R- LE VICOMTE DE FONTRAILLES
iinal de Richelieu étoit arrivé, par et avec d'extrêmes soins, à une si rtté dans l'Etat , qu'il n'avoit intro- 18 affaires et les principaux emplois lonnes que ses bienfaits lui avoient ur c(jéatures ; il s'étoit emparé de Boi, de qui la timidité naturelle ntée par la créance de n'avoir pas mi pour la conduite de son royaume, isisté des conseils de Son Emincnce, art, comnoissant l'humeur de Sa Ma- :ante et chagrine, soupçonnoit qu'elle eptible d'impression sufQsante de rtune , dont la grandeur ne.pouvoit ! que par elle seule, qui l'a voit étalustre et l'éclat où chacun la consi-
oit sans enfans , et sa santés! incer- ; la grande male^ie qu'il avoit eue à M. le cardinal de Richelieu s'estima ans le doute de la durée de sa vie, plus exactement à la conduite qu'il sur le sujet de M. le duc d'Orléans, léritier de la couronne, lie le moyen le plus^ assuré étoit de a rupture de son mariage , afin de «lui de sa nièce , la duchesse d'Aice que, ce dessein lu} succédant setrance, il se promettolt de perpétuer on si absolue , qu'elle seroit égale , rpassoit celle que les maires du paaptrefois usurpée. Mais ayant ren- Altesse plus ferme et pfbs attachée son mariage qu'il ne s'étoit perrib^a cette résistance à Puylaur^ns ; it pas satisfait de la peine de la priétoit imposée, il le sacrifia à son t, sans qu'il eût aucune conviction ue celle d'être tombé dans'le maldéplaire. '
\jBê étant arrivée^ Quelque temps
les deux couronnes, et les premiers
ie k guerre , par lé gain de la foa-«
ée à Âvein , n'étant pas soutenus
avec la prévoyance dont le cardinal de Richelieu pouvoit assez user, il se trouva nécessité, dans le peu d'ordre qu'il avoit mis aux firontières , et par les progrès dis Espagnols , à confier la conduite de l'armée à messieurs les duc d'Orléans et comte de Soissons.
Le traitement injurieux que Son Altesse avoit reçu dans la mort de Puylaur^vi, qui avoit sa principale confiance , et sa Juste crainte d'être réduit , contre tous les devoirs d'honneur et de conscience , à rompre son mariage solennellement contracté , pour entrer dans une alliance dont le refus lui causeroit des pc^écutions infinie» , se résolut de^'unir avec M. le comte pour le perdre : ce qui auroit fort aisément réussi s'ils eussent voulu, dès Amiens, exécuter la délibératioy qu'ils avoient prtoe coi^ointement , et ainsi qu'il étoit en leur pouvoir.
L'une des plus grandes appréhensions qu'avoitM. le duext'Orléaos, sur le sujet de ce pré- -lendu mariage, veBoi(,de l'opinion que le cardinal , qui déféroit tD^^s choses au mouvement de son and>ition, soudain que Son Altesse auroit eu des enfons, se porteroit infailliblement à se défaire de sa personne pour n'avoir plus d'opposition (si la mort de SaMi^esté survQaoit) capaî)le d'empêcher qu'il ne gouvernât l'Etat sous le nom des mineurs et celui de la régente, qui dépeq^roit entièrement de Ici.
Corbie ayfeint été remis sôus l'obéissance du Roi , Son Altesse et M* le comte de. Soissons s'étant rencontrés à Paris ensemble , sur des avis qui leur fbrent donnés , cherchèrent leur sûreté m s'éloignsôit de la cour. Monsieur se retira à Rlois , et M. le comte à Sedan , où tous les deux, prévenus par des négociations rem* plies d'artiÎDces ,'prirent le parti d'un accommodement, sans stipuler les conditions que requéroient les intéressés * qui se pouvoient facilement ménager dans une conjoncture si favo« rable.
M. le comte , qui se confioit le moins an cardinal , obtlnt*8eulement la liberté de demeurer à^edan quatce années; qui étoit up avantage^
BKLATION DE FONTAAILLES.
peu considérable, après ce qui s'étoit passé.
