‹ Relation du voyage de Son Altesse Royale le prince de Galles en Amérique [microforme]Chapitre 21 sur 69 · TE RENE · texte numérisé non relu

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grandes écoles. Le nombre total d’élèves qui ont fréquenté ces institutions en 1859 a été de 1,058. La vieille église de ja paroisse est intéressante et l’intérieur en est richement orné. C’est un de ces sanctuaires du bon vieux temps qui disparaisseut rapidement de la surface de notre sol. Les rues sont étroites, et quelques maisons blanches, entourées d’arbres et de parterres, donnent par leur air d’antiquité à certaines parties de la ville, un cachet qui est loin de déplaire à celui dont les yeux sont fatigués des teintes rouges de Ja brique ou du gris sombre de la pierre des constructions piux modernes.

Mais nous voici près de Montréal et toute remarque de ce genre serait probablement loin d’y être accueillie avec faveur.

A mesure que le Prince approchait de la métropole commerciaie du Canada, les démonstrasions de la joie populaire sur les deux rives du St. Laurent, devenaient de plus en plus fréquentes. On entendait les Joyeuses sonneries des cloches des jolis villages de Lanoraie, de Varennes, de Verchères et de Boucherville qui se mêlaient au bruit du canon et à ceiui de la mousqueterie ; partout lon avait hissé des drapeaux. Une petite flotte de steamboats pavoisés de mille couleurs et ornés de verdure descendit le fleuve pour aller à la rencontre du Prince. Ces bateaux, au nombre de plus de vingt, avaient presque tous des musiciens à bord et étaient encombrés de citoyens. Au-dessous de l’île Ste. Hélène iis trouvèrent les deux steamers le Kingston et le Québec. Alors eut lieu une scène difficile à décrire. Le tonnerre de l'artillerie, les acclamations de la multitude, la musique des bateaux jouée sans ensemble tout cela produisit un tel vacarme qu’il est p'obable que les échos du St. Laurent n’en repétèrent jamais de pareil. Mais tout ce bruit fut en pure perte: Je mauvais temps continuant toujours, il avait été décidé que le débarquement n’aurait lieu que le jour suivant et les bateaux à vapeur eu furent quittes pour rebrousser chemin et revenir Jeter l’ancre dans le port.

Le jour snivant, samedi, le 13 août, le Prince fut reçu sur le quai de Montréal par le Maire et les fonctionnaires de la Cité. Le vaisseau qui le portait vint se ranger le long du quai, et les dignitaires qui se trouvaient dans le pavillon de même que la foule amassée sur le beau revêtement en pierre de taille qui borde les quais et sur les nombreux steamboats et les embarcations de toutes sortes qui se trouvaient dans Je port, purent contempler à loisir le jeune et joyeux Prince, revêtu de son costume militaire et debout sur le pont du vaisseau. ‘Tout dans sa contenance fesait contraste avec l’extérieur quelque peu sombre des nobles personnages qui l’entouraient.

En descendant du navire, le Prince fut accueilli par C. S. Rodier, écuier, Maire de la Cité, qui conduisit Son Altesse à une estrade que l’on avait dressée sous le pavillon. M. Rodier portait, dans cette circonstance, un costume à peu près semblable à celui du Lord Maire de Londres. Il présenta à Son Altesse Royale

l’adresse de la Cité et la lut en angiais et en français. Après fa réponse du Prince, l’enthonsiasme de la foule échelonnée le long des quais ne connut plus de borues et de bruyantes acclamations se mélérent au bruit des canons que l’on tirait sur le port, à bord des vaisseaux et sur l’île Ste. Hélene. Toutes les cloches des églises de la Cité avaient été mises en branle ; mais au-dessus de leurs voix joyeuses dominait celle du Gros-Rourdon de Notre- Dame, la cloche la plus grosse de ce continent ; et, sinon la plus grosse, du moins une des plus grosses du monde.

[se forma alors ue procession qui défila le long des rues St. Paul, Notre-Dame, St, Jacques et d’autres rues jusqu’au Palais de l'Exposition. Les sociétés nationales et la milive formaient Ja haie &e chaque côté de la route qu’elle suivait et au-dessus de laquelle on avait suspendu d’inombrables drapeaux. Toutes les variétés des couleurs britanniques avaient été déployées ; ellez étaient naturellement les plus nombreuses ; cependant les couleurs françaises et américaines flottaient en bien des eudroits. Par les soins du comité de réception, qui occupait un des premiers rangs dans le cortège, ou avait, dans certaines parties de la Cité élevé à grands frais des ares de t trroomphe richement et solidement établis. Les regards des spectateurs se portaient surtout sur plusieurs compagnies de milice venues de Boston et d’autres villes de la république voisine: £lles étaient chacune précédées de leurs musiques.

‘uniforme de ces soldats citoyens était d’une grande richesse. La présence des Sauvages de Caughnawaga ne contribuait sas peu non plus à donner de l'intérêt à la fête ;ces Sauvages sont un des quelques restes de ja nation des lroquois, autrefois si puissante. Les enfants de toutes les écoles de la ville, réunis par groupes en diflérents endroits sur le passage de la procession, saluaient le Prince par le chant de Phyrane nationale. Les élèves Canadiens-Français des écoles chrétiennes s'étaient installés sur la plate-forme que l’on avait coustruite devant le Palais de Justice et chantaient : ‘ À la claire Fontaine”? et d’autres chansons populaires de pays

Le Prince et sa suite arrivèrent à 11 heures au Palais de l’Exposition et ils furent reçus à la porte d’entrée qui s'ouvre sur la rue de l’Université par je Président, le Secrétaire et les membres du sous-comité du Bureau des Arts et Manufactures. Comme ils pénétraient dans le Palais, la société d’Oratorio, placée sous la direction de M. Fowler, professeur à l’école normale McGill, fit entendre le chant de l'hymne national. Son Excellence, le Gouverneur-Général ut alors une adresse à laquelle Son Altesse répondit de la manière suivante:

“Messieurs, —J'accède de tout cœur à la demande que vous me faites, demande qui m'est d'autant plus agréable qu’elle n’est adressée par l’entremise de mon bon ami, votre excelient (xouverneur-Général.

‘Je sais la position qu’a occupée le Canada dans la grande exposition de 1851, ouverte sous les heureux auspices de la Reine et du Prince son époux (Prince-Consort), et cette collection, des produits de votre sol et de ceux de l’art et de l'industrie du Canada, formée dans le

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