POIR LES ANNÉES 1657, 1658 ET
Leiire au minitire Le Teliier.
msleor , comme Son Emioence sera iofor-
0 détail de ce qui s'est passé ici, je ne vous retiendrai pas et voas su plierai de me contibonneor de vos bonnes grâces. Ce que les «ont manqué d'argent a presque causé un it 6D présence des ennemis , et le mauvais ^le manque de paiement les fait tomber tout !Mip. Il y a eu trois ou quatre jours durant Mes assez difficiles à Saint-Venant ; quand s de Teonemi est arrivée à une heure de s n'avois ni vivres, ni munitions de guerre, OD quart de la ligne faite, et à leur front la tout.
TOUS suplie de croire que je suis très-sinmt. Monsieur, votre très-humble, etc.
» TUBBNNB.
31 août.
nfinterie a tesmoigné beaucoup de vigueur Saint- Venant ; si la ville eust tenu un jour } , Ardres étoit perdu ; il est nécessaire ou f tienne des troupes de Tarmée, ou qu'une
Au même,
^nsieur, j'ai receu les lettres qu1l vous a écrire avec la lettre et les ordres du Roy , atles officiers qui s*en sont allés sans congé
1 n*ont point servi pendant la campagne, exécution desquels ordres je crois qu'il se- Boing d'avoir des commissaires , afin qu'ils dans chaque corps ce qu'il y manqued'ofet je dirai là-dessus ceux à qui j'ai donné On ne doit point excuser ces choses-là ; vous asseure que l'extrême nécessité fait
lucoup d'officiers se retirent. Il semble que
li prenne le parti de voir retirer l'armée
, et ensuite d'entreprendre quoique chose :
il n'y a que de l'argent qui puisse faire demeurer les officiers et les soldats. L'hiver et le pays ennemi obligent bien à se retirer ; mais quand on a les moyens on demeure derrière quelque temps ensemble , et cela donne beaucoup de jalousie à l'ennemi. La cour est si éloignée d'icy que toutes choses sont changées avant d'avoir une response: c'est ce qui m'empêche de mander à Son Eminencele détail de beaucoup de choses qui se passent avec l'ambassadeur d'Angleterre ; car en deux ou trois jours les affaires changent tout à fait, et cela feroil concevoir de bonnes ou de mauvaises espérances sur lesquelles on feroil fondement ; dans une affaire très-difficile comme celle-cy, je ferai ce que je pourrai.
y» Nous faisons ici bien des travaux et des forts, et des canaux nouveaux qui sont entièrement nécessaires, et à quoi rien n'est contraire que la saison. Vous direz , s'il vous plait , à Son Eminence que ce qui m'a empêché d'attaquer le fort de Linck, c'est que le temps que j'y eusse employé m'étoit plus nécessaire à autre chose , qui est au travail des communications de Bourbourg, et peut-être encore qu'il sera trop court. Pour le temps que j'ay demeuré à Wate , je me préparois pour Mardyck, et comme Tennemi avoit pourveo à Linck , j'eusse pu aisément m'y mécompter de beaucoup de jours. M. Talon est allé à Mardyck, j'y ay aussi envoyé des François pour y travailler ; les Anglois y faisant fort mauvaise garde. J'ay receu ce que vous m'envoyez pour M. Jacquier, ce qui estoit fort nécessaire , et M. d'Ormesson a envoyé en diligence pour les cinquante mille francs que le commis de M. de Gharon a entre les mains. Je crois qu'il estoit à Paris, où peut -être vous aurez aussi mandé qu'il en partist, en cas qu'il fust retourné avec son argent. M. le prince et don Juan d'Autriche sont à Dunkerque et à Bergue , et toute l'armée est derrière eux dans les quartiers, qui avanceront dès que l'on fera quelque mouvement en arrière, à quoy la saison obligera. Il est impossible queifardyck ne demeure fort exposé ; l'ambassadeur d'An^ïlcIcrrc
uoi:uiib:«ts imJditg bi^litifs \lx uehoibes
■ eu besoiiig Je divers mouyemcDS li-ilessati, dont j'escriray le détail à Son ËiniaeDce. J'ay es[6 un soir à Calais pour cela.
» Au caïupdc Ruroinglien, le 25 octobre 1657.
■» Tdbennb.
B On n'employé point d'argent inulillemenl, mais je vous assure que j'emprunte de I ou s les coslés, car on travaille en beaucoup d'cndroils; j'oubliois â vous dire que le roy d'Angleterre est à Daokerquc. J'ai beaucoup de joie de ce que la santé de M. le cardiaal est meilleure, b
« Uonsieur, je vous envoie la copie de la lettre que j'cscris à Son Eminence; vous verrez par là t'eslat des clioscs , comme je lui mande le retour de M. Locart pour savoir comme M. le proleclenr prendra à l'avenir l'atTairede Uardyck ; car il ne se faut pas lasser d'y envoyer des hommes et d'y faire travailler; vous voyez, Monsieur, comme cède affaire des vivres presse ; je croîs que vous aurez receu celle par laquelle je vous escrivois comme il esloil nécessaire qu'il vous pleast d'envoyer ici des commissaires. M. Talon csl à Boorbourg, c'est cequiest cause qu'il o'escril pas par celle voie; jusqu'à ce que l'ennemi soil séparé, je crois qu'il ne faut pas songer à faire marclier des troupes hors de ce paygicy ; les gardes s'attendent déjà à eslre à Calais ; il seroit nécessaire d'avoir promptemeni ordre du Roy pour les y mener, et les Suisses à Ardres. M. de MarosI m'avoil dit que , lui s'en ol tant à Paris , il craignoil que les gardes n'eussent quelques différons avec son lieutenant de Roy ; mais j'ai prié M. do Pardel, qui est allé aujourd'hui à Calais , d'en parler par advance à M. de Harost, et lui dire comme les gardes ne faisant point de gardes dans Calais, eteslantcomme troupes de l'armée, qu'ellesn'auront rien à déniesler avec le lieutenant de Roy , et qu'ils y vivront; en sorte qu'ils sont assurés qu'il n'aura nul sujet de se plaindre. J'ai oublié de mander à M. le cardinal que beaucoup de personnes qui vieiiiient do l'armée do l'ennemi assurent qae H. le prince avoil la flëvre ; il est certain qu'il eslallé en quelque ville, derrière l'armée; on ne sait pas s'il passera delà à Bruxelles. Tous les antres généraux sout à Dunkerque jusqu'à ce que l'ennemi soit séparé: tout ceci est fort incertain. La communication à Hardyck est impossible dans le mauvais temps, de sorte qu'il faut que ce soit la rorlidcation de la place et la nwrqui la défendent. J'ay veu M. deLamoigoon, qui est venu jusque dans mon quartier, dont j'ai en beaucoup do joie ; il s'en est retourné i Boulogne. H. d'OrmesIon es! à Calais, qui travaille avec grand soin pour les choses doni je le prie. B Je suis de tout mon cœur, Monsieur, voire IréB-humble , etc.
•> Ce 31 octobre iHSJ.
» TtBENfIR.
B Je vous soplie déparier à Son Eminence, lia ' que la compagnie de tavallerie de U. de Midevillier ne soit pas réformée ; c'est un deameillcort officiers de Franco , et qvi n'a rien qne cela. >
À Son Eminence monteigneur te cardinal Uatari».
« N'ayant point de response de U lettre qwjt me sois donné l'bonneur d'escrire i Votre Eninonce par M. de Coulange , je lay dépêche en Aligenco Fiscial sur ce qui concerne les vivra. H. Jacquier, disant qu'il n'a point d'argent pon ce'le avance qu'il faut faire pour mettre dui Bourbourg; et qu'à moins qu'il ne plaise i Voire Eminence luy faire donner de l'argent comptait, ou que son frère lui mande de Paris qu'il al tombé d'accord avec M. le surintendant, qu'il lii est impossible de faire colle svance-li ; et «w l'on voit aussi par ses estais que la foarnitnredt l'armée Gnit au cinquième de novembre, il demande un ordre d'augmentation de fonds. V«ln Eminence voit bien comme ces choses preaseat, et que sans cela tout demeure enlîèremenL Ot travaille icy à deux forts sur la rivière , m communications de Bourbourg par ean, i' faire des ponts et i mettre la place en senntL On ne peut plus demeurer icy, et je ne voii»> cune autre posture à se mettre que d'avoir In gardes dans Calais, les Suisses à Ardres, d loatc l'iDfanlerie la plus proclie que l'on pcri. jusqu'à ce que l'ennemi se sépare. Pourlacmllerie, il la faudra mettre derrière pour qMifW jnurs, le mieux que l'on pourra. UatAjektM quelques jours entièreraenl négligé parleiAiglois; depuis J'y ai envoyé quatre cens Fr»(M. et H. Talon y a esté, de sorte que l'on y IravaiBl présentement. L'ambassadeur d'Anglelem M revenir tous les jours; Je l'atteudois afindeai donner l'honneur d'escrire à Voire Emineoceiw plus do fondement do tout cecy , qui est qu'il ctl fort nécessaire de sçavoir comment M. le protecteur prend à coeur la conservation de Hardjii: car en faisant tout ce que l'on peut, el persotM ne remettant rien sur l'autre, c'est toolceqie l'on peut faire que de le conserver. M.l.okirdol très bien instruit et peut faire prendre iU. liimtecteur des mesures bien seures. La sitnaliM i» pays.etpourBonrboorg et pour Mardyck,dwic des difficultés que l'on ne pent surmonter qa'iw ' une grande patience et de la dépense. Il ad colain que l'on n'est point volé et que l'onnedoiM qu'au nécessaire. L'armée est dans aoeateoÊUt qui no se pent pas dire , et si l'on relicbe >nM te temps, loulceqae l'on a fait est inutile. M. <• Castelnau agit avec beaucoup de zèle el de ai^ cité; cinq soldats, qui sont venus ae resdniijourd'hui , disent que tes ennemis ont déjl ■*ché trois fois pour insulter Hardyck; loalcecydl fort délicat , mais si l'on a les moyens d'arsir ^ tience, on lassera peut-être les ennemis. CsUm est simplement pour les affaires des vivras, R qui presse au dernier point. Je soplie trés-ba*'
DU VICOMTE DK TUBENM. [lGd7]
Uement Votre Emioence qo'il luy plaise y vouloir donner ordre saog perdre de temps. Il seroil bien nécessaire d'avoir promptement un ordre du Roy poor meltre les gardes françoises dans Gâtais et les Suisses dans Ardres. M. de Charost eu ose le plas obligeamment du monde pour toute dM>se. Il est impossible de prendre présentement d'antres mesures que celles de demeurer vers Ardres, Calais et Boulogne le plus que Ton peut, et tâcher de faire craindre à Tenncmi d*enlreprendre sar Mardyck, où l'on fait travailler autant que Fm peut. Il y a trois ou quatre forts qu*i1 faudra garder pour la communication de Bourbourg, qi'il feot pourvoir de tout, et donner moyen à eeox qoi commandent dedans et aux soldais d'y dameorer. On a raccommodé les canaux qui y vont de Calais, dont les communications sont très dilBcilea. Votre Eminence sçait bien que dans la saison et du long des digues, qui durent beau- «oop, que cela ne se fait point sans bien de la dépense; toutes cboses sont incertaines jusqu'à ce foe l'ennemi soit retiré. L'armée fait au-delà du possible dans la nécessité où elle est. La cavalloria n'a point eu de pain. Je suplie Irès-hum- Uemeot encore une fois Votre Eminence de vouloir promptement donner ordre , et pour le mafttin de Bourbourg, en faisant contenter M. Jac- ^D, et pour la continuation du pain.
» On a licentié l'artillerie; je ne retiens qu*un psiit estât de quatre-vingts chevaux et de deux ttille francs d*ofncier pour le mois de novembre. l'ai esté fort en peine de la maladie de Votre Andnence, et je suis asseuré qu'elle me fait Tlionleor de ne pas douter que les douleurs qu'elle a Sttes me touchent très-sensibicment.
» La communication à Mardyck est impossible Mir terre dans le mauvais temps, de sorte qu'il *aot qae ce soit la fortification de la place et la mer qui la défendent.
A Monsieur Le Tellier,
« Monsiear, j*ai receo la lettre qu'il vous a plu m*escrire pour envoyer cinq compagnies de cardes françoises à Paris , à quoy je vous dirai que le moindre détachement d'infanterie préseiitemeot amèneroit beaucoup de soldats; et quoyque |e sache bien que cet aflbiblissement d infanterie n'est pas fort considérable , néanmoins il est de grande conséquence que l'ennemi ne sache pas qu'il y parte des corps de Tarmée ; car c'est an temps, et à cause de la saison, et à cause des chemins 9 que Ton prétend s'en faire plus appréhender que leur faire du mal ; et comme ces eompagnies du Luxembourg pourront promptement rejoindre , je vous suplie de faire considérer à Son Eminence que la force de l'infanterie , rhy ver en ce pays icy , sera des gardes françoises et des Suisses. On ne peut pas croire comme les Anglois tombent malades et sont en pea de temps hors de service ; il y en a aussi beau-
coup qui désertent de Bourbourg et de Mardyck; et jusqu'à ce qu'il y ait passé quelque temps, il faudra soustenir tous ces petits forts par des commandés des gardes et des Suisses; l'ennemi, peutêtre avec le temps rendra par sa séparation la chose plus aisée, mais on ne peut parler que des choses présentes. J'ai parlé à M. Talon, qui rendra compte à Son Eminence et à vous de cet ordre pour la réformation. Je crois qu'il n'y a guère d'officiers de cavallerie ou d'infanterie qui ne soient venus ou tost ou tard à la campagne, et hors toutes ces compagnies qui vindrent fort foibles à Amiens et dont j'ay envoyé lestai , je ne sache rien à dire. Je sais bien qu'il y a beaucoup de compagnies de cavallerie françoise qui ne viennent point à l'armée assez fortes en cavalliers, et tout ce que l'on peut faire c'est de les nommer au commencement. Pour l'infanterie, on fait Testât auquel elle vient en campagne, et vous sçavezbien qu'ils n'y touchent pas beaucoup d'argent pour faire des recrues ni pour chausser leurs soldats; de sorte que la seule chose qu'il y a à leur dire, c'est en ce temps-là ; car, pour à celte heure, il n y a qu'à les plaindre de la misère où ils sont. J'ay dit à AI. Talon que, dès qu'il aura des commissaires, il prenne l'information la plus exacte qu'il pourra des régimens et vous l'envoyé promptement.
» Je vous suplie de croire que je suis, Monsieur, votre très-humble, etc.
» TORBNNE.
