SUIIM
hmte Montignf ; k ciôfm. m BMUfee £uw pay. On IbgHi le jour d^j^rAs à fitatri^ jriîe ville ou pose une antee mière. large et fie»* fimie « tr evc r afc fer un^fionLCek eodrait ilt trèhSàirif à cenae des fbnÉfaîères.yEeilQA»
^ l^enbrarenC de deux cdtëe.:Gli9ieiiebiaki dit fuH s'y était battu contre rannée de Qiaeo, qui «rait attendu les iiena dana eette plaoe» et qu'dk é;y dCait dëfenduidiSlInBi: ou UtHS jours. Quand les ;gens de CSuato fbre&t vaincus , ils passèrent lè^^mit « et y mirent le ftuimais Ghilicuchima et son arqiëe tra^er^ aèrent à la nage, rt tuèrent une grande partie des ennemis.
Ferdinand Pirnrre partit de cette ville h lendemain , et il alla coucher à Guacango, k cinq lieues au delà : puis le Jour suivant^ i Piscobamba» grande ville bâtie sur le flanc d*iine hauteur. Le cacique se nomme Taur guame. Cet Indien et ses si\jet;s le reçurent très4>ien, et rendirent beaucoup de services aux chrétiens. A moitié chemin de cette ville ,
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à.GiliKïabaittba, est une rivière tré^-profondte , sur hiquelle est lin pont double, eu cordages^ tel que ceux que ron a déjà décrits; is'est-A^ dire iiU'U <$st construit de cette façon : dn ëlêye un |>ilier de pierre, tout prés de l'eau. I>'un cétë du fleuve à l'autre , sont des cà* blés gros comme la cuisse ^ faits, en osier : de fortes cordés bien entrelacées tratorsent ces eéble^; les parapets sont très-élevés. En bas sotitde grandes pierres fixées pour cûnaolider ie pont. liés chevaux passèrent très^facile-» ment, quoique le pont tremblât quand od traversait, ce qui est très - effrayant lorst qu'on n'y est pas accoutumé ; mais il n'y à pas de danger, car ces ponts sont très»-solides. Tolis ont des gardiens comitie en Espagne.^ et eela est organisé ainsi que nous l'avons déjà dit.
• lie capitaine ayant quitté cette ville, alla loger dans des habitations qui 6ont à cinq lieaes plus loin. Il repartit le jour suivant de cet endroit , nommé Agoa , et qui dépend
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de Piscobamba: Cest uo riche village, abondant en mais , et bâti au. milieu des montagnes. Le cacique et les siens fournirent ce qui fut nécessaire pour la route , et le matin ils procurèrent les gens dont on eut besoin. Le lendemain soir, le capitaine fut loger à Lonchucho , village à quatre lieues d'Agoa ; le chemin est très-difficile. Lonchucho est placé dans un fond ; une demi-lieue avant d'y arriver, on trouve une route très-lai^e , taillée dans le roc ; des marches sont pratiquées dans la pierre^ et il y a des passages très-dangei*eux et très-forts pour qui voudrait s'y défendre.
Ferdinand Pizarre se rendit ensuite à Andamaca, d'où il partit pour Pachamaca. Les deux routes royales qui conduisent à Cuzco se réunissent dans cette ville. Depuis Pombo on compte trois lieues de chemins très-difficiles : les descentes et les montées ont des escaliers de pierre. Du côté du penchant de la montagne sont des murs en pierre pour
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empêcher de tomber; car il y a des endroits où , si Ton glissait on se briserait en morceaux : c'est très-utile pour les chevaitc , qui sans cela se précipiteraient. On trouve à moitié chemin uti pont de pierre et de bois construit entre deux rochers avec beaucoup d'art. D'un côté de ce pont sont des logements fort bien hàtis et une cour en pierre, où /suivant les Indiens, on donnait des festins et des fêtes
aux souverains du pays quand ils passaient par-là,
t>epuis cet endroit , Ferdinand Pizarre suivit jusqu'à Caxamalca la : même route qu il avait prise en allant, et il entra. dans cette ville . avec Chilicuchima y le 25 du mois de mai 1 533. On vit alors une chose inouie de-< pois la découverte des Indes, et c'est un Ikit^'à faire remarquer aux Espagnols. Au moment où Chilicuchima passa la porte de la ville où son souverain était prisonnier, il prit à un porteur indien de sa suite' une charge moyenne, et la mit sur ses épau-
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leSsUo grand nombre de principaux c^s qui raccompagnaient auivireat son exemple; et^ dpii^és de cette façon , ils entrèrent où était leur maiire. Aussitôt qu'i| le vit, il leva les mains vers le scleHy et il rendit grâce à cet astre 4e ce qu'il lui avait permis de le voir wcore. Puis » a'approckant de son souverain avec beaucoup de tendresse et en pleurant > il lui baisa la figure , les mains et les pieda : les autres chefs qui étaient voius avec hd firent de même. Atabalipa montra tantjlt fierté y que bien qu'il n'y eût dans ses llrts personne qu'il aimât davantage, il ne le regarda même pas, et il ne fit pas plus ^ cas de lui que du dernier des Indiens qui étaient présents. Cette coutume de porter un fardeau 'pour se présenter devant Atabalipa était en usage auprès de tous les souverains qui ont régné dans ce pays.
