PERSONNEL DE DEUX HÔPITAUX
1er héptial
MM. Valette» médecin-major de 1* classa. Qu^ret , t£
Covulon , médecin-major de 2* classe, Burlureaux , médecin aide-major â# lr* classe. Aron , id.
BuvvitLâJV 9 id.
Miche , médecin aide-major de 2e classe. Glaise, id.
Marlier, id.
Ddhadtier, id.
MilliOT, id.
Boyer, id.
Mdsart , pharmacien aide-major de 1" classe. Claqdart , pharmacien aide-major de 2* classe.
2e hôpital.
MM. Syesz , médecin -major de 1'* classe. Bobîwet-Ma^ïmbert , id.
Fratini, médecin aide-major de lr* classe. Brumejss, id.
Des jardins, médecin aide-major de 2e classe. Sei&le , id.
Rueff, id.
Bussières, id.
Baraban , id.
Ponton , id.
Cooche , pharmacien-major de 2e clam.
Gonthier, pharmacien-major de 1" daasc»
M. Perrier (Napoléon) , médecin-major de 1'* classe , désigné pour l'ambulance du prince.
ÉTAT NUMÉRAT1F DU PERSONNEL MÉDICAL, ENVOYÉ COtfPLÉ-
MENTAIREMENT :
Par décision du 12 mai.
3 médecins principaux de 2* classe.
k médecins-majors de 1" classe, 7 médecins-majors de 2e classe (l n'a pas paru). 9 médecins aides- majors de 1" classe (1 n'a pas paru). 19 médecins aides-majors de 2* classe.
Par décision des 16 mai et 13 juin*
k médecins principaux de 2* classe (2 n'ont pas paru).
6 médecins-majors de 1M classe.
3 médecins-majors de 2* classe.
18 aides-majors de 1" classe.
16 aides-majors de 2* classe (2 n'ont pas paru).
A monsieur le Président du Conseil de santé des armées.
Gallipoli , le 5 mai 1854.
Le nombre des malades reçus à l'hôpital est, jusqu'à présent, dans une proportion très minime. Il y a plus de vingt mille hommes arrivés, et nous constatons, par le rapport du 4 mai, les chiffres suivants :
Fiévreux. 208 >
Blessés 51
Vénériens 68 °
Galeux 3
Les affections internes les plus fréquentes sont les bronchites fébriles, les pneumonies, les angines. Je dois signaler aussi quelques fièvres catarrhales, quelques fièvres intermittentes simples, un certain nombre de cas de rougeole et de fièvre typhoïde. Un vaisseau de ligne a fourni de plus une douzaine de varioleux.
Quatre malades ont succombé , savoir : deux de variole confluente, un de fièvre typhoïde, un d'affection organique du cœur.
Parmi les blessés, il n'y a que très peu de cas graves : un mécanicien anglais a eu la jambe écrasée par sa machine ; l'amputation dans la continuité de la cuisse a été jugée nécessaire et pratiquée par M. Bonnet-Mazimbert, dans les premiers jours de notre occupation. Cet amputé est aujourd'hui en pleine voie de guérison^Les affections vénériennes sont presque toutes légères, et ne réclament qu'un traitement assez court.
Le personnel médical (cinquante-deux désignés) n'est pas au complet; seize de nos camarades nous manquent
encore ; tous ceux qui sont arrivés jouissent d'une santé excellente. M. le docteur Cazalas part demain avec un aide-major pour Andrinople, afln de chercher un local suffisant pour l'installation projetée d'un hôpital considérable. Agréez, etc.
Signé Scrive,
Chef du service médical.
A monsieur le Président du Conseil de santé des armées.