» !«' Novembre 1657. »
A u même,
a Monsieur, j'ay reccu la lettre qu'il vous a plu m'cscrire par le sieur de La Barge et ne vous répliqueray point toutes les choses que j'ay mandées à Son Eminence dans l'incommodité qu'il a; je ne crois pas que l'on luy doive conseiller ung voyage icy. Je ne sais pas le détail de ce que les ennemis ont p^rduà Mardyck; les Aoglois ont esté si lents à faire venir leurs palissades pour travailler an bas fort, qui est ce qui donne suject d'appréhender. Il faut que je me retire daus Ardres ou vers leBoullenois; et pour soutenir cetleguerre, ne s'en point relâcher durant l'biver, il faut faire estât délaisser toute l'infanterie en Picardie, et tenir les corps payés à Calais, Ardres et Boulogne; on ne revient plus à ces choses icy quand on s'en relâche. Les plus petits estais trouvent de la facilité à tenir de l'infanterie, parce que ce n'est une dépense excessive; et les François présentement se contenteroient d'une paye pelite, pourvu qu'il y ayl moyen de vivre , mais il faut que ces choses-là soient suivies. Je no serois point d'avis, jusqu'à ce que l'ennemi soit séparé, d'envoyer des troupes fort loin, parce que cela emmèneroit tous les soldats. M. de Charaux demande ung règlement pour les gardes avec le lieutenant de Roy; je crois qu'il scroit nécessaire avant de les envoyer à Calais. Je mande à M. le cardinal que j'ai faict payer, pour le mois de novembre, pour
.'ilD DûCLHKNTs iMr.uirs 1
ileDK mille rraacs d'omcierB J'arLillerie , el qa^ j'ai releno quatrc-vingtschevanx pour travailler à beancoup de choses nËcesMiros , à qooy j'ay Taict angstdonner Diig mois. Od a payft les François dfr fiourbourget MardyckpoarqDinzejoars; les officiers qui sont allés à Mardyck ont eu queiqae chose de plus; si je voDscoolois le détail de tous les Iravaai d'ici, il n'y aaroit pas de fin ; vous leii verrez bieD par l'argent, duquel je vodb assors que {lersoone nes'enricliil et en use d'un très grand tnénageiDenl, et avec de IrëB-grandes difficultés par la saison et par beaucoup d'antres circon^ stances; c'est, Uonsienr, votre trës-humbla, etc.
» TUBBNNE.
DAacampdeBnmiDghen, lefiD0Teinbrel657. «
Au mémf.
■ Monsieur , j'escris à Son Emioence, et m« donne l'hoDoeur de vous Taire ce mol: je buIb vcQU à Calais, où on a embarqué sept on huit cens hoiDmeB de renfort pour Uardyck ; je croia que dans deux oa trois jcars, si l'ennemi ne l'attaque , ce que je ne pense pas , qu'ils se réeoodroot à se retirer et mettre leurs trouppes plus en arrière ; vous pnurez , par les nouvelles de plusieurs geos de Flandre, savoir à quoi l'ennemi se dispose; je crois qu'il n'y aaroit pas de temps à perdre d'envoyer les quartiers. Je mande à M. le cardinal qu'il me semble que l'on poarreil mettre deux ou (rois régimens d'iufanlerie dans le Boulounois et en loger bon nombre à Abbeville; c'est un bon endroit que ce coin de Normandie et de Picardie; le pays, depuis Amiens jusqu'il Boulogne, en deçà de la Somme, n'a pas esté roiné ; on pourroil y mettre beaucoup de envallerie. Il faudra nécessairement quelqu'un qui ait l'œil en hiver à Bourboorg et aus forts qui en foui la communication. Je crois que pour Uardyck , quand les Anglois verront les kiastions en estai, qu'ils ne le négligeront plus cl en prendront beancoup de soin. Je mande k Son £mlnence que je crois qu'elle trouvera bon, si les ennemis se retirent, que l'on m'envoye mon congé. J'ai vu avec M . d'Ormesgon l'eslat de la despcose et du paiement des Anglois; il vons en informera particulièremenl, et je vous suplierai d'eslre bien peisoadé que personne ne vous honora plus que je fais, et que je suis sincëremenl. Monsieur, votre très-humble et Irig-aGreclionné serviteur,
■ Tduinnb.
■ Ce 17 novembre 1757. ■
Au mime.
■ Monsieur , vous aurez scen ce que U. le cardinal m'escrivil par ce gentilhomme qu'il m'a envoyé ; si ces nouvelles-» conlinoent , par l'ordlnaire suivant, je ferai loatce qui se poura, aAn que si on ne peut pas demeurer avancé comme
LITIKS AUX UEMOIBSS
je suis , je demeure au moins an peu en arriére, qui sera versleslieuxuii seront les quartiers. Va« verrez, par la copie d'une lettre que j'Mvoie, m quel estât est Mardyck; il y a bien deux millehoames présenlemenl; J'en ay envoyé ane partie dii que le bas-fort a eslé en estât de défense, sçavoir; le sieur de La Barque, pour dire l'esUt des cbiseaicy. Quand je croirai qaelesenneiiisaMiéiiront Mardyck.je ne serais pas bien aise qatTa» mée m séparée ni esira i Paris ; quand cda M sera point, j'ai asaez d'affaires pour aodhaJIerA demeurer icy. Vous ma ferez la grAre de liîpv- < 1er de cette conforaiil6-U , et de me ci«ir« Iri». siocèremenl, Monsieur, voire très-lumifals,
n Je crois qu'il seroit bon d'envoyer pronplsment un règlement pour le lieolenanl da Rsidi Calais avec les gardes. >
^u mine.
* Monsieur, comme les troupes ne peuvent |lif demeurer à cette teste icy ,' il seroit eulièrsatil nécessaire qne l'on envoyas! promptemeol Imw dres des troupes qui doivent demeurer daai il Boulounois: j'enleos de l'infanterie, carjiM scais pas si on y laissera d'autres régimcM * cavallerie que celui de Villequier. Je peueiM vous èles bien persuadé de la nécessité ^otlii troupes ont d'aller en quartier; avee ecUil «A tout à fait nécessaire qne quelqu'un deMSis: j'eolens un lien tenant- général. Tout ceqi'By aura â faire, si l'ennemi allaqDOÎt Mardydi, a» roit Je faire embarquer les gardes qui sont iCalais; ils feront assurément la même cboae d'Atgleterre. Pour vous dire ce que je pense, Jia* crois pas que les ennemis osent l'attaqier, U Ji plus de deux mille hommes cEfectifs dedans; j> ai près de vingt officiers de mon régiment (Tiafanterie. Il y a vingt vaisseaux an port, cl *i troupes de France et d'Angleterre preste* 1 } mettre : loul cela est nécessaire , mais ansn c'est nue grande entreprise en hiver i des geu fs out si peu d'infanterie. Je n'ai rien i ajoailtfl ce que vous aura dit le sieur de La Barqoe, ta ce qui regarde mon corps et les ordni <i quartier d'hiver, qui, assnrément, en eagardm troupes, ne peut pas eslre trop pressi. FiiM rooy l'honneur de me croire Iràs-TérilablaMsl, Monsieur , votre Irès-bnmble, etc.
B A Ardres , ce SS novenibr« 1657.
oMontosteraescrit à quelqu'un de aeipH que l'on lai avoit parlé de réforme de moe r«t|lment de cavallerie. Ce n'est pas qne je fine it comparaison ) celuy du Roy ni de M. le carAnal, mais jamais, quand les autres sont deMSrés A douze compagnies , il n'a «lé au-desw; il
: tihenm:. [iiiûl]
Ul préaenlemoKl Irois bons escaJroiu. Je vonB MoniiBWido la compagnie de H. do Madrilkn. >
a HoBsienr, je reuToie l« sieur de Conlange, fé irrlra hier; je fais marelier loule la cavaMe- At, qai ne peal plus ««baister, vers Nanci et Hes- ■n, e( garde •eslemenl le régimcnl de La Ferlé IWanterfe; po»r le reUe de l'iofaDleria, Je l'en- Nlsral entre Calais et Boulogne, craignant de Mre marrher en dell quelques régimcna qni de- ■•■ren^ent dans le Boaloonois. Je m'en Tais de- HJD i Calais en bslean , renvoiaol mes gêna vers llaotreat); Je verrai là quelque joor . s'il n'y a iIm de DMTean dn eoslé de Mardycli. Il y est MTché, ti y a sept on fauiljoars, de l'infaDterie H renmmi qai s'en va vera le HainanI; on as- N>re qv'i\ y a sepl régimens ; je crois qo'ils son! fcri Mbics, mais néanmoios ils en anroienl be- MiB l'ile Tonloienl assiéger présentement Har- ^fck. La chose s*y rend tous les jours plus mnlriié* poar eai. J'envoie encore beaacoup d'oftlrivnÏHardyrk, amnqDel'enncmi ait celle nou- ■■•-li en même temps qa'il apprendra qao la '9 s'esloigne. On donne dix escas aax Moaet quinze fraocs aux sergens qui s'eni- »l. Je trouve ici un chacun de bonne vowatt dtna la plus grande misère dn monde : ce •■I des choses qui ont leur fin. Je vous supplie ■te-honibleniBnt, comme il est malaisé que l'on w Mche par beaucoup d'avisdeFlandres, la penée présente des ennemis sur Mardyck, de vouloir ■• mander, od supplier U. le cardinal qu'il le hW0 Taire, et que je poisse en savoir des nourallM. Lea ledree me Irooveront k Hooirtnil ou k BoologBe, ou pent-estre à Calais. S'il ne vous plaisoil point m'envoier les lettres exprès, il tw faadroil seulemeni faire tenir chez moi i Parte.
» L« plus nécessaire chose pour celui qui deneare en ce pays ici , c'est d'avoir nn ordre afin qme les gardes qui son! ii Calais, et les Snisses qai sont à Ardres , Tissent ce qu'il leur ordonnenil p€«r sortir promplemenl au secours de Uardjwk oa de Bourbourg. Je ne vois que cela en ce pijs îey de capital; et si le cardinal me parle de ■I. le maréchal d'Omont, j'en seroig 1res aise. Il y marcfae deux vieux régimens d'Angleterre i leur eosté, qui seront sous les ordres du chevalier Reioolds qoi commande à Mardyck; mais je ■e sçais pas la restriction qn il y anra, el s'il les peal dire venir quand il veut. Je louche à U. le cardisal un mol de la réforme ; assurément il ft«dr<ril en T«ir ud peu le détail , que Je sçay qui Mt 1res Cischeux -, mais aussi, par nno règle gênéni» , il y ■ des gens i qui on fera la pins grande l^i«s(ieedB monde, ides personnes d'infanterie Mine et de cavallerie , qui ont de bonnes oonipsgttiesf et qui seront réformés après avoir bien MTvi une longue c.impagnc sans argent.
D A Ardres, coS7 novembre 1657.
> 1) seroit fort nécessaire si H. le maréchal d'OmoDt ne prend pas sitost le commandemenl Je ces Iroupes iey , qn'il y cust un ordre peur y. de Charost, afin de fiure proinptenient em- Itarquer ou envoyer i Bourbourg deux ou trois cens bonmes des gardes, s'il voit qu ils en ayent besoin, et aussi uu roËme ordre i M. de Rouville d'envoyer des Suisses à Bourbourg si U. de Scltomberg les demande. »
Àutitime.
«HoDsieor, suivant les ordres du Roi, j'envoie à Calais deux compagnies des gardes françoises; c'est M. de Bennuarl qui les commandera, qui se rencontre le premier faisant eslal, et Je n'ay point «Tordre contraire de faire partir, quand je m'en irai, les compagnies de Pradel , Pleurs, Pusange, llavarion cl Aotrequari. dont les quatre preraièrea sont devant Podwili ; j'envoie aussi cinq compagnies de gardes suisses i Ardres, suivant l'ordre que j'en ai. Celle-ci est pour H. Iléberl, qui a appris la mort de U. Chasan , son frère, estimé fort brave gardon. Je me suis donné l'honneur de vous escrire hier par M. de Coolange en m'en allant; il est fort nécessaire qu'il demeure icy quelque liculenantgéiiéral , afin de donner ordre à ce qui pourroît survenir. Je crois que vous apprendrez que l'ennemi ne songe pas à Mardyck présentement. Je ne vois icy que Ù. de Sinville et M. d'EIarcour, M. de Casieinau s'en allant; on saura ces jours icy si l'infanterie de l'ennemi se relire.
a Je suis de tout mon cœur, JUoDsicur, vostie très 'humble, etc.
n TUBRHMB. B
Au même.
Il Monsieur, je ne vous ferai qoece mot pour vous dire comme j'ai destiné les régimens d'Erbouville, de Bétliune el de Dampierre pour demeurer dans Bourlxiurg ; les régimens s'y attendent. Je croyois ra'estre donné l'honneur de vous le mander. Je respons à M. le cardinal sur les choses qu'il m'a fait l'honneur de me mander. Je n'ajousierai rien à celle-ci , que l'assurance de la contiunatioD de mes services. Monsieur, votre Irès-hnmble et très-aOèctionDé serviteur,
n Ce 5 décembre 1657. a
n TiIBIKNS.
• Monsieur, je VOUS supplie très-humblement de vouloir faire employer Desroclies en Picardie- Sainl-Marlin lui a dit que s'il vous plaîsl le
DOCUMENTS INEDITS BELATIFS AUX ilBMOlBfiS
faire employer en Normandie , il sera forl aise que Taolre demeure en ce pays icy. J'ai fait avec le siear Sugnier Testât du pain pour rinfanterie, qui ne monte qu'à cinq mille cinq cens rations, à commencer du temps que je suis arrivé ; je crois qu'il y en a si peu d'effectifs, que cette quantité leur sufGra bien.
» Si on demeuroit plus long-temps ensemble, les régimens qui sont logés vers Dornsens auroient peine à subsister ; mais je crois qu'il faut voir encore quelques jours le mouvement de Tenuemi avant que de rien changer. J'attends de sçavoir des nouvelles de ce que devient le corps de troupes de l'ennemi, qui est vers la Lys, avant que de faire marcher aucunes troupes; il y a des gens d'armes , et le régiment escossois que j'ai trouvé à Amiens, que j'ai laissé marcher.
» Je suis de tout mon cœur, Monsieur, votre très-humble, etc.
» TORBNNE.
» A Amiens, ce 21 décembre 1657. n
Au même.
)) Monsieur , j'ai receu hier une lettre de Son Eminence, par laquelle elle me mandoit que vous m'escriviez; mais je n'ai point receu la lettre, il faut qu'elle soit en chemin. C'est un aide-de-camp qui porte cette lettre que j'avois laissé à Bourbourg pour assister M. de Schomberg; il n'a rien touché du tout ; j'en escris à Son Eminence. Je lui ai donné un mémoire de trois ou quatre articles , en quoi consistent toutes ses demandes. Le principal est que M. d'Ormesson ne manque pas d'argent ; rien aussi ne leur est plus nécessaire que des habits ; il y périra beaucoup de soldats de n'en avoir pas eu de bonne heure. Sur ce que M. le cardinal m'escrit du quartier d'hiver, je consulterai avec M. de Piètre, pour voir s'il se pourroit trouver de l'argent pour tenir ensemble quelques troupes de celles qui hivernent dans les quartiers icy : il n'y a que ce moyen seul d'en retenir, qui est de les payeret.de les laisser dans les villages; c'est principalement les officiers qui n'ont pas un sou. Pour de l'infanterie, je n'en sache plus; les soldats sont si maltraités durant la campagne qu'au commencement de l'hiver ils ne sent en estât de servir. Un argent comptant ne raccommode point les choses, il faut une suite; et outre cela, l'opinion confirmée que chacun a que les troupes qui demeurent dans les lieux où il faut servir sont les plus abandonnées , fait prendre un train aux choses qu'il n'y a que des preuves contraires par les actions qui puissent faire changer de pensée.
