I. — Autopsie du cadavre de la dame de Panw
On sait que la mort de la dame de Pauw ayant éveillé parmi ses amies et dans sa famille même des soupçons terribles, la justice informée ordonna une enquête dont le. premier acte fut l'exhumation et l'autopsie du cadavre confiée i l'un de nous et exécutée le 30 novembre 1863, treize joun après la mort, au cimetière Montparnasse, l'identité aval été régulièremerit constatée.
L'état de conservation du cadavre est tel, que non-seuli H\ ment à l'intérieur, mais à l'extérieur, les moindres lésioi W sont facilement appréciables. Le corps est celui d'une femn 11 d'une quarantaine d'années dont l'embonpoint et l'aspect g li
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iiiéral indiquent que la veuve de Pauw n'a pas été épuisée par Iles longues souffrances d'une maladie chronique.
Il n'existe à l'extérieur aucune trace de violences. L'exaiinen le plus minutieux ne nous permet de constater, soit sur ke tronc, soit sur les membres, en avant ou en arrière, aucune iinarque de sévices, de coups ou de contusions quelconques.
Les téguments et les os du crâne sont intacts. Le cerveau r^st à l'état normal. L'intérieur de la bouche et de l'arrièrei^orge n'offre rien à noter.
Les poumons sont parfaitement sains, nous n'y découvrons ni congestion, ni allérations inflammatoires ou tuber- :Luleuses. Le cœur, également intact, renferme une assez rrande quantité de sang à demi coagulé. Après l'avoir débaraassé de tous les caillots, nous constatons que toutes les partes de cet organe, et notamment les valvules et les orifices, Lont tout à fait à l'état normal.
A l'ouverture de l'abdomen, on ne trouve aucun épanchèrent de sang, de sérosité, ni d'aucun autre liquide dans cette ivité. Les viscères abdominaux, le foie, la rate et les reins »nt sains.
Quant au tube digestif, estomac et intestins, il présente Duleraent par places quelques suffusions sanguines, quelques ints congestionnés répandus dans toute la longueur del'iniiîtin; mais nulle part la membrane muqueuse n'est le siège ne inflammation soit aiguë, soit chronique, nulle part il a ni ulcérations, ni ramollissement, ni perforation. fLes organes génitaux, tant internes qu'externes, ne présent pas de traces de maladies ni de violences. Mais nous uvrons dans la matrice un commencement de grossesse, produit de conception, qui est d'ailleurs intact, offre un ^veloppement de se[)t à huit semaines.
n résumé, de l'examen qui précède nous concluons que : 1° Il n'existe, chez la dame veuve de Pauw, aucune trace imaladieou lésion appréciables, soit ancienne, soit récente,
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qui puisse, d'après le seul examen ries organes, rendre un compte naturel de la mort.
2° Cette absence de lésions caractérisées et certains indices, notamment l'état du tube digestif, peuvent donner lieu de penser que la mort aurait pu être produite par l'ingestion d'une substance vénéneuse.
3° L'analyse des viscères pouvant seule fournir à cet égard des résultats positifs, nous avons extrait du cadavre et placé dans deux bocaux de verre neuf, d'un côté l'estomac et les intestins, de l'autre le foie, les poumons, le cœur, la raie et les reins.
Les bocaux ont été fermés, scellés et notre signature appoisée sur les étiquettes.
11. — Examen des divers scellés reçus des mains de M. le Jnge d'instruction par IIM. Tardieu et Roussin.
Cette première opération ayant démontré la nécessité de procéder à une information complète, l'habile magistrat auquel elle fut confiée, M. le juge d'instruction de Gonet, nous donna, dans un mandat presque illimité, la mission de procéder aux recherches chimiques et physiologiques nécessaires pour constater s'il existait encore dans les organes de la veuve de Pauw et sur le parquet de la chambre où elle avait succombé, des traces d'une substance toxique, de procéder à l'inventaire exact de toutes les substances saisies au domicile de l'inculpé, de constater par l'analyse chimique leur nature et leur degré d'activité, d'examiner les livres et écrits traitant de matières de toxicologie, de faire, en un mot, toutes les recherches et observations qui pourraient éclairer la justice et mettre la vérité en lumière.
Toutes les opérations, expériences et analyses auxquelles nous avons dû nous livrer pour accomplir notre, mandat ont eu lieu au laboratoire <le l'iiôpital militairo du Gros-Caillou.
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Les opérations terminées, nous avons rédigé lu présent rapport, qui constate et résume les détails de nos nombreuses recherches ainsi que les conclusions qui en découlent.
Substances saisies au domicile de l'inculpé Coutij de la
Pommerais.
1° Une petite boîte de bois portant le n° 7 ;
2° Petite boîte à fermoir mobile portant le n" 8 ;
3° Grande caisse de bois blanc portant le n° 9 ;
W Grande caisse cubi(jue de bois blanc portant le n° 10;
5° Boîte de cuir avec fermoir de cuivre portant len° 11 ;