PAROISSE DE HONG-KEU
Cette paroisse, située au quartier Américain, est fondée depuis quelques années seulement : 57 paysans, voisins du quartier Américain, et 83 Manillois en forment la partie principale. Les autres chrétiens, tous indigènes, viennent du Tché-kiang, du Fo-kien et de diverses parties du Kiang-sou. Une église y est en voie de construction, et sera dans quelques mois livrée au culte, sous le vocable du Sacré-Cœur de Jésus.
La paroisse de Hong-keu compte 245 chrétiens. Le missionnaire, chargé de la desservir, habite la Résidence de S. Joseph.
RÉSIDENCE ET PAROISSE DU LAO-TIÉ-TSU-TANG
Cette paroisse, consacrée à l'Immaculée-Conception, est desservie par un missionnaire qui y réside à poste fixe. Les 4,820 communions de dévotion que l'on y compte, cette année, donnent la mesure de la ferveur qui anime les chrétiens.
Ici, comme ailleurs, les Congrégations sont entre les mains du missionnaire le principal levier qui lui permet de soulever les âmes au-dessus des intérêts de cette misérable vie, pour les diriger vers Dieu. Le P. Sédille, chargé de la paroisse du Lao-Tié-tsu-tang, y a organisé cinq Congrégations, qui toutes ont leurs réunions mensuelles. Ces Congrégations sont celles de V Annonciation, du Scapnlaire du Mont-Carmel, de Notre-Dame-des-sept-douleurs, du Saint Cœur de
Mwie et du Rosaire. Elles se distinguent par la pie'té qui anime leurs membres.
Passons maintenant en re\iie les différentes œuvres établies dans cette paroisse.
EXHORTATIONS AUX PAÏENS. Une des salles de la Résidence, ornée de grandes images représentant les principaux mystères et l'histoire de la Religion chrétienne, est constamment ouverte aux païens qui désirent y entrer. Des catéchistes leur donnent toutes les explications désirables, et les exhortent à embrasser le christianisme. Pendant l'année, qui vient de s'écouler, les visiteurs ont été nombreux. Cette œuvre existe à peine depuis quatre ans ; et déjà plus de cent mille hommes sont venus voir les images, écouter, interroger. D'autres, en moins grand nombre, ont demandé des livres de Religion qui sont immédiatement mis à leur disposition, et qu'ils peuvent lire dans cette même salle.
Quel est le résultat prtxluit par cette œuvre ? Djibord, elle fait disparaître peu à peu les pKîjugeV qui nous rendent hostiles tant de païens ; la connaissance de la Religion les empêche de mépriser, ou leur fîiit estimer davantage les Missionnaires qui l'annoncent. Il est des hommes qui avouent que notre doctrine est digne de respect ; et ils l'embrasseraient volontiers, disent-ils, si des obstacles insurmontables ne se dressaient devant eux. D'autres, en grand nombre, demandent quelle différence existe entre nous et les protestants. Il en est enfin qui adressent aux catéchistes maintes questions sur des calomnies mille fois répétées et réfutées; ils veulent sa\oir si les Alissionnaires arrachent les yeux.
Que les visiteurs n'aient pas tous une velléité de se faire chrétiens ; il n'en est pas moins vrai que la semence évangélique est jetée dans un grand nombre d'Ames, et qu'un jour viendra peut-être où elle grandira et produira des fruits de salut. Les faits ne nous manqueraient pas, si nous avions à défendre cette thèse ; et, pour n'en citer qu'un, qu'il nous soit permis de raconter ce qui est arrivé, il y a quelque vingt ans, dans une famille du Kiang-sou.
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Un enfant de quatorze ans, né au sein d'une riche famille païenne de Song-kang, entra un jour dans une e'glise, au moment où l'on y célébrait la messe : il entendit un sermon. La pensée du ciel et de l'enfer développée par le missionnaire, ainsi que la nécessité de se faire chrétien pour parvenir au bonheur de l'autre vie et se soustraire aux tourments étemels, frappèrent vivement l'esprit du jeune auditeur. Mais les mille préoccupations de la vie semblèrent obscurcir pour jamais ce trait de lumière, qui n'avait brillé qu'un instant. Les années s'accumulèrent ; la vieillesse et une maladie conduisirent sur le bord de la tombe l'enfant d'autrefois. Les souvenirs du premier âge se ravivèrent à cette heure dernière ; et le malade voulut faire appeler un séminariste, qui se trouvait alors à Song-kang : il désirait recevoir le baptême. La famille soupçonna cette intention, et refusa d'avertir le séminariste. Celui-ci, grâce à des relations d'amitié qu'il avait eues autrefois avec le moribond, parvint à se frayer an accès près de sa couche, et le baptisa. Le vieillard mourut quelques jours après. Il venait de recueillir sur le bord de la tombe un fruit de salut, dont le germe avait été déi)osé dans son âme, plus de soixante ans auparavant.
Quant aux visiteurs de la salle du Lao-Tié-tsu-tang il en est qui, touchés de la grâce divine, n'ont point méprisé le don qui leur était oftert, ni remis à un autre temps une conversion bien douteuse ; ils ont déjà reçu le baptême et vivent en chrétien».