» Je suis de tout mon cœur, Monsieur, votre très-humble, etc.
» TURBNNE.
» A Amiens, ce 22 décembre 1657. i>
Au même, tt Monsieur, depuis vous avoir cscrit, il y a
deux heures par un aide-de-camp qui vient de Bourbourg, j'ai pensé à M. Piètre et aoi receveurs des élections de cette généralité; je troofe que l'on pourroit mettre ensemble Coûte la cavillerie de cette généralité et qu'ils leur avanoerost cinq cens livres par compagnie, eo TenvoyaDt au-delà de Hesdin, dans des lieax où ils ne tinit rien. Pour ce qui va dans la généralité de Seiisons, j'envoyerois tous les brigadiers qui y voit, la cavallerie entre Saint-Quentin et Ham, qai ot une élection d'où on ne tire presque rien. Il bidroit que l'intendant qui est dans cette généiilité-Ià envoyast au moins mille francs par eoopagnie promptement à toutes ces trouppes-là.Ge qui va en Lorraine et Champagne, je le retieidrai quelques jours dans le Vermandois, dont m ne tire aussi presque rien. La plus grande dificulté est pour ce qui va en Normandie; car jk ne peuvent demeurer que sur la Picardie oo Normandie, et dans toutes les deux ils ruioeroat tous les quartiers. Il faudroit que de cette |énéralitéon envoyast promptement au moins miHe francs par compagnie de cavallerie, et quatre eeu francs pour l'infanterie. Il ne se peut pas qa'avee tout cola la Picardie ne s'en sente beaucoup, et les discours sont bien plus aisés que Texécatioa. Pour les troupes qui doivent aller en Auverpe et Bourbonnois et Nivernols, il faudroit les liis^ fier marcher, j'entens la cavallerie , y en ayaal icy assez, et on retiendroit l'infanterie qoelqMS jours , ceci n'estant qu'une pensée qui ne pool pas durer long-temps faute de fourage pour la cavallerie ; et s'il n'est pourvu promptement perde i l'argent pour les troupes des généralités de Soi»sons et de Normandie , il est impossible qo'eUei demeurent en corps, les officiers n'ayant pis le moyen non plus que les cavalliers de faire femr leurs chevaux. J'ai fait donner du pain à la ca« vallcrie , et ai envoyé M. de Podwitz avec àâq régimens à la teste du pals. Je ferai niareker aprèS'deroain les régimens de la généralité de Soissons; pour celle de Normandie il faudroit, oi que les receveurs envoyassent promptemeat de l'argent, ou que l'on en avançast, que l'oore prendroit sur eux.
» J'escris une lettre toute conforme à ceci i Sea Eminence , et suis de tout mon cœur , Moosioir, votre très-humble , etc.
» ToBBims.
)) A Amiens , ce 22 décembre 1657.
» Il seroit bon d'avoir promptement respoase. J'ajouterai seulement une chose que je ne mande pas à M. le cardinal, qui est que les trois régimens de Picardie , la Marine et mon régineat que j'ai trouvé en delà d'Abbeville, tirant ven ta Normandie, et qui y demeurent, perdroieot Um leurs soldats si on les faisoit avancer; toutee^ se peut, est de les laisser là tant que rennemi sera ensemble, d
DU VICOMTE I)B TURENNE. [l658]
iiin
Au même.
leur, il y a an genlilhoinme qui est avec eUe anoée, arrivé du lieu que j'avois ardyck et qui s'estolt fort brouillé avec , et qui même escrivit coutre lui ; je Tai y qui portoit des lettres de créance , et est parti eu même temps que ce gentille M. le cardinal , qui doit estre arrivé iris, je ne lui ai point voulu donner de lur y aller, n'estant pas bien aise qu'il se mon nom pour parler contre une perte je suis persuadé y avoir fait ce qu'il a as un lieu abandonné un temps aux An- I ne peut quelquefois pas y faire davan- , Piètre vous envoie le mémoire de ce li ai dit qu'il fit partir en diligence pour ardyck; j'ai creu queceseroit gagner du il c'est toujours une despense nécessaire ue des mousquets, des outils et du plomb ; a mèche etdes grenades, on n'en peut pas is ordre de la cour. Je crois qu'il seroit re que M. Jacquier retint cent cinquante à la frontière, afin que cela fust prest s'il 3 mettre ensemble dans les places d'Arlune et La Bassée; on trouveroit des cbenr du canon, avec cette disposilion. Je •ai au premier bruit. Les ennemis cora- : à se séparer beaucoup, mais il n'y a pas ce que ce soit pour entrer tout à fait en d'hiver ; c'est pourquoi il faut assurément le troupes que l'on peut à la frontière. Il le l'infanterie, qui est comme réduite à sur la Gn des campagnes on la soutenoit elques moyens, elle ne se réduiroit pas en t-là ; et ce ne sont pas des choses où on emédier promptement, qui est ce que l'on e toujours à la cour. Tout ce que je sçaust de don ner promptement ordre à quelques 18 afin qu'ils envoyassent aux recrues, es, estant dans le quartier d'hiver et dans âges, pourroient se maintenir. 11 arrivera 1 bon effet , c'est que Mardyck se mettant ; , l'armée des ennemis ne pourra plus l'alquand même on ne seroit pas si prest à n campagne. Je suis de tout mon cœur , or , vostre très-humble et très-obéissant
» Tdrbnnb.
imiens , ce 24 décembre 1657. »
Au même.
^nsieur, il y a M. de Cugnac qui est pri-
* à Amiens, qui offre, en lui permettant
retourner de delà , de faire rendre la li-
M. de Gadaigne et de payer de delà sa
; et que s'il n'y peut pas faire consentir du
ù il va , qu'il sen viendra se remettre en
Je croy que c'est une chose où il n'y a
difficulté, et estant parent de ma femme,
is bien aise d'obtenir cela pour lui. Mon-
sieur, vostre très-humble et très-obéissant serviteur,
» TURENKE.
i, A Amiens , ce 29 décembre 1657. »
Au même.
« Ifoosiear, le sieur du Fresnoy m'a montré les ordres de la réforme , que j*ai aussi appris par la lettre qu'il vous aplo m'escrire. Je crois, sauf vostre meilleur avis , qu'il seroit mieux de les réformer dans leurs quartiers d'hiver, car les troupes estant encore en delà de la Somme , il s'en iroit assurément des gens du costé des ennemis. J'escris aussi une lettre conforme à celle-ci à Son Eminence, laquelle j'envoie par le même courrier, et je lui mande que , comme les régimens de Podwitz et Rochepaire sont tous allemands, que je crois qu'il ne trouvera pas mauvais que, dans le quartier d'hiver qu'ils reçoivent pour quatre compagnies, qu'ils entretiennent ce qu'ils pourront de leurs deux autres compagnies; car des François se peuvent mettre dans cette compagnie réformée du Roy, mais des Allemands il faut qu'ils s'en retournent dans leur pays. M. le maréchal de La Ferté n'eu reforme point, ni de son régiment ni de Bignon , et pourveu qu'il n'en couste pas davantage au Roy, je crois que le bat n'est pas de les licentier, mais de diminuer la dépense. Je prélens dans mon régiment de cavallerie faire subsister le paiement de dix compagnies; le reste le mieux que je pourrai, que je croîs estre la chose du monde la moins défendue. J'ai vu, dans l'establissement du quartier d'hiver imprimé , comme les compagnies d'infanterie sont payées à vingt hommes. Il vous plaira mander aux intendans que si les régimens, comme Picardie et mon régiment, en mènent davantage dans le quartier, que l'on ne soit pas obligé de les licentier. Je vous supplie très-humblement de faire cognoistre à Son Eminence , ainsi que je l'ai mandé, que je suis fort touché de voir nommer ces capitaines M. Rochepaire et Podwitz, qu'il y a dix ans qui sont avec moi. Si j'avois plus de bien que je n'ai, je n'en serois pas embarrassé, car je leur trouverois moyen de se retirer. Je viens de voir comme les deux capitaines de Rochepaire, qui sont retranchés, sont présens et ont toujours très-bien servi, et un de Podwitz ; car pour l'autre compagnie, je crois qu'elle est vacante. Je vous avoue qu'il me semble que le Roy, ne payant pas quelques compagnies, doit au moins laisser la satisfaction au coronel de faire comme il l'entend.» (Sans date , 1657. )
A Son Eminence.
« ACatsel , ce mercredi 22 mai 1658.
I )> J'ai dit à M. le marquis de Créqui d'escriro
DOCUMENTS INEDITS BELATIFS AUX MEUOIBRS
par la voie de Bélhuoe , quoiqu'elle soit bien longue. En y arrivant avec l'armée, j*appris, par un de ces partis, qu'il y avoit un grand corps à Cassel; je le fis pardr incontinent avec des gens commandés des gardes, où estoit M. le comte de Guiche et les deux compagnies des Suisses qui sont à Saint-Venant. Je suivis après avec quelques troupes, croyant qu'il y auroit un grand corps àCassel, y ayant aussi fait avancer M. de Varenne; il ne s*y trouva que le régiment de Glocestre , avec quelques commandés de Muscoif qui faisoient environ trois cens hommes, avec rinfanterie et quelques officiers qui ont été conduits à Béthune. On eu a fait une liste bien exacte. II y avoit aussi quelque munition de guerre , et comme on ne peut pas surcharger l'équipage , il en a esté envoyé deux ou trois milliers de poudre à Béthune, et on fera prendre le plomb et la mèche qui restent aux soldats. Les chemins sont si rompus par la pluie , qu'il est imf>08sible de dire de quelle manière on peut avancer le canon ni les pontons , ne pouvant presque pas marcher. Je crois que l'ennemi n'a pas encore guères de gens ensemble ; mais comme le pays est petit, les choses changent d'un jour à l'autre. Le pays entre Bergue et Furne est fort inondé. Je ne puis rien dire de positif de ma mar^ che, car le canon, les pontons, le bagage ont demeuré dehors cette nuit et ne sçauroient presque marcher. Je crois qu'il y a présentement fort peu de gens sur le canal de Dunkerque à Bergue, mais il y en peut marcher par Ypres et Furnes, de quoi je n'avois pas de nouvelles. Ces cinq derniers jours de pluie ont tout gasté, et asseurément sans cela j'aurois fait une diligence de quoi l'ennemi auroit receu du préjudice. Je tascherai de marcher aujourd'hui de Gassel, et avancerai sur le chemin d'ici à Bergue ; tout le pays d'autour est inondé, et il n'y reste de libre que le chemin de Bergue à Dunkerque, et une hauteur qui regarde la Flandre. On m'a dit à Cassel que ces forts entre Dunkerque et Bergue ne sont point en estât ; mais je sçais bien que le canal est fort grand et le parapet fort bon. J'escris un duplicata de ceci à M. de Castelnau , par des soldats que jenvoie tout droit à Barbone.
» TtJRBNNB. »
Au méme.^ <f Du camp de Dunkerque , le 27 may 1658.
» Le vice admirai d'Angleterre a esté icy à ce matin et a emmené des ouvriers avec une grande chaîne; il n'avoit point de palissades : j'ai été obligé de prendre le peu de bois que mes gens avoient pris dans une maison. Les gribancs ni les besardres ne peuvent pas rester sur l'estang sans se rompre. Je crois que de bonnes palissades , si on en porte demain au matin de Mardyck , que l'on soutiendra avec des graines, pourront suffire. Il faudroit aussi de petits bastimens anglois, dont ils ont fort peu.
)) Il faut une extrême quantité d'avoine, et les premiers jours que l'on en manque mettent les chevaux si bas qu'ils ne se peuvent presqoepas remettre; ce qui est venu de loin ne sufljit pas pour deux régi mens pour deux jours. Je sçais bien qu'il est difficile d'en avoir pour une arm6e, mais il est certain que l'ambassadeur d'Angleterre a pris des mesures trop courtes pour les provisions, et que l'on ne trouve rien à acheter dus toute l'armée navale; et quand on est en nécessité, il n'y a que les choses effectives qui servent; il n'a pas seulement du charbon que l'on achetéroit au prix de l'or. Il faut une quantité de fascines qui ne se peut pas dire, et de planches et de bois propres à servir aux plateformes et aox ponts.
» Dans l'équippage d'artillerie qui est vena avec moi, il n'y a pas d'officiers pour assiéger le moindre château, et il est difficile de IrouTeren peu de temps pour fournir i deux bonnes attaques. Dans les lieux environnés de places de l'ennemi comme on est , il ne faut pas languir dans les attaques, car les accidens ne sont pas réparables comme aux sièges qui ne se font pas i la teste l'ennemi.
» Il faut un intendant, oo quelqu'un qoien fasse la charge. Je n'ai qu'un seul aide-de-eamp payé, qui est Tissiot.
» Il est nécessaire d'envoyer eo diligence beaucoup d'outils; il n'y a presque que les pèles nécessaires. J'envolerai le compte de ceux que j'avois portés avec moi , qui sont distribués.
» Il faut encore de petites pièces pour mettre à la circonvallation , et très grand nombre de grosses pour le siège. Je crois que Son Emineore voit bien celui de Dunkerque comme undesplo^ grands et des plus considérables qui se puissent faire , par toutes ces circonstances, et dix fois plus difficile que celui qui a esté fait. Je U sopplie très humblement de ne faire compte que sur les choses bien effectives , afin que les choses paissent réussir à la satisfaction; car ceci se doitbire avec abondance, ayant affaire à un ennemi paissant, estant environné de beaucoup de places de l'ennemi, et la place que l'on attaque ayant Qoe grande garnison. Tout ce de quoi j*ai parlé e^ nécessaire, à un point que Ton peut sans cela r^ cevoir fort aisément un affront ; et en un liea comme celui-ci, ils ne sont point à demi. Il faodroit que l'on fit des efforts extraordinaires d'Angleterre; tout le quartier des Anglois n'occupe que ce que faisoit la milice de Boutinois i l'aotre siège , et encore on les aide avec de la cavallerie. Il faut faire estât d'avoir de l'avoine loes les jours pour sept ou huict mille chevaux.
» TCBBKHI. »
Au même,
a Ce 4 Juin ao maUn.
» Gomme on ouvre la tranchée à ce soir, i»
DU YICOMTB DB TUBBNNK. [l658]
eslé à ce matin pour voir le liea le plus propre, et ayant fait avancer des troupes sar les danes, Tennemi a tiré beancoop de canon, et ils ont aslearément plas de vingt pièces qni regardent la ftoe qae Ton attaque. Je supplie Votre Eminence de donner les ordres nécessaires aGn que les mu- Bitions ne manquent point, et principalement les boolets. L'ambassadeur d'Angleterre m'a dit qu'il irenyoié aux dunes les pièces de quarante-huit; je loi ai dit de les redemander , et à moins d'àroir one grande quantité de canons, ce siège icy ireroit en grande longueur.