Gallipoli, le 6 mai 1854. '
J'ai l'honneur de vous annoncer que je suis arrivé à Gallipoli le Ier mai. J'ai pris immédiatement le service que le ministre de la guerre m'a confié. J'avais le vif désir d'arriver le plus tôt possible à mon nouveau poste ; mais malgré mes instances, j'ai dû rester dans la province d'Oran pour m'embarquer avec les troupes de cette province, ainsi que le portait ma commission ministérielle. Vous avez dû apprendre qu'elles sont parties les dernières. Je regrette d'autant plus ce retard, qu'à mon arrivée ici j'ai trouvé les officiers de santé qui m'avaient précédé à Gallipoli, dans un état moral assez peu satisfaisant, à la suite de la manière peu convenable dont ils avaient été traités. En effet, pendant quelques jours, ils ont dû demeurer entassés dans un étroit local (vingt-sept dans un appartement de 16 mètres carrés) ; des ordonnances militaires leur avaient été refusées, et ils étaient réduits pour la plupart à faire leur ménage eux-mêmes et à étriller leurs chevaux. Je me suis empressé d'essayer de relever tous ces courages abattus, et je crois avoir déjà obtenu quelque chose par mes pro-
messes; j'espère aller plus loin et rétablir l'état normal, si l'administration veut bien me seconder un peu, et elle m'aidera efficacement, j'en suis certain. Je vous tiendrai au courant des progrès que je ferai en ce sens. Je croyais trouver ici les instructions du Conseil de santé, c'est pourquoi je ne vous les ai pas demandées plus tôt; veuillez prier le Conseil de me les envoyer promptement, pour que je puisse m'y conformer. En attendant, je vous instruirai par chaque courrier des particularités les plus intéressantes de notre service, en y joignant le mouvement des malades.
On a fondé jusqu'à présent trois hôpitaux : le premier près des Dardanelles, à Nagara; l'édifice choisi est un ancien lafcaret asse* convenable : il est situé sur la côte d'Asie, à dix lieues de Gallipoli ; on peut y placer trois cents malades actuellement, mais on fera les constructions né* cessaires pour cinq cents. M. Bonnet-Mazimbert a été chargé de la direction de ce service médical ; il a sous ses ordres MM. Fratini, Desjardin* et Ponton. Je ne puis aujourd'hui vous donner des détails sur le second hôpital, celui de Rodosto, situé sur la rive européenne de la merde Marmara : les renseignements que j'ai pu recueillir ne sont pas suffisants. M. Rossignol est chargé en chef du service ; il a sous sa direction MM. Brumens, Seigle et Rueff. A Gallipoli» on a établi dans plusieurs maisons le troisième service hospitalier. Un premier groupe de quatre maisons réunies, situées au centre de la ville, est destiné aux fiévreux. Ces maisons ont toutes la même disposition : c'est une assise de pierres, sur laquelle repose un premier étage, recouvert de tuiles. Au rez-de-chaussée, qui est inhabitable, il y a beaucoup d'humidité et peu de lumière. La disposition du premier étage est la suivante : au centre une immense salle, occupant la moitié de la surface générale,
PIÈCES JUSTIFICATIVES. Si
et à la périphéries quatre cabinets de moyenne dimension. Ce local contient environ deux cents malades, couchés sur dés matelas confectionnés au moyen de la laine du pays et séparés du parquet par des nattes. Le personnel de l'hôpital n° 1 fonctionne dans cet établissement et dans sa succursale, dont nous allons parler. Cette succursale, qui contient lés accessoires du service, cuisine, pharmacie, etc., destinée aux blessés et aux vénériens, est située à 150 mètres dé l'hôpital des fiévreux ; elle offre à peu près la même disposition que ce dernier. Les conditions d'hospitalisation sohl mauvaises des deux côtés, et je crains que, malgré ta vigilance la plus complète, il ne nous arrive quelque accident; aussi ai-je demandé impérieusement là construction d'un baraquement qui permette de placer les malades dans de meilleures conditions, puisque la ville ne fournit aucbfa local convenable.
le suis, etc.
Signé Scrive,
Médecin, chef du service.
A monsieur le Président du Conseil de santé des armées.
âtttipott , le 6 ifiài 1&54.