La relation ci-dessus est faite par moi Miguel Estete, inspecteur (yeedor), qui ai accompa^ gué le capitaine Ferdinand Fizarre, et j'ai rap-
porté tous les foits tels qu'ils se sont passes.
MIGUEL ESTETE.
Le premier auteur continue :
Le gouverneur pensa que les six navires qili'étaiwt dans le port de Sant-Miguel ne pouvaient y séjourner plus longtemps, et que, si on retardait leur départ , ils finipaent par 8^ perdre. lies capitaines de ces bâtiments lui avaient demandé d'être payés et expédiés.
Piisarre omvoqua donc un conseil pour qu'ils fuayent congédiés , et qu'une relatipn de ce qui s'étiut passé fût envoyée à S. Mr II fut OMivenu avec les officiers^ que l'cm fpndrait tout l'or qu'il y avait dans I4 ville, et qu'Ata-? balipa y avait fait transporter, et tout ce qui arriverait , pendant que l'on serait occupé à cette opération; quune fois terminée et le partage iait, le gouverneur irait coloniser, suivant les ordres de S. M,
1 7^ HBLATIOH
-Le 3 mars de l'ai&iëe 1533, on aoiionca pu<bliquement que Ton allait fondre , et Ton se mit ail travail.
Dix jours après ^ un des chrétien^ qui avait été à Guzco. arriva à Cayamalca; C'était celui qui était parti en qualité de notaire. H rapportait une relation dans laquelle on racontait comment on avait pris possession dans cette ville 9 au nom de S.!! • , et Von y donnait une descripticMijdes places qui sont sur lardute.fly était dit que Ton en comptait trente princi* palM, et d'autres plus petites; que la* ville de Guzcoestaussi grande qu'on Ta déjà rappiMrté, qu'elle est sur le penchant d'une montagne^ près d une plaine , que les rues . sont bien dessinées et pavées , et que, pendant le séjour des envoyés qui dura une huitaine » ils ne purent voir tout ce qu'elle contenait. Cuzco y avait une maison revêtue de plaques d'or, carrée et fort bien construite. Elle a sur chaque face trois cent cinquante pas de long. Ils avaient enlevé de cette maison ' sept cents plaques
DE LA CONQUÊTE DU PÉROU. l'J'J
d'or, qui pesaient Tune dans Fautre cinq ^entsj9e5o^.Les Indiens retirèrent d'une autre maison deux cent mille pesos ; mais, comme il étak à un titre très-bas, les nôtres n'en voulurent pas : il n'y avait que sept ou huit carats par pe^o. Ces deux maisons étaient les seules plaquées en or qu'ils virent, les Indiens ne leur ayant pas laissé observer toute la ville. A en juger par l'apparence et par les of&ciers qui y résidaient, il paraissait y avoir de grandes richesses.
