SÉRIE, 1864, T. XXII
Journal rédigé par : MM. Andral, Boudin, Brierre de Boismout Clievallier, Devergie , Fonssagrives , Gaultier de Claubry , Guérard Michel Lévy, Mêlier, P. de Pietra Santa, Ambr. Tardieu, Trebuchel Yernois. Avec une Revue des travaux français el étrangers, par M.l docteur Beaugrand.
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Nous avons toujours professé, sans qu'on ait jamais eu be- II de nous le rappeler, que l'expert chimiste ou médecin ève, non pas seulement de sa conscience, mais aussi de la 2nce qu'il représente et au nom de laquelle il parle ; et qu'il dans les grands débats judiciaires où la science intervient, enseignement qu'il n'est pas permis de renfermer dans loite enceinte d'une cour d'assises. Il ne fallait rien moins : ce double motif pour nous décider à enregistrer dans Annales les détails d'une accusation qui est venue frapun coupable dans les rangs du corps médical, et qui, réiant de douloureux souvenirs, a montré une fois encore, s Castaing et Palmer (1), les connaissances du médecin s au service de l'empoisonneur, dans des circonstances aies qui ont si tristement ému l'opinion publique, ne raison encore a forcé en quelque sorte notre vo- '. Il s'est agi, dans cette affaire qui s'est dénouée le 17 1 186^1 devant les assises de la Seine par une condamnacapitale, d'un moyen criminel en quelque sorte nou-
A. Tardieu, Mémoire sur l'empoisonnemenl par la strychnine, contea relalion de l'affaire Palmer {Annales d'hygiène, 1856, 2' série, p. 371).
6 A. TAHDIKU ET Z. BODSSIN.
veau, de l'emploi d'un poison dont la R-ciierclio, entourée de difficultés presque insurmontables, soulève des questions de doctrine d'une extrême gravité, et tend pour ainsi dire à transformer les procédés et les méthodes d'expertise, en même temps que les principes juridiques et les théories des criminalisles. Nous ne voulons qu'indiquer ici ces questions qui dominent le fait lui-même, si grave qu'il soit; et nous réservant de les examiner ailleurs avec toute la maturité et toute la liberté d'esprit qu'elles exigent, nous ne nous sentons en ce moment le courage que d'exposer simplement comme en un procès-verbal officiel les différentes phases qu'a traversées l'expertise dont nous avons été chargés et les missions multiples et diverses que nous avons eu à remplir.
Nous suivrons dans cet exposé l'ordre même des faits; indiquant d'abord ceux qui se rapportent à la mort de madame ) de Pauw; en second lieu, ceux qui ont trait à celle de madame Dubizy, belle-mère de l'accusé; et enfin l'examen secondaire d'objets divers.