‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 9 sur 81 · RÉSIDENCE ET PAROISSE DE LA CATHÉDRALE S. FRANÇOIS-XAVIER · texte numérisé non relu

RÉSIDENCE ET PAROISSE DE LA CATHÉDRALE S. FRANÇOIS-XAVIER

La plus grande partie des chrétiens de cette paroisse habitent le faubourg de Tong-ka-dou. La ferveur règne parmi eux ; et les 26,4^0 communions de dévotion, que nous enregistrons cette année pour 1,500 fidèles en âge de communier, en fournissent la preuve.

Les moyens employés pour conserver et augmenter la ferveur sont les Congi-égations et les Associations de prières.

H existe dans cette paroisse deux Congrégations, l'une pour les jeiuies gens, l'antre pour les filles.

(1) Ce mot de " Paroisse" ne saurait êtie pris dans le sens rigoureux que l'on y attache en Eiiroi^e. Nous l'employons ici pour désigner des chrC'tientC-s plus régulièrement organisées que celles des districts.

COlîGRÉGATION DES JEUNES GEHS. Cette Congrt'gation , érigée sous le vocable de " riimnacuk'e-Coiiceptioii, " se compose actuellement de 56 membres, dont la plupart appartiennent à des familles d'armateurs. Cbaque dimanche, ils se réunissent dans leur chapelle pour y assister à la messe et entendre une instruction. Cette chapelle est située près du grand Séminaire et exclusivement destinée à leur usage. Elle a été bénite, le 5 janvier 1874. par Mgr. Languillat avec une grande solennité. Quand la bénédiction fut achevée, le drapeau bleu de la Congrégation fut immédiatement arboré; et les trente-deux jonques clirétiennes, à l'ancre dans le port, près de Tong-ka-dou, hissèrent leurs pavillons, et saluèrent celui de Marie de trente-deux coups de canon. La sainte messe fut ensuite culeTirée par Monseigneur. Kevêtus de leurs plus beaux habits, les Congrtiganistes portaient suspendus sur la poitrine les écussons au chiffre de Marie, bénits pour eux par Pie IX. En ce jour de fête plusieurs Approbanistes firent leur consécration à la Sainte Vierge, et reçurent des mains de sa Grandeur leurs diplômes de Congri'ganistes.

Tout près de la chapelle, deux salles que les Congréganistes ont eux-mêmes meublées, et où ils peuvent, au gré de leurs désirs, prendre quelques heures de récréation, leur servent de lieu de réunion en dehors des exercices religieux. C'est là le Cercle qui, avec leur pieux sanctuaire, sauvegarde, au milieu de la corruption de Chang-hai, leur honneur, leur fortune et leurs âmes.

Ces jeunes gens se distinguent par leur ferveur, s'approchent souvent des sacrements, et font chaque année une retraite de trois jours. Celle de cette année a été nombreuse ; car 28 chrétiens qui ne sont pas Congréganistes ont demandé et obtenu la permission d'y prendre part. Tous, Congréganistes et autres, nous ont édifiés par leur foi, leur attention à écouter la parole de Dieu, et leur fidélité h observer le silence, même au sein de leurs familles.

CONGEÉGATION DES FILLES. Cette Congrégation ne compte guère qu'un an d'existence. Elle a été fondée dans un double but: d'abord, pour procurer aux personnes qui en font partie les moyens de

travailler d'une manière efficace à leur propre sanctification ; en second lieu, pour les exciter elles-mêmes à prêter quelque concours aux Missionnaires dans les difFe'rentes œuvres de zèle, et à travailler au salut des femmes païennes, en les instruisant des vérités du christianisme.

Que le premier but de cette Congrégation soit atteint, la chose ne saurait être douteuse ; la piété, la ferveur qui régnent dans son sein nous en sont un sûr garant. Quant au second, l'avenir nous montrera jusqu'à quel point nous pourrons le réaliser.

La Congrégation se compose actuellement de 75 Congréganistes et de 16 Approbanistes. Les réunions ont lieu dans une chapelle spéciale, une fois par semaine ; à chaque réunion, le Directeur fait une instruction. Au mois d'octobre 1873, les membres de la Congrégation ont suivi pendant trois jours les exercices d'une retraite qui a produit d'heureux résultats.