HÔPITAL. Cet hôpital, établi il y a deux ans, n'était primitivement qu'un misérable réduit, où l'on recevait, où parfois même on entassait un certain nombre de malades recueillis un peu partout. Il vient d'être agrandi, et a reçu des améliorations qui le rendent beaucoup plus sain. Dans le cours de cette année, 113 malades y (mt été reçus ; 55 ont été baptisés in articula moj^tis ; 49 sont morts. Les autres ont pour la plupart quitté l'hôpital, et en ont emporté des notions religieuses quelquefois assez complètes, et y ont laissé plus d'un préjugé qu'ils nourrissaient contre le christianisme et les Missionnaires. . . .
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Dans la ville murée, comme aux faubourgs de Tong-ka-dou, cette œuvre est une des plus féconde en fruits de salut. Si les ressources de la Mission nous permettaient de construire pour le service des malades un vaste établissement desservi par des Religieuses, chaque année nous enverrions au ciel une abondante moisson d'âmes. Les Protestants nous ont devancés ; leurs ministres ont construit à Chang-hai un magnifique hôpital, où les malades indigènes ne leur manquent pas
Ceux qui sont admis dans le nôtre ne sont pas des mendiants de profession. Ils appartiennent généralement à une classe d'hommes nombreuse à Chang-hai. Ce sont des ouvriers ou de petits marchands, accourus de toutes parts pour chercher fortune dans cette grande cité. La maladie met fin à leur commerce, ou les oblige à cesser leur travail. Ils demeurent alors dans une hôtellerie, tant qu'il leur reste assez d'argent pour faire face aux dépenses nécessitées par leur position. Mais quand leur bourse est vide, ou que la gravité de la maladie laisse prévoir une mort prochaine, qu'arrive-t-il I Hélas I en pareille circonstance les païens déposaient naguère les malades sur la rue, où ils mouraient dans le plus triste abandon. Aujourd'hui, on nous les apporte à l'hôpital, quand nous ne parvenons pas nousmêmes à les trouver.
Mais au milieu d'une population aussi compacte que celle de Chang-hai, beaucoup de ces infortunés nous échappent et meurent sans baptême. Il existe dans la ville un dépôt de mendicité bâti par les mandarins. Environ quatre cents personnes, vieillards, veuves, orphelins, malades y trouvent un asile. A certaines époques, on y rencontre plus de cent malades ; presque tous y meurent. L'entrée de cette maison est interdite aux Missionnaires et même aux catéchistes ; cependant un ou deux malades ont été baptisés par un catéchiste, qui était parvenu à se glisser furtivement près de leur couche.
HOSPICES. La Mission possède depuis 1867, près de l'église du Lao-Tié-tsu-tang, deux hospices, l'un pour les vieillards, l'autre pour les vieilles femmes. Les chrétiens n'y sont admis que par
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exception ; et cette œuvre est exclusivement établie en faveur des païens. Les hospices, comme l'hôpital dont je viens de parler, sont un véritable vestibide du ciel. En effet, vieillards et vieilles femmes y reçoivent trop de bienfaits pour ne pas estimer la Eeligion qui les leur accorde ; tous demandent le baptême, et finissent par échanger les misères et les infirmités de cette vie contre le bonheur du ciel. Le nombre total des hommes et des femmes dans les deux hospices est de 72: 37 hommes et 35 femmes. Tous sont chrétiens, excepté trois, qui ne tarderont pas à recevoir le baptême.
L'instruction religieuse des hommes est confiée à des catéchistes ; celle des femmes à des vierges de l'Association de la Présentation.
ÉCOLE EXTEENE DES GARÇONS. Soixante-sept élèves, dont 21 Chrétiens et 46 païens, fréquentent cette école. Le nombre des enfants païens, qui y sont admis, indique clairement le but que nous nous proposons. Il nous est difiicile d'avoir un accès auprès des enfants païens ailleurs que dans les écoles ; et, quand les familles nous les envoient, nous en bénissons Dieu. Nous pouvons alors déposer dans leurs cœurs des germes qui, un jour peut-être, produiront des fruits de vie. Tous ces petits enfants, à force de se trouver en contact avec leurs condisciples chrétiens, et d'entendre les explications de la doctrine de l'Evangile, finissent par comprendre une certaine somme de vérités religieuses. Habitués à voir de près le missionnaire, ils laissent tomber maints préjugés hostiles ; et la voie vers la vérité se fraie peu à peu devant eux. L'avenir, nous osons l'espérer, sera plus fécond que le présent ; ces enfants grandiront ; et, maîtres h leur tour d'une volonté qui aujourd'hui ne leur appartient pas, ils pourront briser les entraves qui les retiennent dans les sentiers de l'erreur. C'est là l'œuvre du temps et de la grâce. Heureux, si nous pouvons réussir à saper les fondements de la société païenne, en attirant vers Dieu le cœur des enfants ! / ^^
ECOLE EXTEENE DES FILLES. Cette école renferme actuellement 24 élèves: 15 chrétiennes et 9 païennes. Sa cour d'entrée, placée sur une rue, communique avec l'hospice des femmes ; et cette disposition
locale a un avantage réel. En effet, les femmes païennes du voisinage, attirées par la curiosité, veulent visiter et l'école et l'hospice. Ces visites inspirent à plusieurs d'entre elles le désir d'envoyer leurs filles à l'école ; d'autres entrent à l'hospice, regardent les femmes réciter le chapelet et autres prières ; et écoutent en même temps qu'elles, l'explication des vérités du christianisme. Une de ces femmes païennes se distingue surtout par son assiduité k venir à l'hospice précisément aux heures de la prière et du catéchisme. Elle a eu autrefois des rapports avec les protestants, sans être satisfaite ; et elle se plaît à répéter que le catholicisme peut seul conduire au ciel. Elle méprise le paganisme où elle est née, parce que, dit-elle, sa doctrine n'est ni sérieuse, ni solide.
