‹ Relation sur une épidémie d'hystéro-démonopathie en 1861Chapitre 5 sur 18 · RELATION SUE ONE ÉPIDÉMIE · texte numérisé non relu

RELATION SUE ONE ÉPIDÉMIE

finissait pas à l'instant et si elle en devait avoir d'autres. La crise finit et ne se renouvela pas.

Un autre homme, qui venait de chauffer son four, feignit d'y jeter sa fille; la guérison fut instantanée et radicale.

Le sieur M... guérit sa fille une première fois, en lui promettant un habillement neuf; une autre fois, en la menaçant de l'enchaîner dans sa cave.

Quelques autres guérirent spontanément.

L'autorité ecclésiastique, aussi prudente qu'éclairée, n'avait pas autorisé et avait môme interdit les exorcismes, qui furent suspendus; mais, vers le même mois defévrier, monseigneur Rend u , étant déjà trop malade pour s'occuper de l'administration de son diocèse, ils furent repris, et l'on décida qu'ils seraient généraux -et publics-

Au jour convenu, toute la commune étant réunie dans l'église, on commence la cérémonie; mais aussitôt un affreux bouleversement se produit, on ne voit plus que convulsions sur tous les points, on n'entend plus que des cris, des jurements, des coups frappés sur les bancs, des invectives e1 des menaces adressées aux exorcistes.

A en juger parce que disent les témoins, ce fut une véritable répétition des scènes de Sainte-Croix de Loudun; mais comme on n'avait pas les mômes moyens à sa disposition, il fallut renoncer à ces grandes solennités dont on avait tant espéré, et revenir aux exorcismes individuels, qui furent continués pendant un an ou dixhuit mois, jusqu'au moment où l'autorité civile les • défendit à son tour.

D'HYSTÉBO-DÉMONOPATHIE EN 1861. 37

A partir de ces essais d'exorcismes généraux, la maladie fit de rapides progrès, et le nombre des malades alla chaque jour en augmentant dans une proportion jusque-là inconnue.

Avant de s'arrêter absolument et définitivement à l'idée de possession, avait-on cherché à savoir au moins s'il n'y avait pas quelque autre moyen de se rendre à peu près compte des phénomènes que l'on avait sous les yeux?

En aucune façon.

Il y a eu des avis pour, mais les avis contraires n'ont pas manqué, et soit qu'ils eussent été pesés ou comptés, les derniers auraient dû l'emporter; car parmi eux se trouvait celui de monseigneur Rendu, et ceux de tous les ecclésiastiques éclairés des alentours de Morzines.

Dès le principe, deux médecins qui exercent conicurremment dans la commune, visitèrent les malades ît tentèrent de leur administrer quelques médicaments, le leur faire suivre un traitement; tout échoua, et, coin d'améliorer, parut aggraver la situation de chacun. > résultat fut fâcheux, car il confirma les idées admises : que les remèdes ne pouvaient rien, etc.; d'auant plus que l'un de ces médecins, fort lié avec M. le uré, ne tarda pas, bien moins par conviction que pour e pas froisser une vieille amitié, à avouer son impuisance, en renvoyant les malades aux prêtres, plus compétents que lui, disait-il.

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