» Les ennemis ont beaucoup de travaux avan- ^, et M. le marquis de Heide ménage aussi lien son terrain qu'homme du monde. Votre Sminence voit bien qu'il faut beaucoup d'infanteie et de munitions, afin que l'on soit rafraîchi de reapes en temps ; de son eosté on fera tout ce |iie Ton pourra.
» Il y a des compagnies de gendarmes passées I Bourbonne. Je crois que celle de Votre Eminence y est, et on me mande que l'on ne sçait ce qa'est devenu M. de Conrlin et s'il est mort (m prisonnier, les ennemis les ayant attaqués sur la digue près de Bourbonne. Je pense qu'ils n'ont perdu personne , M. de Schomberg estant avec de l'infanterie à son rencontre. Le régiment de llongomerie n'y est pas; je crois que le meillear seroit de le faire embarquer à Casins , et renvoyer icy. Il est bien nécessaire de faire veoir
à M la grandeur de ce siège, afin
qa*il songe à envoyer encore des troupes.
» On n'a point de nouvelles des boulets de vingt-quatre, ni s'ils sont à la rade.
» Je redirai encore à Votre Eminence, comme one chose très importante, qu'il faut charger dans des besauches les choses nécessaires pour ce camp; et si on est obligé d'en mettre dans de grands vaisseaux , il faut qu'ils abordent à Mondei , d'où on les fera passer au camp.
» Je supplie très-humblement Votre Eminence de songer à ceci comme à un grand siège , lequel on tâchera d'abréger autant que l'on pourra; mais à la manière dont sont faits les dehors des ennemis, ils les défendront long-temps.
» TUBBNNB. »
Au même.
« Monsieur, comme on voyoit bien que, par les soins que Votre Eminence avoit pris, rien assenréroeut ne devoit manquer dans le camp devant le siège , j'ai dit depuis quelque temps à M. L.a Force de lui en mander les nouvelles, n'ayant point eu de besoin de faire sçavoir autre chose à Votre Eminence. Je crois que quand celui que M. le maréchal de La Force envoyé et La Berge arriveront, que vous aurez seu par Guise la prise de la place , qui estoit réduite, quand elle s'est rendue , à la dernière extrémité. Toute l'armée , tant au siège qu'à la tranchée, a travaillé avec
toute la diligence et la vigueur que l'on sçauroit souhaiter; et quoique la nécessité soit très grande, on n'a pas ouf dire une parolle de plainte. Gomme Votre Eminence se trouve tout proche d'ici , en attendant de sçavoir d'elle ce que le Roi veut que l'on fasse , tant pour la garnison de la place que pour l'emploi de l'armée , il faut présentement quelque temps pour raser les tranchées et la circonvallalion et raccommoder les brèches. Je crois que le corps de M. de Conserolles devoit venir joindre. J'ai envoyé présentement M. de Gastelnau avec le sien prendre Emeri, qui est un fort bon châleau à deux lieues d'ici. J'ai beaucoup de joie de ce que je pense que Votre Emioeuce aura quelque satisfaction de ce que les choses se sont passées si heureusement.
n II est arrivé un malheur au Quesnoy : Guionnet s'estant sauvé par l'intelligence de quelques gens dont il y en a de pris; sans la difficulté des escortes je l'eusse fait passer en France ; estant bien gardé au Quesnoy, je le croyoisbien en seureté pour quelque temps.
i> On a en nouvelles que les ennemis ont marché vers le Castelet; ils s'en vont se remettre derrière l'Escaut. On dit qu'à Paris on n'a tant parlé contre l'entreprise de Landrecies : toutes choses ont été si abondantes , qu'il n'y a eu sujet de douter du succès, quand les ennemis ont laissé mettre l'armée du Roi autour de la place sans s'y opposer. Comme on a emprunté de l'argent pour les dépenses, je ferai faire un mémoire bien exact de ce que l'on doit , afin qu'il plaise à Votre Eminence faire ordonner le payement. Il y a quantité de personnes qui ont très bien servi icy, dont vous serez informé par d'autres commodités. Je me contenterai de continuer à Votre Eminence la protestation de mes services très-humbles , et l'assurer que je l'honore avec le respect que je dois. C'est, Monsieur, votre, etc.
» Au camp, ce 14 juin.
V TrBBNRB. »
Au même*
« A Bergue , ce 2 juillet 1658.
p Vostre Eminence seust hier par M. de Moret, comme je fis dire, suivant qu'elle avoit trouvé à propos , à la garnison de Bergue que l'on ne les recevroit que prisonniers de guerre, ce qu'ils acceptèrent sur le soir; je les ai fait partir à ce matin, et M. Talon les a menés pour les embarquer à M ardyck. Il y a cinq régimens d'infanterie et trois compagnies de cavallerie; il ne s'en retourne à l'armée que le commandant de chaque régiment. Comme ils virent qu'ils n'avoient point d'autre capitulation, tous les soldats rompirent leurs armes , et mémo il s'en jetta dans le maret vers Liue, où il s'y est sauvé douze ou quinze officiers, et on en reprit quelques-uns, et laissèrent entrer qui vouloit dans la ville sans que j'eusse rien signé. J'ai couché la nuit dans la
.sir«
DOCUMENTS INElilTS BBLÀTIFS AUX MEMOIBBS
ville pour exécuter les choses eo ordre. C'est uoe assez méchante place , et hors le soutien de Dunkerqoe , elle ne pourroit se soutenir contre un siège un peu considérable. J'y fais entrer le régiment d'infanterie de Glérambaut et laisse la chose en cet estai -là jusqu'à ce que Vostre Eminence me mande ce que le Roy ordonne louchant celui qui y commande.
Y> 11 y a près de vingt milliers de pondre et d'autres munitions à proportion , deux pièces de vingt-qaatre un peu gastées , et deux couleuvrines , point du tout de grains. Je croyois pouvoir dire à Vostre Eminence que les mnnitionnaires disent qu'ils ne voyent pas beaucoup de jour pour la fourniture en ce pays ici ; mais comme on a la mer, on peut y remédier promptement. La consommation est grande et la campagne n'est pas avancée; quand on n'est pas en avance on tombe dans de grands inconvéniens , et il faut demeurer tout court. Je crois que je manœuvrerai vers Honelol, et de là peut-être sur le chemin d'Ypres , pour voir si l'ennemi ne quittera pas Furne , et quelle contenance il fera à sa teste.
1» J'ai escrit à M. Lorant pour avoir des mortiers pour Line; c'est un lieu qui ne doit pas occuper beaucoup de gens à l'assiéger, et on ne peut y aller que sur une digue.
1» J'envoie ce gentilhomme à Vostre Eminence, par qui elle me fera l'honneur de mander ce qu'elle trouvera à propos que l'on fasse pour Bergue, et elle apprendra des nouvelles de la santé du Uoy , et elle me donnera par lui ses ordres , me faisant Thonneur de m'escrire ce qu'elle juge à propos touchant la marche.
)) TUBKMNB. »
Au même.
« Le long temps qu'il y a que je ne me suis pas donné l'honneur d'escrire à Vostre Eminence , est cause que j'ai assez de choses à lui mander tout d'un coup. Je lui avois mandé comme j'avois laissé II. de Gassion à Deinse; j'y passai la rivière de Lys et marchai avec l'avant-garde josques sur l'Escaut, vis-à-vis d'un château nommé Gauvre , entre Gand et Oudenverde; il n'y avoit que des paysans de l'autre costé et cinquante chevaux ; ils avoient eu ordre le malin d'assembler beaucoup de paysans pour fortifier le passage. Comme les basteaux n'estoient point arrivés assez lost, et que l'on eust nouvelles qu'il y paroissoit de la cavallerie de l'autre costé , la brigade de M. de Podwitz passa à nage; ils coururent fort avant dans le pays et prirent le bagage d'un régiment qui passoit. J'eus nouvelles , le matin , comme la cavallerie qui estoit sous Oudenverde s'estoit retirée ; je passai l'Escaut avec peu de troupes , pensant les faire rendre ; cela en fusl sur le point, mais à la fin ils ne le voulurent pas. Mais doutant qu'ils eovoieroient quelque cavallerie de l'autre costé de l'eau pour entrer dans la ville, j'envoiai le lieutenant-colonel de
Buillon, qui deffit un régiment de cavallerie qoi vouloit y entrer ; un de dragons passa , qui se jeta dans la ville. J'en approchai , le lendemain , le pont de bateaux , et comme j'allois porter les dragonsdu Roy dans un village, un quart d'heure après qu'ils y furent , trois régimens venoient en pleioe course pour s'yjelter,quiestoient celui de Goodé, de HoUac et Louis Leire. M. de Peqoîllin filtrés bien et les arresta dans la rue do village; en suite de quoi M. d'Humières les suivit avec sa cavallerie, et prirent la pluspart de ces trois régimens, elM.deChamilli et Bléausne, officiers. L'infiinferie étant arrivée, je fis ouvrir la IraDchée le soir, et la même nuit l'estonnemenl prenant à ceux de dedans , ils demandèrent à capituler et se réagirent prisonniers de guerre. Il y avoit le régimeot de La Suse, un de l'armée d'Espagne et celui de dragons qui estoit entré, tous trois fort foibks. Les habilans n'ont pas voulu se deffendre et ont esté très-bien traités; la ville n'est pas bien forte, mais se pourroit bien accommoder. Vostre Eminence sçait la conséquence de la place ; ma pensée estoit de laisser peu de gens dedans, et de ne m'en pas esloigner jusqu'à ce que j'eusse tcv ce qui me pourroit réussir davantage , pour prendre des mesures plus seures ; et pour cela , je n'y ai séjourné qu'un jour et y ai laissé M. de Rochepaire , que je croiois le plus propre que j'eosse ici, avec deux compagnies de Suisses, le régiment de Bretagne, le régiment de cayallerie de Rochepaire et celui de Castelnau. Je suis persuadé que personne n'est si capable de bien vim avec ces habi tans-là que M. de Rochepaire, et eu sera très-bien traité. Quand l'armée y a esté, j'allai loger à une heure et demie de là, le long de l'Escaut, sur le chemin de Tournai, et en partis deui heures devant le jour pour Tenir wt la Lys , afin de voir avec l'armée comme Meoia se pouvoit accommoder, ayant laissé lecorpsdeM. le maréchal de La Ferlé pour faire teste à Tooniai. J'aimois mieux voir quel eslablissemeni je poovois prendre que de courir vers Bruxelles , où je ne doute pas que l'espouvante ne soit grande, et avec raison ; car il estoit fort aisé d'y aller ivee l'armée , et je crois aussi de la prendre, rennemi n'y ayant peu jetter personne à cause que j'estois devant lui. Comme j'arrivois auprès de Menin avec quelques régimens de l'a van t-garde, j'appris que M. le prince de Ligne, avec son corps, estoit à deux heures de là; je fis prompteneat débander le peu de gens qu'il y avoit à la leste pour les engager, où il se trouva quelques officiers qoi venoient au logement , et le frère deM. Colbert y fut pris , ayant poussé fort Tigonreosement. M. de Gadaigne et If. d'Humières mardièrent avec les premiers escadrons au grand galop. Le régiment du comte de Trie soulenoilces déiiaâdes de cavallerie et estoit à la teste de foui ; et ee qui estoit*devant lui ayant esté repoussé , U alla à la charge par un chemin estroit contre le régiment de Souvigoi, dont le maistre-de-canp la reçut très-bien ; mais néantmoina mo régiflieat
DU VICOMTE DE TUBSIfNE. [l658j
ut rompu, et le comte de Trie blessé de deux oops de pistolet aux deux jambes et son cheval le six, ne quittant point la teste du régiment; krayigni fut pris par le comte de Trie , ayant esh blessé de trois coups, dont Lapa lue, capitaine éforméau régiment de la Reine, lai en donna un ai lai cassa le bras , qu*il lai faudra couper , 'il n'en meurt. Je crois que Yostre Eminence a ni parler de Souvigni , qui est asseurément un pins estimés qui serve en Flandre, de quelnation que ce soit. Quoique Tennemi eust sept égimens d*infanterie postés dans les haies, et §€■ deux cens chevaux des meilleures troupes e Flandre, la cavallerie de Tavant-garde les mporla , et M. d'Humière et M. de Gadaigne y ■vnt aussi bien qu'il se peut, M. de Gensin y a oasî très-bien faict, et M. de Renet , avec ses ré- Imens de la Reine, le sien et Créqui : il est cerdn qu'il ne s'y peut rien voir de plus vigoureux [oe ce que l'on y a fait ; et quoique ce soit mon lereu , je ne feindrai point de dire à Yostre Emilence que le comte de Trie s'y est fort signalé , tt Souvigni m'a dit qu'il n'a jamais veu un plus ^rave homme.
9 La déroute commençant , on les a suivis plus le trois lieues; toute Tinfanterie a esté prise m s'est jetée dans les haies ; ils avoienttous leurs Mgages et soixante on quatre- vingts chariots de riyres; il y a très grande quantité d'officiers pris. Le frère de M. Colbert fut relâché, et on m'a as- (oré que ce qu'il a voit dit aux ennemis, qu'il n'y rvoit que quatre cens chevaux des noslres, c'est « qui a esté cause qu'ils ont attendu sans se relier. M. de Chalais se signale toujours dans loues les occasions; il y a eu quelques officiers des lostres blessés de cette première charge, où on fut 'epoussé deux fois. Le prince de Ligne s'est sauvé ivec grande peine; les simballes sont prises et ous ses gens, et n'y avoit des troupes de M. le )rince que le régiment de Rochefort , dont tous es officiers sont pris; le comte de Reutin et Casar, deux coronels d'infanterie, sont pris, et aussi lien pour ceux là que pour les autres précédons, »omme on est au milieu de la Flandre et que l'on le sçait où les laisser, il n'est pas croyable comlien il s'en perd, et je suis obligé d'en laisser aller (or leur parolle.
9 Comme j'ai sceu qu'Ypres estoit entièrement légarni, je m'en suis approché; et ayant envoie if. de Podwitz devant , dès l'instant même que M. le prince de Ligne avoit esté battu , il a deffait m régiment de dragons qui vonloit y entrer. Je vais asseuré que si on avoit peu assembler tous «s prisonniers, il y en auroiteu comme à une baaille. Ce que je m'approche d'Ypres est sans aure fondement, sinon que n'y entrant personne , es bourgeois pourroient aisément s'espouvanter, st one si grande espouvante des ennemis me déniera peut estre moien de conserver dans ce tempsà Menin et Oudenverde ; et comme ce sont choses )ù on ne va que par les rencontres de chaque eur, il n'y a rien de si incertain. J'envoie le che-
valier deClerville, qui passe par Saint- Yeuant, aGn de me faire promptement haster le corps qu'avoit M. de Chusenberg , à qui j'en escris, aGn qu'il vint se loger à Menin, qui est un lieu qu'il faut absolument garder pour la communication d'Oudenverde , où on trouvera assez de vivres ; mais il y manque de munition. Je crois que quand l'affaire d*Ypres ne réussiroit pas, qu'avec de l'application et en mettant beaucoup de munition et beaucoup de troupes dans Menin et dans Onclenverde, que l'on conserveroit ces lieux-là. Yostre Eminence sçait très -bien quelle en est la conséquence. Comme j'ai sceu que M. de Chusenberg n'est engagé à rien , cela fait que je parle de cette infanterie ici , car si cela estoit, on ne pourroit pas songer aux mêmes choses.
