‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 15 sur 81 · OKPHELINAT DE TOU-SAI-VAI · texte numérisé non relu

OKPHELINAT DE TOU-SAI-VAI

C'est à l'époqne de la grande inondation de 1848, la 28® année du règne de l'Empereur Tao-kouang, que fut fondé l'Orphelinat des garçons dans la Mission du Kiang-nan. Depuis cette e'poque plus de 2,000 enfants y ont été reçus. Un grand nombre d'entre eux sont morts : ils y entraient avec des maladies incurables que la faim et la misère avaient engendre'es et contre lesquelles la charité chrétienne ne possédait aucun remède. C'était un trait de la miséricorde de Dieu à leur égard. Ils venaient chez nous recevoir le baptême, gagner qiaelques mérites au milieu de leurs douleurs, puis ils quittaient cette triste vie pour entrer dans une meilleure patrie. Parmi ceux qui ont survécu, les uns ont été ado})tés jjar des familles chrétiennes, d'autres sont domestiques ou ouvriers. Un assez grand nombre sont mariés. Quelques-uns ont voulu venir chercher une demeure pour leur famille tout près de la maison où fut élevée leur enfance ; et aujourd'hui quatre d'entre eux habitent en face de l'Orphelinat avec leurs femmes et leurs enfants ; l'un d'eux est graveur, un autre cordonnier ; le troisième est taUlexir et le quatrième menuisier. D'autres, ouvriers depuis longtemps, habitent le village de Zi-ka-wei. On en rencontre également à Chang-hai et en plusieurs autres endroits.

Quant aux plus jeunes, ils apprennent à l'Orphelinat plusieurs métiers, comme ceux qui les ont précédés. Imprimeurs, graveurs, vernisseurs, cordonniers, sculpteurs, menuisiers, tailleurs, barbiers, tourneurs, peintres, tous, arrivés à l'âge de 20 à 22 ans, pourront gagner leur vie, et se mettre à l'abri de la misère.

D'autres, au nombre de 80, font leur apprentissage à Chang-hai. Reçus ouvriers, orphelins de Tou-sai-vai et orphelins de Chang-hai, tous indistinctement continuent d'entretenir des relations avec la

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maison, où ils ont trouvé la vie du corps et celle de ITime. Quand ils se marient, c'est encore l'Orphelinat qui leur vient en aide pour faire face à des dépenses, que la plupart d'entre eux sont incapables de supporter. Si la maladie vient fondre sur eux et menace d'i'puiser leurs ressources pécuniaires, l'Orphelinat puise encore dans la bourse de la Sainte-Enfance les quelques pièces de monnaie qui les empêchent de tomber dans une misère d'où, par eux-mêmes, ils ne sauraient se relever.

Les apprentis de Chang-hai venaient chaque année, passer trois jours à l'Orphelinat avant la fête de la Maternité de la Sainte Vierge ; et ils y suivaient avec les autres orphelins les exercices d'une retraite. Le manque de local ne nous permet plus de les y recevoir ainsi en masse ; et, cette année, ils ont fait leur retraite à la Késidence de Tong-ka-dou, située dans le faubourg méridional de Chang-hai. C'est là qu'elle leur sera désormais donnée tous les ans, trois jours avant la fête de St. Stanislas Kostka. Un catéchiste de Tong-kadou leur consacrait ses soins du matin au soir, et les accompagnait dans tous les exercices. En dehors des instructions qui leur étaient données par le P. Sica, l'un des missionnaires de la Résidence, le temps était partagé entre le chemin de croix, la récitation du rosaire, la lecture d'un livre de piété et la préparation de la confession annuelle, que tous firent avec une grande ferveur. Le silence était obligatoire pour tous pendant le triduum. La retraite se termina par une messe solennelle où se fit la communion générale. Après le dîner, il y eut une distribution de chapelets, de médailles ; les bonbons même ne furent pas oubliés. ' En adressant la parole de Dieu h "ces orphelins déjà devenus des hommes, écrit le P. Sica, en les voyant prier avec recueillement et avec ferveur, en jouissant du spec- " table de leur foi, je me rappelais l'état misérable de corps et d'âme, '" où dans leur bas âge ils avaient été recueillis h l'Orphelinat ; et je " ne cessais de me dire : Mon Dieu ! Que seraient donc deveims ces " pauvres enfants, si la Sainte-Enfance ne les avait recueillis dans son " sein maternel ? Ils seraient tous morts depuis longtemps ; ou, si

"quelques-uns survivaient encore, ils traîneraient une existence iufor- " tunée dans le de'sordre et la mendicité. Devenus ouvriers, ils mè- " neront une vie honorable et clirétienne. Bénie soit donc l'œuvre "de la Sainte-Enfance qui seule peut produire des résultats aussi consolants ! "

ORPHELINAT CHEÉTIEN. Nous avons fondé, au mois d'août 1874, un Orphelinat chrétien. C'est un bienfait que les pauvres familles chrétiennes attendaient de nous ; nous n'avons pu le leur refuser. Il nous eut été trop pénible de repousser loin de nous des enfants, que nous pourrions appeler domesticos fidei, pour ne songer qu'aux orphelins que le paganisme nous envoie. Cet Orphelinat chrétien est établi aux frais de la Mission et ne dépend nullement de l'Œuvre de la Sainte-Enfance. Il compte actuellement 12 enfants.