La naissauee de messeigneurs les enfans de France ayant changé le Visage de la cour, Son Bminence prit de nouvelles mesures , et , sans perdre de temps, agit auprès de Sa Majesté pour tirer d'elle let dernières paroles qu'il Jugeoit à propos pour le conduire à la puissance quMI s'étoit proposée. II présumoit , mais avec plus d'orgueil que de raison , que ce titre, exigé du Boi , l'élèveroit à la qualité de régent en France, et que, s'il étoit forcé de se relâcher dkine prétention pour lui si glorieuse, il dépendroit de son choix d'emporter la balance du côté de la Beine ou de M. le duc d'Orléans , auquel il se déterminerolt $^lon que le temps et les occasions lui conseil leroient. ^
Il avoit fait souffrir tant de choses à la Beine, à son retour de Languedoc, qu'il se rendoit irréconciliable avec elle , et se portoit sur ce fondement à telle aigreur, qu'il déclaroit ouverteme&t avoir perdu toute considération pour elle. A l'égard de Son Altesse , il faisoit paroître moins d'aversion à s'appuyer de lui, quoiqu'il eût beaucoup relâché de l'ardeur qu'il avoit autrefois témoignée pour son mariage avec la duchesse d'Aiguillon : les démonstrations ne s'étendoient pourtant qu'à des civilités extérieures, qui ne^produisoient nul effet que celui de donner des preuves é vidâtes de sa profonde dissimulation , que Monsieur n'avolt pas moindre, à lui celer ses sentimens.
Cétoit à peu près l'état auquel se trouvoit la cour lorsque M. de Cinq-Mars , qui a été grand écuyer, entra en faveur auprès de Sa Majesté : mais parce que J'ai été celui qui me suis rencontré h plus avant dans sa confiance , Je serai bien aise de laisser ces Mémoires parmi les papiers de ma maison , afin que ceux qui trouveront l'&bolition que J'ai prise n'ignorent pas les sujets qui m'y ont obligé.
L'objet de M; le cardinal de Bichélieu pour demeurer le mattre des affaires étoit de décréditer la Bekie auprès du Rbi ,' par l'éloignement de ses créatures. Considérant madame de Hautefort pour être entièrement dévouée à son service , il songea aux expédiens de la bcfhnir de la cour, l'affection que Sa Majesté témoignoit pour elle étant trop suffisante et suspecte à ses intérêts pour lui pouvoir permettre Se la laisser davantage dans la place qu'elle occupolt.
Il se proposa, ensuite de sa disgrâce, de la remplir d'une personne agréable au Boi, capable de le divertir, ou du moins de l'amuser ; mais afin d'éviter que Sa Majesté ^ choisit une de son propre mouvement, sans qu'il en eût (e mérite , il Jeta les yeux sur M', (te. Cinq-Mars ,
pour lequel il avoit remarqué , dès le ' d'Amiens , que Sa Majesté avoit une fort nation.
Pour cette considération , il se résolu laisser agir, d'autant qu*il paioissoit à monde que c'étoit un effet de son autoril engageoit à la reconnoissance ceJui qui e voit l'obligation.
Peu de temps après, il le favorisa de : tremise pour le faire entrer dans la ch{ maître de la garde-robe ; et se servant dresse d'un ministre consommé dans les gués du cabinet , il lui montrait incessa la faveur, et en même temps faisoit coi que c*étoit par sa seule voie qu'il y p< parvenir. En quoi il est Juste d'avouer q noit la conduite d'un habile homme..
Le projet de faire donner l%)rdre à m de Hautefort de se retirer ayant été résoh précipitation et contre l*avis de ses par qui enjugeoient mieux que lui lesconséqi M. de Cinq -Mars commença à être r comme favori ; et dans le voyage que le à Grenoble , sous le prétexte de voir n de Savoie , ft parut que Sa Majesté l'aime plus de passion qu'il n'avoit fait aucun é qu'il avoit gratifiés avant lui de l'honneui bonnes grâces.