L'état sanitaire de l'armée est très satisfaisant : le 9, au matin, hoUS avions ehtdùt trois cent soixante-dix malades; nous avons perdu deux hommes ; ce qui, avec les quatre du dernier rapport, porte le total à six décès. Nous nous efforçons d'améliorer les fâcheuses conditions de l'hôpilal de Gallipoll. On fait construire des tréteaux, afin d'isoler du
sol les lits des malades. On a obtenu chaque jour quelque chose de plus pour le bien-être de ces derniers. Faute d'occasion, je n'ai pas encore pu me transporter ni à Nagara, ni à Rodosto ; le matériel de ces hôpitaux se complète. J'ai demandé un petit amphithéâtre qui me permit d'exercer les jeunes chirurgiens à la manœuvre des opérations ; dans quelques jours un local sera mis à ma disposition, et aussitôt je commencerai des conférences dont l'anatomie chirurgicale et les opérations seront l'objet. De plus, des exercices avec le caisson d'ambulance ont été provoqués par moi, afin que nos médecins puissent connaître les ressources mises à leur disposition,
Je m'çmpresse de vous faire constater une amélioration sensible dans les conditions morales de notre personnel. On a déjà une confiance plus grande, et si l'on m'accorde deux demandes que j'ai adressées à M. l'intendant en chef, et qui doivent assurer le bien-être de chacun, je pourrai répondre absolument de ce personnel, quelque difficile que devienne la situation.
Je suis, etc.
Signé Scrive.
Circulaire à MM. les médecins, chefs du service des corps
de troupe.
Gallipoli, le 6 juin 1854.
Mon cher camarade,
La centralisation des rapports médicaux de l'armée d'Orient, dont je suis chargé, exige que vous m'adressiez
les documents nécessaires à l'exécution de ma tâche; veuillez, en conséquence, me faire parvenir chaque quinze jours, sous bandes et contre-signe par vous, un état conforme au modèle ci-inclus, qui me donnera exactement le mouvement récapitulatif des malades de votre régiment. Vous aurez le soin d'indiquer, à la colonne d'observations, les maladies dominantes et les causes qui vous auront paru les déterminer. N'oubliez pas que c'est surtout dans les régiments que l'on peut éclairer l'étiologie des maladies, en observant avec soin les troubles prodromiques et en cherchant à établir la corrélation de la cause à l'effet. M. le médecin inspecteur , chargé de l'inspection de l'armée d'Orient, m'invite à diriger vos études vers ce point important, qui sera le principal mobile de son investigation dans les corps de troupe.
Vous aurez soin encore de me faire connaître par un rapport particulier, et dans le plus bref délai, le développement des maladies contagieuses, épidémiques, etc., parmi les soldats confiés, à vos soins, et les moyens thérapeutiques que vous y aurez opposés.
Vous m'adresserez chaque semestre l'état statistique exigé parla décision ministérielle du 3 décembre 1851, en suivant à cet égard les prescriptions réglementaires.
Je compte, mon cher camarade, sur votre bienveillant concours pour m'aider à remplir convenablement mes nouvelles fonctions, et je vous prie d'agréer l'expression de mon entier dévouement pour vous et pour le corps dont nous faisons tous deux partie.
Signé Scrive,
Médecin, chef du service.
Circulaire à MM. Us médecins-chefs des ambulances et
hôpitaux.
Gâllipoli, U7 JttiûiSM.
Mon cher camarade,
Les instructions que j'ai demandées au Conseil de santé sur la direction à donner au service médical de l'armée d'Orient, m'ayarit été envoyées il y a quelques jours, j'ai l'honneur de porter à votre connaissance le mode et la pâture de la correspondance que les médecins-chefs des hôpitaux et ambulances devront entretenir avec le médecin en chef de l'armée :
1° A la date des £" et 16 de chaque mois, vbus m'adresserez deux états conformes aux modèles n^l et 2 ci-inclus. Le premier de ces états m'indiquera le mouvement des malades de votre établissement ; le second me fera connaître le mouvement de votre personnel.
2° Chaque semestre vous établirez l'état statistique exigé par la décision du 3 décembre 1851, en vous conformant aux prescriptions réglementaires. Cet état, et le rapport explicatif qu'il comporte, devront m'être adressés dans le épurant du mois qui suivra l'expiration du semestre.
3° Vous me ferez parvenir dans le plus bref délai, sur les maladies contagieuses, épidémiques, etc., qui pourraient se manifester, soit dans votre ambulance ou votre hôpital, soit dans le lieu où ils sont établis. Ce rapport devra être aussi circonstancié que possible, et indiquer les moyens hygiéniques et thérapeutiques que vous aurez opposés à la maladie à son début.
4# Au rapport de quinzaine, vous joindrez les observa-» tions que ce rapport comporte, sur la forme, la marche et le traitement des affections dominantes, et la copie dès procès-verbaux de conférences scientifiques dont je vous entretiendrai tout à l'heure.
