‹ Relation faite par m. de Fontrailles des choses particulières de la courChapitre 38 sur 89 · RELATION DE FO.NTBAILLES · texte numérisé non relu

RELATION DE FO.NTBAILLES

Beasion , le cardinal ne fût Jamais sorti lu Roi; et qu'aliyi s'il pouvoit donner U8po6itloiià Sçn Messe, qu*il faudrait mettre si bon ordre, ifae l'entreprise (et c'étoiten celifseul que consistoitsa ion, ne voyant par aucune voie le éviter sa perte , tout autre parti étant Qi sans espérance). Il en t<)[nba d'acprit cet expédient avec grande cha-

^t après. Sa Majesté vint à Mézières pour

ec M. de Bqpillon^Il e^t à remarquer

\ Grand aVoit accoutumé d*étre en tiers

oi et M. le cardinal dans tous les con-

los secrets , et que Son Eminence ,. mal

He lai , se résolut df Fempécher à Ta-

n'ad pias su s'il en étoît convenu avec

D lifien s'il croyoit que ^\, le Grand ne

Jamais à un léclairgssement qui r.c

irolt pas, «et qui pourroit procurer sa

. le cardinal lui témoigna donc ^ par

int-Yon, ({u'il ne trouvoU pas bon qu'il

%toujbufssur les talons quand il étoit

i Sa Majesté , et qu'il avoit à l'entrete-

lires qui ne requérojent point sa pré-

!Ours surprit fort M. le Grand , qui fut loroent chez M..Des IVoyers pour appro- >ù venoit ce changement ; mais M. le qoi le faisoit dbserver, y fut aussitôt où il le traita avec autant d'aigreur et que s'il eût été le moindre de ses vaayant sorte d'injures et d'outrages qu'il fbcevoir, lui reprochant non-seulement lits , son peu de capacité et de mérite , ajusques à cette extrémité qu*il lui fit I, avec le dernier mépris , quMl ne fau- 10 homme tel que lui dans le conseil Ire de i^éputatlon tous les ministres par- BDgers; et pour conclusion, lui défendit iver dafis aucun conseil , et le renvoya Hir lui demander s'il n'étoit pas de cet

ne Je n'aie Jamais vu homme plus ouplaisir qu'étoit M. le Grand d'un trai-

injurieux , il n'eut d'autre voie à choi- !lle de le souffrir et de se retirer dans «e^où J'étois seul, qu'il eut pleuré de rage et de colère, et

long-temps, il ne put trouver autre 9D que celle du souvenir du dessein it pris de ne rien omettre pour perdre mt.

cardinal néanmoins, après lui avoir le rude mortification , lui fit offrir le meDtdeTouraine, dans lequel il avoit

son bien, pour lui aplanir le chemin de sa retraite : ce qu'il refusa , ne voulant abandonner la place qu'il tenoit que par force.

M. de Bouillon ayant fait son accommodement , ce lui fut un nouveau sujet de crainte que l'intelligence qu'il avoit eue avec M. le comte ne se découvrit.

M. de Thou étoît lors à la cour, qui , par l'aversion conçue contre le cardinal , lui témoignoit être de ses amis, et qui l'étoit aussi intime de M. de Bouillon et son parent : ces considérations l'obligèrent à se servir de son entremise pour lui faire un compliment de sa part , auquel M. de Bouillon répondit avec la fidélité et la chaleur qu'il pouvoit désirer.

Etant venu voir le Roi , M. le Grand lui donna à dîner, reçut de lui les assurances du secret et celles de son amitié, dans des termes particuliers qui n'étoient pas absolument clairs, mais qui souffroient des explications fort favorables. Jugeant la personne et la réputation de M. de Bouillon propres à donner de puissantes inductions à Monsieur pour lui faire entreprendre ce qu'il désiroit , il resta avec plus de repos et de satisfaction.

Sn Majesté, partant de Mézières, fut à Amiens, et, passant par Gorbie, Monsieur Vy vint trouver; et parce qu1l y avoit apparence que Son Altesse devoit attendre la cour à Amiens, Je ne m'avisai point d'aller au-devant d'elle, ainsi qu*elle me Tavoit prescrit. Elle salua le Roi plus tôt que je n'eusse eu l'honneur de la voir, ce qu'elle trouva mauvais; et je lui disque M. le Grand la supplioit de vivre à son égard comme elle avoit accoutumé, et qu'elle seroit assurée de sa propre bouche du zèle qu'il avoit pour son service.

Durant le séjour d'Amiens , ils eurent plusieurs conférences ensemble, entre autres une dans le jardin de M. de Ghaulnes, où Monsieur me dit que si M. le cardinal pouvoit mourir, nous serions trop heureux. Je lui repartis incontinent sans hésiter qu'il n'avoit qu'à donner son consentement, etquMIse rencontrerolt des gens qui s'en déferoient en sa présence.

Ges paroles expresses n'ayant point été con-* certées, surprirent moins Son Altesse que M. le Grand, qui me témoigna que Je les avois dites, à contretemps, et qull craignoit que Je n'eusse étonné Monsieur : ce qui m'obligea à lui répon*. dre qu'il valoit mieux , si cela étoit , que ce fût au commencement d'une affaire de cette consi-. dération , que lorsqu'elle seroit plus avancée e\ que nous serions embarqués.