» J'escris ceci à Yostre Eminence , arrivant auprès d'Ypres, et n'y trouvant nul fourage et voiant cent inconvéniens qui peuvent arriver à ces places avancées, à moins qu'elles ne soient promtement renforcées. Je sçai aussi très-bien que les ennemis sont fort foibles et fort abbattus. Don Juan est allé à Rruxelles; M. le prince est à Tournai ; on a trouvé au secrétaire de M. le prince de Ligne les lettres qu'il escrivoit à toutes heures à son maistre. Les ennemis avoient envoie leurs bagages sous Yalenciennes.
Y) TlJEBNNB.
» Au camp , ce 13 septembre 1658. »
A tt méms,
n Depuis que je me suis donné l'honneur d'escrire à Yostre Eminence par le chevalier de Clerville , je suis demeuré au loin d'Ypres et ai fait travailler à me fermer, avec le peu d'outils que l'on peut porter à la compagne. Jusques ici il n'y est entré personne , et dès que les outils m'arriveront, ou par Saint- Yenant ou par Furnes , je ferai ouvrir la tranchée. Je verrai aussi quelle munition M. Talon me fera venir de Gravelines et Calais. J'ai tiré six milliers de poudre de Dixmude.
n Je receus hier une lettre de Dunkerque , par laquelle on me mandoit que monsieur le protecteur estoit mort. J'en dis le premier la nouvelle à M. Morgan, dont le Gis atné avoit esté déclaré protecteur; il a pensé à ses coronels, et il n'y aura pour cela nul bruict parmi eux , et je crois qu'ils se tiendront parmi eux aux plus grandes affaires d'Angleterre, souhaitant fort que les choses demeurent entre les mains du Gis du protecteur. J'ai envoie un homme de créance à M. l'ambassadeur d'Angleterre, qui n'est pas encore de retour.
vM. le maréchal de Chusemberg arriva hier avec la cavallerie qui avoit esté à Saint- Yenant, et quinze cens hommes de la place , en comptant deux cens de Rapaume. Il s'avancera avec cela et un corps que j'y ai déjà à Menin, aGn de soutenir ce poste-là et empêcher que l'ennemi n'aille
DOCUMENTS INEDITS BELATIFS AUX MÉM01BR8
à Oadenverde. J'avois déjà M. de Schoixiberg à MeniQ pour cela , el ou corps assez considérable à Oadenverde. 11 n'y a pas plaisir à se flatter, mais si Ton prend Spols en maintenant Menin et Oadenverde, je sais asseoré que Yostre Eminence ne trouvera pas cela mal. Un secours dans Ypres ou une entreprise sur les autres places changeroi t cela.
» Sur la mort de M. le protecteur, Yostre Eminence me fera Thonneur de m*entretenir s*il y a un autre train à prendre que celui dans lequel jo sçai bien qu'elle est , qui est d'être bien aise que la puissance, en Angleterre, demeure entre les mains de ceux qu'elle croira estre le moins bien avec les Espagnols. Je ne vois pas ce que les Espagnols peuvent faire si on maintient Oudenverde; on dit toujours ces choses-là, mais, à mou avis, ce ne peat pas avoir été avec tant de raison qu'à cette heure. Je ne doute pas que la mort de M. le protecteur ne leur donne de grandes espérances; mais elle vient quand leurs affaires sont bien bas.
» Il plaira à Yostre Eminence envoler de l'argent, et comme je lui ai mandé, il n'y a point de munitions du tout à Menin et très-peu à Oudenverde; le temps peut devenir mauvais , et en Flandre il n'y a point de remède contre cela. Je ne doute pas que Yostre Eminence ne les prévienne par les ordres d'envoyer promteraent des munitions. On a fait même avec grande peine deux cens prisonniers à Dixmude ; on en a laissé à Oudenverde, et comme on les a pris fort avant dans la Flandre , et que ce sont des . . . , à moins de les enchaisner on ne pouvoit pas les mener ; les régimens ne peuvent pas se remettre de cette campagne.
» Je crois avoir mandé à Yostre Eminence que le prince de Ligne est dans Ypres, et Druot, qui est un très-bon officier; il y a plus de trois cens chevaux, et je ne pense pas qu'il y ait plus de trois cens hommes de vieille infanterie, mais beaucoup de bourgeois et de la milice. J'espère que M. Talon me fera venir du canon ; je n'ai que quatre pièces de vingt-quatre avec des munitions pour la campagne; il y a grande difficulté d'en faire venir par Saint- Yenant.
» Ce 18 septembre 1658.
» TUKBNNB. »
A Monsieur Le Tellier,
a Monsieur , il y auroit bien des relations à faire de tout ce que par bonheur il se rencontre que l'on fait en ce pays. J'envoie le sieur de Madai lion trouver M. le cardinal, afin qu'il lui plaise informer Sa Majesté comme Ypres vient de demander à capituler. M. d'Huroièresa cscrit, il y a quelques jours, à Son Eminence pour le gouvernement ; je lui en parle d'une façon pour lui faire coonoislre qu'il ne sçauroit pas m'obliger plus sensiblement que de lui faire cette grâce de le lui procurer auprès de Sa Majesté. Je vous supplie
très-humblement de vouloir bien loi servir, el il m'a semblé que M. le cardinal est tout à foithien persuadé de lui. Je ne vous fais que ce mol en liaste pour cela , et je vous sapplie de me continuer l'honneur de vostre amitié. C'est, Monsiear, vostre très-humble , etc.
» TURENNB.
» Au camp devant Ypres, ce 24 septembre 1658. »
CapiitUation faiete à la rédueiian de la villt if Ypres ^ du 26 septembre 1658, avec le cUrgi de la ville,
« Articles accordés par M. de Turenne, général de l'armée du Roy aux ecclésiastiques d'Ypres:
» 1. Premièrement , que dans ladite ville d'Ypres et diocèse d'Ypres sera privativemeul admise et exercée la religion catholique, apo6tolique et romaine , même entre les gens de la milice , et qu'au même effet ne sera commis en icelle ville autre gouverneur que de la mesme religion, suhject de Sa Majesté très-chrétienne, et saos qu'on puisse transporter aucuns dies manans de ladite ville en la subjection d'autre supérieur qui ne soit de ladite religion ;
ï> 2. Que les images miraculeuses de Noslre- Dame , reliques , reliquaires, vases sacrés, cloches , tant celles de la ville que celles qui y sont réfugiées, ornemens et autres astensiles, Uni concernant le service divin oo public que la décoration des églises estant en cette ville oo diocèse, ne seront transportés ailleurs en foçon que ce soit ; ainsi demeureront à ceux i qai ils appartiennent, le tout sans charge d'aocune rédemption ;
3. Que l'évèque, doyen et chanoines de l'église cathédrale, leurs supposts, abbés, prévosts,abbesses , chapitres , religieux , religieuses , coofrcries et toutes autres personnes ecclésiastiqaes, églises , hôpitaux, pauvres escoles, tailles et bieos des pauvres , raouls-de-piété et toutes aotres fondations pieuses, de quel estât, condition, ordre qu'ils puissent être, tant de la ville qoe du diocèse, demeureront et seront maintenus en leurs dignités, honneurs, privilèges, qualités seigneuriales, juridictions, ordres, administration, franchises, exemptions, fonctions et collations des dignités, prébendes, bénéfices et offices quelconques, sans autre charge qu'auparavant; le mesme sera observé au regard de leurs successeurs , et ne s'introduira de droit de régale ou antre jusqu'à présent non pratiqué ;
D 4. 11 sera libre audit évesque d'aller par toat son diocèse pour faire ses visites et antres fonctions épiscopales , et à telle fin choisir lieu de demeure en telle ville ou bourgade de son diocèse qu'il trouvera convenir;
» 5. Seront aussi lesdits ecclésiastiques maint^ nus en possession de tous leurs biens, soient meubles ou immeubles, rentes, actions et crédits, en-
DU YICOMTB DE TUBBIfNE. [l658]
6li>
semble , or et argent monaoyé et non monnoyé , de permission on billon , enseignemens el papiers, et toutes autres choses à eux appartenant, sans aocune exception , selon qu*ils en ont jouy auparavant;
» 6. De même tous les bourgeois et habitans le la ville, et les réfugiés et enfermés eu icelle , oient ecclésiastiques ou séculiers, de quel estât ou ouditioD qu'ils puissent être, y comprins les bsens ou réfugiés ailleurs, retiendront pareillenenl la paisible propriété et jouissance de tous sors meubles, bagues, joyaux, vaisselle, or et rgeot monnoyé et non monnoyé, toutestain, iraio, avec tous autres ustensiles, nuls exceptés, ronvés en leurs maisons ou ailleurs , et généra- )ment de tous leurs biens, meubles et immeules , de quelle qualité et condition ils puissent sire , sans que lesdils habitans ou réfugiés puisent estre rechargé^, touchant lesdits meubles, ou iquiétés par les gens de la guerre, ni aussi les leubles illec réfugiés qui suivront librement aux ropriétaires , et cela sans aucune reconnaissance a rédemption à qui que ce soit;
» 7. Entreront aussi lesdits ecclésiastiques, halilans et absens, en la possession et jouissance ftUère de tous leurs biens, quels qu'ils soyent, |ai , à cause de cette guerre , pourroient avoir sté confisqués ou annotés, ensemble des arrérages [ai n'auront esté reçus, nonobstant que le Koy ta auroit disposé ou fait mercède ou récompense i autres personnes, soit pour la propriété, soit )Oor le revenu annuel , et cela en vertu du prélent traicté,sans qu'il soit besoin à cet eflect d'obenir autre acte ou provision. Et comme il pourvoit arriver qu'on rencontreroit quelque difficulté le rentrer eu la jouissance des biens confisqués m annotés. Sa Majesté sera très-humblement sup- >liée de faire dépêcher lettres particulières vers es occupans, comme il a esté fait en l'an 1648 ;
» 8. Sera pourveu aux abbayes, prélatures et lutres cloistres et dignités de la ville et du diocèse tomme ci-devant, etensuitlede la bulle d'érecjon de révèché d' Ypres, la doyennie venant à vacluer, sera à l'élection dudit chapitre cathédral, ('il en a le droit ;
» 9. Tous les cloistres et monastères, tant rhommes que de Glles, ne seront contraints de changer en aucune faconde régime , ains demeureront sujets aux mêmes supérieurs comme à [présent, et ne pourront les religieux et religieules, sans l'autorité de leurs supérieurs de cette [>rovince de Flandre, estre tirés de leurs cloistres ai envoyés en France ou ailleurs, pour admettre les estrangers en leur place au couvent ;
p 10. Ne seront aussi les ecclésiastiques moleslés à cause du serment aux charges quelconques qui n'ont esté pratiquées du temps qu'ils estoient lujects au Roy catholique ;
» 11. Les bourgeois et habilans de la ville et les réfugiés en icelle , de quelle condition et qualité qu'ils soyent , ne pourront estre forcés à porter les armes contre leur volonté, ni envoyés en
colonie, ni tenus pour esclaves « ains pour sujets du Roy, avec la mesme qu'ils ont eue auparavant sous le Roy catholique ;
» 12. Seront observés « selon leur forme et teneur, les concordats faits respectivement par ceux du chapitre et de la cour épiscopale avec ladite ville, en date du premier juin mil cinq cens vingtdeux et du....
» 13. Que révesque et ceux du chapitre cathédral, et tous autres ecclésiastiques habitans de la ville d'Ypres et leurs maisons , seront à toujours libres et exempts de logement des soldats et contribution pour Tentretien d'iceux , aussi durant leur absence et vacation, ensuitte de ce qu'il a esté accordé par le Roy pour la maison dudit éveaque, en date du 11 décembre 1648. £l àcet effet, lettres de sauve-garde seront présentement expédiées pour estre attachées à leurs portes, afin que personne n'en prétende cause d'ignorance, comme il a esté fait audit an 1648, maintenant lesdits ecclésiastiques à toujours libres et exempts de guet et garde, et leurs vinitiers, débitant leur vin en leur cave , jouiront en tout ce que dessus de la mesme franchise;
» 14. Lesdits ecclésiastiques seront exempts, comme dit est, de tous logemens des soldats, et à regard du logement de cour, ils jouiront de leurs privilèges à Tadvenir comme ils en jouissoient lorsque ladite ville esloit en l'obéissance de Roy catholique ;
» 15. Et quant aux supposts de ladite cour épiscopale, ils ne seront logeables ou taxables plus avant que ceux du magistrat de ladite ville ;
» 16. Que les articles accordés aux bourgeois habitans d'Ypres ou y réfugiés , touchant la liberté de demeurer sous la juridiction du Roy , ou de s'en retirer en dedans le terme de deux ans et de disposer de leurs biens et autres points accordés, faisant ou tendant en faveur ou privilège des bourgeois ou habitans de la ville d'Ypres, sont pareillement accordés auxdits ecclésiastiques.
D Son Altesse a promis et promet , au nom de Sa Majesté très-chrétienne , de faire observer et maintenir tout ce que dessus ponctuellement et inviolableroenl.
» TUBENNB.
» (Et cacheté de son cachet en cire rouge.)
» Et plus bas:
)> Par Son Altesse ,
» Dd Hom.
p Faict au camp devant Ypres, le 25 septembre 1658. »
A Montieur Le Tellier,
» Au camp d'Ypres, ce 27 septembre 1658.
» Monsieur, j'envoye ce capitaine de mon ré-
DOCUMfiNtS IUBDITS BELÀtlPS AUX MBUÛ1RE8
gîmenl d'infanterie, qui s'appelle Perrin, pour , porter la capitulation dTpres. Il y a près de trois sepinaines que je n'ai i>oint reçeu de lettres de Son Eminence. Il y avoil dans la place plus de gens que je ne pensois; cela roontoit à huit cens hommes de pied, dont cinq cens estoient de ces nouvelles levées, et bien cinq cens chevaux. J'avois fait quelque feu de ligne autour de la place, et je mande à M. le cardinal qu^outre deux mille escus que M. de Laffaye, qui cstoit à Saint-Venant, m'avoit prestes, on n*a dépensé que peu de chose , dont je n'ai pas encore le compte. Pour des munitions de guerre, il n'y a esté employé que six milliers de poudre, outre ce que j'avois à la campagne. La ville a tenu cinq jours de tranchée ouverte et on a perdu assez de gens ; il y a beaucoup de malades, ayant laissé des gens à Oudenverde et Menin; je n'avois pas cinq mille hommes de pied en tout. La circonvallalion est bien aussi grande que celle d'Arras. Je crois que mettant des hommes et des munitions dans Oudenverde, qu'il se maintiendra Tbiver; il faut en Flandre que les places le fassent d'elles-mêmes. On y travaille fort , mais comme cette place est de plus de conséquence qu'aucune que le Roy ait jamais tenue en Flandre , il faudroit de surplus , pour y faire travailler , que les peuples y vissent de l'abondance. La conservation de ce lieulà doit, à mon advis, faire une révolution en Flandre. On me mande qlic M. de Mesmo a eu ordre de se retirer d'Ignoi ; j'en suis bien marri; vous savez qu'il a eu la bonté do prendre cognoissance des affaires de nostre maison. On dit que vous venez à Compiègne et à Amiens , et je vous demande la continuation de l'honneur de vostre souvenir, et que vous me croiez, Monsieur, vostre très-humble, etc.
y> TCBENNB. »
CapUulalion accordée aux gens de guerre sortant
de la ville d'Ypres.
