L’ARRIVÉE
L# Prince, tu l'as compris : la chaste fiancée,
4 Dont la prière enfin par le ciel exaucée,
‘1 S'exhalait ainsi nuit et jour,
4 Du vaste Saint-Laurent c'est la rive sublime,
Dont les peuples divers, qu’un même espoir anime,
j T'ont donné leur foi, leur amour!
f Pour toi, brille aujourd'hui sa plus belle parure ;
| Elle a de ses joyaux orné sa chevelure,
{ Et veut plaire à son b'en-aimé....
# De la nature ainsi la robe se décore } 4 Des festons et des ficurs que soudain fait éclore ê | Du printemps le souffle embaumé.
# | 1 L'air est plein d'harmonie ; entends ces cris de fète! Monte sur le pavois! sois fier de ta conquête!
Ë Elle n’a pas coùté de pleurs ;
Et ces hommes vaillants qui vont te rendre hommage, | À De l'antique Albion, quand grondera l’orage, Ne trahiront pas les couleurs,
Tous viennent à l’appel de ton royal sourire :
Le digne enfant d’Erin, le Saxon qui t’'admire, Le Picte fidele à son roi,
Et ces braves colons si joyeux, si prospères,
Dont les aïeux jadis ont combattu tes pères,
Et dont les fils mourront pour toi!
Rivaux, frères, amis, à tes yeux équitables,
Tous ont des droits égaux et des destins semblables Sous les plis de ton pavillon...
Tel, l’astre bienfaisant que chaque jour ramène,
Ne cessant de veiller sur ton futur domaine,
Verse à tous le même rayon.