MAISON DE ZI-KA-WEI
La maison de Zi-ka-wei porte le nom de Sen-Mou ieu, ou Couvent de la Sainte Mère. ; : V;
Elle est la plus considérable et par le personnel qu'elle renferme, et par les œuvres qu'elle dirige.
Ses œuvres sont au nombre de huit : Association de la Présentation, Pensionnat, Ecole externe. Réunion de S*®. Philomène, Catéchisme du B. Pierre Claver, Orphelinat, Catéchuménat, Pharmacie de la Sainte-Enfance.
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Elle a pour Supérieure la Mère S. Paul, qui la dirige avec \m incontestable succès. Nous arrivons maintenant au de'tail des oeuvres. ASSOCIATION DE LA PEÉSENTATIO». Cette Association a pour but de former des vierges indigènes à une vie toute consacre'e au service de la Mission. Les unes deviennent maîtresses d'école, les autres se dévouent au soin des malades ; celles à qui Dieu a donné cette vocation spéciale, parcourent les familles clirétiennes et païennes, et répandent partout la doctrine et la bonne odeur de Jésus-Clirist. Un grand nombre de petits enfants païens moribonds sont baptisés par elles, et leur doivent, après Dieu, le bonheur dont ils jouissent dans le ciel.
Cette Association se compose aujourd'hui de 24 vierges. Elles ne font pas de vœux ; mais se consacrent seulement à la Sainte Vierge, et promettent de se dcîvouer au service de la Mission. A la fin de juillet, elles revâennent au Sen-Mou ieu pour y passer im mois de vacances et se retremper par une retraite dans l'esprit de leur vocation. Leur noviciat, qu'elles font au Sen-mou ieu, dure deux ans. Le 8 septembre dernier, fête de la Nativité de la Sainte Vierge, et jour de la clôture de la retraite, trois novices prononcèrent, après la sainte messe, en face de l'autel, leur promesse solennelle. Le lendemain, à l'exception de celles qui sont attachées au Sen-Mou ieu, toutes ces vierges Présentandines s'embarquèrent pour se rendre à leurs différents postes.
L'une de celles qui parcourent les familles païennes et chrétiennes
rendait ainsi compte de son apostolat à la Mère S. Paul : " Ma Mère
' ne se fait pas une idée des difficultés qu'il faut vaincre pour instruire
ces pauvres gens. Ce n'est guère que le soir, et bien avant dans la
miit, que nous pouvons arriver à nous faire écouter. Dans la journée
les soins du ménage, les travaux des champs passent avant tout.
Quelquefois je suis la mère de famille à la cuisine, et je lui dis :
Si tu veux, Je l'cns t'aida- à cuire le riz, et je Rapprendrai un peu de
catéchisme en même temps. " Voyant que je îo.\% la moitié de sa
' besogne, elle consent, à répéter quelques demandes de catéchisme.
Quand arrive le soir, les enfants, les femmes et les hommes mT-mo " nous entourent et nous font des questions ; il est quelquefois minuit, " une heure du matin, et ils ne nous laissent pas encore reposer."
Dans un village, des païens avaient e'tabli une pharmacie près d'une grande pagode , et deux médecins y résidaient alternativement. Les malades abondaient. Deux Présentandines, informées du fait, pensèrent que leur apostolat ne serait pas infructueux an milieu de cette foule ; elles se rendirent à la pharmacie nouvelle. L'une d'elles raconte ainsi leur expédition apostolique. Dès les premiers jours, ' dit-elle, nous acquîmes les bonnes grâces du vieux portier de la pagode, qui nous donna des sièges ; et apprenant que nous étions, comme " on dit ici, des personnes faisant de bonnes œuvres, il nous permit de nous installer près de chez lui. Il se fit même notre apologiste ; *' et comme il vit que nous arrêtions quelques femmes au passage, et leur donnions conseil sur ce qu'il y avait à faire pour leurs enfants " malades, il les appelait lui-même et leur disait : " Voilà des femmes très-habiles dans les maladies des enfants ; elles font de bonnes œuvres, et ne vous demanderont rien • venez. " C'est ainsi que nous pûmes baptiser une grande quantité d'enfants. Deux fois les méde- " cins de la pagode vinrent pour nous entendre donner des consulta- " tions. La première fois, j'eus bien peur ; je crus qu'ils allaient nous " chasser, mais non. Ils restèrent une demi-heure, au moins, à nous " examiner, à nous écouter, et se retirèrent sans avoir dit une parole. " Vers midi, le concours des malades cessait, nous repartions alors en "brouette, bien fatiguées par la chaleur. Nous ne pouvions dîner "que vers trois heures."