M. le cardinal en conçut d« la Jaloit repentit du choix qu'il en avoit fait , et meura pas long-temps sans s'apercevoii les divers voyages que la nécessité des a faisoit naître , qu'il pouvoit aisément mil fille ; mais qu'il n'en étoit pas de mlm Jeune homme qu'il avoit intrDduit, beau fait^ ambitieux et spirituel , qu'il ne ] détruire que par une disgrâce tout ouver quel il ne resteroit rien à désirer , aprè été établi dans la charge de grand écuy< s'emparer de la place du premier ministr
La mort de M. le cardinal de La Valet survenue ; il envoya au Boi une liste d qu'il avoit pourvus de ses bénéfices ,«c nombre desquels le nom de l'abbé d' frère de son favori , n'étant employé qi une abbaye fort médiocre , Sa Majesté , < tée de dépit , déchira le papier,' et déch bliquement qu'il lui donneroit la meilleur M. le cardinal fut si offensé , qu'il jura h de M. ^e Cinq^ars , et s'en expliqua amis : ce qui ne put empêcher le Boi , il nent après son retour à Paris , df chasj dame de Hautefort , et de mettre en pos8( de son propre mpuvement , M. de C^q-& la charge de grand écuyer.
Il m'arriva dans cette conjoncture , c
REL^TIOX DE FCNTH AILLES.
cogne OÙ fétois, une querelle avec M. d'Ëpernon; et parce qu'il venoit de soutenir un trèslon| siège dans Salses, dont il étoit gouverneur, et s'y étoit conduit en sorte que Ton restoit trèssatisfait de lui en cour, M. le cardinal prit ce différend avec tant d*aigreur à mon égard, qu'il publia que J'avois fait des -monopoles en fioienne pour messieurs d*Ëpemon et de La Valette , lesquels se trou voient en disgrâce ; y i^outistees paroles pleines d'animosité , qu*il fallait mi faire prendre mort ou rt/.
M. le Grand répondit povr moi , bien que Je ne ftisse pas bien connu de lui , et dit à Son Efflinence , en présence de Sa M^esté, que mes ennemis m'avoient rendu ce mauvais office ; mais qu'il se rendroit caution de sa tête, que jetois bon serviteur du Roi.
Ce discours , si obligeant et avancé si à propos, me mit à couvert d*un si méchant rencontre; et c'est au vrai le si^et qui m'attacha si fort a?ec If. le Grand , et qui m'a depuis engagé à l'honorer et le servir Jusques à la mort.
M. le cardinal ayant conservé le dessein qu'il avoit pris à Grenoble de le perdre , jugea que LaCbesnaye, premier valet de chambre, auquel Sa Majesté parloit souvent et avec grande contianee, seroit un homme propre à trouver l'occasion d'apporter quelque dégoût de lui dans i*esprit du Roi , ne doutant plus, qu'après par son adresse , appuyée de son crédit , le reste ne hri Mt facile.
Sur ce projet, il arriva plusieurs démêlés en*
ti*e le Roi et son favori , suscités et ménagés par
La Gbesfiaye, dans lesquels Son Eminence s'en-
^^emettôit presque toiyours ; mais pour ne se
point commettre (étant éclairci qu'ils venoient
Plut6t d'un excès d'affection que par aversion) ,
^^ prenoit toujours le parti de l'accommodement,
gavant que de partir de Saint-Germain il les
^emettoit bien ensemble.
^M. le Grand , s'étant aperçu de ces artifices («t, ainsi qu'il me le dit souvent, autant par hasard que d'une résolution préméditée) , rencontra le Roi en disposition de se défaire de La dhesnaye , qui l'iucommodoit infiniment. Un jour, sans que M, le cardinal en fût averti , Sa Majesté lui «fit commandement de se retirer avec Injures et outrages ; M: le Grand le menaça fort aussi.
Son Eminence , ne pouvant dissimuler le regret qu'il en avoit , le lui fit paroître par son visage et un discours fort sévère , quand il alla- (ftur lui rendre compte de ce qui s'étoit passé. * •
ï^ Chesnaye étant arriVé à Paris , les serviteurs et les plus proches ôe M. le eardiiial le
furent voir,*poor lui offrir leur assistanœ^ans sa disgrâce.
