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à la pharmacie, à la cuisine, au bureau de surveillance du service, au cabinet des médecins et des élèves. C’est dans ce cabinet que les consultations gratuites seraient données aux malades légèrement atteints et aux convalescens. La visite des cholériques aurait lieu deux fois par jour, et plus souvent, si leur état morbide l’exigeait, par un seul médecin logé dans le quartier, assisté d’au moins trois élèves qui, de concert avec un autre médecin, seraient chargés du service de la garde, et porteraient, en l’absence du médecin titulaire et permanent de la maison de santé, des secours aux cholériques entrans ou à ceux qui se trouveraient dans un état plus grave. C’est là le moyen de parer aux inconvéniens qui résultent des visites faites alternativement par plusieurs médecins dans la journée. On conçoit aisément , le danger que court le malade soumis à des méthodes curatives qui varient chaque jour, selon les praticiens appelés à le traiter; 2® les dépenses énormes que nécessite en pareil cas l’usage d’une foule de remèdes variés, plus ou moins chers.
Bien préférables à de grands hôpitaux temporaires, les maisons de santé, multipliées dans les divers quartiers de la ville, offriraient des secours plus efficaces, puisqu’ils y seraient plus promptement donnés. Les cholériques y entreraient avec d’autant moins de répugnance qu’ils auraient la
satisfaction d’y être soignés par leurs parens et leurs amis, et que la plupart d’entre eux y recevraient les soins éclairés du médecin de leur quartier à qui déjà ils auraient pu accorder leur confiance dans d’autres maladies.
Dans l’hypothèse que les cholériques auraient une répugnance invincible à se faire transporter dans ces maisons de santé, l’administration ne perdrait pas de vue les immenses avantages que présentent les dispensaires. C’est particulièrement, a dit l’un de nous *, alors que les esprits ont été agites par la crainte de voir le choléra-morbus venir exercer ses ravages au milieu de la population marseillaise, qu’on a compris toute l’importance des secours administrés aux pauvres malades dans leur domicile. On a pense, avec raison, qu’il serait plus facile de les guérir étant isolés les uns des autres que s’ils étaient entassés dans les hôpitaux, où malheureusement ne tardent pas à se réunir les divers élémens capables de porter le fléau à son dernier degré d’intensité. D’ailleurs, les malades ont cessé d’exister au moral dès que forcés de se séparer de leurs proches, ils se trouvent privés de leurs soins empressés, de leurs tendres consolations. Dire que les dispensaires
* Voyez le Compte-rendu de la Société de Bienfaisance de Marsedle, pour Van i83i , page 19 , par P.-M. Roux.
sont encore utiles sous le point de vue économique, c’est avancer un fait généralement incontestable. On sait en effet qu’en se cViargeant des malades que les hôpitaux (et nous ajouterons les maisons de santé) devraient recevoir, ils diminuent les dépenses de ceux-ci, lesquelles sont beaucoup plus considérables que celles qui sont faites par les dispensaires eux-mêmes.
Se bâter d’introduire dans les dispensaires les améliorations dont ils sont susceptibles^ les doter de fonds qui permettent d’étendre davantage leurs bienfaits, sont de toutes nos vues les plus saines que nous ayons à proposer. Nous pensons que dès aujourd’hui il faudrait visiter les domiciles d’une classe de malheureux tout déguenillés , couchant sur la paille et couverts par des lambaux de couvertures infects; changer leurs vétemens et brûler ceux qu’on leur retirerait; leur recommander la plus grande propreté, et exercer même une surveillance active à cet égard. Ce serait déjà faire beaucoup de bien sous le double rapport physique et moral.
Nous sommes encore d’avis que l’autorité administrative éclaire les esprits sur les dangers qui menacent la ville. Une sécurité trop grande aurait pour inconvénient de faire négliger les moyens d’assainissement qui ont été prescrits. D’ailleurs, en annonçant l’invasion probable du choléra
parmi nous, on préparerait les Marseillais, qui par conséquent seraient moins effrayés si la maladie se manifestait avec violence, et on n’aurait pas à gémir sur les scènes désastreuses qui ont affligé riiumanité au sein de la capitale.
Puisque nous sommes à parler de ce qu’il importe de faire dans l’intérêt général , nous croyons devoir ajouter qu’il est urgent de se rendre à la proposition de l’estimable docteur Chervin, ayant pour but de rechercher tous les faits en faveur ou contre la contagion du choléra. Ces recherches , faites par des hommes indépendans et professant une opinion différente , seraient d’autant plus concluantes et faciles, selon nous, qu’ils auraient pu, les uns, expérimenter dans des localités ou aucun moyen de préservation n’aurait été adopté; les autres, observer la maladie dans des lieux soumis à une quarantaine rigoureuse. Ce genre d’expérimentation si propre à faire résoudre la question ne serait pas onéreux pour les états et les populations, vu qu’il ne serait que temporaire et n’embrasserait que peu d’individus. 11 n’amènerait donc pas dans le commerce ces entraves que l’état politique, moral et industriel de l’Europe ne permet pas d’établir au
milieu de circonscriptions territoriales trop étendues.
Ici, Messieurs, se termine notre rapport. Fondé
sur des faits avérés, sur des observations recueil- ,lies aux lits des malades et dans les amphithéâtres, il aura sans doute à vos yeux le mérite de la vérité, but unique et constant de nos travaux.
Nous sommes, avec un profond respect,
Messieurs,
Vos très humbles et très obéissans serviteurs,
ty^écM'à^.
Mar>«lle, le 6 juillel »83j.
®ttblf λf0 iUtttime.
'Avant-propos 5
Considérations historiques i8
Origine du Choléra a5
Causes du Choléra 3o
Mode de Propagation du Choléra 36
Description générale, Marche, Durée, Terminaison DU Choléra 43
Première Période. — Invasion 4g
i*^® Observation. — Attaque soudaine de Choléra au premier degré, avec horripilation générale et crampes atroces; guérison prompte 5i
2"’® Observation. — Récidive : premier degré avec
crampes violentes; guérison en deux jours. . . 53
3“® Observation. — Choléra au premier degré : vomissemens , selles sanguinolentes , crampes ,
éruption particulière, délire; guérison 55
4™® Observation. — -.Choléra au premier degré avec accès intermittens et symptômes hystériques précédés de prodromes; guérison en cinq jours. 67