‹ Relation du voyage de Son Altesse Royale le prince de Galles en Amérique [microforme]Chapitre 27 sur 69 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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L'église des Oblats est entourée d’arcs-boutants ; elle esten pierre de taille sur toutes les faces, et l’intérieur est :e plus complet et le plus orné qu’il y ait dans la ville. On y trouve uu grand nombre de jolies chapelles, revêtues d’nne composition qui imite le marbre. L’église de St. Patrice contient une suite de beaux tableaux de notre artiste canadien, M. Plamondon, représentant la Passion de N. S. L'église unitairienne est dans le style bysantin, et les sculptures extérieures en sont très riches.

Ilya en tont 23 églises et chapelles catholiques, 19 protestantes et ? synagogues.

Montréal ne possède pas moins de six communautés religieuses de femmes, dont quelques-unes ont plusieurs grands établissements.

L’Hôtel-Diea est le plus ancien de ces établissements ; 1l fut fondé en 1644, par Mme de Bullion et par Mile Mause. Le couvent ainsi que l’ordre canadien des Sœurs de la Congrégation de Notre- Daine furent établis par la célèbre sœur Marguerite Bourgeois, en 1653 En 1717, Madame Youviile qui, depuis quelques temps, dirigeait une communauté de religieuses sous le nom de Sœurs Grises, prit possession de l’Hôpital-Généial, fondé par M. Charron, en 1692. Les autres couvents sont de date toute récente.

Montréal a de nombreuses maisons d'éducation et d’excellentes écoles publiques, sans compter ‘in grand nombre d’écoles indépendantes. Le nombre total des élèves fréquentant toutes les institutions, en 1859, était de 14,364. De ce cliffre 3002 appartenaient aux écoles des Frè:es des Ecoles Chrétiennes, dont le noviciat est un des plus jolis édifices de la ville, et la maisonmère de leur ordre en Amérique. Les Sœurs de la Cougrégation ont aussi 3187 éleves.

L'Université MeGill, fondée par la libéralité d’uu riche marchand anglais de ce nom, qui laissa par testament la plus grande partie de sa fortune pour cet objet, à pris, depuis quelques années, de très grands développements. Elle possède deux bgaux édifices près du réservoir de l’aqueduc, et un autre, destiné à son Aîgh school où école préparatoire, au Beaver Hall. Outre les facultés de droit et de médecine de cette université, Montréal a une autre école de droit et une autre école de médecine. Les collèges classiques de Montréal et de Ste. Marie sont deux des plus grands établissements d’éducation du pays. Les pensionnats de Villa- Maria et du Mont Ste. Marie sont au nombre des maisons d’éducation les plu: distinguées du Bas-Canada. Il y a encore, dans le voisinage de Montréal, le grand pensionnat des Sœurs de Jésus et de Marie, a Longueuil, et celui des Dames du Sacré-Cœur, au Sault-aux-Récollets Le monastère de ces dernières est, sans contredit, l’édifice de ce genre le plus élégant et le plus complet que l’on trouve en Canada.

Il y a aussi deux écoles normales, une pour les catholiques et une pour les protestants, et une école des arts, sous la direction

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du Bareau des Arts et Manuiactires, ontre denx instituts pou: l'éducation des sourds-muets et des sourdes-rmuettes.

De nombreuses institutions littéraires et sci ntifiques travailent au progrès des sciences où à leur diffusion, Le département séologique, dirigé par Sir William Logan et MM. Huutet Billinss, a établi à Montréal son musée et ses laboratoires ; ! la Société des Arts a commencé à former une galerie de peintures et de statues dans le nouveau Co: servatoire des Arts et Métiers ; la Société d'Histoire Naturelie a élevé récemment un tiès bel édifice, où elle a placé ses collections déjà considérables, et la Société Historique, quoique tout récemment établie, a déjà publié trois livraisons de mémoires intéressants et possède une bibliothèque précieuse, L'Institut des Artisans, le Cabinet de Lecture Paroissial, P Association dite Mercantile Library, Plustitut Canadien, PAnstitut Canadicn-Français, et l'Union St. Joseph, sont installés dans de beaux édifices ; (le s deux premiers surtout,) où se tronvent des bibliothèques, cles suiles

ubliques pour de grandes réunions litiéraires, et des cabinets de ecture fournis d’un grand nombre de journaux et de recueils périodiques du Canada, de l’Europe et des Etats-Unis. 1 y à aussi plusieurs théâtres et salles de musique. Un grand mouvement littéraire et intellectuel s’est manifesté depuis quelques années, et il ne se passe presque point de soir sans quelque Couceitcu quel que lecture publique.