Le maréchal de La Meilleraye, son beau- ^rère , en usa comme les autres , et encore avec plus de chaleur , et j'ai appris de M. le Grand que ce qui lui faisoit plus clairement voir t'envie que Son Eminence avoit de le perdre, étoit comme M. de La Meilleraye s'étoit retiré de lui tout d'un coup, sans sujet ni prétexte, et rompu l'amitié qu'ils avoient èontractée ensemble , de teile hauteur, qu'à peine se voulolent-ils s^Juer.
M. le cardinal , par Téloignement d'un homme qui le servoit adroitement à son gré , voyant M. le Grand mieux éUbli qu'il ne l'eût désiré, se résolut d'attendre que cette affection du RqI reçût quelque diminution d'elle-même : ce qu'il espéroit devoir bientêt arriver, pour lui. donner moyen de s'en prévaloir.
Sa Majesté étant à Amiens , M. le Grand , qui désiroit avec une extrême passion de^faire paroître son courage , et qui étoit pleinement informé en quel état il étoit auprès de M. ie cardinal , se proposa de demander au Roi le commandement des troupes qui dévoient conduire les convois que l'on envoyoit à Arras.
Sa Majesté le lui accorda dès la première ouverture, sans en donner part ^ Son Eminence , qui, l'ayant su, la fut trouver à l'instant pour la faire changer; mais il la rencontra ferme et inébranlable , persistant à vouloir <fae son favori eût cet emploi , qui lui étoit extrêmement glorieux.
Enfin M. le cardinal s'apercevant que le Roi ne se relâcheroit point, il s'adressa à M. le Grand , qui, se foyant pris à partie par un ministre si autorisé, dans la crainte de n'être pas soutenu , aima mieux se relâcher de lui-même que d'y être contraint par force ; et ainsi il se désista de sa prétention : et pour satisfaire le Ro^, le commandement des volontaires , des gendarmes et chevau-iégers de la garde lui fut donné.
Dans cette occasion il y eut un combat, sur le siy et duquel M^ le cardinal , pariant à Sa Majesté , taxa le courage de M. le Grand très-injustement: ce qui l'envenima à tel point, et lui fit une;si profqnde plaie dans lecceur, qu'il n'en guérit jamais depuis.
Il se trouva aussi en Éi mauvaise posture à son retour d'Amiens , qu'il se croyoit entièrement perdu ; il fit4)0urtant sa paix avec le Roi , et se raccommoda avec M. le cardinal ; mais ce ne fut qu'en apparence , sans vouloir être jamais son serviteur, résolu d'embrasser toutes les voies les plus extraordinaires pour essayer de se venger de lui.
M. le e^mte , qui étoit à Sedan , pressé par le
BELATION DE FQNTBAILLES.
temp; de V)D traité et sollicité par M. de Bouillon , se disposa à former un' parti ; et parce qu'il savoît que M. le Grand étoit très-mal satisfait de Son Eminence , il voulut tâcher de l*embar«« quer dans ses intérêts.
Je faisois profession particulière d*étre serviteur *de M. le co9ite ; il avoit cette opinion de moi ; ce qui l'obligea à donner commission au comte de Fiesque de me parler de cette négociation. Je m*exçusai sur i#voyage que j'allpis faire dans ma maison ; mais en effet parce q'ue je ne voyots pas qu*il fût honnête ni avantageux à un -favori d'entrer en InteHigence avec un prince qui étoit sur le point de prendre les armes contre son maître, son souverain et son ministre.
Néanmoins M. le comte, dans mon absence, ne s'étant pas rebuté de continuer son dessein, lui fit Taire cette proposition par d'autres gens , et en reçut toutes les assurances qu'il pouvoit soul^iter ; et ce fut le commincement de cette malheureuse et funeste affaire qui fut cause de sa perte , pour s'être trop légèrement engagé à chercher sa sûreté ailleurs qu'auprès du Roi et de son principal ministre , avec lequel il étoit prévenu de ne la pouvoir plus trouver.
S'étant réduit en cet état, il m'écrivit en Gascogne , et me iganda que , toutes affaires laissées , il me oonjuroit de venir à la cour pour des raisons très-importantes.