« l*'. Premièrement , qu'ils sortiront jeudy vingt six de septembre, à sept heures du matin, avec armes et bagages, enseignes déployées, mèches allumées à deux bouts, tambours battans, baie en bouche, deux pièces de canon à leu^ choix, avec des munitions pour tirer chacun douze coups et les chevaux nécessaires pour les tirer ;
» 2. Qu'ils seront conduits par le chemin le plus court, en toute assurance, jusqu'à la ville de Coortray ;
» 3. Que pour commencer leurs bagages et de toutes autres personnes qui voudront sortir de la ville avec eux, leur seront fournis cent chariots;
» 4. Que nuls officiers ny soldats, de quelle nation que ce soit , ayant servi le parti contraire , ne pourront estre retenus ni inquiétés, sous quel prétexte que ce puisse estre;
» 5. Que les prisonniers de part et d'autre , faits pendant le siège, seront remis promtement en liberté;
» 6. Que les malades et blessés qui ne poarront pas sortir de la ville y resteront jnsqaes i leur guérison , et lors seront conduits à la ville li plus prochaine de l'obéissance de Sa Majesté catholique;
» 7. Que toutes munitions de guerre seront mises ès-mains de bonne foi;
s> 8. Qu'ostages seront laissés des deux coslés pour l'accomplissement du présent traicté.
» TaBTANÇON , LB PRINCE DE LiGNE. »
Au même.
« Monsieur , j'ai receu des lettres de Son Eninence par lesquelles il me mande comme le voyage du Roy est résolu pour Lyon. G)mnie la Royne y va , il est malaisé qu'il ne soit pas long, et dans î'arrière-saison où l'on i^ntre, il ne se penl pas que beaucoup de cavallerie^et quelques régimens d'infanterie ne retombent vers la frontière. J'escris sur cela à M. le cardinal» afin que I'od y trouve quelque fonds pour faire subsister les trouppes, en attendant que la cour revienne poar donner ordre aux quartiers d'hiver ; mais si tous passez jusqu'en janvier sans revenir , et qu'il n'y ait ni argent ni ordre pour les quartiers sur les frontières, on se mettra en estât de ne poQToir pas estre si tost en campagne, et iL est cerUin que les ennemis en profiteront. Vous sçavezbien au vray s'il y viendra un corps considérable d'Allemagne et en^quel temps. Il ne faut pas se jaisser surprendre par cela, ni qu'il nous trouve en mauvais estât , car ils reprendroient des postes où l'on ne pourroit plus revenir. On poorrût faire travailler de bonne heure aux recreoesaox régimens qui demeurent en Flandre. Je sob obligé de vous dire que Dampicrre est un des bons qui soit en ce pays-ci. J'ai reçu la commission pour M. d'Humières, et ferai exécuterceqai est porté par l'ordre du Roy pour la compagnie de Catteville. Je mande à M. le cardinal quel'oo pourroit mettre Sassy à Menin. Comme il me parle de Ruberlière, il semble qu'il n'y ait pas de difficulté pour son affaire de major à Ypres. Il a toute sa vie servi dans le régiment de Piedmont, et je neleconnois que de cette année, niab il est fort capable. Je mande à Son Eminence qo'ea attendant les ordres du Roy, j'ai envoyé M. de Madaillon pour servir de major à Oudererde. Je n'en connois de plus propre que lui à senrir en un lieu comme celui-là. Il y mène sa compagnie et il la fera fort bonne pour marcher en campagne avec M. le chevalier de La Hilltère. J'escris à M. le cardinal pour avoir de l'argent pour l'iafanterie qui demeure en Flandre. Il est trèsnécessaire de leur en donner en les establiasaot, car après cela, quelque argent qu'il y ait, on ne les fait pas revenir. Je n'ai point aussi de noovelles de cette avoine qui devoit estre envoyée à Ypres ; on avoit fait son compte sur six mille saes. Je ne doute pas que M. Colbert n'ait donné les
BU VICOMTE DE Xt'BENNE. [1658]
sarances à M. Jacquier poar la coolinaatioD de
fi paîn. Des gens qai toqI faire Tamorce en
laphiné, ne sont d'ordinaire guère inquiets pour
qui se passe en Flandre.
» Conservez-moi l'honneur de vos bonnes grà-
8, et me croyez , Monsieur ^ vostre très-humble
très«afiectionné,
» TUBBNNB.
» Au camp d*Epiers, ce 25 octobre 1658. s>
Au même,
a Monsieur, j'escris à Son Emiuence ce qui st passé depuis que je suis deçà TEscaut, et je doute pas que vous ne sachiez par tous les ris qui viennent des Pays-Bas , que les ennemis it fort empêchés; mais comme ils sont tous us leurs places , l'hiver va mettre Gn à tout, et alonge le temps autant que Ton peut. Je crois e l'on recevra ici de vos nouvelles pour le paie- {Dt des troupes, et je ne m'esloignerai point de indre ou de la frontière, que je ne sache le i de retour. J'avois oublié de mander à Son Emince que Ton a descouvert un lieutenant de Loule, qui avoit esté dans la compagnie d'un bas- -d de M. de Maiiicamp, qui avoit intelligence ec M. le prince; il avoit esté à Tournai et deil faire enlever la grand'garde. On donne ad- I do quelque détachement de l'armée ou de lelque convoi ; c'est son caporal à qui il s'étoit Dfié, qui l'a descouvert. Je n'eslois pas à Tarée et estois allé vers Grammout. M. Ducouai m'a adverti comme il estait arresté , et j'ai andé que l'on le fît juger promptement : il a esté odamné à estre pendu et à eslre exécuté auord'hui. M. de Coligni m'a envoyé demander ijourd'hui un passeport pour aller de Tournai à roxelles, où est dom Juan avec le marquis de iracène, et Monsieur le prince àTournai. Jecrois a'ils hasteront fort leurs troupes d'Allemagne , l Je m'imagine qu'ils empescheront, s'ils peu- Bnt, les troupes de l'Empereur de s'engager >Dtre les Suédois, aOn de pouvoir les attirer en eçà plus aisément , et que si le roi de Suède n'en eot qu'à l'électeur de Brandebourg, ils pour- >ient bien le laisser faire: l'événement du siège e Copenhague décidera tout cela. Je vous supplie e faire souvenir M. le cardinal, que le voyage du loi estant long, comme il y a apparence, il faut écessairemeiil de l'argent pour soutenir un corps e troupes ensemble. L'armée empesche que l'on e puisse pas tirer des contributions, de sorte ae si l'on n'est pas assisté dans la Gn de la camagnesur le quartier d'hiver, les troupes périont extrêmement. Il y a plus de douze cens ommes qui travaillent tous les jours à Oudenerde , et l'armée , qui en est proche , empesche ne l'on ne puisse rien tirer du pays. Je suis rès-véritablement, Monsieur, votre très-humla et très-affectionné serviteur,
)) TURENNB.
» Ce 5 novembre 1658. »
Au même.
15 Novembre.
a Monsieur, j'envoie cet oiBcier du régiment du Plessis d'infanterie ; je vous supplie très-humblement de lui ordonner le plus que vous pourrez pour son voyage; c'est un des meilleurs officiers de l'infanterie. Il a une lettre pour son Eminence, dont j'ai envoyé le duplicata par Tordinaire. Je n*ai point eu des nouvelles des ordres que l'on a donnés en partant pour donner de l'argent aux trou- < pes en les mettant dans les villes ; outre ce qui estoit dans Oudenverde, j'y ai mis quatre compagnies aux gardes, le régiment dePagniet le Catalan, et les régimens de cavallerie de Melin et La Villette, et deux Lorrains, qui font six régimens avec les deux de Rochepaire et Castelnau. II n'est pas croiableles travaux que l'on a faits à cette place-là; le chevalier de Clerville les a fort bien pris et y a agi avec soin. Je verrai, estantdelà la Lys, ce que je laisserai de cavallerie dans les villes; car tout ce que Ton a pu faire , c'est de demeurer en campagne le plus qu'il se peut, et on ne sçauroit pas en Flandre laisser les troupes hors des villes, à moins que d'avoir pris tout le pays. M. le prince est à Bruxelles avec don Juan et le marquis de Caracène ; ils ont resserré depuis peu les troupes qu'ils avoient prises, des portes jusqu'au fossé, et si l'hiver n'empeschoit pas de demeurer, on est tellement au milieu d'eux qu'ils ne peuvent, jusqu'à la Meuse, s'assembler en aucun endroit. M. de la Beauvoisi s'en ira bientost; il a esté bien aise de voir avec un peu de loisir toutes choses, et la cognoissance qu'il a du pays fait qu'il en juge mieux qu'un autre. Je demeurerai à Ypres jusqu'à ce que j'aie des nouvelles du retour de la cour. Je ne sçaurois pas dire si les ennemis feront repasser la Meuse à leurs troupes, au moins à une partie; je crois que c'est selon les nouvelles qu'ilsauront des secoursd'Allemagne, car s'ils venoienl bientost ; je pense qu'ils ne s'eslargiroient pas beaucoup, afin d'estre prêts à mettre en campagne. A son arrivée la Flandre leur a refusé de l'argent , et il est certain qu'un pays ne peut pas estre plus près d'un changement: ils ont présentement l'hiver devant eux, et le temps, selon que l'on s'en sert, apporte bien du changement aux affaires. Je mande à Son Eminence comme on a fait exécuter un lieutenant de Louville, qui l'avoit esté du bastard de M. de Manican, et qui avoit intelligence avec M. le prince pour enlever quelques gardes. Il y a eu depuis une entreprise sur Dixmude descouverte. Il sera nécessaire d'un règlement du Roi pour les contributions de Flandre. Ypres est le plus blessé présentement; ceux de Saint- Venant se faschent d'estre réservés, mais la nature de la chose y obligera ; le séjour de l'armée fait que rien n'a pris d'assiette assurée; mais quand on le pourra, il sera fort aisé d'y pourvoir et avec moyen de contenter en partie un chacun. Je vous supplie de me continuer l'honneur de vos bonnes grâces et me croire très-vé-
DOCUHBaTS tnBDITS RRLATIFS AtlX HEUOIBES
rilablemeiit , Monsieur, votre IrËs-humble et trësaOeclionné servUenr,
D TcBENNB.
9 II ; est veaa an oflicier anglois qui m'a <li(, qu'il a vu , en passant dans la chambre du uonveau protecteur, H. Fairfais, M. Lambert et M. Buquiiiguani. J'ai euvoié quérir à Saini- Venant les Tonds pour les iiouveaux Anglois ; il y a longtemps que les vieux a'ont reçu d'argent; ils commencent à en estre fort ciiagrins, et cela oe peut pas durer, s
Au même.
cr Du camp d'Igenghtim, le 2< uovembre 1658.
B Monsieur, j'ai receu les deux lellres qu'il TOUS a plu me faire l'honneur de ro'escrire, qui sont toutes deux da 1" novembre. Je vous envoie en diligence l'eslal des troupes que je fais estât qui pourront demeurer en ce pays, et comme il est un peu grand pour la cavalterîe , en cas qu'il y eust de la difficulté de les y mainlenir, vous ordonnerez, s'il vous plaist, que l'on réserre quelques quartiers. J'ay envoie sravoir à Bergues si j'y pourrois mettre les rfgimens tte Wirlemberg. Je ii'ay receu cet estât pour Oudenarde qu'en deçà de la Lys; et oulre cela, ce qui y est demeuré de cavallerie y est bien plus propre, ces régi mena de Wirtemberg, qui sont nouveaux, ne se maintenant pas si bien que les vieux régimens, et estant nécessaire d'avoir des gens erreclifs dans celle garnison-lâ. Je vous envoie l'eslat des officiers d'artillerie que j'ai relciias,e(ce qu'iileorfautel pour les chevaux, pour le mois de novembre; el aussi ce qui a esté ordonné sur une somme de (renie six mille livres, qu'an commis extraordinaire a apportée à Menin pour les nouveaux Anglois, pour les régimens écossois de la garde, ponr celui de Douglas, et pour les Catalans. J'ai escril, en envoyant le viens corps anglois , à M. d'Ormesson , et eu son absence à M. Piètre el à M. de Bar, pour leur réception , el aux premiers pour l'ordre du lugement; et comme j'avois nouvelle d'une somme de cinquante mille francs qui vient, el que leur mois monte, selon la dernière revue, â (rente' quatre mille francs, laquelle s'estant Ironvée avoir passé jniiqu'à Menin , et les Anglois ayant passé outre, j'escriray i MH. les surinlendans pour les supplier de remplir lesdicles dix mille livres, lesquelles on employera icy à des nsages nécessaires. Je mande â Son Emiuence comme je renvoie le régiment d'Arlois, sur la prière que H. le maréchal de Schnlemberg m'en a faite, s'estant presque (ont rainé. Comme on dit qu'on ne met point de quartiers en Normandie, je ue vons diray rien pour mon régiment de cavallerie et celui d'infanterie, ai ce n'est de vous supplier qu'ils soient des mieux el pas trop esloigaés. Je vons assure que les villes, à moins d'un argent qui vienne toujours à point nooinié, ce qui ne se
fait jamais quand il a à passer par diverses maint' sont la ruine des troupes. Une marque d'un méchant ofHcier , c'est quand qaelqu'ua dict qa'il fait aussi bon dans les villes, parce qu'il ne m soucie que d'avoir de l'argent et point du toil d'avoir des soldats, qui lui sont à charge dnranl l'hyver , et pourveu qu'il mène douze ou quinte gueux de recrues, à qui il n'a pas donné la moitié de ce que le Boy donne, il croit avoir salisfiil el eslre asseuré de oestre pas cassé. Ce qm vous voyez que la cavallerie se maintient n bien à cette heure, c'est que l'on garde dnrul l'hyver beaucoup plus de cavallerie qne l'on n'i Jamais fait ; el autrefois les capitaines refaisoiait presque toutes leurs compagnies an printempi, et on ne se msintenoit pas si bien avec quira demies montres durant la campagoe, qne l'on bit à celte heure sans rien (oacher. Il y a toute li même raison pour l'infanterie. H. Jacquier etll Arraa, malade , el je n'ai encore eu aucunes noavelles de celle fourniture d'avoine à Ypres. Vo» verrez, par l'eslal des troupes qui demeurcal, h nombre de celles qui s'en iront. Il y reste brt peu de régimens d'infanterie, el je crois qw, pour quelques-uus de ceux d'Oudenarde, qot l'on pourroil leur faire faire des recrues de bons heure. Ce qui reste dans les régimens d'iabattrie qui sont ici, sont de bons hommes, el jecroii que, leur donnant les moyens, ils se meUroal chacun à plus de quatre cens horames. Je (Mi marcher un de ces jours tous les régimens « France; je demeurerai à Ypres , et il est bien stcessaire qu'ils trouvent leurs quartiers à la fnn- (ière. Je vons envoie aussi l'eslat des régiax» que j'ai donnés à U. de Genlis pour escorter les Anglois jusqu'à Amiens, el n'ai rien à voos uljousler que l'assurance de mou sonveoir tr^ humble, estant très-véritablement, UonsieQt, votre trës-bumble et très -affection né eervilear,
V TCBBNHB.