Les Espagnols y trouvèrent le chef Quis- <fuis, qui commande la place pour Atabalipa; il est, à la. tête de trente mille hommes de garnison qui la gardent , parce qu'elle est près des Caraïbes et 4'*utres peuples qui sont en guerre avec cette ville. Le notaire parla fort au. long des choses que l'on voit à Cuzco , et du bon ordre qui y règne. Il dit que le chef des Espagnols qui y avaient été envoyés revenait avec eux et six cents plaques d'oir
et d'argent , ainsi qu'une quantité considé- 4. 12
l'jQ RELATION
rabl«4e ces métaux que leur avait donnée k Xauxa le chef que GhiHcuohima avait laîas# dans cette ville. De sorte que tout For qu'ils apportaient se montait à cent soixante-huit charges de paligueres (i) portées par quatre Indiens; Us conduisaient, disait-il ^ peu d'ar^ gent Ne recevant Tor que peu à pea^ ils de* vaient attendre, et il fallait beaucoup d'Indiens pour lallor chercher, car on le recueillait de ville en ville. Il pensait qu'ils seraient à Gaxa-* malca dans un mois.
Les convois d'or qui venaient de Gusco , comme on vient de le dire, arrivèrent à Caxamaloa k i3 Juin i533) il y en avait deux cents charges et vingt-cinq d'argent. Il paraissait y avoir cent trente quintaux d'or. Quand cet or fut arrivé , il en vint encore soixante charges de bas aloi , la plus grande partie était
(i) Ce mot n'est pas espagnol : le traducteur déjà citë le rend par Palifheri qui n'est pas italien. On peut supposer avec quelques raisons qu'il signifie un brancard ou palaquin , terme qui n'est pas sans analogie avec cette expression.
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en plaques semblables à dés planches de caisses de trois à quatre palmes de largeur. Elles avaient été enlevées des murs des appartements; et il y avait des trous qui semblaient indiquer qu'on les avait clouées ; on acheva de fondre et de faire le départ de cet or, le jour de Saint-Jacques, et tout l'or et l'argent ayant été pesés dans une balance, la totalité s'éleva à. un million trois cent vingt-six JDtlk cinq cent trente-neuf pesos d'or fin , sur lesquels, aprèsquel'on eut prélevé le droit du fopdeur, sa majesté devait avoir le çz^m^ qui s'éleva à deux cent soixante-deitx mille xîinquante-neuf pesos 4'or fin. L'argent pro-r duisit einquante-un mille six cent dix marcs, dont dix mille cent vingt- un furent pour l'empereur.
Pizarre préleva le quint et le droit du fondeur sur la totalité , puis il partagea le reste entre les conquérants qui l'avaient gagné.
Il revenait à chaque cavalier huit mille huit cent quatre-vingts pesos d'or, et trois cent
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soixante-deux marcs d'argent , et apx fisintassins quatre mille quatre cent quarante/>e505 ^ et cent quatre-vingt-un marcs d'argent; mais chacun eut plus ou moins, suivant la qualité des personnes et les peines qu'elles avaient souffertes.
Avant le partage de Tor , le gouverneur en avait mis à part une certaine quantité qu'il donna aux colons qui étaient restés à Sant-Miguel , à tous ceux qui étaient ventes avec le capitaine Di^o de Almagro , à tous les marchands, et aux marins qui arrivèrent après que la guerre fut terminée ; de sorte que tous ceux qui se trouvèrent^ians le pays en eurent leur part. On peut donc appeler cette fonte ime fonte générale, car elle fut générale pour
tous.
Il arriva pendant ce travail un événement digne dètre noté : un jour on fondit quatre-vingt mille pesos d'or, tandis qu'ordinaire» menton n'en fondaitquicinquanteou soixante, raille. Cette fonte fut faite par les Indiens. Ils
DE LA CONQUÊTE DU PÉROU. l8l
ont parmi eux des orfèvres et des fondeurs habiles qui travaillent avec neuf fourneaux.
Je n'ômetti'ai pas de parler des prix que Ton a payé les vivres, et certaines marchandises dans ce pays, bien qu'il y aura despei*sonnes qui ne me croiront pas , car ces prix sont exorbitants ; mais je puis le dire sans mensonge , puisque je Tai vu et que j'ai acheté divers objets. Un cheval s*est vendu mille cinq cents pe^o^, un autre, trois mille trois cents ; le prix ordinaire était de deux mille cinq cents , encore n'en trouvait-on pas : une bouteille de vin de trois açumbres ( 6 litres 0.60 ) soixante pe^o^. Jai payé deux açumbres quarante pesos : des chaussures le même prix ; un manteau , de cent à cent ying^ pesos; une épée quarante ou cinquante ; une tête d'ail, un demi-peso ; une main de papier dix pesos ; les autres choses dans la même proportion. Je sacrifiai douze pesos pour avoir un peu plus d'une demi -once
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de safran gâté. Un peso d'or vaut un castellano.