5* Enfin toutes les communications scientifiques ou autres, parties de votre initiative ou de celle de votre personnel, devront passer par nous, intermédiaire, pour arriver au Conseil de santé.
Il est essentiel qu'un médecin militaire, qui arrive dans un pays neuf, travaille immédiatement à se familiariser avec les formes nosologiques spéciales que le climat imprime aux maladies, afin d'y appliquer la thérapeutique la plus efficace. C'est par l'étude attentive des localités, par l'observation suivie des malades qui s'offrent à son examen, qu'il parvient au résultat désiré. Veillez donc à ce que voé subordonnés ne négligent aucune occasion d'acquérir l'expérience nécessaire au traitement rationnel des maladies spéciales au pays que nous occupons.
Afin de rendre les études de chacun profitables à tous, vous réunirez chaque semaine le personnel de santé sous vos ordres, et vous conférerez avec lui sur les questions les plus intéressantes du service sanitaire de l'armée. Ainsi, ces Conférences rouleront :
1° Sur la topographie médicale du lieu occupé et ses influences -, sur les moyens les plus propres à modifier telle ou telle situation mauvaise ou défavorable, et à parer à tel ou tel inconvénient sérieux de campement , casernement, etc., etc., sur les maladies endémiques ou épidémiques qui se manifesteraient.
2° Sur les affections internes les plus fréquentes; sur leurs causes, leurs caractères pathologiques et anatomi-
56 PHEMIÈBK PÉRIODE.
ques, les indications qu'elles présentent, les moyens thérapeutiques les mieux appropriés à remplir ces indications.
5° Sur la marche des affections chirurgicales, leurs complications, plus ou moins fréquemment observées, dans telle ou telle localité; sur la recherche des causes qui déterminent la plus ou moins grande fréquence de ces complications ; sur les cas chirurgicaux intéressants et graves ; sur ceux particulièrement pour lesquels il pourrait y avoir doute dans l'application de la méthode curative ; sur les résultats obtenus par la pratique, soit avec, soit sans opération chirurgicale.
4° Enfin sur le service médical en général et sur les moyens de l'améliorer, au point de vue des militaires malades ou blessés, et des médecins militaires eux-mêmes.
Un registre de ces conférences sera établi par vos soins ; tous les médecins de rétablissement apposeront leur signature sous chaque procès- verbal des séances.
Le Conseil de santé compte sur le dévouement des médecins militaires de l'armée d'Orient; il est convaincu, et il me charge de vous le dire, que, quelle que soit la situation, le service ne restera pas en souffrance. Quant à moi, je partage entièrement cette conviction, et j'espère, mon cher camarade, que vous ferez tous vos efforts pour m'aider à accomplir les nouvelles et importantes fonctions que le ministre a bien voulu me confier.
Recevez à l'avance mes remercîments, et agréez l'expression de mon sincère attachement.
Signé Scrivf.
Lettre de félicitations au docteur Cazalas, à la suite de sa
mission d'Andrinoplc.
Gallipoli, le 18 juin 1854.
Monsieur le médecin-major,
J'ai reçu le rapport qui concerne votre mission à Ândrinople, et je l'ai lu avec le plus grand intérêt. J'enverrai votre œuvre consciencieuse au Conseil de santé, et je ne doute pas que l'impression qu'il en recevra ne vous soit favorable. Pour mon compte, je suis fier et heureux d'avoir pour collaborateur, dans la rude tâche qui m'est confiée, un médecin dont le zèle ardent égale sa- haute capacité; qui, comme vous l'avez fait, ne recule pas devant les plus grandes difficultés lorsqu'il sait que d'un travail aride doivent sortir des observations utiles à la conservation de la santé de nos braves soldats. Merci pour eux et merci pour moi.
Agréez, etc.
Signé Se rive,
Médecin en chef de l'armée.
A monsieur l'intendant en chef de l'armée.
Gallipoli, le 3 juin 1854.