Le Roi, retournant à Paris, passa à Nesie, où M. de Bouillon vint encore voir Sa Majesté

RELATIO.^ DE FONTBAILLF.S.

en allant chez lui à Turcnue; et ce fut lorsqull promit à M. le Grand, par Tentremise de M/de Thou , d'être de ses amis contre M. le cardinal , et de se rendre à Paris tontes les fois qu'il le désireroit. Je n'y étoispas, mais il me le communiqua du depuis.

Le Boi étant arrivé à Saint-Germain , où Je me rencontrai, le voyage de Perpignan fut arrêté peu de Jours après , et retardé sur ce que la santé de Sa Majesté étoit plus altérée.

M. le Grand , prenant d'autres mesures, sonda diverses fois le Roi pour pressentir en quelle disposition il seroit pour M. le cardinal; mais s*étant aperçu qu'il ne vouloit en façon quelconque l'éloigner des affaires et se priver du service qu'il croyoit recevoir de lui , et qu'il ne lui avoit celé que lorsque Son Eminenee se déclareroit ouvertement son ennemi, il ne le pourroit plus conserver ; Joint à la défiance qu'il avoit , quand bien M. le cardinal ne seroit plus, que Sa Majesté n'estimât pas la capacité des personnes de son âge, et cela étant il couroit risque de souffrir la lionte de voir faire un choix dans l'emploi des affaires , et à sou exclusion : ce qui le travailloit infiniment.

Le souvenir des obligations dont le maréchal d'Effiat , son père , et sa maison , étoient redevables à Son Eminenee, lui revenoit souvent à la pensée et lui partageoit l'esprit; et quoiqu'il le dissimulât à M. d'AubiJoux , qui étoit à Monsieur, et à moi, auquel il avoit pourtant beaucoup de confiance , nous ne laissâmes pas de le pénétrer, et de nous en assurer par la suite des choses qui nous arrivèrent. Le Boi, attaqué d'une maladie que les médecins Jugeoient devoir terminer sa vie dans six mois, rendant sa condition incertaine, les longues conversations avec Monsieur, et la créance qu'il avoit qu'il le pouvoit gouverner avec plus de facilité que le Roi , jointe aux espérances de sa fortune en s'attachant entièrement à lui , l'obligèrent à se tourner absolument du côté de Son Altesse, et de n'avoir plus d'autres pensées que de se mettre à couvert, par son moyen, des orages pressons qui le menaçoient , afin d'attendre avec sûreté ce que produiroit la révolution que la mauvaise santé du Roi lui persuadoit devoir à tout moment arriver. Il ménageoit cependant M. de Bouillon , qu'il avoit acquis, l'estimant l'homme du monde le plus utile pour venir au but qu'il v'étoit proposé, parce qu'il avoit Sedan, place excellente et bien munie, qui avoit garanti un prince du sang de l'oppression de M. le cardinal, dans laquelle Monsieur se pouvoit aisément retirer, et lui par conséciuent , sans avoir à cniinçlre les effets de sa mauvaise volonté.

Il écrivit sur ce fondement à M. de pour le faire venir ^Paris, et voulut f de M. de Thou , diquel il a3oil si Me à la première négociation.

M. d'AubIjoux ni moi ne savions rie dessein ; car il appréhendoit que nous ne pas d'avis de ce conseil pris de sa tête posés à le^ervir à sa mode. 11 ne se ce pas de nous celer se^sentimens, il voul celer à M. de Thou le sujet de son en M. de Bouillon, -et luk insinuer que le I roit de le voir pour conférer avec lui su regardoit M. le^ cardinal; qu'il avoit i de le perdre et*à'y employer mondit Bouillon.

Les raisons qu'il m'allégua furent q«e Thou n'étoit trompé , U n'entreprendroi le voyage ; ou s'il le faisoit , ce sejoit a de dégoût et de regret ; qu'il n'auroit a fet. Je ne pus être de cette opinion.

Je lui dis que M. de Thou étoit bo qualité et de mérite , auquel il étoit ol que ce seroit un procédé bien étrang|d< mettre , sous un faux entendre , à faire ai et faire une négociation très-délicate , quelle il couroit fortune de sa vie ou d de sa liberté , s'il étoit découvert j qu le traiter avec plus d'estime et de confii l'informant de la résolution qu'on m contre M. le cardinal ; que si M. de 1 vouloit pas contribuer, il étoit tellemen de bien , et avoit assez d'aversion pour i nence, pour en garder inviolablement 1

Il me crut avec grande confiance ^ que dès qu'il eut découvert le discours Thou l'interrompit , lui déclarant qu'il vouloit point mêler, et qu'il étoit'en sang ; que par son ministère il ne s'en ré jamais.

Je fus un peu plus étonné que M. le quoiqu'il le fût beaucoup, pA-ce que.

seul auteur de ce conseil , qui nous ave réussi.

M. le Grand ne dit plus mot; et Je M assez heureux pour faire en sorte que M. se résolût de faire le voyage, et de pc lettre à M. de Bouillon, et crtgagef s qu'il laisseroit librement agir sa vob user de persuasion vers lui , ni le dissua

La lettre reçue, M. de Bouillon pa difficulté la nuit du jour qu'il arriva avant que personne le sût, et vit M. le Saint-Germain. 11 lui représenta dans I férence la maladie du Roi , et le dessein cardinal de s'emparer de la régence au | de la Reine et de Monsieur ; le danger c

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