LETTRE
CA l'Orient, ce 22. de Février 1797,
Mon CHER PERE,
J'ai reçû toutes les Lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, vous me demandez un détail éxact de tout ce qui f’eft pailé dans nôtre route, c’eft un effet de vôtre bonté de vous interreffer à ce qui nous regarde. Il ef jufte de contenter vos defirs pour vous fatiffaire : Voici un efpéce de Journal de nôtre marche depuis Roüen jufqu'à l'Orient, Ville Maritime de Bafle Bretagne proche le Port-Lotüis.
Vous le tavez. mon cher Pere, & je croi avoit déja eu l'avantage de vous le mande: , Coîl le Réverend Pere de Beaubois de ln Compagnie de Jotus. dut a forme le noble pProtet de nôtre ctablit tement à la nouvelle Orleans, ce Mitionnaire CE plein de 6e, K de Sapetles vous ne téauries CO comen ta eu d'obtlacles à {urmontet POUE TE ei fon entrepris 1 en el cepen dant heureutement venu À bout avec le focours du Ciel,
Vous tavez encore, mon cher Pere, que nos KRéverendes Meres. je POUN dire Madnne Tran Cheparntr, choice pour être li Supérieur, Madame Jude pour Mere Affifante. & Madame le Boul lenger pour Dépotitaire, te rendirent à Paris long tems avant nous pour contradler au nom de notre petite Communauté avec Metlicurs de la
Compagnie des Indes, ces Meflicurs tres cle
pour la Religion. enontuté avec nousde la maniere du monde la plus gratieute, la fondation nous paroit également tolide & avantageute.
Les affaires qui concernent nôtre établiement, tant regles À Paris, nôtre Révérende Mere Su périeure on partit avec fes deux chéres Compagnes
pour te rendre à Hennebon, il convenoit de pren
dre des meotures avec le Rovercnd Pere de Peau bois, habille conducton dé toute cette entre pride, ce Revérend Pere croit à Pénncbon, Ville pet éloigoce de FOrent OU attendoint te départ d'un Vaitiean QU devoit icetlonmmment mettre il le Voile, nos Rev crendes \Neres courent le bonbiout de Pi trouver mas elles ne POCHE contercr ave li que pendant peu de Jours: ce Reverend Porc Et oblige de Pembarquer, méne avec lui une bonne rccrüe de tameux Nitlonmure., je des CEOS 4 prelent étre Pien prés de la Lotion
pays fortune aprés lequel je loupe comme apres, la Derre de promathon, je voudrors de tout Ho Cœur étre déje dans Le Monallére QUO nous y bat.
Vers le dix huit d'Odlobre 720. nous ectines ordre de nous rendre à Par, le jour de nôtre départ fut fixé au Vip quatre du meme Hoi, fi JE PATUS VOUS quitter mon cher Pere, ma chere Mere, K toute ma lnnlle, d'un oil fee, & méme AVCE JOYC, MON Cour en loutlront Pas moins, JC VOUS avouéran que Jai éprouvé dans ces der QICrS momens de rudes Combats, mais enfin Je lacrifice CI fait, K Je me fçuis bon gré d'avoir ob AU fouverain maitre de notre deflinée, 11 n cit
point néceffaire de vous répéter toutes les marques d'amitié que j'ai reçûës des Dames Religieufes Urfulines de Roüen, & en particulier des Dames de Vigneral & de Lamberville, qui font à la tête de cette aimable & illuftre Communauté, il me fuffit de vous aflurer que je n’en perdrai jamais le fouvenir, ici va commencer notre Journal, fi je ne vous dis rien capable de piquer la curiofité, j'aurai du moins le mérite de l’obéiffance , vous voulez du détail, je tâcherai de ne rien omettre.
Le Jeudi vingt-quatre Odtobre 1726. je partis de Roüen dans le Caroffe de Paris, j'avois pour compPagne ou plûtôt pour conduétrices deux Dames Religieufes Urfüulines, qui devoient faire une partie de la nouvelle Communauté, l’une étoit la Mere de Saint François Xavier Religieufe Urfuline du Havre, l'autre étoit Madame Cavelier de Roüen Religieufe Urfuline d'Elbeuf , toutes deux d'un caraétére affez différent, cependant toutes deux d'un aimable commerce, nous dinâmes à Fleury, & nous fûmes coucher à Saint Clair, NOUS y arrivâmes trés-tard, les chemins étoient fi mauvais que nous fmes contraints de faire plus de deux lieuës de nuit, je vous avouërai que