Outre les Congrégations, il existe encore dans la paroisse S. François-Xavier deux Associations de prières qui contribuent puissamment à augmenter le véritable esprit du christianisme ; nous voulons parler de l'Apostolat de la prière et de l'Archiconfrérie du Très-Saint Cœur de Marie.

ASSOCIATION DE L'APOSTOLAT DE LA PEIÈEE. Cette Association a sa réunion le premier vendredi de chaque mois. C'est alors que le missionnaire, qui en est chargé, indique à tous les membres qui en font partie les intentions pour les quelles ils devront prier le Sacré- Cœur de Jésus et lui offrir leurs bonnes œuvres. Cent cinquantecinq associés inscrivent fidèlement sur un registre, remis ensuite entre les mains du Père Directeur de l'Association, toutes les œuvres méritoires qu'ils ont faites. En voici le résumé pour l'année qui vient de s'écouler.

Communions : 6,158.

Messes entendues : 34,603.

Chapelets : 34,815.

Chemins de croix : 8,002.

Prières du matin et du soir: . . . .41,106.

Autres prières : . ; 36,072.

Actes de patience : 6,432.

Mortifications : 3,414.

Exhortations aux païens: 2,117.

Baptêmes d'enfants d'infidèles : .... 128. Le chiffre des bonnes œuvres offertes par les Associés pour le Souverain-Pontife est surtout considérable. Dans le mois de mars plus de 700 communions, 3,711 chapelets, 925 chemins de croix ont été offerts pour Pie IX par 150 Associés, sans tenir compte des mêmes œuvres qui n'ont pas été enregistrées. Ce zèle admirable a été imité par d'autres chrétiens, qui ne font pas partie de l'Association ; et, le jour de la Pentecôte, 800 personnes ont reçu la sainte communion, à l'intention de Pie IX, dans la cathédrale S. François-Xavier.

A l'Assomption, le nombre des communions n'était pas moins considérable.

AECHICONFEÉEIE DU TRÈS-SAINT CŒDE DE MA2IE. La réunion des Associés de l'Archiconfrérie a lieu tous les dimanches. Le Père qui la préside fait une instruction et indique les diverses intentions de prières suivant l'usage établi en Europe.

OEUTEES EXTERIEUEES.

OEPHELINS. Quatre-vingts apprentis de l'Orphelinat de Tou-sai-vaî, dont nous parlerons bientôt, avaient été placés dans des boutiques à

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Chang-hai. Un grnnd nombre d'entre eux habitent le faubourg de Tong-ka-dou et les quartiers environnants. Tous les dimanches, ils viennent entendre la messe à la cathédrale ; un missionnaire les re'unit ensuite dans une salle réserve'e et leur fait une instruction. C'est encore à Tong-ka-dou qu'ils se confessent et communient ; car leurs maîtres ne leur permettraient pas de s'absenter au moins pendant deux demi-journées, pour aller accomplir à l'Orphelinat ces actes de religion. Nous avons même dû prendre le parti de leur donner le déjeûner du dimanche, que leurs maîtres païens leur refusaient, parce que, pour venir à la messe et entendre une instruction, ils passaient une heure et demie en dehors de l'atelier.

HÔPITAL DES MENDIANTS. Les immenses faubourgs de Changhai sont parcourus par de nombreux mendiants, dont la vie ne saurait être longue ; car les privations, la nudité et la faim engendrent chez eux des maladies, auxquelles ils ne peuvent apporter aucun remède. On les aperçoit çà et là étendus sur quelques débris de nattes en plein air, attendant la mort. Le païen passe à côté d'eux sans les regarder ; il ne lui vient pas même à l'esprit de soulager ces infortunés créés à l'image d'un Dieu qu'il ne connaît pas. La Religion ne saurait rester insensible à de semblables misères, et nous avons établi à Chang-hai, en dehors des murs et non loin de la porte du sud, un hôpital où nous transportons ces pauvres, gisant dans la rue. Des chrétiens parcourent les divers quartiers de la viUe pour les chercher 5 quand ils en ont trouvé un, ils le placent sur une brouette et le font conduire à l'hôpital. Là, le malade a son lit, il reçoit la visite du médecin et les adoucissements que réclame son état. Etonné à la vue des soins qui lui sont prodigués, il sent son cœur se dilater. Autour de lui il voit les autres malades réciter les prières ; il entend les catéchistes expliquer la doctrine chrétienne. Le missionnaire arrive à son tour, et lui adresse quelques paroles pour lier connaissance. Tant que la maladie ne semble pas mortelle, et qu'il entrevoit le jour où il retom'nera parmi les païens, le mendiant, dit le P. Couvreur chargé de cet hôpital, se tient sur la réserve, écoute, regarde et