PENSIONNAT. Le nombre des jeunes filles du pensionnat s'est élevé, cette année, à 5G. Elles se font remarquer par leur bon esprit, leur piété et leur application à l'étude. Il existe parmi elles deux Congrégations, celle des Saints Anges pour les plus jeunes, celle des Enfants de Marie pour les grandes. Les Congréganistes ont leurs réunions hebdomadaires, présidées par une Religieuse Auxiliatrice indigène, qui leur enseigne la manière de méditer, la méthode de
l'examen particulier, et les encourage à mettre en pratique divers moyens nécessaires pour se maintenir dans la ferveur. Pendant les neuvaines qui précèdent les fêtes spéciales de leur Congrégation, elles s'efforcent de composer un bouquet de fleurs spirituelles ou d'actes de vertu, qu'elles inscrivent sur une feuille de papier, pour l'offrir à Notre-Seigneur ou à la Sainte Vierge.
La Congrégation des Enfants de Marie a reçu, le 26 Juillet 1873, l'insigne faveur d'être affiliée à la Congrégation Prima Peimaria de Rome, et participe ainsi à ses nombreuses indulgences.
Parmi les Congréganistes des Saints Anges ou des Enfants de Marie sept se sont consacrées à Dieu, en entrant soit au Carmel, soit dans l'Association de la Présentation. Trois autres ne tarderont pas à les imiter, et cinq travaillent pour la Mission en dirigeant des écoles.
ÉCOLE EXTERNE. Cette école qui, l'année dernière, comptait 43 élèves, dont 10 païennes, n'atteint aujourd'hui que le cbiflfre de 34. Un maître païen, parent des familles de Zi-ka-wei, où il est venu s'établir, a eu toute facilité pour obtenir que les petites filles païennes lui fussent confiées. Une seule nous est restée fidèle. Pendant les instructions et le catéchisme, elle travaille dans la classe, et profite ainsi de l'enseignement chrétien, que l'on y donne. Au commencement du mois de Marie, entendant parler de fleurs spirituelles à offrir à la Sainte Vierge, elle demanda des explications sur la nature de ces fleurs inconnues. Quand elle eut compris leur signification, un changement s'opéra en elle. Tous les matins, elle arrivait la première en classe ; elle commençait à réciter ses leçons, elle qui auparavant ne les savait jamais. Enfin, elle vint se mettre à genoux avec ses compagnes devant la statue de la Sainte Vierge ; et pendant les prières elle se tenait avec une modestie qui la faisait remarquer entre toutes. Puisse Marie lui accorder un jour la grâce du baptême en récompense de la piété, dont elle a fait preuve pendant ce mois béni. L'étude des livres, le chant des prières, l'explication du catéchisme et de l'histoire sainte, à l'aide de tableaux, forment la base de l'enseignement dans cette école.
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RÉUNION DE SAINTE PHILOMÊNB. Une œnvre était a créer en faveitr des jeunes filles des environs de Zi-ka-wei qui, trop âgées pour venir à l'école externe, et surtout retenues une partie de la journée dans leurs familles pour vaquer aux soins du ménage, avaient cependant besoin de s'instruire du catéchisme et d'apprendre quelques prières qu'elles ignorent. La réunion dite de Sainte Philomène a été établie dans ce but, et la direction en a été confiée aux Keligieuses Auxiliatrices. - '■ /r, .;;:■■ \:-"—V"'-. ^"
. Trois fois par semaine, les portes de l'école externe sont ouvertes à ces jeunes personnes ; et pendant une heure et demie on met à leur disposition une maîtresse chargée de les instruire, sans préjudicier en rien aux devoirs qu'elles ont à remplir au sein de leurs familles. Cette réunion a produit de bons résultats, entre autres celui d'une heureuse influence, que les Keligieuses exercent sur ces jeunes filles.
