wolfe s’en rendit maître en 1759, et Montgomery en fit inutilement le siège en 1775. Il a été bombardé deux fois et en grande partie détruit. [l a été souvent dévasté par des incendies, et sa population a été plus d’une fois décimée par des épidémies. Les conflagrations les plus étendues sont celles qui, en 1845, à un mois d’intervalle, réduisirent en cendres les faubourgs St. Jean et St. Roch.
En 1792, le premier parlement du Bas-Canada fut convoaué à Québec, et cette cité demeura le siége du gouvernement de la province inférieure jusqu’à l’Union, quoique le conseil spécial de Sir John Colborne et de Lord Sydenham ait siégé à Montréal. Lord Durham, en 1838, tint son conseil spécial dans les anciennes bâtisses du parlement situées à l’endroit même occupé aujourd’hui par les nouvelles, qu’on ne saurait leur comparer. L’édifice actuei servira de bureau de poste, dès que le siège du gouvernement sera transporté à Ottawa. En 1851, le siège du gouvernement de la Province-Unie, dont on avait fait la translation à
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Toronto, fut de nouveau rendu à Québec pour quatre ans, l’après le système des capitales alternatives que l’on convint d’adopter à la suite des émeutes de Montréal en 1849. Québec le possède encore aujourd’hui, et probablement pour la dernière fois, en vertu de ce même systême,
Ou suppose que la population de Québec est aujourd’hui de 60,000 âmes, dont près des deux tiers sont français d’origine et les trois quarts catholiques romains. La construction des navires . Dre des bois sont les principales sources de prospérite de la ville.
La premiére de ces industries s’est trouvée depuis peu bien ralentie, et cette circonstance jointe au peu de fertilité du territoire au nord de la ville, et aux crises causées par les changements fréquents du siêge du gouvernement a nui considérablement au développement de la cité de Champlain. Québec n’en fait pas moins des progrès sûrs et continus, quoique moins rapides que par le passé. Les exportations de l’an dernier ont été de $5,881,290 et les importations de $3,003,752.
Les rues de la haute ville sont étroites et tortueuses comme celles de la plupart des cités du vieux continent; les pentes rapides que l’on y rencontre à chaque pas et les fortifications dont on l’a entouiée sont aussi cause du peu de régularité que l’on trouve dans l’alignement de ses voies publiques.
Les deux plus beaux monuments de Québec sont l’hôpital de marine et la douane. L’intérieur de la cathédrale catholique est d’une architecture riche et imposante. L'Université Laval et le couvent des Sœurs Grises, hors la porte St. Jean, sont aussi de très grands édifices ; ce dernier est surmonté d’une fléche très élégante. On compte six couvents, dont trois furent fondés dans les premiers temps de la colonie. Outre les beaux tableaux de la cathédrale et ceux que renferment les chapelles des Ursulines et du Séminaire, on trouve aussi une galerie appartenant à la famille de feu P'Hon. M. Légaré,et qui renferme des toiles d’un grand prix. La littérature et les beauxarts ont toujours été cultivés dans la vieille capitale avec beaucoup de succès. Le nombre total des élèves qui, en 1859, ont fréquenté toutes les écoles et les maisons d’éducation de Ja ville a été de 8,804. On publie maintenant à Québec onze journaux et recueiis périodiques, et on y à fondé p'usieurs instituts littéraires.
Le bateau à vapeur Kingston, à bord duquel Son Altesse Royale et sa suite étaient montés, fut suivi par le Québec où se trouvaient les membres des deux chambres du parlement. Trois vaisseaux de l’escadre le Styx, le Valorous et le Flying Fish les avaient dévancés et avaient déjà mouillé l’ancre dans le port de Montréal. En passant devant les anses qui échancrent le ri”age au-dessus de Québec et où stationnent les trains de bois destinés au commerce, les nombreux équipages de ces cajeux accueillirent le Prince par de bruyants hourrah, et Son Altesse Royale eût là, pour
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la première fois, occasion de se faire une idée de cette branche de commerce, une de nos principales s0o'rces de prospérité.
Le Prince arriva aux Trois-Rivières vers cinq heures du foir.
On avait élevé un das sur le quai. Ce dais et la ville furent brillamment illuminés pendant la soirée. Son Altesse Royale fut reçue par ie Maire, J. E. Turcotte, Ecuier, membre du parlement provincial, et par une députation du clergé et des citoyens. On lui présenta une adresse à laquelle elle répondit.
Les citoyens des Trois-Rivières avaient prié S. A. R,. de venir visiter leur ville et voir les belles chutes de Shawinigan, sur le St. Maurice, lesquelles, #1 lPon en excepte le Niagara, n’ont pas leurs pareilles sur ce continent. Cette invitation ne fut pas acceptée à cause Gu douloureux accident dont le fils de Son Excellence le Gouverneur-Général avait été victime l’année précédente, lors d’une excursion au même endroit, et tout ce que put faire Son Altesse fut de recevoir l’adresse des citoyens sur le quai. Les Trifluviens supportérent ce contre-temps de bonne câce et se portèrent ar levant du Prince avec un zèle qui leur fait le plus grand honneur,
La ville des Trois-Rivières tire son nom de la division de l’embouchure de la rivière St. Maurice en trois canaux ; elle est, après Québec, la plus ancienne du Canada. En 1618, les trafiquants fran ais fisont choix de ce poste, placé à mi-chemin entre Québec et Hochelaga, dans le but d’en faire un dépôt et aussi parce qu’i! se trouvait moins exposé aux incursions des Jroquois que ce dernier endroit. Mais, lorsqu’en dépit de miile obstacles, Montréal fut fondé et put pourvoir à sa propre défense, la ville des Trois-Rivières tomba dans l’oubli et ce n’est que depuis peu qu’elle x pris des développements.
L'ouverture des terres du St. Maurice, l’entreprise de deux chemins de fer, lun aux Piles sur cette rivière, et l’autre sur la rive sud du St, Laurent, de Bécancour à Arthabaska, sur le chemin du Grand Tronc, la découverte de mines de fer destinées à remplacer celles qui dans le voisinage de la ville, sont aujourd’hui épuisées, toutes ces circonstances favorables ont donné une nouvelle impulsion au progrès qui s’y fait sentir de mille manières. La population des Trois-Rivières, qui d’après le recensement de 1851, n’était que de 4,800, était en 1857, suivant l’almanach des adresses publié par M. Lovell de 7000 àmes. La cathédrale, que l’on vient de construire, est une des plus belles églises gothiques de l'Amérique et sous le rapport du goût et de l'élégance elle ne le cède en rien à aucun autre monument du Canada. Le couveut des Ursulines, fondé par Mgr. de St. Vallier, en 1677, est un des plus anciens du pays. On y trouve en outre un collége que lon vient d'ouvrir, deux académies et plnsieurs
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