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approuve ; mais il s'en tient là et ne demande pas à se faire chrétien. Un temps viendra où une nouvelle maladie le mènera comme tout homme aux portes du tombeau ; et alors il se souviendra de la maison oîi il faut aller, pour obtenir la gue'rîson de l'àme et trouver dans l'autre vie un sort plus heureux que dans celle-ci.

Si au contraire le mendiant s'aperçoit que sa fin approche, alors il n'hésite presque jamais à embrasser le christianisme ; c'est un fait démontré par l'expérience. Il demande qu'on l'instruise, qu'on le sauve, qu'on le baptise. Son désir est sincère, et nous avons la consolation de le voir mourir animé des sentiments les plus chrétiens.

Sur les 128 mendiants qui sont entrés, cette année, à l'hôpital, 70 l'ont quitté, après y avoir trouvé leur guérison. Tous se sont montrés reconnaissants ; mais aucun n'a donné un signe positif de foi et d'adhésion au christianisme. Au contraire, les 42 qui sont morts ont tons sérieusement demandé et reçu le baptême.

Ceux qui survivent après avoir été baptisés, persévèrent dans la foi, et sont l'objet de tous nos soins.

Cette oeuvre des malades recueillis sur la rue produit un excellent effet sur l'esprit des chrétiens ; elle leur apprend ce que vaut une âme. Et quand ils voient les Missionnaires accourir près de la couche de ces moribonds que la société rebute, et les traiter avec autant de charité que l'homme le plus opulent, ils comprennent que la Religion ne sait et ne doit point faire de distinction entre les hommes, puisque tous sont rachetés au prix du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Leur cœur s'agrandit et s'ouvre à la charité.

De tons nos ministères, c'est celui qui étonne le plus les païens. En effet, il coupe pied à toute calomnie, et ne laisse place qu'à l'estime et à l'admiration. C'est une des manifestations du christianisme contre les quelles la haine n'a pas de prise.

MAISONS DES PAUVRES. Outre l'hôpital destiné à recevoir les mendiants moribonds., la Mission possède encore depuis plusieurs années cinq agglomérations de maisons qui servent d'asile à environ 200 pauvTes. Ces maisons ne sont point à proprement parler, des

hospices ; mais elles sont habitées par des familles incapables de payer un loyer, et à qui leur misère nous oblige parfois à faire des aumônes.

PHAHMACIE. Nous continuons d'entretenir une petite pharmacie, 011 un médecin donne chaque jour des consultations et des remèdes h tons les malades qui viennent en demander : 34 enfants d'infidèles y ont été baptisés depuis un an.

Quant à l'œuvre de la Sainte-Enfance elle continue d'être florissante Nous comptons environ quarante familles qui ont adopté ou nourrissent des enfants, pour l'entretien des quels, elles ne réclament ordinairement aucun secours. Grrâce au zèle de quelques vierges et d'autres bonnes chrétiennes nous avons eu, cette année, 201 baptêmes d'enfants païens dans la paroisse de Tong-ka-dou.

ECOLES. Deux grandes écoles externes établies près de la cathédrale, l'une de 80 garçons, l'autre qui compte plus de 80 filles, produisent dans la paroisse les fruits les plus consolants. De plus, trois écoles, placées dans des quartiers pauvres, assurent l'instruction nécessaire à 40 autres enfants qui ont surtout besoin d'apprendre le catéchisme et les prières.

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