‹ RelationChapitre 1 sur 4 · Relation · texte numérisé non relu

Relation

f 24 T paisible et dormante qui croupît cfans la plaîne\ Jinas:e fidèle de riijpocrisie , elle engloutit I9 tnal heureux qu'elle u-ompe et qui se fie à ses perfides apparences !

Je ne puis m'enapêcher avant de termine» mes réflexions^ de penser de la manière déplorable dont le général Borgella s'est dessaisi de son comnaanderaent pour livrer sa vie à la dîsci^élion de Périon; tandis que s'il avait proclamé dans le Sud l'autorité royale , nous avons la certitude , d'après les senîimens de magnanimité et de générosité de notre auguste et bien aimé Souverain ; le général Borgella et les officiers sous ses ordres eussent été maintenus dans leurs commandemens ; le général Borgella serait devenu un des grands dignitaires du royaume ; îl aurait acquit des droits à la bienveillance de son souverain, à la reconnaissance de sa patrie « pour l'avoir délivrée du fléau de la guerre civile !

Vous avez encore, mes frères, la même occaîSÎon qui se présente devant vous ; joignez vous à S. E. M. le comte de Jëréniie , vous êtes sauvés 9 iét ¥oas oblieudrez les mêmes et heureux résultats.

Baron DE VASTEY.

*An Cap'Henry , chez P. Roux , ijjiprîiiaeur du B^oî.

»'»m«uMt&miai«agii;ii>fc..u3ij»^

De la Fête de S. M. la Reine d'Hayti ^ des Actes du Gouvernement quî ont eu lîeo durant cet Evénement j et de tout ce qui s'est passé à l'occasion de cette Fête.

'Es rinstant que îe peuple de la ville du Cap- Henry fat instruit que notve auguste eî bieo-aimé Souverain devait se rendre dans ia capitale avec la Famille Royale » pour célébrer la fête de sa majesté la Reine, noire tiès-giâcieuse Sonveraioep il fit éclater sa joie par des transports d'allégresse , et dans son enthousiasme il se porta "en foule sur les avenues de la ville par où LL. MM. devaient faire leur entrée i les routes furent aplanies efe couvertes de feuillages ; des arcs de triomphe furent élevés au pont du Haut-du-Gap-Henry et ^o Cours de la Reine,

D'puis long -temps le peuple de la capitale soupirait du désir de posséder dans son sein LL. MM. : les grandes occupations miliiaires du Roi , dans l intérieur du pays ne lui avaient point permis de les visiter plus souvent j l'arrivée prochaine n© jLL» MÈÏ. ne pouvait d®aG pas manquer quc>

ËPocrasîonner la plus grande joîe parmi* les haW# tans de la capitale.

Poor donner nne ]âée de IVnîr^e vraiment triomphale de LL. MM. dans leur bonne ville da Cap'Henrj , nous croyons faire plaisir de donner à nos lecîeurs une relation de ce que nous avons pu recueillir dans cette mémorable Journëe et dans les jours suivans , qui se sont écoulés dans les fêtes et les plaisirs.

Le i4 au matin , les de'tachemens des différens corps de troupes de la maison militaire du Koi, qui devaient se rendre dans la capitale , s'ébranlèrent de leurs garnisons de la Giiadelle Henry et des casernes du palais de Sans Souci , et ils s'a«hetninèrenî , dans la plus grande tenue , dans Tordre suivant :

Un détachement du corps de royale artillerî» avec deux pièces de canon, commandé par S. Er. M. le comte du Gros-Morne , maréchal de camp et major commandant dudit corps.

Un idem des gardes du corps commandé par M. le colonel baron d'Athis Richer , sous-lieutenant en i^*^ de la première compagnie desdites gardes.

Un idem des cinq brigades des gardes haytiennes commandé par M. le chevalier de Nért* aiajoi: feju j»ccuud des dites gai'des»

[51 Un îd^m des cinq brigades des chaleurs delà garde, commandé par S. Ex. le lieutenant gënéial com(e d'Ennery.