Je pris la ^te pour satisfaire à ce qu'il désiroit de moi : passant à Blois, je vis Monsieur, qui me commanda et me conjura plusieurs fois ^ pour le service que Je lui avois voué, d'employer tous mes soins vers M. le Grand pour l'attacher à ses intérêts, et le rendre son servitiQr^ particulier. Il me dit qu'il croyoit bien qu*il J'étoit 4éjà fort, mais que ce n'étoit pas encore au point qu'iF le souhaiteroit; que s'il ne^craignoit la jalousie^u Boi ,*ll vivroit ei^ public avec lui de la manière qu'il voudrolt, pourvu qu'il lût assuré de son affection et de son service. Il n'oublia pas d'ajouter toutes les promesses dont le» personnes de sa qualité sont fort libérales quand ils ont envie de tirer des services considérables de quelqu'un. "*
Il m'ordonna aussi que,^ qtiàvfi il viendroit à la cour, j'eusse à le voir avant quUl eût salué le Rpi , pour ce qu'il %ùi de moi de quelle sorte M. le Grand seroit convaincu qull en usât avec
bil.
J'arrivai à Paris le même Jour que la bataille de Sedan fut sue à Péronne , .où étoit la cour : Ton étoit déjà assuré de la mort de M. le comte, dont je trouvai M. le Gr^nd dans le dernier désespoir. Le gain d*une Journée obtenue pas un prince auquel il s'étoit entièrement atAché, avant
qu'il eût appris le malheur de sa perte , Tavoit' élevé à de grandes espér^ces, et fait croire sa conduite bonne ; mais sa mort lui donna des pei^ séesbien différentes, pour s'être trop légèrement engagé dans un parti qui étoit absolument rainé , et voir son secret entre des personnes qui n'étoient plus obligées de le taire , lequel venant ' à la connoissance du Roi , il n'avoit point d'eii cuses valables à lui alléguer.
Après qu'il lui eut plu de m'informer detont ce qu'il avoit fait depuis que je m'étois séparé de lui , je ne pus m'«mpêcher de le bJâmer d'une si prompte résolution d'entrer en intelligence avec M. le comte , vu qu*il eût été honnêtement établi; car , quelque avantage qui lui eût pu ar-' river , il auroittoujours été bien aise d'acquérir auprès du Roi un homme tel que lui,' et qiiVt différant il se fût tenu en termes de se prévaloir de sa bonne fortune, et de n'en rien rlaqiMr dans le malheureux succès qui lui étoit arrivé.
Pour en venir au remède , je lui représentai qu'il étoit bien difficile d'empêcher que M. le cardinal ne fût averti de ce cp'il avoit ai grand intérêt de céîer ; que feu M. le comte avdt divers confidens ;que M. de Bouillon s'aooomnxh doit indubitablement , et c^ue les autres recherchoient l'amitié de Son Eminence; qu'ainsi il étoit quasi impossible qu'un, ou peut-être tjpos . ensemble ne fussent touchés de lui faire un si beau présent que celui de révéler ce secret si important, qui lui seroit si agréable à savoir; que J'étois d'avis qu'il n'y avoit point à marchander, car il falloit nécessairement se porter aox extrémités , fléchir ou quitter la cour.
Il me dit que de s'éloigner il n'y a'Vélt point de sûreté pQur lui; que M. le cardinal, qui ne faisoitjrien à demi , auroit plus de facilité à le . perdre , n'y ayant personne auprès du Boi pov le défendre, ce qu'il- feroit lui-même en oony3<vant sa place; qu'il étoit malaisé de le convtlD* cre parce qu'il n'avoit point écru, et que les témoins seroient bten plus retenus, lui présent, que s'il étpit retiré ;*mais que., pour les moyens extrêmes , il n'y en pouvoit avoir aucuns qu'il ne voulût de l)on cœur hasarder.
Lors je le mis en connoissance du discours qua* Monsieur in'avoit tenu en allant «à Blois,. et comme il m'avoit témoigné souhaiter pasaionné- . ment qult fût son serviteur; au surplus, que l'on l'avoit une fois disposé à Amiens , en l'année 1636 , de ^yffrir une entreprise sur Ja personne du cardinal de Richelieu , sous son nom et en sa présence ; et sijui et M. le coilllaeQSsent eu la résolution que je Croyoiç qu'ils auroient eue en pareille rencontre , et que les avis se fbs- . sent trouvés conformes parmi ceux qui servoient