J'ai déjà eu plusieurs fois l'honneur de vous entretenir des mesures diverses qui me paraissaient propres à assurer le service médical de l'armée d'Orient ; maintenant que j'ai
pu apprécier, par un séjour d'un mois dans ce pays, les ressources qu'il renferme, je dois mellre sous vos yeux un plan d'ensemble, dont la réalisation déjà commencée parer* à toutes les éventualités et procurera d'une manière certaine, suivant mon appréciation, des soins médicaux complets aux troupes de l'armée.
En calculant, comme nous V avons fait, sur un maximum de malades de dix pour cent, ce qui, d'après l'effectif actuel, amènerait le chiffre éventuel possible de A, 000, il est indispensable d'avoir à sa disposition au moins trois grands centres hospitaliers établis sur des bases très larges, avec un service fortement organisé. Ils permettraient de débarrasser facilement les hôpitaux temporaires des lignes le plus rapprochées du théâtre de la guerre. Il est également indispensable que l'un de ces trois hôpitaux ne soit pas trop éloigné de ce théâtre ; que de plus tous les trois communiquent entre eux aisément et rapidement, afin d'assurer les évacuations; enfin, que l'un d'eux soit à la moindre distance possible de France, et soit placé sur le bord de la mer.
Toutes ces conditions peuvent être réalisées ; en effet, Andrinople, que j'appellerai l'hôpital de tête, au point de vue de mon projet, contient une caserne considérable très convenable pour remplir le premier but que j'indique ; M. Cazalas, médecin-major très distingué, a été chargé de visiter les lieux, et il a constaté les avantages de l'installation d'un grand hôpital à Andrinople. Cette localité est d'ailleurs le point central où aboutissent toutes les routes des villes placées Sur les bords du Danube, et il en résulte une grande facilité de concentration dans cette ville, du trop-plein des hôpitaux de première ligne ; un nouvel avantage encore, C'est la possibilité d'arriver par une rivière, la Marydza, d' Andrinople i Enos, où les embarquements au-
raient lieu pour Smyrne. Là serait établi un second vaste centre d'évacuation.
La création d'un hôpital considérable à Constantiuople mé paraît également nécessaire, 1° pour recevoir les malades provenant des divisions de l'armée, qui pourraient y séjourner ; 2° pour communiquer par mer avec les ports du littoral, ou avec les hôpitacnt temporaires. Voua m'avez envoyé examiner les lieux, et f ai fait choix d'ufr vaste écfiôce placé dans d'excellentes Conditions hygiéniques, qu} contiendra sans encombrement 1 200 à 1 500 places. Dans quelques jours cet hôpital, à l'installation duquel on travaillé activement, sçra acquis à ftârtré armée. Enflfi, je vous ai adressé une dernière demafide : c'est d'occuper à Smyrne une caserne de grande dimension, qui existe, et d'en f$lH un eettlre d'évacuation, qui en cas d'encombrçment se viderait au besoin par des évacuations directes sur France.
Constitué sur une base aussi solide, le service médical, i mon avis, ne doit jamais manquer, et de plus il sera toujours possible, quel que soit le chiffre des malades, (Tévftéf les agglomérations désastreuses qui engendrent les maWdies graves des armées.
Que tes opérations militaires aient Kéti sur les bords du Danube ou plus loin, une ou plusieurs lignes d'hôpitaux temporaires, se déplaçant suivant les mouvements stratégiques des troupes, assureront le reflux régulier des malades sur les grands hôpitaux, où ils trouveront un nombre de places toujours suffisant.
Veuillez en conséquence, monsieur l'intendant, prendre ce projet «n considération , et si vous t'adoptez, en hâter l'exécution par tous les moyetrs possibles. Je suis, etc;
Signé SftitvÉt
A monsieur le Président du Conseil de santé des armées.
Gallipoli, te 5 Juin 1854.
J'ai reçu votre lettre du 18 mai dernier, et je l'ai longuement méditée, afin de pouvoir concilier les excellentes prescriptions qu'elle renferme avec les exigences du service. Chaque quinzaine, j'aurai l'honneur de vous adresser le rapport circonstancié que vous me demandez. Si des éventualités extraordinaires surgissaient dans l'intervalle , je m'empresserais de vous en informer par le courrier le plus rapproché.