Ces quatre corps d'artillerie et d'infanterie de la maison militaire du Roi étaient sous les ordres immédiats de S. Ex. M. le comte de Valière, lieutenant général et commandant ea second des gardes haïtiennes.

A la suite de Tinfantevie étaient les détacheraen» des trois corps des ch^vau légers du Roi. de la Reine et du Prince R.>yal , sonu les ordres de S. Ex, M, ie cornue d'Ouanaminlhe, lieutenant général , commandant lesdi[s corps.

Toutes ces troupes entrèrent dr.ns Taprès-midî du mêcne jour » dans la capitale el dans la plus grande tenue.

LL MM. quiaèrenl îe palais de Sans-Souci à trois heures de rapiès-midi ; elles étaient suivies d'une cour nombreuse et brillante ; la marcha était ouverte par un détachement des chevaulégers , ensuite venaient les aides de camp du Roî portant l'élendard royal.

Les carrosses étaient rangés selon les préséances coaiiue suit :

Le carrosse du Roi , aîtsîé de huit chevaux ; à la portière , de droite et de gauche , étaient M. le feaiou de Monpoiot 5 goand écuyei' , monseigneus

le duc de Fort-Royal , grand marëchal du paîaîs j etkhùHcôiés ëîaientsa grâce monseigneur le duc de FAvancé , i"' chambellan du Roi, major commandant les chevau-légers du Roi, et M. le chevalier de David, premier ëcuyer du* Roi. * • Derrière la voituredu Roi, étaient monseigneur ie ministre d'ëtat , comte de Limonade , les secréfâiles du Roi et autres officiers du Roi.

Le carrosse de la Rpfne , attelé de huit chevaux • a îa portière, de droire e| de gauche, étaient s! Lx^M.ie comte du Terrier-Rouge, chevaHer d honneur de S. M. , et monseigneur le duc de lAdib')n]te, grand maréchal d'Hayti , majoc eomniandaînt les gardes du corps.

le carrosse du Fn'nce Royal, huit chevaux. Les Officiers de sa maison.

Le carrosse de S. A. R. Madame Première, huit chevaux.

Le caî rosse de S. A. R. Madame Athéuaïs , huit ch(-vaux.

Le ( airo&se de S. A. R. madame la princesse

Jean dame d'honneur de Sa Majesté la Reine , ^x chevaux.

Le carrosse de S A. F. madame la nrîncesse iNoe.e, dame d'atours de Sa Majeslé la Reine. Êîx ( hevatix.

Le riarrosse de madame la comtesse d'Ouonammthe, goovern3P.te de S. A. R. Mada:-^ rrcmièrs , auatre ehevauz.

Le carrosse de macl ^me la romtesse dn Temct* Rougp , gouvernaiJie de Madame A.héiiaïs | guaire chevaux. '

Plusieurs voilures de la Cour.

Suivaient les carrosses des Dignitaires âa Royaume, qui formaient une longue file de voitures, costune suit :

Le carrosse de madame la princesse du Limbe,^ six chevaux.

Les carrosses de mesdames les duchesses de,

Plaisance, de rAriibooite, de l'Avancé, de ici

Marmelade , six chevaux.

Les (carrosses de mesdames les comtesses d@

•1 Valière, de Laxavon, d'Ennery, de Richeplaines

de Terre-Neuve, quatre chevaux.

Les carrosses de mesdames !es baronnes de Sicard , de Ferrier , de Dopuy, de Charrier , d@- Vastey, quatre chevaux.

Lhie infinité de personnes de toai rang et de tout sexe suivaient le cortège en voitures et à cheval.

Arrivée à quelque distance du pont du Haut da Çap-Henry, S, M", fut saluée par S. A. E.. monseigneur le prince Jean, grand amiral d'Hayî» qui était venu à sa rencontre, à la îêie âeb offio ciers de ia m.iriae royale ; S. A> R. , après avt'ie présenté, ses félicitations à Sa Majesté, prit sou t&ng , et les officiers de isarins se joigokeiiî ati

êoviége. An-deîà dn pont PtaiVnf M^ les Ne$rrtdans efrangers établis au Gap H^n; y , qui ëtaît nt fl'issi venus à I^ rencontre de S. M., à cheval ; aussiiôi qu'ils eurent apperçu le Roi , ils mirent pied à terre, et se rangèrent des deux côles de la route, et i^s aroueillirent Sa Majesté, à son passage, pnv des cris de huza , en agitant en J'aie leurs chapeaux.