Je ne sçais pas encore s'il y pourra denmplus ou moins de cavallerie è Bergnes, et »i j'y laisserai le régiment de Gassion. Je ne compte point les deux régimens UcCréqui et de Broglie. que je rcuvoyerai, l'un à fiéthune et raotrei Bassde. Je crois qu'il en faudra laisser encore quelqn'uns à Saint- Venant. On pourra peut-être se trouver un peu court pour Ypres, car il n'j i point de fuuragc.
Je vons supplie de vous souvenir au sienr de Saint-Martin, marèchal-des-logia , généril d» la cavalerie, afin qu'il puisse eslre mis coauae l'année passée. »
Au même.
« Monsieur , J'ai reçu la lellrs qu'il tous a jh me faire l'honneur de m'escrire da 17 mais. t< deuxjours auparavanl J'avois faicl partir leaeveu de M. de Honlpezat, avec Testât des IrMppcs qui demeurent en ce pays icy , et cenncil
DQ yiCOMTB DB TUBBNNB. [1658]
n'y ft qoe sept régimens d'infanterie , sans La Ferté, qoi s'en retoornent , je m'asseore qu'ils Iroaveront leurs ordres sur la fronlière pour leur quartier. J'ay respondu à un mémoire que M. Talon m'a mandé ^ et comme il y a des régimens de cavalerie qui demeurent en ce pays ici , dont TOUS MYez envoyé les quartiers^ j'envoyerai le reste des trouppes , et ainsi ils demeureront libres. Je crois qu'ayant si peu d'infanterie à lo- ;er, que vous pourriez les mettre sur la fronière de Picardie et ani bords de la Normandie, et n eopléant avec de l'argent à ce que vous ne les ilendez pas tant , vous pourriez les mettre en itat de marcher de bonne heure; car je ne doute is qae si l'ennemi tire du secours d'Allemagne, 0*11 ne vienne bientost aux places avancées, et €8t si fort an milieu de son pays qu'il peut le lire en toute saison. Si l'armée du Roy est reste, on a aussi cet avantage que l'on y peut ibaister comme eux, pourvu que cela ne dure as trop long-temps en attendant les herbes. Le rayait d'Oudeuarde ne peut plus s'avancer faute 'argent, et à la séparation de l'armée, s'il y en BsC eo , cela eust sauvé beaucoup de soldats qui éserteut les garnisons. Je croyois toujours qu'il n yiendroit avant qu'il se fallût un peu esloi- ;ner. Les ennemis se mettent entre Bruxelles et fainur, pour se raccommoder et voir le temps [a'îls pourroient faire quelque chose. Je ferai jiartir tontes les trouppes qui ont leurs ordres de |oartier, et les autres aussitost après, ne pouvant >as les tenir ensemble. Pour la cavallerie, ils lortent de campagne en très bon estai ; vous poufez bien juger que les officiers sont très pauvres, mais les cavalliers sont très-bien montés et bien restas. M. le cardinal me mande que la cour sera de retour à Noël.
» Il y a beaucoup de malades dans l'infanterie, mais point de désertion. Je crois qu'ils trouveront des soldats cette année, au moins ceux qui s'y appliqueront. J'attends avec impatience de Bçavoir comme toutes choses se passeront au voyage. Il se confirme de tous les costés que le Roy de Suède a été battu sur mer par les Holtandois. Je vous supplie de croire que je suis trèsvéritablement , Monsieur, etc.
» TUBEN.>B.
» Du camp de Moildle, le 29 novembre 1658. »
Au même,
« Monsieur, depuis m'estre donné l'honneur de vous escrire, un garde que j'avois envoyé à MM. les surintendans est de retour, par lequel ils m'escrivent que les cinq cent mille francs pour envoyer en Flandre sont tout prests, mais qu'ils attendent un ordre de la cour pour l'envoi de ladite somme. Les avoines que M. Jacquier devoit fournir à Ypres ont aussi reçu du retardement, dont on escrit à M. Colbert à Paris. Je fais marcher toutes les troupes à la frontière ,
tant cavallerie qu'infanterie, à la réserve de ceux qui demeurent dans ce pays icy, dont je vous ay envoyé Testai, et celles pour lesquelles vous m'avez envoyé les quartiers y marchent ; le reste qui ne l'a pas reçu attendra la distribution à la frontière. Je mande à M. le cardinal qu'il n'y a rien de plus important que , suivant les nouvelles que vous avez de Flandre, vous fassiez demeurer tous sur la frontière, ou escarter davantage les régimens d'infanterie qui s'en retourneront ; si vous les mettez dans les villes , ils perdront tous leurs vieux soldats et n'auront que des recrues au printemps ; à faute de l'argent pour les payer, on pourroit les serrer dans des bourgs et leur donner promptement les recrues, afin qu'ils se mettent en estât. Vous verrez bien le dessein des ennemis, et s'il est d'attendre les trouppes d'Allemagne avant que d'agir. Je demeure a Ypres, et je vois bien qu'il seroit plus sur de retenir toute l'infanterie, mais aussi on n'anroit pas d'armée au printemps. Ce retardement d'argent fait perdre bien des soldats de garnison , et il n'y auroit rien eu de plus capital que de le recevoir trois semaines auparavant que les troupes qui doivent s'en retourner fussent parties. Faites-moi Thonneur de croire que je suis très certainement, Monsieur, votre très-humble, etc.
» TuRBiNNB.
» A Neufve-Ëglise, ce 2 décembre IG 8. »
A Monsieur Le Tellier,
«Monsieur, j*ai sceu de M. deVilosel comme les ordres ont été envoyés à mon régiment d'infanterie qui estoit demeuré à la frontière, et de M. d'Ormesson, que le régiment de Gonteric estoit passé à son quartier de Sontègne. Je ne vois plus de troupes à la frontière qui n'ayent leurs quartiers. Dès que le payement aura été fait à Menin et à Oudenarde, on vous en envoyera Testât. J'ai fait donner mille livres par compagnie de cavallerie; il y en a cent cinquante, et ne comptant les quatre d'Arras , six de Béthune et six de La Bassée. On a donné cinq cens livres aux mestresde-camp présens, et deux cens livres pour Testat-major des régimens où il n'y en a point, et cinq cens francs à chaque brigadier, dont il n*y en a que deux, qui sont M. de Penne et M. de Beauvoisi ; l'infanterie ira à plus de cent mille francs, et on a fait outre cela dix mille francs aux Italiens, et quelques supplémens aux Escossois. Il commencera demain à y arriver de la farine de Dunkerque, et pour un si grand corps de cavallerie comme celuy qoi est en ce pays-icy, le fourage a esté fourni par ordre sans y manquer. Je crois que monsieur le cardinal aura reçu une lettre par laquelle je lui roandois qu'il y est ar-
DOCUMENTS INEDITS BELÀTIFS AUX UBMOIRBS
rivé an grand désordre dans deux places de Tennemi , à Alost et à Terreraonde. Les bourgeois et les régimens espagnols se sont battus. On mande que de celui de Menesses il y a eu quatre capitaines de tués. On a envoie de Bruxelles le vicomte dePieune, sergent de bataille, pour appaiser ce désordre-là ; cela est venu pour les billets dont les régimens espagnols ont acoustumé de prendre un nombre excessif, et c'est en quoi leur quartier d*hiver sera valant beaucoup. Si vous voyez de delà que les choses se disposent à la continuation de la guerre , il sera fort nécessaire de faire donner de bonne heure l'argent pour les recrues de l'infanterie, car les officiers prennent prétexte , et avec raison , de retarder leur marche pour des quartiers; et quand ils partent, avantqu'elles soient arrivées, elles viennent en si petit nombre et en si mauvais estât qu'elles sont presque inutiles. Gomme vous n'estes point de retour à Paris, je n'ai pas adressé beaucoup d'officiers pour les recrues; mais si votre séjour à Lyon est plus long, en mandant à M. de Vesoûl à quels régimens on en veut donner présentement, et lui me le faisant sçavoir, je donnerai ordre à ce qui est de ce pays-ci pour ceux qui sont en France; je crois qu'il en faut souvent de nouvelles. Vous ferez, s'il vous plaist, considérer à M. le cardinal qu'il n'y a pas beaucoup de régimens d'infanterie françoise, et que le nombre des compagnies a esté diminué ; de sorte que si vous en laissiez sans recrues, vous n'auriez pas beaucoup d'infanterie ; il n'y a pas déserté de soldats, mais il en est mort un grand nombre dans les hôpitaux de blessures ou de maladies. A Ypres, on en a enterré plus de sept cens; ils font courir le bruict en Flandre qu'ils traictent avec l'Angleterre ; mais je ne vois rien sur quoi on puisse poser de fondement ; les troupes de l'ennemi se sont mises ces jours passés en quartiers d'hiver, et toutes choses dépendent de ce qui se fait à Lyon, où je crois que le commencement de janvier fera résoudre toutes choses; car asseurément le séjour de la cour plus long que ce (emp8-là , pourroit donner beaucoup d'avantage à 1 ennemi, et je ne doute pas qu'il n'obligeât aussi les alliés à penser à eux. Le million d'or a esté remis à Anvers : on dit que M. le prince en a quatre cens mil escus. Je vous supplie très-humblement de continuer à croire que je suis très-sincèrement , Monsieur , votre très-humble et très-affectionné serviteur ,
» TURBNNB.
» A Ypres, 4 janvier 1659. »
Au même,
« Monsieur, je crois que vous aurez receu les lettres que je me suis donné l'honneur de vous cscrire sur cet argetat qui est arrivé , vous mandant en gros comme on le distribuoit , attendant que les garnisons soient toutes paiées pour vous
en envoler le détail. La saisoo de la fortification estant passée, le chevalier de Glerrille s'en retourne ; il y a fort bien travaillé et avec grtod soin ; si vous n'estiez pas à la fin de janvier à Paris, il seroit d'une extrême conséquence que Soo Eminence donnast ordre , et à ce qoi concerne ce pays icy pour les vivres , mnnitioDS de guerre et entretèuement des troupes, et tasai pour rarmés qui est retournée en France, aûo qu'elle nit pressée de bonne heure, estant d'une conséqQeaee extrême de l'estre plustost que les ennemis, et cela consiste à donner de l'argent prompleoieat pour les receveurs de l'infanterie des corps qii sont eu ce pays ici , et à raccommoder cetx qâ sont allés en France, et comme il y dépend bencoup des Aoglois, entrer promptement en aifidrei avec eux, si on est asseuré de la paix. Vous voya bien que le retardement de donner deemoyeoià l'armée de se remettre et de traiter avec lesAaglois, est d'un grand préjudice, estant certain qa'après lepartement de don Juan, M. le prince et le marquis de Garacènene perdront pas on monieit de temps. On a reçu trois mille septiers d*av«oe que le sieur Jacquier a fait fournir à Donkerfoe, qui sont arrivés ici , et j'ai envoyé one des deu compagnies suisses qui estoit k Bergoe, qoieit celle d'Affoi, à Oudenarde. Depois qae le reofort est arrivé de ces quatre cens hommes de Bronage, dont il y en a bien moitié hors de service, le sieur Robertot a reçu des ordres pour le paio de munition dans les places ; et comme je crois qw cela ralentira beaucoup ceux qui en faisoieot 11 fourniture, il sera nécessaire, dans le mois qui vient, qu'il y ait de l'argent pour la fonmitire des garnisons on que l'on traite avec des gens <pi s'en chargent; car hors Oudenarde, les gamisoBi de ce pays ici commenceront dans le moisde man à n'avoir plus de pain. On soutient les chosesdau le commencement de l'hiver, mais vert le printemps il faut de grandes ressoorces d'argent peir mettre les choses en estât. Je mande à M. le cardinal comme l'ambassadeur d'Angleterre ne mande qu'il s'en va retirer un l)ataillon à Duakerque, de ceux qui estoient à Amiens, où il ne demeurera que trois régimens. Le protedev en retirant deux de ceux de Donkerque, ce pourroit bien estre faute d'argent , oo ayant dessein d'envoier des troupes aux Suédois; peut-être aussi qu'estant prest à renouveller leur traité, ib veulent se faire rechercher. Le parlement doit se tenir à la fin de ce mois, et il est difficile à juger quels seront leurs sentimens ; on assure néaamoins qu'il sera (composé de beaucoup d'oflkiers de l'armée. On mande que M. le cardinal a ei bien fort la goutte. Je vous supplie de me eoatinuer l'honneur de vos bonnes grâces, et dm croire très-véritablement, Monsieur, votre frès-buable et très-aflectionné serviteur,
» TuiSMNB.
A Ypres , ce li janvier 1G59. »
DU VICOMTB DE TUBENNB. [l659]
Au même.
« MoDsiear, j'escriB à Son Eminenee , et je loi imde qu'ayant seea qae le Roy et lui arriveront Bans, et qu'il avoit trouvé bon que j*y allasse, M je sois parti de Flandres , y ayant laissé les MMea en estât de n'y avoir rien à craindre , si ) n'eet que l'ennemi f tt venir une armée ou qu'il TMl extraordinairement dans le pays; leurs oopes sont entrées depuis peu dans des gamins fort ruinées. Je mande aussi à Son E'minence nme j'ai rencontré une voiture de trois cens Ule livres , partie d'Amiens, et qu'elle sera meie avec les escortes nécessaires jusqu'à Ypres, on n'y touchera point jusqu'à ce que, sur Testai iB tronpes que je vous donnerai , vous ayez enryé de nouveaux ordres pour le paiement. Vous avez estre asseuré que ce retardement ne nuira pioi qoe ce soit. J'ai passé par Arras; M. le madial de Chusiemberg est venu me conduire fort ing, et m'a dit qu'il espéroit venir à Paris dans I premiers jours du caresrae. J'aurai beaucoup ! joie d'avoir l'honneur de vous voir et de vous Bârer qoe je suis toujours très-sincèrement, ODBionr, votre très-hnmble et très-alTectionné rrilenr,
)) TUBENNE.
Amiens, ce 26 janvier 1659.