J'en aurais bien long à dire si je voulais parler de Faugmentation des prix et du peu de cas que Ton faisait de l'or et de ^argent. Les choses en étaient arrivées à ce point, aue , si quelqu'un devait à un autre , il lui donnait un morceau d'or au hasard, sans le peser , et bien qu'il payât le double de ce qu'il devait , peu lui importait Ceux qui avaient des dettes allaient de maison en maison avec un Indien chargé d'or chercher leurs créanciers pour les payer.
Voilà comment se firent la fonte et les ré»
partitions de l'or et de l'argent , et quelle est la richesse de ce pays. Ces métaux étaient aussi peu estimés des Espagnols que des Indiens.
Il existe une ville dépendante de Cuzco, et qui appartenait à Atabalipa, où, dit-on, il y a deux maisons en or : les tuiles qui les couvrent sont de la même matière. Avec l'or qui vient de Cuzco, Ton apporta quelques
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pailles de blés, faites en or massif, ayant leurs épis à Textrémité , exactement comme ils naissent dans les champs. S'il fallait décrire les différentes formes des objets en of: que Ton apporta, ce serait à n'en plus finir; il y avait diea pièces d'orfèvreries en or qui pesaient huit arrôbes, de grandes fontaines avec des tuyaux conduisant l'eau dans une cuvette, qui fai- Mit partie de la même pièce , où étaient beaucoup d'oiseaux de diverses ^ espèces , et des hommes qui puisaient de l'eau : tout cela fait en or. Suivant le rapport d'Atabalipa, de Chi- Hcuchima et de bien d'autres personnes, oe prince avait à Xauxa des moutons et des bergek*s tout en or, et ces moutons et ces bergers étaient de grandeur naturelle. Ces objets appartenaient à son père, et il promit de les donner aux Elspagnols. On compte sur }es richesses d'Atabalipa et de son père des choses surprenantes.
Rapportons encore un fait qui mérite d'être cité : un chef indien , cacique de Caxamaica ,
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se présenta au gouverneur, et lui dit, par le moyen de interprètes: «Jeté fais savoir que depuis. qu'Atabalipaest.en captivité, il a envoyé à Guito et dans toutes les autres provinces de ses états pour faire rassembler un grand nombre de gens de guerre 9 afin de venir f attaquer toi et tes gens , et vous tuer tous. Cette armée vient sous les ordres d'un chef habile, nommé Lluminabe; elle est trèsproche d'ici et doit arriver de nuit Elle attaquera vos retranchements en mettant le feu de tous côtés; le premier que Ton s'efforcera de tuer, ce sera toi; puis ils mettront Atabalipa en liberté. Il arrive de Guito deux cent mille hommes de guerre et trente mille Caraïbes qui mangent de la chair humaine. Une province, nommée Paçal ta , et d'autres contrées, ont aussi fourni un grand nombre de gens.
Pizai*re , ayant reçu cet avis , remercia beaucoup le cacique, le combla d'honneur, et ordonna à un notaire d'écrire ce rapport et de faire une enquête. Cet officier fit arrêter
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un oncle d'Atabalipa , plusieurs chefs et quelques Indiens, et l'on découvrit que tout ce que le cacique de Gaxamalca avait dit était vrai.
Le* gouverneur eut un entretien avec Atabalipa , et lui dit : « Quelle est cette ti*ahison que tu machines contre moi , qui t ai honoré comme mon frère , et qui me suis fié à ta parole? » Puis il lui répéta tout ce qu'il avait découvert. « Te railles - tu de moi , » répondit Atabalipa; a car tu me dis toujours des plaisanteries. Que sommes -nous, moi et tous mes gens ? Pourrions-nous avoir quelque avantage sur des hommes aussi braves que vous? Il disait cela sans montrer le moindre trouble et en riant, pour mieux dissimuler sa perfidie. Depuis qu'il était prisonnier, il avait si souvent menti avec le sourire d'un fourbe, que les Espagnols qui l'entendirent étaient émerveillés de voir tant d'adresse chez un sauvage.
