A YANG-KING-PANG
L'administration de cette paroisse offre des difficultés qui ne se prtisentent dans aucun autre poste de la Mission. Les e'ie'ments hétérogènes, dont elle se compose, en sont la cause principale. On y rencontre, en effet, 300 étrangers chrétiens, je dirai presque ex omni tiibu et lingua, " et 458 Chinois de toutes les parties de l'empire, excepté de Chang-hai. Chaque année, cette population flottante augmente ou diminue. Les Européens retournent dans leur patrie ; parmi les chinois, il en est qui rentrent sur le sol qui les a vu naître, ou émigrent en d'autres contrées. Outre cette population composée d'hommes livrés au commerce , il en est une autre venue des environs même de Chang-hai pour se mettre au service des Européens ; les chrétiens de cette classe, qui s'élèvent environ à 1,000, ne sont généralement pas les plus fervents.
Enfin les nombreux navires de guerre et de commerce, qui arrivent à Chang-hai, ont ordinairement à bord quelques officiers ou matelots catholiques. Bien peu parmi eux savent profiter du ministère sacerdotal, qui leur serait cependant si nécessaire. .
Il semblerait, à première vue, que le missionnaire, à qui sont confiées ces ouailles, venues de tant d'endroits divers et exposées à mille dangers au milieu de la corruption de Chang-hai, ne doit pas éprouver grande consolation à paître son troupeau. Et cependant les 10,000 communions de dévotion, que le P. Desjacques compte, cette année, dans la paroisse S. Joseph, prouvent que la corruption y exerce peu de ravages et que les chrétiens qui la composent sont dignes de
leur nom.
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Chaque dimanche, il y a un sermon et un cate'chîsme en chinois pour les indigènes, et alternativement un sermon en anglais et en français pour les étrangers. La population portugaise de Chang-hai est de 190 personnes. Les hommes comprennent tous l'anglais; les femmes savent un peu le français. C'est pour cette raison que les Missionnaires ne prêchent pas en portugais.
Comme celle de S. François-Xavier, cette paroisse a des œuvres dont nous allons rendre compte.
CONFBËEU: DE LA BONNE MOBT. Cette Confrérie est érigée dans l'église S. Joseph, depuis le 19 octobre 18C8. Le but des personnes qui en font partie est d'obtenir la grâce d'une bonne mort, tant pour elles que poiu* tous les Associés.
La seule obligation des Associés con«iste à assister aux réunions qui ont lieu régulièrement, le premier vendredi de chaque mois. Ils sont exhortés à y faire la communion. Ce jour là, à 7 heures, le saint sacrifice de la messe est offert pour eux et pour tous les défunts qui autrefois fiu^ent membres de la Confrérie. Le soir, il y a une instruction suivie de la bénédiction du Saint-Sacrement.
Tous les chrétiens du Vicariat peuvent se ftxire agréger à cette Confrérie, en envoyant leur nom au missionnaire qui en a la direction. Ceux qui, éloignés de Chang-hai, ne peuvent assister aux réunions du premier vendredi du mois, doivent en ce jour multiplier leurs bonnes œu\Tes, et réciter chez eux les prières qui se disent, après la messe, par les Confrères dans le but d'obtenir une bonne mort.
De nombreuses indulgences sont accordées aux membres de cette pieuse Confrérie. Ils peuvent gagner celles des Stations de Kome, en visitant l'église S. Joseph, à Yang-king-pang, ou l'église du lieu dans lequel ils demeurent, et en récitant sept Pater et sept Ave.
Le nombre des Associés de la Confrérie de la bonne mort s'élève actuellement à 5,200.
HÔPITAL GÉNÉRAL EUROPÉEN. Le soin spirituel des malades est confié aux Missionnaires de la paroisse S. Joseph ; et l'hôpital est desservi par les Sœurs de S. Vincent de Paul, au nombre de dix.
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Non contentes de prodiguer leurs soins aux malades étrangers, ces Eeligieuses ont encore établi dans la cour d'entrée de l'hôpital deux salles, où elles donnent des consultations et des remèdes aux indigènes, hommes et femmes, qui ont recours à leur charité.