Je ne dois point passer sous silence une amélioration importante que nous venons d'introduire à l'Orphelinat ; je veux parler de l'imprimerie des livres chinois avec des caractères métalliques. Jusqu'ici nous ne nous servions pour imprimer que de caractères gravés sur des tablettes en bois. Au bout de quelques années, ces tablettes détériorées par l'humidité, ou en partie rongées par les vers, étaient hors de service, il fallait en graver de nouvelles et par là même dépenser des sommes considérables. Les caractères métalliques s'altèrent peu, donnent une impression plus nette, et permettent de vendre des livres à meilleur marché. En effet, grâce à ces caractères, plus petits que ceux qu'emploient les Chinois, les ouvrages volumineux et dispendieux disparaissent pour faire place à une édition de quelques volumes seulement et mise, par la modicité de son prix, à la portée d'un plus grand nombre d'acheteurs. C'est ainsi que l'on reproduit actuellement en 4 volumes in-16 l'édition de la vie des saints, de 1738, qui compte 24 volumes in-8.

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OBSEEVATOIRB

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Longitude : 7 ^. 36 m. 24 s. Est de Paris.

Latitude : 31° 12' 30" Nord.

Altitodk : 6 mètres environ au-dessus du niveau de la mer.

Fondé en 1872, l'Observatoire météorologicpe et magnétique est établi au milieu d'un jardin, à 200 mètres de la Eésidence et du Collège de Zi-ka-wei. *

Les observations météorologiques sont confiées spécialement au P, Le Lee ; et tous les instruments, propres à l'étude de la météorologie, lui ont été fournis avec libéralité, baromètres et thermomètres de diverses sortes, hygromètres, pluviomètres, évaporomètre, ozonomètre. En outre, un appareil enregistreur des variations des principaux phénomènes météorologiques a été demandé au R. P. Secchi et fonctionne aujourd'hui. Les courbes tracées par cette machine très-ingénieuse servent à compléter les observations directes, fuites toutes les trois heures, de 4 h. du matin à 10 h. du soir. Pour rendre ces observations comparables, de tous points, à celles que l'on fait à Paris et en France, les instruments, observés directement, sont ceux qui sont recommandés par la Société météorologique de France. Mr. Saihte- Claire-Deville les a fait vérifier, avant leur expédition en Chine ; de plus, les thennomètres et autres appareils d'observation, qui doivent fonctionner à l'ombre, sont exposés sous un abri en fer, spécialement recommandé par la Société. On se trouve donc en meaire de faire, à Zi-ka-Avei, des observations sérieuses et de contribuer ainsi, à la connaissance de la météorologie générale.

Le P. Dechevrens est spécialement chargé des observations magnétiques. A cause de leur extrême délicatesse, on a dû se procurer des instruments spéciaux et beaucoup trop compliqués pour qu'il soit utile d'en faire ici une description détaillée. Les boussoles, ati nombre de trois, sont de facture anglaise et ont été vérifiées à l'Observatoire

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royal de Kew ( Londres ) . Ce sont deux Magnétomètres imifilaires servant à déterminer en valeurs absolues la Déclinaison magnétique et l'intensité de la composante horizontale de la force magnétique de la terre ; et un cercle de Barrow pour mesurer l'inclinaison de l'aiguille aimantée dans le méridien magnétique. L'inclinaison et l'intensité horizontale permettent ensuite de calculer l'intensité totale ; on a de cette sorte tous les éléments nécessaires pour connaître, à un moment donné, l'état magnétique de la terre, état aussi variable que celui de l'atmosphère. Un bulletin annuel renfermera les observations détaillées et les résultats obtenus.

Outre les instruments destinés aux observations météorologiques et magnétiques, l'Observatoire possède encore une bonne lunette astronomique de 4 pouces, un petit transit-théodolite, un grand théodolite de Gambey, un cercle répétiteur et un cercle de réflexion du même artiste.

HISTOIEE NATURELLE.

La Mission applique à cette science un Père qui, pendant les trois quarts de l'année, parcourt et explore notre territoire et un peu aussi celui des pro\ànces voisines. Le P. Houde voyage ainsi avec une barque chinoise, observant et collectionnant tout ce qu'U trouve d'intéressant, surtout les oiseaux, les poissons, les coquilles et les plantes. Durant les trois mois qu'il passe à Zi-ka-wei, il étudie et classe plus à loisir ce qu'il a recueilli dans ses voyages. Il a déjà trouvé plusieurs espèces encore inconnues en Europe. Sa collection forme un commencement de musée qui, nous l'espérons, deviendra important par le nombre et la valeur des objets d'histoire naturelle qu'on y réunira.

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BEUGIEUSES.

La Mission de Nan-kin possède depuis plusieurs années des Eeligieuses Europe'ennes. Ce sont les Sœurs de S. Vincent-de-Paul, les Carmélites et les Religieuses Auxiliatrices des âmes du Purgatoire.

Les Sœurs de S. Vincent-de-Paul desservent l'hôpital-général Européen à Chang-hai, nous avons déjà parlé d'elles.

Les Carmélites sont établies à Zi-ka-wei. Elles observent en Chine la même règle qu'en Europe. Ou les connaît ; nous n'avons point à en parler. Qu'il nous suffise de dire que c'est pour nous une véritable consolation de penser qii'à l'exemple de S*®. Thérèse, ces saintes filles offrent chaque jour à Dieu, pour la conversion des infidèles, leurs prières et leurs mortifications, et contribuent ainsi efficacement à implanter sur cette terre de Chine la Religion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Les Religieuses Auxiliatrices possèdent doux maisons, l'une à Zi-ka-wei, l'autre à Chang-hai, sur la paroisse S. Joseph, au quartier français.

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