IV. Eicrit de monsieur de ta Siviére
a Son Altesse ro'ayant commandé de dire s M. le cardinal le dcsplaisiriensiblequ'elleavait d'avoir failly.el qu'elle dési roi t passionnément de le voir pour lui avouer louice qu'elle scavoit. Son Eminence a voulu que Jo le disse au Roy . bien que je n'en eusse point l'ordre dq Sadlie Altesse Royale, mais bien de faire tout ce qu'il commenderoit. A quoy ayant obéy . Sa Majesté m'a absolument commandéd'escrire, cequcj'ay fait après une longue et respectueuse résistance de ma part.
D Monsieur m'a commandé de dire à Son Eminenve qu'il désiroil le voir, qu'il le conjuiolt d'obtenir sa grlce du Roy et l'onbly de sa faute ; qu'il avoil eu des llalsoD^ avec M. le Grand dont II eipllqueroil le détail i Son Eminence ; qu'il avuit aussi eu quelques liaisons avec U. de Bouillon cl qu'il diroit le particulier i Son Eminence. que Je ne Kay point. A costé est escrit ; à Montrrin.re20julnl«lS.*
IIÉMOIBBS DB MONTBÉSOlt.
la commit à La Rivière, qm dépendoit entièrement du cardinal de Richelieu. M. de Rouiilon
V. Bêiponse du Roy, qui doit étire mise au bas de Veecrit de monsieur de La Rivière.
« Après ce que le sieur de La Rivière a déclaré de la pari de mon frère, je désire qu*il retourne le trouver pour luy dire que s'il m'envoyc par escril toutes les choses dans lesquelles 11 s*estoit engagé et ausqucllcs on Ta voulu porter contre mon service, et qu'il déclare franchement ce qu'il sçait. sans rien réserver . Il recevra des effets de ma bonté . ainsi qu'il en a déjà receu plusieurs fois par le passé. Je désire que ledit sieur de La Rivière m*apporle promptement response , et qu'il vienne audevant de moy.
» La proposition de La Rivière est , que si Monsieur confesse tout sans réserve . le Roy trouve bon que sans le voir il sorte du royaume pour aller vivre à Venise.
» Il témoigne croire absolument que si on veut luy donner la liberté il donnera ingénue et entière confession de toutes choses.
9 II m'a demandé plusieurs fois ma parole sur ce sujet; je n'ay osé la luy donner, ne sachant pas si le Roy l'agréera ; mais ma pensée est qu'il n'y a pas de difficulté à le faire, parce que ou Monsieur envoyera une bonne et entière confession , ou une mauvaise et défectueuse , on le poursuivra avec des troupes , selon la résolution prise, et cependant ladite confession, quoyque mauvaise . servira à Ja conviction de ses complices, et à celle de sa propre personne. S'il l'envoyé bonne , l'on s'en servira encore mieux, et le Roy ne sera obligé qu'à le laisser aller à Venise et ne le priver pas de liberté; ce qui n'empescbera pas qu'on ne fasse ensuite ce qu'il faudra pour TEstat.
» Mon advis est donc que vous disiez à l'abbé de La Rivière : M. le cardinal ne vous a pas voulu donner parole que le Roy laissast aller librement Monsieur à Venise sans le voir , au cas qu'il luy envoyast une entière confession de ce qu'il sçait; et cependant pour vous montrer qu'il fait toujours plus qu'il ne promet , il m'a escrit pour conseiller au Roy de donner ce consente^ ment à Monsieur : ce que je feray très-fidellement . et en ce cas je vous donoeray. par commandement du Roy. la parole de Son Eminence. Ainsi il ne tiendra qu'à Monsieur qu'il ne sorte encore une fols du mauvais pas auquel il est. selon vostre proposition, par l'Intervention du cardinal.
» J'ay donné parole à M. de La Rivière qu'on ne dira point à Monsieur que la confession est deffectueuse ; seulement je luy ay dit qu'il faut que la déclaration de Monsieur soit signée de luy et contresignée de Goulas.
» Il eût bien désiré en avoir un projet, mais j'ay estimé qu'il vaut mieux que ces messieurs agissent à leur mode. Je vous ad voue que je ne crois point que Monsieur déclare la vérité ; et , en ce cas , il Caudra advancer les troupes vers luy san» y perdre aucun temps , et je crois mesme qu'en attendant la déclaration il ne faut pas différer leur marche. Je crois qu'il est bon que M. Goulas apporte la déclaration de Monsieur avec M. de La Rivière. »
VI. Lettre de Monsieur au Roy, par laqueRe U luy demande pardon de sa faute,
m Monseigneur . je suis au désespoir d'avoir encore manqué à la fidélité que je dois à Vostre Majesté ; je la sQpplie très-humblement d'agréer que je luy en demande un million de pardons , avec un compliment de soumission et de repentance. J'espère de vostre bonté
fut aussi retenu à Casai d'une manière fort pa honorable pour lui : ce que J'ignorai dorHl
extrême. Monseigneur, que vous aurez malheureux esUt où me réduit vostre indigsUloB, (tf que le premier effet que vous m'avez commandé de fO« rendre de mon obéissance , et auquel je proteste d*avik satisfait très-sincèrement . me fera recevoir la grlee« le pardon que Vostre Majesté m'a fait l'hoimenr éêwm promettre par l'abbé de La Rivière, et qu'elle ttnmÊ conviée pour la tendresse et le bon naturel qu'elle •!«»• jours eus pour moy , à escouter favorablement lettjh^ humbles supplications qu'il luy en fera de ma pert. CM ce dont je conjure Vosire Majesté par son propre sMg; et par Thonneur que j'ay d'estre, Monseigneor, foM très-humble et très-obéissant serviteur et sojet ,
» GastoiI. t