‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 66 sur 81 · MISSION DE NGAN-KING · texte numérisé non relu

MISSION DE NGAN-KING

Cotte contrée est un rude ehanip ouvert aux labeurs des Missionnaires ; les conversions n'y abondent point et les difficultés n'y sont ])as rares. Pendant l'année, qui vient de s'écouler, cinq de nos Pères l'ont fécondée de leurs sueurs sous la direction du P. Seckinger, leur ministre. C'étaient le P. Audrain, e'tabli dans la ville même de Ngan-king, le P. Joret, missionnaire au Kien-te, le P. Bedon, chargé <lu district de Clie-tai, le P. P"'rin, ù qui le E. P. Supérieur avait confié le soin de parcourir le pays de Hoci-tcbeon, sans oublier les clin'tiens de Tong-men, et le P. Li, chargé d'explorer la région de Yng-chan.

La Section de Ngan-king ne possédait encore aucun pied-à-terre ù Ou-hou, ville importante située sur la rive droite du Kiang, au sud de Tai-ping-fou. Le 22 novembre, le P. Seckinger y a fait l'achat d'une maison ; et, malgré les difficultés inhérentes h ces transactions, il a pu en prendre possession, le 1^^' janvier 1875. L'accueil, qu'il a reçu des habitants n'est rien moins que sympathique ; les soldats impériaux, établis dans un camp voisin, sont venus par bandes visiter sa nouvelle demeure ; ils n'avaient à la bouche que des insultes et des jiaroles menaçantes contre les Européens. Ou-hou est le centre d'une immense population, et cependant le P. Seckinger n'a pu y trouver des domestiques ; il a dû en demander à Ning-ko. ' On nous considère ici, dit-il, comme les Prussiens en Alsace. Quoi qu'il en soit, nous sommes les envoyés du souverain Maître des âmes, et nous ne nous établissons au milieu de ces populations effarouchées, que pour être l'instrument des divines miséricordes à leur égard. Apej'iatar terra et germiiiet sulvatorem. "

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DISTRICT DE NGAN-KIING, Proprement dit.

Les habitants do Ngan-king nous sont moins hostiles qu'antrefois ; et ils ne de'daignent pas de franchir le seuil de l.i salle d'exhortation, ouverte en leur faveur dans la Re'sidence des Missionnaires. Lîi, ils peuvent entendre de la bouche d'un catéchiste l'explication des vérités religieuses, et lire à leur gré des ouvrages, oîi se trouvent développés l'histoire et les dogmes du Christianisme. Les étrangers, que le commerce ou d'autres affaires attirent ù Ngan-king, viennent aussi faire une visite à la Maison du Maître du Ciel ; de retour dans leur pays, ils parlent des images quils ont vues, de la doctrine qu'ils ont entendue ; et les Missionnaires dans leurs courses apostoliques ont rencontré maintes fois quelques-uns de ces visiteurs, qui s'exprimaient en termes louangeurs sur la Religion et ses ministres, et nous montraient que la salle d'exhortation est un moyen efficace de projj.ager l'Evangile non seulement dans la ville, mais encore dans toute la province. -

Une école gratuite, établie depuis trois ans, nous met en rapport avec les familles pauvres et contribue à dissiper certains i)rt^'ugés absurdes, que le peuple nourrit volontiers contre les Européens. I^a première année, elle ne compta que cinq enfants ; car c'était faire acte de courage de venir étudier dans notre maison ; le nombre des élèves augmenta peu à peu ; aujourd'hui nous en avons 29 ; et tous sont païens, excepté quatre. Ils n'ont point peur qu'on leur arrache les yeux, mesure qui compromettrait singulièrement leur avenir littéraire, sans nous donner beaucoup de popularité ; et chaque jour trois d'entre eux sont désignés pour aller saluer le missionnaire, à qui cette petite entrevue fournit le moyen de se concilier leur affection, de leur parler de Dieu et de leurs âmes. : ; V :r ^

A Ngan-king, comme en d'autres villes de la Section de Nanking, deux femmes se consacrent avec courage à l'œuvre du Bapt^'Hie

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