CATÉCHISME DU B. PIEEEE CLAVEE. Le Catéchisme du B. Pierre Claver est le nom donné à une réunion de femmes chrétiennes et de catéchumènes qui se rassemblent, chaque dimanche, dans une des salles du Sen-Mou ieu, pour y entendre l'explication des principales vérités de la foi. Ce Catéchisme a été régulièrement suivi, toute l'année. Pour stimuler le zèle de ces chrétiennes, promesse leur fut faite qu'après vingt-quatre semaines de présence assidue, un cadre renfermant l'image du B. Claver leur serait donné en récompense. La plupart d'entre elles firent immédiatement inscrire leur nom sur le registre destiné à constater la présence au catéchisme. Maintes fois dans l'année elles s'informèrent du nombre de semaines écoulées ; et grande fut leur joie le jour où le cadre tant désiré leur fut remis entre les mains comme récompense de leur exactitude : 5,408 actes de présence ont été enregistrés pendant le cours de l'année.
ORPHELINAT. L'Orphelinat a été visiblement béni de Dieu. En effet, 242 orphelines y sont entrées, cette année. Parmi elles nous comptons 73 enfants de deux à sept ans, et plusieurs adultes non baptisées. Vingt-six anciennes orphelines ont été adoptées par des familles chrétiennes et quatre se sont mariées. ~ Les enfants âgées de
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trois à sept ans sont colles qni sont le plus facilement adoptées et dont l'avenir est le plus assuré, parce que les familles qui les adoptent s'y attachent davantage. Il en existe maintenant à l'orphelinat quatorze de cet Age; mais celles-là n'en sortiront jamais. Aveugles, estropiées, ou atteintes de quelque maladie incurable, elles ne sauraient trouver un cœur assez généreux pour leur venir en aide et soulager leur misère ; elles passeront leur vie auprès des Religieuses dans l'asile de la Sainte-Enfance, ouvert à toutes les infortunes, que le monde ne sait ni adoucir, ni consoler.
CATECHDMÉNAT. Cette œuvre commencée au mois de mai 1873, en faveur des femmes catéchumènes ou néophytes, a produit des effets bien consolants. Que de fois n' avons-nous pas admiré la puissance et la miséricorde de Dieu dans le travail merveilleux qui s'opérait dans l'âme de ces femmes ou retirées de l'abîme du vice, ou arrivées quelquefois à un âge fort avancé, sans avoir jamais entendu parler ni du ciel, ni de leur Créateur.
Depuis l'ouverture du Catéchumènat nous y avons reçu 39 catéchumènes ou néophytes; et nous enregistrons 9 baptêmes, 11 premières communions, et 4 mariages. Cet établissement compte actuellement 17 femmes. Six se préparent à faire leur première communion, les onze autres étudient pour se disposer au baptême. 11 en est deux dont nous raconterons ici brièvement l'histoire pour donner au lecteur sujet de rendre grâce à Dieu. La première est une vieille femme âgée de 80 ans, aussi droite que le bâton dont elle se sert pour marcher. Elle n'a plus qu'un petit-fils, fumeur d'opium, dont les soucis se portent ailleurs que sur elle ; aussi les familles chrétiennes de son village s'étaient cotisées, pendant un certain temps, afin de lui donner quelques sapèques trop insuffisantes encore pour qu'elle pût se procurer la nourriture de chaque jour. Bref, en désespoir de cause, elle forme le projet de se noyer afin de se soustraire à son malheureux sort. Un chrétien, informé de sa résolution, alla la trouver, et lui proposa de la faire econduire au catéchumènat où, lui dit-il, elle passerait ses derniers jours loin de la misère, et trouverait
