CHAPITRE XXXVIII
Nous retoarnons yen notre commaDdant , qui nous prend notre butin. Les troupes se soulèyent.
Nous primes le parti de retourner chez les Siberis. Les vivres nous manquaient, et nous n'avions pour nourriture que les fruits d'un arbre nommé palmides (palmistes), et des racines sauvages. Quand nous arrivâmes chez les Sherues , la moitié de nos soldats étaient
' dangereusement malades, tant pour avoir marché dans l'eau pendant trente jours, sans jamais en sortir , qu'à cause de la raisére , de l'eau croupie qu'ils avaient été obligés de boire , et des souffrances qu'ils avaient éprouvées pendant cette expédîtioD,
Nous restâmes quatre jours chez le roi des Sherues, qui nous traita parfaitement bien , et ordonna à ses sujets de nous fournir tout ce dont nous pourrions avoir besoin. Chaque soldat avait ramassé, pendant ce voyage , la valeur de deux cents ducats en manteaux de coton et en objets d'argent.
Nous avions échangé secrètement, avec les Indiens , des couteaux , des chapelets , des ciseaux et des miroirs contre ces objets. Nous descendîmes la rivière peur rejoindre notre commandant, Âlvar-Nu&A!. Dés que a wft fûmes arrivés, ït nous fit' défendre, sous peine de mort , de quitter tes vaisseaux. It vint lui-même à bord , fit arrêter Hemtndo . de Ribera, et nous enleva tout le bUttB que
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nous avions fait pendant cette expédition. 11 voulait même faire pendre notre chef. Mais quand nous apprîmes cette nouvelle à bord, nous nous soulevâmes, et, aidés par un grand nombre de nos amis qui se trouvaient à terre, nous signifiâmes au général qu'il eût à remettre Hernando de Ribera en liberté , et à nous rendre tout ce qu'il nous avait enlevé , que sinon nous saurions bien nous faire justice.
Quand Alvar nous vit en révolte ouverte , il fut trop heureux de nous apaiser en élai^ gissant notre chef et en nous rendant tout ce qu'il nous avait pris. 11 nous fit les plus belles promesses ; mais on verra par la suite ce qui lui arriva. Tout étant tranquille , notre commandant demanda à Hernando de Ribera un rapport exact sur ce qu'il avait vu dans cette expédition , et pourquoi il avait tardé si longtemps. Les explications que nous lui donnâmes le satisfirent parfaitement.
Alvar avait fait arrêter notre chef et nous
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avait maltraités , parce que nous n'avions pas observé ses instructions ; car il nous avait ordonné de ne pas nous avancer au delà de deux journées du pays desScherues, de venir lui rendre compte de ce que nous aurions vu; et nous avions pénétré jusqu'à trois journées de marche de cet endroit.