Depuis ma dernière lettre, j'ai dû faire un voyage à Constantinople, où j'ai séjourné quatre jours. Le but de ce voyage était de choisir un local convenable à l'établissement d'un hôpital. J'ai, en conséquence, visité en détail les trois constructions que le gouvernement turc mettait à notre disposition : 1° un petit hôpital de deux cent quarante lits, à Couléli (côte d'Asie), sur la rive du Bosphore; 2° une moitié d'hôpital, dans un endroit appelé Maltepé, pouvant contenir de deux cent trente à deux cent cinquante lits (les malades turcs auraient continué à en occuper la seconde moitié). Ce bâtiment est situé à 8 kilomètres de l'usine à poudre de Sophie, et à peu près à la même distance de Stamboul ; 3° un très vaste édifice, occupant une portion du grand champ (faubourg de Péra), à dix minutes de la mer. Cette dernière construction, qui offre toutes les garanties désirables de salubrité, avait été, dans le principe, destinée à être le siège de l'École de médecine de Constantinople; mais plus tard le sultan avait décidé qu'on en ferait une caserne pour sa garde. Depuis huit ans, les
PIÈCES JUSTIFICATIVES. Al
travaux sont commencés, et aujourd'hui l'œuvre est à peu près complète. Cette énorme masse de pierres, que Ton pourrait appeler un palais, s'élève sur la pente d'une colline qui descend du nord au sud vers la mer ; elle offre quatre faces, qui se réunissent à angles droits, en formant une vaste cour rectangulaire. Vu du côté oriental, l'édifice a deux étages seulement ; il en a trois sur les autres faces, et cela en raison de la déclivité du sol sur lequel il est assis. De magnifiques escaliers, ménagés aux angles, conduisent aux étages supérieurs, qui présentent tous la disposition uniforme suivante, à l'exception du pavillon du sultan: du côté de la cour, dans tout le pourtour du bâtiment, règne un corridor de 6 mètres environ de largeur ; il communique par de nombreuses et grandes portes avec de grandes salles, larges de 12 mètres sur une longueur de 24, dans lesquelles on pourrait installer de cinquante à soixante-dix lits, en conservant par malade un minimum de 20 mètres cubes d'air; la ventilation s'opère facilement au moyen de nombreuses croisées, s'ouvrant à l'extérieur du bâtiment et dans l'intérieur du corridor. À chacune de ces grandes pièces sont annexés un cabinet pour les ablutions et des lieux d'aisances à la turque -, dans l'intérieur des grands appartements existent des boiseries à la turque, destinées à éloigner du sol, qui est en larges pierres de taille, les moyens de couchage du soldat. Cette disposition rendra facile la pobe des lits de nos malades. En effet, provisoirement, il suffira de poser des matelas ou des paillasses sur ces espèces de lits de camp. En additionnant la capacité de tous ces appartements, on arrive au chiffre de douze à quinze cents places de malades possible dans cette immense caserne. Le rez-de-chaussée des trois faces comporterait sans difficulté tous les locaux accessoires, ainsi qu'un
49 PREM1KHH PKR10DK.
casernement d'infirmiers ; sous la face septentrionale règne un passage souterrain qui conduit à un bâtiment extérieur ou existent les cuisines, et où Ton pourrait placer l'amphithéâtre et la salle des morts.
{1 n'y a pour le moment aucune conduite d'eau dan* l'intérieur de l'édifice ; mais un léger travail suffira pour emprunter à deux fontaines voisines une eau saine et abondante, en quantité suffisante pour les besoins dee divers services.
j'ai fait part du résultat de mon examen a M. l'intendant, et je ma suis efforcé de lui démontrer les avantagea de la conversion en hôpital français de l'immense caserne neuve du grand champ ; mon opinion a été adoptée, et il a été déçidéqu'on travaillerait activement à cette hospitalisation. Toutefois, comme il ne me semblait pas possible d'installer avant quinze ou vingt jours des malades dans cet établisse* ment, et que la division de Son Altesse le prince devait arriver à Constantinople avant ie temps» j'ai proposé, ee qui a été encore adopté, d'accepter l'offre faite par les Turcs de la moitié de l'hôpital de Maltépé ; les malades de la troisième division trouveront donc à l'arrivée un asile tout préparé.
D'un autre côté, on s'occupe de l'installation de l'hè-* pital d' Andrinople , et une commission a été dirigée sur Varna pour choisir remplacement d'un hôpital temporaire.