Pizarre envova à l'instant chercher une
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chaîne et la lui fit mettre au cou; puis il expédia deux Indiens eo. espions pour découvrir où était cette armée que l'on disait être à sept lieues de Caxamalca. Il desirait
savoir si elle se trouvait sur un terrain où
Ton put envoyer cent cavaliers. On apprit qu'elle savançait peu à peu dans un pays très - montagneux ; qu'aussitôt qu'Atabalipa avait été enchaîné il avait envoyé des exprés pour dire à son commandant que le gouverneur l'avait fait mourir. Dès que ce chef et son armée eurent reçu ce message , ils retournèrent sur leurs pas : mais bientôt après Atabalipa avait expédié d'autres émissaires pour porter Tordre de venir sans retard ; et il indiquait à quelle heure et par quel endroit, ils devaient attaquer les retrancheagents ;qu il était vivant et qu'on le mettrait à mort s'ils tardaient à venir. Le gouverneur, ayant eu connaissance de tout ceci , fit entrer beaucoup de vivres dans le camp , et fit faire
DE LA COM QU#f1l ' DU PÉROU. 187
des rondes par tous lé»* ^Mîvaâiers (i). Chaque quart, cinquante caiiidSèM'^ftisaient la ronde, et au quart du poijflll dil jèur, cent cinquante allaient en^^l^iittiinia^^ Toutes
les nuits, le gouverneur et ses capitaines veillaient, inspectaient les patrouilles et pre- '^
liaient toutes les dispositions nécessaires. Les aoldats qui dormaient pendant le quart ne Âent pas leurs armes, et les chevaux
^i|BP^u^ ^^ précautions flTobseryÀièibt dans le camp, )orsqu\in samedi, au lever du soleil, deux Indiens , qui étaient au service des Espagnols, vinrent dire qu'ils avaient pris la fuite devant l'armée qui était à trois lieues de là ; et' que , la nuit prochaine oU la suivante , le camp des chrétiens serait attaqué; car Fen*
(1) La traduction italionne, qui comnie nou9 lapons dit, paraît aroir été faite sur un texte plus exact que/^elui que nou» KwooB 80US les yeux, ajoute , factnda ire qumrti ogni nçiie , en iaisant trois guarit ( suivant l'expression des marins ), chaque nuit.
I èS ULATIOK
nemi s avaDçait en toute hâte, en conséquence des ordres domiës par Atabalipa. Alors le gouverneur, de concert avec les officiers de sa majesté , les -c^itaines et d'autres personnes expérimentées, condamna à mort Atabalipa, et ordonna dans son arrêt, qu'attendu la trahison dont ce prince s'était rendu coupable , il serait brûlé vif, à moins qu'il n'embrassât le christianisme, et cela jpour.
la sécurité des chrétiens , pour le bien et la tranquillité du pays; car, Atabalipa étàillt mort, toute son armée serait débandée, et ses gens n'auraient pas Je courage de nous attaquer, et d'exécuter ses ordres.
On alla donc le chercher pour le supplice.
Quand il fut arrivé sur la place , il dit qu'il voulait être chrétien. On le fit savoir de suite au gouverneur , qui ordonna de le baptiser.
Le révérend père Vincent de Valverde, qui travaillait à sa conversion , le baptisa. Pizarre dit de ne pas le brûler, mais de le pendre à un poteau sur la place, ce qui fut fait. Il y resta jus-
qu'au lendemain matin; alors les religieux , le gouverneur et les autres Espagnols le CQnduisirent a réglise pour y être enseveli avec beaucoup de solennité et tous les plus grands honneurs possibles. Ainsi finit cet homme qui avait été si cruel. Il mourut avec beaucoup de courage , sans témoigner de faiblesse , et en disant qu'il recommandait ses enfants au gouverneur.