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— Gode plus, en se fais.ant chrAienne, un moyen assuré d'être heurense après sa mort. Elle accueillit avec joie celte proposition, et deux femmes chrétiennes l'amenèrent au catéchuménat. L'intelligence ne lui manque point ; mais la mémoire ne fonctionne chez elle que difficilement. A son arrivée, on lui suspendit au cou un scapulaire du Sacré-Cœur. Elle le baisait souvent avec respect ; et elle demanda d'elle-même un petit cmeifix, disant qu'elle aimait et respectait tout ce que les chrétiens vénéraient. A la chapelle, elle allait, malgré son grand âge, se prosterner devant les statues de la Sainte Vierge et de St. Joseph pour réciter les quelques prières qu'on parvint à lui apprendre. Elle fut trouvée suffisamment instmite pour être baptisée et faire sa première communion, le jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus. Profondément pénétrée de la grâce qu'elle allait recevoir, elle eût voulu qu'on lui parlât sans cesse de Dieu, et elle assista à tous les exercices d'une petite retraite de trois jours donnée aux catéchumènes et aux orphelines, qui se disposaient au baptême ou h la première commiuiion. La veille de la fête, apercevant une Religieuse qui se rendait au pensionnat, elle la suivit fort loin, marchant de son meilleur pas. Celle-ci s'en aperçut et lui demanda ce qu'elle voulait : Oh ! je t 'cm iwie, aide-moi h bien préparer mon cœur pour demain ; " lui répondit la bonne vieille. Après son baptême et sa première communion, cette pauvre femme fut admise à l'hospice du Lao-Tié-tsu-tang.
La seconde catéchumène était une jeune femme de trente-deux ans, atteinte d'une maladie de poitrine. Son mari, privé de travail depuis plusieurs mois, pouvait à peine la nourrir elle et ses deux enfants, et dans des moments de colère il lui manifestait son mécontentement de la voir toujours souffrante. Elle avait une parente chrétienne, et, par son entremise, elle sollicita l'entrée du Catéchuménat, disant qu'elle allait bientôt mourir et que pour sauver son âme, elle désirait vivement recevoir le baptême. Son mari, loin de s'opposer à ses désirs, l'amena lui-même au Catéchuménat ; et permit que son plus jeune enfant, qui n'avait que deux ans, fût conduit à l'Orphelinat
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des garçons. L'aîné, Agé de six ans, resta auprès de sa grand'rnère. La catéchumène se mit h étudier la doctrine chrétienne et les prières. Mais elle avait à peine passé une semaine dans sa nouvelle demeure que sa maladie fit des progrès alarmants ; elle dut garder le lit, et au bout de quelques jours elle semblait arrivée au terme de la vie, La connaissance qu'elle avait acquise des vérités de la religion était suffisante pour qu'on pût lui administrer le baptême : elle fut baptisée. La consolation qu'elle éprouva fut si grande que son corps sembla participer au bonheur dont jouissait son âme. Un mieux sensible s'opéra dans son état ; et l'on en profita pour lui différer la réception des autres sacrements, afin de l'instruire davantage. Une seule chose lui causait de la tristesse, c'était l'avenir de ses enfants. Oh ! si je 'pouvais les donner aux Religieuses, disait-elle, comme je mouirais tranquille " .' Six jours après son baptême, la maladie empira. On dut lui administrer le Saint- Viatique. La plupart des Kcligieuses accompagnèrent le Saint-Sacrement avec des cierges. Quand elle vit la petite procession entrer dans sa chambre, elle sentit une vive iuipression s'emparer d'elle ; et reçut la sainte communion, la Confirmation et l'Extrême-onction avec le plus grand recueillement. Cette pauvre femme qui, quelques jours auparavant, ne soupçonnait pas même l'existence de ces trésors que l'amour de Notre-Seigneur se plait à répandre sur les hommes, se sentait toute transformée ; et ne pouvant contenir la joie de son Tune elle remerciait avec efiusion le missionnaire qui lui avait donné le Saint- V^iatique et toutes les personnes agenouillées dans sa chambre. Elle vécut deux jours encore, pendant lesquels elle ne cessa de parler de Dieu. Quelques heures avant de mourir, elle disait à une femme qui veillait près de son lit : Oh ! ne travaillez ni pour les hommes, ni pour de V urgent ; mais seulement 2)our Dieu!" Elle expira doucement, le 13 août au matin.