Au même.
c Monsieur, je viens de sçavoir par M. de RugpDi que M. le chancelier n'avoit point escrit ur le dernier ordinaire , mais qu'il a assuré que I seroit par celui d'aujourd'hui, sur l'affaire du Qode ; et comme vous avez reçu celle que je 'ostois donné rhooneur de vous escrire , j'espère le le brevet du Roy , signé par M. de La Yrilhre , aura esté envoyé après la réception des tires précédentes, vous assurant que M. le chan- (lier et M. le procureur général sont convenus 1 15 octobre pour le jour, et pour la personne de !. Magdelaine , et pour le lieu. M. le chancelier roitditau commencement qu'il valloit mieux que \ fost Sanmur à cause du chasteau ; mais quand I a pensé qoe l'on souhaitoit plus que ce fust radan , il laissa aller la chose ; tout ce que je ains est qu'en retardant la response le brevet s soit retardé , et dès que les choses vieillissent, est à craindre qu'elles ne changent ; j'espère le cette lettre sera inutile parce que le brevet ira esté expédié et qu'il sera en chemin. J'ai (tardé ici quelques Jours à cause de la maladie ) ma sœur; je m'en vais demeurer à Verneuil, je pense que je serai obligé de séparer les trou- » de la frontière dans les villages. Sur le retarornent de cette entrevue à la frontière , on a fait mrÏT beaucoup de bruits , comme si cela devoit mner quelque atteinte à la paix , et il est aussi iblic qoe l'on parle de la jeune infanterie au lieu s l'aisnée. Tout est ici fort calme; mais j'ai veu
des lettres de Londres, <)ul2aoust, qui disent que la province d'Erfort s'estoit déclarée pour le Roy. On saura dans quelques jours la disposition de M. le prince en Flandre; on assure fort qu'il ne doute point de son accommodement avec satisfaction.
» Je suis très-véritablement , Monsieur, vostre très-humble, etc.
» TOBBNNB.
» A Paris, ce 17 aoust 1659. »
Au même.
« Monsieur, je suis revenu faire un tour de Verneuil icy, pour quelques affaires à la chambre des comptes, et je pars demain pour m'en aller en Picardie ; on m'a assuré que le roi d'Angleterre est en quelque lieu sur les frontières incognu. Je voudrois de bon cœur qu'on le puisse assister à son restabiissement; il est très-certain qu'il y a un soulèvement presque général contre le parlement; mais comme il a l'armée pour lui, cela est , en beaucoup de lieux , sans effet , et il n'y a qu'en une seule ville, qni s'appelle Chester, où il s'y est bien assemblé six mille hommes, contre lesquels Cambert va avec des troupes qu'il a tirées de Londres; et si ces soulevés pouvoient avoir un succès, et que le parti du Roy pût prendre pied, il y auroit grande apparence à son restabiissement. Le parlement cependant ne s'oublie pas, lève de tous coslés, et ceux qui sont armés les premiers ont beaucoup d'avantage dans un pays où il n'y a pas de places. On croit que les flottes obligeront les deux Rois à s'accorder contre le gré de tous deux, et que cette armée impériale, qui estoit destinée pour la Flandre , s'en va attaquer les Suédois dans la Poméranie , ce qui est une rupture toute ouverte de la paix de Munster. 11 y est venu une personne ou deux de M. le prince secrètement à Paris, et ce que l'on peut recueillir et avec quelque certitude, c'est qu'il veut s'accorder, et il commence à demander des avis comme il se doit gouverner en revenant. Je ferai le mieux que je pourrai à la frontière, et peut-estre que je serai quelque jour à Paris suivant que j'y aurai à faire; il n'y a présentement rien du tout de considérable; on n'y parle point d'argent du tout, et nous attendons ce que l'on fera de delà, et on tâchera de se gouverner le mieux que l'on pourra dans un si grand changement de scène.
» Faites-moi l'honneur de me croire très certainement, Monsieur, vostre très-humble, etc.
» TOBBKNB.
» J'ai receu un mot de M. le cardinal le lendemain après la première conférence, et on asceu la suite des autres par toutes les nouvelles de la ville.
D A Paris , ce 28 aoust 1659. »
DOCUMENTS INEDITS RELA.TIFS AUX MEMOIRES
Au même.
a Gomme je m'en vas demain en Picardie , et que i*on m'a dit que vous ne reviendrez pas à ce soir, je vous supliedememandersiM. le cardinal vous a parlé d'an sinode dont il m'avoil dit qu il vous entretiendroit en s'en allant, afin que, suivant ce que vous manderez, je lui en escrive. Je passerai à Ghantilli où je coucherai , et je ferai peut-estre un tour jusques aux villes de Flandre pour m'en revenir à Fontainebleau. Je vous suplie de me mcinder ce qui se pourra escrire, de ce que apportera ce courier que Ton attend vers Orléans, et me croyez très-sincèrement vostre très-humble , etc.
» TORENNE.
n On dit à Paris que Lcnet assure fort que l'accommodement de M. le prince se rendra bien plos avantageux par Tcntrevue. »
Au même,
« Monsieur , vous avez receu une lettre que je me suis donné l'honneur de vous escrire, il y a huict jours, touchant l'establissement delà cavallerie ; j'escris à Son Emincnce,et je lui mande que comme on n'a mis l'infanterie dans les villages que pour lui donner le moyen de passer la campagne sans argent; à cette heure, que cette raison cesse, que je crois qu*il ordonnera qu'elle soit mise dans les villes. On a mandé de Paris que M. le surintendant est parti pour la cour, et cela donne sujecl de croire ce qui s'escrit de tous costés, qu'elle passera une bonne partie dt l'hiver en ce pays, et qu'on y veut travailler pour les fonds des quartiers d'hiver et d'autres despenses. Je continuerai à vous dire ce que j'ai mandé aussi à Son Eminence , qu*il seroit fort nécessaire d'avoir dans le commencement de novembre les quartiers pour les trouppes, car autrement on désolera toute la province , et il est certain qu'on ne doit pas faire estât cet hiver du logement de delà la Somme ; on leur a donné le mieux que l'on a peu le moyen de semer, mais c'est tout ce qui leur reste de bien , et vous savez que c'est près de la moitié de la Picardie. Je ne mande pas à Son Eminence ce détail , qui est qu'il n'y a eu personne dans le gouvernement de Montreuil , ni le Boulonnois ; mais ce premier ne consiste qu'en peu de villages tous ruinés par ceux de Hcsdin. Le gouvernement d'Arras, de Béthune et de Bapaume n'ont pas reçu aussi de logement. Si vous faites les quartiers d'hiver de delà, comme je n'en doute pas, je vous supplie de vous souvenir de Saint-Mnrlin et de Ilautcvine ; et comme dans celte fin de guerre je n'ai pas peu me deflaire de tous mes gens , il me seroit bien nécessaire d'avoir un quartier avec la subsistance pour eux ; je les ai à présent tons à Amiens ou à Paris , et n'en ai que dix on douze dans un village. Ce commencement d'affaire de M. le duc \
d'Yorck9d'a coûté dix mille francs; sicelaeoic/ duré , j'aurois trouvé cinquante mille escos eo ce pays avec beaucoup de facilité. Il ne faut pas, s'il vous plaist, parler de ces dix mille francs. Il 71 long-temps que l'on fait courir mille diffi^reDs bruits de ce que l'on a résolo de donner à M. le prince; noas verrons en l'absence de la cour comme sera son retour. On ne sait rien ici de Bruxelles; je crois aussi qu'ils n'y font rlenqa'altendrece qu'on résoudra d'eux de delà ; je sapHe M. le cardinal de se souvenir de ce dont je lai ai parlé , et que la paix et cette nouvelle forme ne donneroient quelque mortification , sans l'assorance de l'honneur de sa bonne volonté pour moi en ce rencontre. Il n'y a rien de considérable do costé d'Angleterre ni de Flandre; pour ce qai le passe en Allemagne, vous en estes informé très promptement par Paris. On attendra de MToir les résolutions qui se prendront pour le retoar de la cour, et suivant cela j'escrirai à M. le cardinal et ferai sur le sujet de M. le prince, s'ilretournoit , la cour estant loin, ce que je croiraiqai lui conviendra , et à moi aussi ; ayant l'hoonear d'estre cogneu , je crois en estre bien enteodo.
» Je suis très -véritablement, Monsieur, vostre très-humble, etc.
D TOBRBIIIIB.
» A Amiens , ce 3 octobre 1659. »
Au même,
«Au camp , le 5 octobre Ifi^.
m Monsieur, j'ai receu les deux lettres qoeTOns m'avez fait l'honneur de m'escrire par M. de Madaillon.M. d'Humières est tombé fort malade, et reviendra dès que sa santé lui pourra permettre. Sur la lettre que Son Eminence lui avoit escrite touchant Ypres , il avoit pensé d'y mettre poor major La Bobertière , qui en est fort capable, et dont M. le cardinal a fort oui parler; j'en escris en cette conformité à Son Eminence, et je loi mande aussi que Vassi est un bon soldat , mais n'a point la capacité d'estre major dans nue si grande place ; cela est fort important pour le service du Roy, et fort considérable à M. d'Humières qu'il y ait un homme entendu dans la place; La Robertière l'est des plus que Ton paisse troarer et cognoistre pour cela. Je sais très-aise de la nouvelle que vous me mandez touchant la place que l'on va remplir. Son Eminence me partoit d'un voyage du Roy ; mais l'armée n'estaat pas en estât d'agir, veu la saison, je lai mande %m je ne crois pas qu'il y ait raison de le faire, as voyant nul profit apparent qu'on en peost tirer, car le temps vient que l'on ne peut plus mardMr en Flandre, et les grandes villes commencent à prendre vigueur n'ayant plus d'armée à craiadre ; ce n'est pas que la conservation des places prises ne paisse, avec le temps, faire espérer sa changement. Je vous demande la continoatîoade
DU V1C0MTK DB TUMUIIB. |lfiâ9)
TH bonnes grâces, et que toqb me croiez, Uon> ticor, Totre (rèi-hiimble , etc.
■> TCMNNE- »
jlti mfmt.
■ Honsienr, je donne la lettre delicentienient pour la compagnie de Cateville, dans le régiment <ta Roy, et le curnetle de la compagnie el le maréchal de logis eslanl deox vieux omciers qae le sips ne vondroit pas perdre, ilg m'ont prié qu'ils a penssent Taire recevoir & deni places vacantes ar mort, depuis peu, des mesmes charges, l'an laréchal-de-logis de CharosI , et l'autre coniellc e Vibrai. Je croi que Sa Majesié ne le trnuvera as manvaiB; vonel'eD avertirez , s'il vous plai«l, fio que s'il commandait le contraire , on les renoyast chez enx; ce sont deox des plus anciens IBciers du régimeni, y ayant esté cavalliers el irl estimés. Je suis, de tout mon coeur, Monear, Totre très-hamble, etc.
» Ce 27 octobre IGôD. »
Au me m'.
« Monsieur, je n'ai rien A ajouter k ce qae je ie donnai l'honnenr de vous escrirc il y a [rois >Qrs: je vous envoie encore une copie île celle iwj'eserisA U. le cardinal i j'en ai recn une 6 lui aujourd'hui, par laquelle il me mande a'il sera nécessaire que , li^s qu'il n'y aura plus ien i faire ici , qae je m en aille vers vos quarer«, et m'offre de se servir de son éqnippage; ioe veux pas en mener, j'attendrai de voir tout igléencepays icy.cequi ira assez en langueur. S tais de tout mon cœur, llonsieor, votre trèsamble, etc.
i Tl'BENlIB.
■ A Amiens, ce 30 octobre 1659. »
A Uotuieur le cardinal Itfazitrin.
■ A Amleni , <
■ 30oclobrc 11
> le me snîe donné l'honneur d'escrire à Votre mioence il y a trois jours, et je lai mandois imnie H. Talon m'ayant dit qu'il vouloit ealyer son frère la trouver, j'allendois de lui manir par lui ce que je peusois du détail de l'entrem des trouppes , et même je lui ai spécifié lelqae chose par celle dernière lettre. M. de saovizé envoie à cette henre nn capitaine de son giment, tant pour la supplier de se souvenir I Iny , que ponr offrir ce qu'il pourreit avoir «r entrer en quelque chose. J'ai reçu à ce ma- I nne lettre de Votre Emiiience , du 19 octobre, ir laquelle il lui platt de me parler de la réforition des troupes ; el comme elle ne Iroove pas le cette diminution du tiers soit assez grande ,
Je lui avois mandé par ma précédente , sans le savoir, comme l'on peat retrancher la moilié du payement , jasleraent tant de la cavallerie que de l'infauteria , et je crois que c'est la diminution des dépenses qu'elle a voulu faire en mellandea compai^nies de cavallerie à soixante maislres, et entretenant des ofticiers réformés dans tes compagnies , outre cenx qui les commandcal. Je supplie très- humblement Votre Eraiuence d'être persuadée qn'il y a une différence notable entre les corps dont les ofilciers demeurent A la ^èle des compagnies, et ceux dans lesquels on en réforme; et comme il est très-vrai que la grande dépense est des olticiers, ils se contenteront d'aussi peu de places qu'on voudra leur donner, demeurans dans les compagnies, et nn lieutenant, nn cornette, poussant la chose jusqae-li, n'aura pas deux ou trois places dans la même compagnie; el si on a besoin de trouppes au priulemps, on trouve les corps en estât , au lieu que, réformant des compagnies, ce qu'il y a de bons ofllciers s'en vont . et les trouppes changent de telle façon que ce n'est plus la même chose. En donnant trentecinq rations à chaque compagnie par jour, A raison de dix-huit sols la ralioo, cela ne monte qu'à qoatre mille sept cens vingt-cinq livres, ce qui est moins que la moilié, elles régimeusde qui on ne feroit point de considération dans quelques armées, on pourroit les casser. Hors la pensée que j'ai que peol-estre Votre Eminence serait bien aise d'avoir de bonnes trouppes an printemps, el nn peu de pitié des ofllciers, de les voir réfiiriiier, et que Votre Eminence soit si toing, je n'ai intérêt qu'à mon régiment de cavallerie et A celuy d'infanterie, el j'ose bien m'alleudre que Votre Eminence ne me refaseroit pas de leur donner la moitié de ce qu'ils onl toucbé l'année passée, tant à l'un qu'A l'autre. Je n'ay ni place ni moyen de les faire subsister. Votre Eminence comprend bien qn'avec cela il n'y a rien de si aisé que d'accommoder des ofDcien, el je m'assure aussi qa'outre l'esgard A la bonl6 des corps, elle fait nn peu de diflérence des mes Ires-de-camp. Il y a ici Grancé , d'infanterie, qui n'est presque rien. 11. le procureur-général revenant, si on pouvoil A peu près sçavoir tes fonds dont il peut faire estai, et que l'on p&t voir clair pour deux ou trois mois. Votre Eminence jogeroil si elle veul réformer divers régimeus, el on gagneroil le printemps avec le moins de dépense qae l'on pourroit. Les ennemis parlent de mettre leurs Irouppes dans les villes , et Votre Emineoce aura sceu comme l'armée en Angleterre a cstabli un conseil d'ofTiciers el chassé le parlement. La garnison de Dunkerque a recognu ce nouvel eslablissemenl d'ofliciers. On aura l'œil le plus qu'il se pourra A ce qui se fera dans celte place-là. Je serois extrêmement aise d'avoir l'honneur d'aller trouver Votre Eminence au pays où elle est; quand toutes choses seront réglées ici. Je m'y en irai loul aussilosl ; mais comme cela (ireraen longaeur, si elle m'ordonne