Au moment où on allait Fensevelir, on eofteudit des cris de douleur que poussaient dans sa maison , ses femmes et ses serviteurs. Il mourut un samedi, à l'heure même où il avait été vaincu et fait prisonnier. Plusieurs personnes dirent que ce fut pour ses péchés qu'il expira le même jour, et à la même heure. Voilà comment Atabalipa expia ses grands crimes et les cruautés qu'il avait exercées sur ses sujets; car tous d'une voix disaient, qu'il avait été le plus cruel et le plus sanguinaire des hommes. Pour le plus léger motif, il détruisait une ville ; pour
la plus petite faute d'uo seul homme, il en faisait tu|p dix mille. Il tenait en servitude toute cette contrée par sa tyrannie ^ mais, tous les habitants le détestaient
Aussi tôt après sa mort, le gouverneur choisit unautrefils deCnzooTancien, nommé Atabaliba , qui paraissait lymer les chrétiens , et il le revêtit à6 la souveraineté en présence des caciques, des chefs du pays et d'autres ïadiens. Il leur ordonna à tous de le regarder comme leur maître , et de lui obéir comme41t avaient obéi à Atabalipa; puisqu'il était leur souverain naturel, étant fils légitime de Cuaoo l'ancien. Tous répondirent qu'ils le regarderaient comme leur seigneur, et qu'ils lui obéiraient ainsi que le gouverneur l'avait commandé.
Que l'on me permette de raconter un fait surprenant. Vingtjours avant ces événements, et quand on ne savait rien de l'armée qu Atabalipa avait fait rassembler, ce prince, causant un jour gaiement avec des Espagnols,
D£ LA CO.NQUÊTE DU PÉHOU. I9I
aperçut dans le ciel, vers dix heures, du côté de Cuzco, un signe semblable à une comète enflammée qui brilla une grande partie de la nuit : dès qu'il Teut vu , il dit que bientôt un grand prince moun^ait dans cette contrée.
Quand legouverneur eut investi Atabaliba le jeune de la possession et de la souveraineté du pays, ainsi qu'on l'a déjà rapporté, il lui dit qu'il désirait lui communiquer les ordres de sa majesté , et ce qu'il devait faire pour être son vassal. Atabaliba répondit qu'il fallait auparavant qu'il fit une retraite de quatre jours sans parler à personne, parce que telle était leur coutume quand un souverain mourut» afin que son successeur fût craint, obéi, et qu'ensuite tous les sujets lui fissent acte de soumission. Il passa donc quatre jours dans la retraite; puis le gouverneur arrêta avec lui les conditions de la paix, au son des trompettes, et lui remit l'étendard royal. Ce prince le reçut, l'éleva de sa propre main au nom de l'empereur notre seigneur; et se recon-
nut vassal de sa majesté. Alors tous les principaux chefs et lescaciquesquiétaientprésents le saluèrent comme leur souverain avec beaucoup de respect, lui baisèrent les mains etla joue; et, se tournant vers le soleil, ils le remercièrent, les mains jointes, disant qu'il leur avait donné un maître légitime. C'est ainsi que ce prince fut élu à la place d'Âtabalipa. Aussitôt on lui attacha sur la tète une houpe très-riche , qui descendait sur son front et lui cou vmit presque les yeux. Chez eux c'est la couronne du prince qui gouverne Cuzco : Atabalipa la portait.
Quand tout cela fut fini, plusieurs des Espagnols qui avaient conquis le pays , surtout ceux qui y étaient depuis longtemps, ceux qui souffraient des infirmités, et qui ne pouvaient ni servir ni rester à cause de leurs blessures, demandèrent leur congé au gouverneur, le suppliant de leur permettre de retourner chez eux avec For, l'argent, les pierres précieuses et les bijoux qu'ils avaient eus en partage. Cotte permission leur fut accordée.
Plasieurs revinrent avec Ferdinand Piarre, frère du gouverneur.