Bien que je pense, comme le Conseil de santé, que les hôpitaux de cinq cents malades sont préférables à ceux de mille et plus , il m'a été impossible de réaliser cette idée. La Turquie ne possède que trois grandes villes où août construites d'immenses casernes -, les autres villes n'ont que des mosquées et des couvents de derviches, que le sen-
timent de respect pour le culte musulman empêche d'occuper.
Gallipoli a, vous le savez, son hôpital installé, faute de mieux, dans de misérables bicoques ; mais s'il n'est pas possible de posséder de petits hôpitaux sédentaires, il est aisé de limiter, ce qui me paraît très important, le chiffre des malades dans les hôpitaux temporaires des lignes avancées; aussi, dans ces circonstances, je m'efforcerai de ne jamais dépasser le chiffre de quatre à cinq cents, quand même je devrais multiplier les postes ou les évacuations.
L'état sanitaire continue a être satisfaisant; nous avons déjà plus de quarante mille hommes arrivés et cinq cent quatre-vingt-treize malades. Ce chiffre serait bien moindre si les régiments aujourd'hui en route n'avaient pas laissé à l'hôpital leurs hommes atteints d'affections légères, qu'on craignait de Vbir s'aggfaVër par la marche et la fatigue. Le chiffre de la mortalité a été» depuis ma dernière lettre, de sept : cinq fiévreux, deux blessés (deux affections tyv phoïdes, une pneumonie, deux phthisies pulmonaires, une hernie étranglée et une méningite, suite d'otite interne). La répartition des malades est la. suivante :
( 203 à Gallipoli.
353 fiévreux.
150 à Nagara.
337 blessés , dont 28 à Nagara.
100 vénériens et 3 galeux.
Aussitôt que j'ai eu à ma disposition un amphithéâtre, j'ai institué, pour les médecins des ambulances, des conférences de médecine opératoire et de déligation. Je continuerai ces conférences tant que le quartier général ne sera pas déplacé. Je me plais à constater que la plupart de nos jeunes chirurgiens ont fyit preuve d'une instruction
/j/j, PREMIÈRE PÉRIODE.
solide et d'une habileté manuelle convenable. Les cantines et les caissons ont été visités en détail par les médecins chefs, en présence de leur personnel. Cet examen a eu pour but de s'assurer si les instruments étaient en bon état, et de faire connaître à chacun les ressources de tout genre de l'approvisionnement.
Agréez, etc.
Signé. Sckive.
A monsieur le Président du Conseil de santé.
Gallipoli, le 20 juin 1854.
Le départ du quartier général pour Varna doit avoir lieu dans quelques jours ; j'ai l'honneur de vous en faire part. Je ne puis que vous envoyer la situation de Gallipoli, qui est bonne : 392 restants le 1er, 431 entrés, 292 sortis, 162 évacués, 8 décès, 361 restants le 15 au soir.
Je vous adresse les copies des circulaires aux divers cheis de service. La répartition du personnel a été décidée définitivement entre l'intendant et moi. Je n'ai eu qu'à me féliciter de la part considérable qui m'a été accordée dans ce travail. Je vous envoie le tableau de cette répartition. J'y joins le rapport de M. Cazalas sur les ressources d'Andrinople, avec la copie de la lettre de félicitations à lui adressée pour cette œuvre consciencieuse par le médecin en chef.
A Rodosto, l'hôpital a été supprimé. Je n'ai pas encore reçu de nouvelles de M. Tellier, envoyé à Bourgas, avec
une commission, pour le choix d'un local à convertir en hôpital annexe de Varna.
Le personnel médical est déjà considérable; tout le monde est parfaitement disposé à faire son devoir avec dévouement.
Je profite de la permission que vous m'avez donnée de vous adresser des demandes dans le but de satisfaire nos besoins. Je désire vivement que des observations météoro* logiques soient faites avec soin dans les hôpitaux sédentaires : il nous faudrait pour cela des instruments précis; veuillez nous les envoyer. Je désire encore qu'on dirige sur Constantinople un arsenal chirurgical complet (réglementé pour les hôpitaux d'instruction) ; au besoin, on ferait parvenir sur bon les instruments momentanément nécessaires aux hôpitaux secondaires.
Agréez, etc. Signé Scrive.