PHARMACIE DE LA SAINTE-ENFANCE. Ce moyen d'action est d'une efficacité incontestable pour attirer les païens à nous, et faire tomber, par ce rapprochement, les préjugés ridicules qu'ils nourrissent contre les Missionnaires et les chrétiens. Ils viennent demander aux
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Religieuses la santé du corp. Les Auxiliatrlces leur donnent ce qu'elles peuvent donner; mais ce, qui est beaucoup plus important, elles cherchent à faire pénétrer dans leurs âmes quel(]ues rayons de lumière pour les engager à embrasser le christianisme. La pharmacie de la Sainte-Enfance a eu deux résultats m.anifestes : elle a procuré aux Religieuses l'avantage de baptiser des enfants moribonds ; et, de plus, elle a diminué chez un grand nombre de personnes cette antipathie native du Chinois pour tout ce qui est chrétien. 13eancoup de femmes païennes témoignent déjà une certaine confiance aux Auxiliatrices.
La Sainte Vierge a visiblement béni cette œuvre de charité et de zèle pour la conversion des âmes. Lorsqu'elle fut établie en 1872, les Religieuses comptaient à peine 50 consultations par mois. Ces consultations atteignent aujourd'hui un chiffre beaucoup plus considérable.
Le total de la première année t;tait de :
Consultations: ............ 3,016.
Remèdes distribués: 2,041.
Enfants baptisés : . . 24.
Adultes baptisés : 1.
Le total de cette année est de: ■
Consultations: 0,729.
Remèdes distribués : 5,533.
Enfants baptisés : 35.
Une salle, dont les murs sont couverts d'images représentant les grandes vérités de la Religion, est disposée pour recevoir les personnes qui viennent demander des consultations ou des remèdes ; et une Religieuse Auxilialrice indigène est désignée pour les instruire d'une manière familière et par forme de conversation. Sa parole n'est pas toujours accueillie avec plaisir ; mais il lui arrive de se voir écoutée pendant un quart d'heure, sans aucune répugnance : 2,421 femmes païennes ont été par ce moyen, quelque peu instruites dans le courant de l'année. r
RELIGIEUSES INDIGÈNES. Pendant l'année qui vient de s'écouler, huit novices indigènes ont prononcé leurs vœux, et sont aujourd'hui Religieuses Auxiliatrices. Elles se font remarquer par leur dévouement à s'aocjuitter des fonctions qui leur sont confiées. Pour l'instruction des catéchumènes, les classes, la surveillance du pensionnat, et les rapports avec les personnes du dehors elles rendent de grands services.
Il ne nous reste plus qu'un mot à dire de la maison du Sen-Mouieu , et il est à sa louange. Un grand nombre de maîtresses d'école en sont sorties, et aujourd'hui nous les voyons ù l'œuvre dans nos chrétientés. Elles y ont porté l'esprit de l'Institution où elles ont été élevées. Dans les écoles qu'elles dirigent elles mettent en usage, autant que les circonstances peuvent le permettre, le règlement qu'elles observaient elles-mêmes autrefois. Elles conduisent les enfants à l'église pour y réciter les prières du matin et du soir ; l'examen de conscience et la méditation sont des pratiques auxquelles elles restent attachées, et dont elles inspirent le goût aux jeunes fiUes qui fréquentent leurs écoles ; et leurs élèves récitent chaque jour le chapelet en commun. Ce sont elles aussi qui dirigent les exercices du mois de St. Joseph, du mois de Marie, du mois du Sacré-Cœur ; et, quand le missionnaire arrive dans une chrétienté, ce sont elles encore qui disposent les enfants à la confession.
Elles contribuent ainsi à faire pénétrer l'esprit du christianisme au sein de nos populations, en se consacrant avec zèle à l'instruction et à l'éducation des enfants, Plusieure d'entre elles se mettent en rapport avec des femmes païennes et leur font connaître les vérités chrétiennes. En un mot, grâce à leur dévouement, la Mission du Kiang-nan trouve en elles d'utiles auxiliaires pour la propagation de l'Evangile.