.Plus tard. on donna d'autres congés; car chaque jour il arrivait de nouveaux soldats , qui accouraient à la renommée des richesses que les premiers avaient acquises. Le gouverneur fit délivrer, à tous les Espagnols qu'il avait .congédiés, des brebis, des. béliers et des Indiens pour porter leur or, leur argent et. leurs effets jusqu'à Sant-Miguel. Dans le voyagé; plusieurs particuliers perdirent beaucoup, d'or et d'argent, des béliers et des brebis s'étant enfuis avec leurs charges; des Indiens jaussi s'échappèrent. Ces pertes s'élevèrent à plus de vingtK^inq mille castellanos. Pendant la routede Cuzco au port, qui est de deuxcents liçues environ , ils eurent beaucoup à souffrir de la faim , de la soif, de la (litigue et du manque de bétes de somme ou d*Indiens pour porter leurs richesses. Ils se rendirent par mer à Panama. De là ils passèrent au
Nombre-de^Dios, où ils s'embarquèrent, et 4. i3
194 MMumm
JUiAffi^ Seigneur les eonduiait jusqu'à Séville , où sont déjà arrives quatre vaisseaux qui ont porté les quantités d*or et d*ai^ent suivantes:
L'an 1533» le 5 du mois de dëeemiire, le
premier de ces quatre bâtiments arrivage Se* ville. U avait à bord le capitaine Gbrîstoval de Mena ; il importait huit mille />esMil'or et nèiff cent cinquante, mares d'argent qui appartaK naientà cet officier. Un prêtre; nati£ de Sévfflé; et nommé Juan de Soaa , apportait avec lui sue mille pesos d'or et quatr^^ngts marcs d^ai^ gent Outre cela, oe navire était chargé de trente-huit mille neuf cent quarante^ix pesas d'or.
L'an i534, le 9 de janvier, le second navire, nommé Sancta-M aria-del-Gampo , entra dans la rivière de Séville. Il y avait à bord le capitaine Ferdinand Pizarre, fircre de François Pizarre , gouverneur et capitaine général de la Nouvelle-Gastille. Le bâtiment était chargé de cinquante-trois miWe pesos d'or et decinq mille
DE Là CONQUETE DU PÉROU. 1^5
quatre cent quatre^îngts marcs d'ai^eiit appartenant au roi- Il portait pour des passagers etfdes particuliers trois cent dix mille pesos et treize mille cinq cents marcs d'argent. Geis métaux étaient en barres, en plaques et en lingots d'or et d'ai^ent renfermés dans de grandes caisses. H y avait encore à bord du navire, et pour sa majesté^ trente-huit vases d'or et quarante^iuitd argent, parmi lesquels était un aigle d'argent qui contenait deux outrer d'eau, et deux grandes bassines, l'une d'or et l'autre d'argent, dans chacune des-* quelles on pouvait mettre un bœuf coupé en morceaux ; deux sacs d'or de la contenance de dait^c fw^es de blé ; une idole d'or de la grandeur d'un enfant de quatre ans , et deux petits tambours* Les autres vases étaient des bassins d'^cM* et d'argent , de la contenance de deux.arrobes et plus chaque. Il y avait aussi pour les passagers vingt<[uatre vases d'argent et quatre en or. Ces trésors furent déchargés sur le mole , et transportés à la chambre
Le 3 jnuiifekMèMeimiée, deuK^aÏMaïux aiiiutnt aHOiUe'; Fim fômiwindé pur BruKÎnD JÈaàngatm^ Fflatre par nûdnoo Bnen. GfesliituMHls-portnait ocnt qn* ff>nlf I mi Milk f «n f nif iH¥ hait jTirriTr d'or cft trente milfe doq ccBit «OK airâ d*û^cnt l yM lca mt à des pMagcra «m à des jparti-
Sans coMplèr les tmm et les olgets en or d ai aident déjà désignes . For de ces quatt« navires s*éleTa à sept cent huit mille cinq cent quatre-vingts pesas; chaquejMso vaut un casieliano; on le vend communément quatre cent cinquante maravédis; et en additionnant tout lor des quatre vaisseaux , sans compter les vases et les autres objets, la totalité s'élevaà trois cent dix-^huitmillions huit cent soixanteun mille maravédis. L*argent se montait à
qiHipinte-neuf mille huit marcs, chacun de hait onces , qui , en les calculant à deux mille deux cent dix maravédis, donnent un total de cent huit millions trois cent sept mille six cent quatre-vingts maravédis.
Un des deux derniers navires qui arrivèrent (celui qui était commandé par Francisco Rodriguez), appartenait à Francisco Xcrez , natif de cette ville de Séville , qui est Fauteur de cette relation , écrite par ordre du gouverneur François Pizarre, pendant son séjour à Caxamalca, dans la province de la Nouvelle-Gastille , en qualité de secrétaire du gouverneur.