RELATION SUK UNE EPIDEMIE
beaucoup d'adultes sont en outre tourmentés par de nombreux lombrics.
Il est peu de personnes qui soient exemptes de gastralgie, d'entéralgie ; viennent après les rhumatismes, les névralgies ; l'anémie, la chlorose même chez les enfants, le scorbut, ne sont point rares; les scrofules, la phthisie , les hydropisies, sont aussi des maladies fréquentes. On observe quelques fièvres intermittentes, mais trop rarement pour les considérer comme endémiques.
Il n'en est pas de même de l'hystérie, tout le monde sait combien elle est commune en Savoie ; je l'ai trouvée partout dans la partie que j'ai visitée, et les médecins de Thonon m'ont dit en avoir toujours de nombreux cas dans leur clientèle.
L'aliénation est fréquente; les aliénés dont j'ai pu constater l'existence, de Thonon à Morzines seulement, dépassent très notablement la proportion ordinaire.
Il n'y a point de crétins à Morzines, mais le goitre y est fréquent: il n*y acquiert cependant jamais un grand développement : il reste, pourrait-on dire, à l'état rudimentaire ; la partie antérieure du cou est un peu plus large ou un peu plus saillante que d'habitude, mais jamais absolument difforme.
Pourquoi, après s'être légèrement hypertrophié, le corps thyroïde demeure-t-il ainsi stationnaire?
Toutes les conditions regardées comme favorisant le développement du goîlre se retrouvent cependant ici : les eaux descendent des montagnes, et sont, au moins en partie, le produit de la fonte des neiges; elles sont
D'HYSTÉRO-DÉMONOPATHIE EN 1861. u
très froides toujours, coulent sur le rocher calcaire ou sur un terrain peu profond dont le sous-sol est souvent argileux, et quelques-unes des montagnes d'où jaillissent les sources renferment des gisements gypseux ou schisteux.
Serait-ce donc, comme l'a dit de Saussure et quelquesautres après lui, que le crétinisme et le goitre, le goitre volumineux, ne dépassent que rarement une certaine altitude ?
Ou bien faut-il attribuer une part d'influence à la direction de la vallée ? J'ai remarqué, c'est peut-être affaire de pur hasard , que tous les vrais goitreux ou crétins que j'ai pu interroger ou voir dans le pays, appartenaient à des vallées beaucoup plus basses, mais aussi ouvertes de l'est à l'ouest.
Le climat, les mauvaises conditions des habitations, de la nourriture, peuvent expliquer déjà la fréquence de plusieurs des affections que je viens d'indiquer et la constitution prédominante; à ces causes une autre encore vient s'ajouter : la multiplicité des mariages entre consanguins. Sur 81 mariages célébrés en huit ans, 19 ont nécessité des dispenses.
Ce qui prouve encore une origine commune et peu éloignée, c'est que quelques noms seulement servent à l'appellation d'un grand nombre ; on est forcé, pour désigner les individus, de joindre à leurs noms propres un ou plusieurs prénoms et ceux de leur père. On dit, par exemple, par abréviation : Beau Nicolas, feu François,