Les protestants admirent leur dévouement, et voient qu'au-dessus des croyances rationalistes et des œuvres philantropiques confiées à des mercenaires, qui mesurent le travail ei la peine au nombre des pièces d'argent qu'on fait briller à leurs yeux, il est une religion toute divine, où le zèle s'inspire à d'autres sources qu'à celles de Mammon. Aussi, lorsque les femmes qui les soignent avec une charité vraiment maternelle viennent, dans l'intérêt de leur âme, leur parler de Dieu, de la fin de toute créature snr cette terre, et des destinées inévitables de l'autre vie, ces vérités inusitées émeuvent ordinairement ces hommes ; des larmes coulent de leurs yeux ; et la réconciliation ne tarde pas ù se faire entre les mains du missionnaire qui recueille les fruits que lui offre le zèle de la Sœur de Saint Vincent de Paul.
Dans le courant de cette année huit protestants Européens ont fait leur abjuration entre les mains du P. Desjacques ; et six sont morts pour aller recevoir au ciel une récompense, que les dangers du monde leur auraient peut-être ravie, s'ils avaient recouvré la santé : 400 malades ont été admis, cette année, à l'hôpital.
INSTITUTION S. JOSEPH. Cette Institution est dirigée par les Religieuses Auxiliatrices. Nous en parlerons, quelques pages plus bas. A cette Institution est jointe une école chinoise pour les filles indigènes. Elle est tenue par les vierges de l'Association de la Présentation, et placée sous la direction des Religieuses. Dix-sept jeunes filles chrétiennes et quatre païennes l'ont fréquentée pendant le. cours de l'année. Ici, nous n'avons qu'à nous louer du zèle des maîtresses, du travail et de la bonne conduite des élèves. .
ÉCOLES DE GARÇONS. La paroisse S. Joseph possède cinq écoles de garçons. Deux sont sous la direction immédiate des Misionnaires ; trois autres sont établies dans des familles particulières. Il y a dans ces écoles 26 élèves chrétiens et 47 païens. On y enseigne à tous
les livres classiques chinois, et aux chrétiens les livres de prières et de Religion.
De plus, nous venons d'établir une école pour les enfants Européens on Américains. Les résidents de Chang-hai en sentaient la nécessité urgente, car ils ne savent à qui confier l'éducation de leurs enfants. Quoi sera son avenir, nous l'ignorons. Plaise à Dieu qu'elle devienne le germe d'un véritable collège, à l'instar de ceux que nous possédons en Europe et en Amérique, avant que le protestantisme lui-même ait le temps de nous devancer.
ŒTJVEB DES CATÉCHUMÈNES. Chang-hai, centre d'un mouvement commercial extraordinaire, laisse à ceux qui l'habitent peu de loisir pour songer aux choses du ciel ; ici, les intérêts de la terre repoussent bien loin derrière eux ceux de l'autre vie. C'est à peine si quelques rares païens daignent prêter l'oreille aux enseignements de la Religion. Quoi qu'il en soit, un catéchiste et deux ferventes zélatrices sont employés pour l'exhortation des païens, et l'instruction du petit nombre de catéchumènes qui surgissent çà et là. Cette année leurs efforts ne sont pas demeurés sans succès : 14 baptêmes d'adultes et 37 baptêmes d'enfants forment la moisson qu'ils sont parvenus à récolter. Les Missionnaires trouvent encore en eux d'utiles auxiliaires pour se mettre en rapport avec les nouveaux chrétiens ; puis ils leur en confient la direction ; charge dont ils s'acquittent avec un zèle tout apostolique.
ŒUVEE DES BBOOETTIEBS. Les rues des quartiers Européens et Américain sont sillonnées, chaque jour, par des milliers de brouettes chinoises, ou de voitures japonaises à bras, que conduisent des hommes de peine pour transporter voyageurs ou marchandises au gré de ceux qui les louent. Ces brouettiers sont païens ; et leur profession semble les rendre inaccessibles au missionnaire, car du matin au soir ils ne cessent d'être en mouvement. Cependant la chute du jour est pour eux comme pour tant d'autres le signal du repos; et c'est alors qu'un catéchiste zélé va les visiter dans leurs différentes stations pour leur annoncer la bonne nouvelle de l'Evangile et leur parler du royaume de Dieu. Ces hommes en paraissent moins éloignés que les marchands
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et les riches de ce monde. Cette œuvre des bronettîers ne fait que de naître, et nous ne pouvons encore prévoir quels fruits elle nous permettra de recueillir.