‹ Relation véridique de la conquête du Pérou et de la province de Cuzco nommée Nouvelle-Castille, subjugée (volume 2)Chapitre 8 sur 75 · partie de son avoir à faire construire un · texte numérisé non relu

partie de son avoir à faire construire un

grand vaisseau , et à acheter les objets nécessaires pour son voyage. Pizarre partit de

Panama le 1 4 novembre 1624 (i) '• il conduisait

cent douze Espagnols, qui avaient avec eux

quelques Indiens pour les servir. Il soujffrit

beaucoup pendant son voyage , à cause de

rhiver et des temps contraires. Je ne par^

(1) Herrera 6ze ainsi à l'année i5t4 rexpédition de Pizarre. Gracilaao de la Vcga et Cieça de Léon la placent en i5i5.

leraî pas de plusieurs choses qui lui sont arrivées , dans la crainte d'être trop long , je ne raconterai que les faits principaux, et qui se rapportent davantage au sujet.

Soixante -dix jours après avoir quitté Panama » il débarqua avec sa troupe dans un port qui , depuis, prit le nom de Puerto de la Haipbre ( port de la Famine ). Il avait dV bord pris terre dans un grand nombre de havres» et il les avait abandonnés successivement, parce qu'il les avait trouvés déserts. Le capitaine s arrêta dans celui-ci avec quatre-vingts hommes 5 les autres ayant déjà succombé. Les vivres étaient consommés et le pays n'en fournissait pas : il envoya donc le navire avec Féquipage et un capitaine à File des Perles, qui est dans le gouvernement de Panama, pour aller en chercher, pensant recevoir ces secours au bout de dix ou douze jours ; mais , comme la fortune est toujours ou presque toujours contraire, le bâtiment resta quarante- sept jours pour aller et venir.

4 RIDT.ATIOlf

Pendant ce temps, le capitaine et ceux qu'il avait avec lui se nourrirent d'une espèce de coquillage qu'ils recueillaient avec beaucoup de fatigues sur le bord de la mer ; plusieurs Espagnols moururent à la peine.

Us mangèrent aussi des palmistes amers.

Plus de vingt hommes périrent pendant Ffibsence du vaisseau. Quand il revint ayec les provisions, le capitaine et les marins racontèrent comment ils n'avaient pu s'en procurer en allant, et qu'ils avaient mangé un cuir de vache tanné qui servait d'etiveloppe à la pompe; ils l'avalent fait cuire et se Tétaient partagé. Les gens de l'expédition qm avaient survécu se restaurèrent avec les vivres que le bâtiment avait apportés, ils se composaient de mais et de porcs; puis le capitaine leva l'ancre pour continuer son voyage.

11 aborda à un village (i) situé sur le

(i) L*autear te tert ici du mot puehh , qui lignifie à la fois une TiTle , un bourg , un Tillage , et même quelquefoit un ha-

DE LA COMQUÊTB DU PÉltOD. 5

bord de la mer , protégé par des fortifications élevées et entouré de palissades, on y trouva des provisions en abondance, mais les habitants s'étaient enfuis. Le lendemain il arriva un grand nombre de gens de guerre :

comme ils étaient belliqueux, bien armés, et les chrétiens fatigués, exténués par la famine et par les maux qu'ils avaient soufferts , ces derniers furent vaincus , et le capitaine reçut sept blessures , dont la moindre aurait pu causer la mort. Les Indiens qui le blessèrent, le croyant sans vie, le laissèrent sur la place; dix-sept hommes furent blessés avec lui et cinq furent tués. Voyant les résultats de sa défaite , et le peu de ressources que cet endroit lui offrait pour se guérir et réparer ses pertes, Pizarre se rembarqua et se dirigea vers Panama. Il jeta l'ancre près d'un village indien, nommé Cuchama. De là il expédia le vaisseau à Panama, car ce bâtiment ne pou-

meau. Noiu avons adopté chacune de ces significations suivant que O0it« relation ou d*aatres ouvrages nous j ont détermines.

Page 1