DOCUMENTS INEDITS RELATIFS AUX MEMOIRES
de partir plos tost , je me ineltrai en chemin dès qae j*aorai receo ses ordres. »
A Monsieur Le Tellier.
« Monsieor, il y a le régiment du comte de Troie qui de cinq compagnies a esté rerais à (rois par la réforme ; il y en a quantité qui de cinq ont esté remis à quatre, et je vous assure qu'il n'y en a pas un qui approche de la force de celui-là. Je vous suplie très-humblement d'en parler à M. le cardinal , et lui représenter comme il a entretenu l'hiver dernier une compagnie à ses dépenses, et il n'est pas si bien traité que beaucoup, ayant le meilleur régiment de l'armée.
» C'est, Monsieor, vostre très-humble et trèsaffectionné ,
D Tdbbnnb.
» A Amiens, ce 5 novembre 1659. »
Au même,
« Monsieor, vous saurez par M. de La Bourlie toutes les nouvelles de ce pays icy , et comme je suis assez en peine de n'avoir point eu de vos nouvelles depuis estre parti de Paris , et cela consiste en deux articles, qui est d'avoir de l'argent pour les troupes qui demeurent dans les garnisons, et savoir où se mettront celles que je serai obligé de renvoyer à la frontière de Picardie; il eust esté bien nécessaire qu'en quittant Oudenarde on eust peu leur laisser de l'argent, car il n'y aura pas de seureté pour les convois, et on renvoyera avec grande peine des soldats que l'on maintiendroit avec peu , et les commencemens donnent l'envie de quitter une garnison ou d*y demeurer. Je ne pourrois pas croire que je n'aye de vos nouvelles un de ces jours par lesquelles je sache que vous envoyez quelques fonds. On est fort incertain de savoir icy quand le Roy reviendra. Ma pensée seroil, s'il arrive à Paris dans le commencement de janvier ou devant, que laissant tout mon éqaippage en ce pays, que j'allasse promptement y faire un voyage, et suivant les nouvelles je reviendrois tout aussitost. Les choses demeurent dans la même disposition ; tout dépend de la façon dont se passeront les choses à Lyon. Je vous suplie très-humblement de faire savoir chez moi à Paris ce que l'on peut dire de la longueur de vostre voyage et des autres circonstances, et me faire l'honneur de me croire avec beaucoup d'inclination et de sincérité. Monsieur , vostre très-humble , etc.
» TUBBNNE.
» Au camp, ce 20 novembre 1659. »
A u même.
« A Amiens , ce 4 décembre 1659.
» Monsieur, j'ai receu à ce matin tous les pa-
quets de la réforme par ud de vos eoariers, et U§ offîciers ont esté très aises de la voir si médiocre, et je vous assure que je me suis réjoui comi^ d'une grande affaire, que mon régiment d'iofioterie ait esté conservé à vingt compagnies: cdi ne me fera pas, s'il vous plaisl, passer dus vostre esprit pour une personne qui est aise de peu de chose. J'ai esté en Flandre, et toutes choses se disposeront pour le mieux, attendant lei nouvelles du temps que je m'en irai. Il y a one personne de grande qualité qui m'a escriptpoor la conservation d'une compagnie qui est à la queue d'un régiment ; cela ne se peut pas dans l'ordre, ayant déjà mandé qu'elle ne fust pas des conservées. Je suplie très-humblement M. le cardinal de me faire la grâce de me donner l'entrelèiement de cette compagnie-là , et je lui mande qne la chose m'est assez importante pour l'en imporUh ner comme je fais, et que si l'on trouve la diffienlté du logement, qu'avec l'argent que coûte aueeenpagnie on la peut mettre dans une ville. You verrez, quand j'aurai l'honneur de vonsfoir, qu'il me seroit fort fâcheux que M. le cardinal ne me l'accordast pas. On fera pour le régiment de mestre-de-camp ce que vous ordonnerez par M. de Lespine ; et je vous suplie de me croire, Monsieur , vostre très-humble , etc.
» Tc;bk?(nb.
D Sur ce que j'ai veu que vous escrivez k M. Talon sur deux affaires qui sont arrîTées, Tune au Quesnoy et l'autre à Bapaume, je loi mande qu'estant impog^ible qu'il aille présenlement sur les lieux , que j'escrivois à M. Carlier comme vous le mandez sur le soject du Qoesnoy, et aussi au lieutenant du roi de Bapaume, poor savoir la vérité louchant l'affaire de Cambrai. Je mande aussi à M. le cardinal, que ces Anglois qui sont à Abbeville , sont dans la plus grande nécessité qu'il est possible, el qu'en les licenliant, il seroit bien nécessaire de leur donner qaelqae chose pour les retirer des hostelleries , et aussi pour assembler ces soldats des garnisons poor les mettre dans les régimens des gardes écossoises et de Douglas; il faudroit quelque peu d'argent sur la frontière pour cela, mais je ne crois pas que je sois en ce pays quand cela arrivera. Snr ce qu'il vous plait me mander de l'entretien des troupes durant l'hiver, je ferai savoir aux commissaires ordonnés pour cela, ou leur prescrirai, s'ils n'en ont point d'ordre, ce qu'ils paieront d'effectif aux régimens que vous me marquez qui doivent estre paies au-dessus de vingt par compagnie. On observera toutes les remarques que vous faites , et il en sera usé , à Tesgard di chevalier de Machaut, comme la Reine l'ordonne. Ce n'est pas de cette compagnie-là que je venx parler à M. le cardinal , je me sais souvenu de m'en expliquer ici de peur que vous ne le croyez. On dit tous les jours ici que M. le prince s'en n passer, et ayant en ses passeports cela estas-