La bibliothèque du barreau, ce les du Séminaire de Nt. Ki ‘ulprce, du département de linstraction publique, de FUniversité MeGali, du collége Ste. Marie, du département Géologique, de la Société d'Histoire Naturelle et en général de toutes les institutions que nous avons nommées plus haut, feraient honneur à des cités plus anciennes et plus populeuses. Il ne se publie point à Montiéal actuellement moins de 24 journaux et recueils périodiques. Plusieurs grands journaux politiques ont une édition quotidienne et une édition hebdomadaire.

Ce zèle pour la culture des lettres et des sciznces est quelque chose de remarquable dans une ville où le commerce et Pi ilustrie jouent un aussi grand rôle. Montréal est en effet un centre d’atfaires de plus en plus considérable et il s’y est fait lepuis quelqu es années des fortunes promptes, Ponorables et solides, La partie de la ville qui avoisme la canal de Lachine est oce upée par un grand nombre d'usines et de minufactures ; l'eau qui conle des nombreuses saignées que l’on a faites au canal, met en mouvement des machines qui occupent nne popu'ation de prés de 10,000 âmes, et d'autres quartiers de la ville ont aussi leurs établissements im portants. La raffinerie de sucre de M. Redparh, le grand atelier de marine de M, Cantin, les manufactures de moulins à battre le blé, de M, Roldier et de M. Paie, la manufacture d'objets en caoutchouc de M. Hibbard, la fonderie de caractéres d'imprimerie de M. Palsgrave, la fonderie et ia manufacture d? obje ts en fer de MM. Rodden et Meilleu r,etles crancdes distilleries d de MM. Moïson et autres, an pied du conrant, et na grand nombre d’autres établisse- 5)

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ments importants, font de Montréal une ville à la fois manufacturière et commerçante. Lesamusements, et les cérémonie publiques dont le programme avait été tracé par le Comité de Réception, et les diverses excursions qui en faisaient partie n’ont malheureusement point permis au Prince de Galles de visiter aucune de ces grandes fabriques ni méme aucun des nombreux établissements de bienfaisance et d'éducation qui font tant d’honneur à la plus populeuse cité de Amérique Britannique.

Comme nous l’avons déjà dit, le Prince laissa Montréal le üernier jour du mois d'août au matin, par une pluie battante, ce qui n’empécha point une grande foule de peuple de le reconduire jusqu’à la gare du chemin de fer.

Au pont de Ste. Anne, grande construction tubulaire aui sans le pout du St. Laurent excite.ait l’étonnement ; S. A. R. s’embarqua à bord d’un charmant bateau à vapeur tout récemment construit et qui porte son nom. On vient de bâtir à Ste. Anne une belle église ; mais on a eu le bon esprit de conserver la Chapelle des Voyageurs, l’église que Moore à célébrée dans sa jolie cauntiléne.

Chaque petit village sur l’une et l’autre rive du fleuve tributaire du St. Laurent, voulut faire son ovation au Prince et il put recueillir en passant les acclamations et les vœux des populations,

A Montebello, dans la seigneurie de la Petite Nation, s’élève dans un site charmant, le manoir de PHon. L. J, Papineau, l’ancien chef politique du Bas-Canada, et on peut le dire, la plus grande figure de notre première époque constitutionelle. Retiré depuis plusieurs années de la vie politique, M. Papineau goûte au milieu de sa famille et de ses censitaires dont il est chéri, une existence paisible, que les beaux-arts, la science et la littérature embellissent. Au moment où le steamer passait prés dé cet endroit une vive fusillade et des acclamations se firent entendre, et un canot aborda, portant un magnifique bouquet de fleurs indigènes dont la famille de M. Papineau fesait hommage au jeune Prince. Une très gracieuse lettre de remerciments fit connaître plus tard au glorieux vétéran de notre politiqne combien cette marque de respect avait été agréable au fils de notre souveraine.

A Carillon et à Grenville, qui sont les deux extrémités d’un petit chemin de fer qui a pour but d’éviter des rapides assez considérables la réception du Prince fut aussi bruyante et aussi cordiale que partent ailleurs.

En approchant de la rivière Gatineau, le bateau à vapeur Phanix, sur lequel se trouvaient alors le Prince et sa suite, fut tout -à-coup entouré par une flotille de 150 canots, montés par plus de 1200 voyageurs, et sauvages vêtus de rouge et costumés de la manière la plus pittoresque. Ces canots formèrent les deux côtés d’un triangle, dont le vaisseau du Prince était la pointe et l’escortérent jusqu’à la cité d’Ottawa, en fesant retentir les échos de nos gaies Chansons canadiennes.

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