Depuis quelques temps, vingt femmes païennes, au moins, viennent chaque jour h l'hospice ; et nous espérons que ce mouvement nous donnera quelques catéchumènes.
ÉCOLE INTEENS. L'école interne a compté cette année, 54 élèves: 46 chrétiens et 8 païens. Trois élèves païens ont reçu le baptême, à la fête de la Pentecôte. La plupart de ces enfants appartiennent à des familles de néophytes qu'ils sont appelés à soutenir dans la foi ; aussi l'instruction religieuse tient-elle une large place dans le j^rogramme d'enseignement. Les études chinoises ne s'étendent pas au delà des classiques et du style épistolaire; les élèves qui montrent une aptitude spéciale pour la littérature sont envoyés au Cîollége de Zi-ka-wei.
Cette école interne a déjà fourni à la Mission plusieurs des Joséphistcs, dont nous allons maintenant parler.
JOSÉPHISTES. On donne ce nom à des jeunes gens qui font partie de 'l'Institution de S. Joseph," établie dans laMibsion, le 14 octobre 18C6. Le but de cette Institution est de former des catéchistes zélés, qui se mettent au service des Missionnaires pour travailler à la propagation de l'Evangile par la parole et le bon exemjjle de leur vie. Les Joséphistes habitent dans la Résidence du Lao-TLé-tsu-tang un bâtiment spécial, où ils font leur noviciat sous la direction d'un
missionnaire spécialement chargé d'eux, et qui les forme par des épreuves variées au genre de vie qu'ils doivent mener plus tard. L'étude des livres de Religion, des auteurs classiques, quelques notions scientifiques et médicales leur permettent d'entrer en relation avec toutes les classes de la société.
Les Joséphistes sont actuellement au nombre de 18. Neuf sont employés dans la Section de Nan-kin ; cinq exercent les fonctions de maîtres à l'école externe des garçons et à l'internat du Lao-Tié-tsu-tang; trois autres n'ont pas encore terminé leur temps d'épreuves, et le dernier leur sert en quelque sorte d'instructeur.
Ceux qui ont été envoyés dans la Section de Nan-kin parcourent le Ngan-hOué, pour y répandre la lumière de l'Evangile, et affermir les nouveaux chrétiens dans la foi. Malgré les déceptions amères qu'ils éprouvent parfois dans leurs rapports avec les païens, et les nombreux sacrifices que leur impose leur pénible ministère, ils triomphent de tontes ces difficultés avec la grâce de Notre-Seigneur, et annoncent les vérités de la Religion sur les chemins, dans les tribunaux, au milieu des païens et des catéchumènes avec un dévouement, que nous chercherions en vain chez les catéchistes salariés du Kiang-sou méridional.
Tel est l'état actuel de l'œuvre des Joséphistes.
SAINTE-ENFANCE. L'Œuvre de la Sainte-Enfance n'est point oubliée dans la paroisse du Lao-Tié-tsu-tang ; et, bien que dans les villes elle soit en butte à des difficultés plus grandes qu'au milieu des populations de la campagne, elle enregistre cette année 95 baptêmes d'enfants païens : 35 de ces baptêmes sont dûs an zèle d'une vierge fervente, 5 à une sage-femme chrétienne, 23 à un néophyte qui exerce la médecine, 12 au missionnaire du Lao-Tié-tsu-tang, et 20 à divers autres chrétiens.
Le compte-rendu des œuvres de cette paroisse nous montre qu'un grand bien s'y est opéré ; et les espérances de l'avenir sont trop fondées pour que nous n'ayons pas droit d'attendi'e encore de plus heureux résultats. •
ZI-KA-WEI
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Les principaux établissements de la Mission sont groupés dans cette chrétienté. Là se trouvent le Collège S. Ignace, le petit Séminaire, le grand Orphelinat des garçons, deux petits Orphelinats ; la Maison des Auxiliatrices, à laquelle se rattachent un Pensionnat et un Orphelinat de jeunes filles ; puis enfin les Carmélites. Nous parlerons séparément de ces divers établissements. ..