En face du pont , il svait été élevé' un arc de triomphe, orné d'in^ciipfions , et un autre fermait la route du Limbe au Gap-Henrj , et semblait inviter Leut's Majestés à prendre la route de la •apitaîe,

A quelque distance de la Barrière Bouteille , Sa Majesté descendît de son carrosse , monta à cheval ; aux barrières était sa grâce monseigneur le duc de la Marmelade , gouverneur de la capitale , avec les officiers de son état- major, qui reçut Sa Majesté, et le complimenta.

Le régiment du Roi bordait îa route, et plus en ôvant était le régiment de la Reine.

Les forts el les batteries de la ville salivèrent I.L. MM. de cent coups de canon ; les bâiimens de guerre du E.oî et du commerce étranger lëpétèrent le nctême sa fut.

Les habitans de ia capitale, hommes, femmes, enfans ^ vieillards, étaient accourus à la leiiconirô

de LL. MM. , et s'ët aient range's de chaque c6t^ du chemîn , et faisaient retentir Tair des cris de vive le Roi, vive la Reine, vive le Piince Royal, vivent les Princesses Royales, vive la Famille Royale. Jamais on ne vit un pareil enthousiasme , la joie , le bonheur que ressentaient les habitans de la «apitale , étaient peines sur kur physionomie.

Le Roi, en. uniforme de ses chevau-îëgers, monté sur un superbe ch val, richement caparaçonne, saluait à chaque instant de la main et de son chapeau le peuple , qui ne pouvait contenir son aile* gresse , et qoî la faisait éclater par des applaudis* semens et des cris de joie.

A l'entrée de la ville était un arc de triomphe magnifique, élevé avec beaucoup d'élégance et de goûi , décoré de guirlandes , et couvert dlns"- •riptions.

Sa grâce monseigneur le duc de l'Anse , arche«

vêque dTlayii , et grand aumônier du Roi , s'était

placé sous l'arc avec le clergé de la capitale ,

pour recevoir Sa Majesté sous le dais ; Ton

y voyait aussi M" les Procureurs Généraux el

Avocats du Roi , M*^* les Conseillers de la Gooe

souveraine de justice , et M"^* les Conseillers des Cours de la sénëcliaussée et de l'amirauté; M'* les Négocians du Cap Henry, les Habitans et les Dames des plus notables de la ville s étaient aussi i:»adus dans gs lieu pottiî li^ev^kt^aïâ M^jesi^^v

^ Ad passage de Leurs Majesf& ,' soos Tare cf® triomphe , raidie vêque eut Thonneur de leur présenter le dais, que Leurs Majestés refusèrent par modestie ; elles rraversèrenî lentement la ru© Espagnole , prëcëdëes du clergé et de M"" les Officie! s des finances eî de justice, pour se rendre .an leur palais,

La rur E^îpagnoIeeJ toutes les rues qui y aboutissent ëiaieîU obsiroëes par le peuple , qui faisait ëciaîer soii enthousiasme par des cris d'allec^resse» La joie la plus douce brillait sur la physionomie 'àa Leurs Majesté^ qui tëaioignaient au peuple la saîisfacrioii dont elles ëtaienî péoëîrëes , par des signes âe têle et de maï!i » de la manière la plus gracieuse. C'est ainsi que Leurs Majestés furent

accompagnées jusqu'en leur palais par les accla» îiialions d uîie foule immense.

Le peuple a manifesté dans cette circonstance combien il chérissait ses aogusies Souverains, par les marques de son amour et de sa reconraissance , qu'il a fait éclater par les transports de la plus vive allégresse.

Le soir la ville fut illuminée spontanément ; il y eut un feu d'artifice et des bals dans les diffëren» quariiers de la ville.

Une foule immense a couvert la place vis-à-vîs du palais , dans la soirée et pendant la nuit ; elle m s'est écoulée que lorsque la nuit fut liès-avancée.

L'entrée de Leurs Majestés dans leur capîtaîe^ est la plus magniEque qu'on ait jamais vue à Hayti. Cette longue rangée de superbes carrosses^ richement harnachés » qui s'éteà^daisnt au loin, la beauté et les richesses des uniformes des Iroupes de toutes armes , le mouvement du peuple , les cris d'allégresse, {oints au bruit du canon, donnaient à cette pompe un air maniai et guerrier, qui la rendait vraiment triomphante.

Dans cette mémorable journée rœlî de l'observateur a dû se reposer sur des objets bien satisfaisans ; les richesses , les variétés et l'élégance des costumes , la mise honnête et décanta de toutes les classes de la société , qui annon« çaient l'aisance et le bonheur, réjouissaient agréablement la vue. Mais les larmes venaient aux Jeux et le cœur se dilaiait d'attendrissement , eu vovcint le mouvement spontané du peuple qui , à l'approche de Leurs Majestés , faisait re* tentir l'air des cris de jois , d'amour et de reconnaissance 5 qui partaient de la sincérité de leurs cœurs. O que nos augustes Souverains ont dû être pénétrés d'une douce joie , d'une satisfaction bien pure, en recevant tant de preuves de £èle, de fidélité et d'amour î Les Souverains peuvent Qti:© trompés par ks discours mensonge^^

des coiii'tîsans; mais !a voix universelle dn pc«p!d île trompe jamais, c'est celle de la vérité; heureux , il manifeste sa joie , par des cris qui sont pousses par la reconnaissance : malheureux , il garde le silence , signe expressif de sa douleur î O vous , nos augustes Souverains , qui êtes la cause de notre joie et de notre allégresse î vous avez été témoins de nos transports , vous pouvez |Uger de notre bonheur et comme vous êtes chéris ; soyez toujours nos anges tutëîaires ; aimez , encouragez et protég<=*z votre bon peuple , vous trouverez dans son dévouement , sa fidélité et sa reconnaissance , la récompense due à vos vertus ; ®ar le p'us grand favori et le meilleur ami des rois» ©^est leur peuple.

Le i5 Août , Tanniversaire de la fête de S. M. la Reine , fut célébrée avec la plus grande pompe ; dès le matin, le bruit da canon annoica la soleiliiîté de certe fête.

A huit heures , M"^' les Dignitaires se rendirent au palais de Leurs Majestés pour leur rendre leurs honmiages respectueux, et présenter à la Rein^ leurs féli iiations à Tuccasion de sa fêle.

Lorsque M'^ les Dignitaires et leurs Epouses eurent éié placés dans la salle du trône par les kiâîires des cérémonies^ s@1qii ioi'dr» des pté^

séances, un înstani après, LL. MM. le Koî et la Rnine, le Prince Royal, les Princesses Pxoyales et la Famille Royale, accompagnés des grands officiers de la couronne sont entres , et furent accueillis par des applaudissemens et les cris de viv© le Roi , vive la Reine , vive la Famille Royale 9 par M" les Dignitaires

Alors M, le baron de Dessalînes , organe de$; Dio^niraires , s'est avancé très- respectueusement et a adressé à la Reine le discours suivant ;

Madame,

Il est c^^orieux et bien satisfaisant pour nous de partager Taiiegresse qui anime ceiip capitale ; vous voyez les habiîaî'*s , de fout sexe et de tout âge , s'empresser à Tenvi de célébrer l'anniversaire de la fête de rauguste Reine des haytiens» A la vue de cette pompe, à la fois majestueuse et touchanie , aux vœux et aux oFFrandes qui vous sont offerls par le concours unanime du peuple » permettez nous, Madame, dy joindre les lôaesi ils sont le juste tribut du à vos vertus et aux qua.» lités émjnentes dont Voire Majesté est douée; ils aopartiennenl au modèle des mères et des épouses.

' Puissiez vous , aimable Reine , perpëtust* i© bonheur de votre auguste Epoux ; que ce héros trouve dans vyi V2ïtut> la çonsolâdoii de ses peuie%<

^^^Hf'fî^

Page 1