‹ Relations de Suffridus Petri et d'autres savants du 16. siècle avec l'Université de Louvain Etienne Heuschling et les derniers temps de l'enseignement de l'hébreu au Collège des trois languesChapitre 14 sur 14 · IH · texte numérisé non relu

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parti des connaissances qu’il avait anaassées pendant de longues années avec un labeur infatigable : voulant trop embrasser dans ses études journalières, il ne lui fut pas donné d’atteindre un but déterminé avec un autre fruit que la satisfaction d’avoir exercé noblement jusqu’au bout de son existence ses forces intellectuelles. S’il n’a pu se rendre utile plus longtemps dans renseignement supérieur, s’il n’a point laissé quelque ouvrage marquant comme le résultat principal de ses patientes in* vestigalions, il a eu en cela le sort d’un grand nombre d’esprits indépendants et originaux que l’histoire des lettres nous montre jetés par les événements hors de la voie où ils étaient appelés à rendre de véritables services. D’ailleurs, il faut tenir compte des malheurs domestiques qui ont pu réagir sur le caractère d'Etienne Heuschling (1) , en le séquestrant de la société, en l’isolant des membres même de sa propre famille, en le poussant à une vie solitaire et rêveuse où venait s’absorber la meilleure activité de sûn esprit : devenu depuis longtemps indifférent aux relations scientiQques qu’il avait nouées naguère, il avait laissé se disperser peu à peu la bibliothèque qui avait servi aux travaux de toute sa vie , et , réduit à des soins mercenaires , il s’était dépouillé sans prévoyance d’une assez bonne partie de ses ressources personnelles. C’est le 29 août 1847 qu’Etienne Heuschling est mort à Bruxelles, à l’âge de

(i) Il épout^ le i4 ventôte an V], Calberine Yandeisaorlen , de Bruiellfj • dont il eut deui eofaotii mâle» , Clmrlr» et Romain , d/cedra aa kas-âge « et qui ne leur survécut p^s longtemps.

( llâ ) •

8o ans (1), après avoir repris dans les jours de sa dernière maladie toute l’ardeur et tout l’enthousiasme de la jeunesse au sujet des études qui avaient été sa première passion.

Nous n’avons pu découvrir ce que sont devenus la plupart des manuscrits, fruit des longs travaux de Heuschling : il en aurait, selon toute apparence, disposé de son vivant. Nous n’avons quelques renseignements que sur des traités philosophiques dont il avait donné le manuscrit à l’un de ses neveux, M. Joseph Heuschling (2), décédé à Bruxelles le 26 novembre 1836. Ces traités sont tombés depuis lors en la possession d’un autre de ses neveux, frère de feu Joseph , M. Xavier Heuschling, qui,a bien voulu nous en communiquer les titres :

1° Examen analytique de l’ouvrage intitulé : La Logique ou les premiers développements de Fart de penser par l'abbé de Condillac; 94 pages in-4“, chaînées de notes , d’une écriture très-compacte.

2® Examen anal, et critique , etc. , comme ci-dessus; 218 pages in-folio, d’une écriture également très-serrée.

3° Positioncs clementares philosophiœ theoreticœ ; cabier in-folio.

Le second de ces manuscrits qui parait le plus impor-

(i) Unr notice ot'crologiqtif a été insérée dan* V fruiepenJanec ùtlgt peu de jour* après, et elle a été reproduite en grande partie dan* leJour^ nal de ViniirucHon publique , llle année , 3« lîvr. , sept. l847« p- oiG.

(a) J. Ueoacbting , docteur en pKiloiOphie et lettre*, attaché au ca* Linet du Roi, fut professeur de pliilosoplne au BInséc de* acieace* et belles-lettrra dr Biutellr* jusqu'en i8^4 remplacement de M. Van de Yfeyrr.

tanl est le développement du premier : c’est un traité ex pro/êsso contre la philosophie empirique et sensualiste, et plus spécialement une réfutation raisonnée de la logique de Condillac ; c’est avec raison que son possesseur actuel le destine à la publicité.

Nous dirons, en terminant celte courte notice sur la personne d’Etienne Heuschling, qu’il a donné l’exemple d’une volonté forte qui persévère dans la poursuite d’un Inême but malgré un grand nombre d’obstacles extérieurs : il avait fait preuve d’un esprit heureusement doué, d’une grande force de mémoire, d’une rare puissance de réflexion et de combinaison des idées; mais il lui a manqué peut-être un certain ordre dans ses travaux , une certaine précision dans ses recherches, et, faute d’un juste calcul de son temps et de ses forces , tant de précieuses facultés qu’il avait en partage n’ont pas été appliquées par lui à la réalisation d’œuvres utiles et durables que l’on puisse compter parmi les souvenirs et les exemples de la génération qui a précédé la nôtre. Au moins, peut-on dire avec assurance qu’Etienne Heuschling , qui avait vécu en partie dans l’autre siècle , a porté dans le sjècle présent ce qu’il avait recueilli de bonnes traditions au sein de nos anciennes écoles, et qu’au milieu des événements qui ont remué toutes les classes de la société à travers l’Europe civilisée, il a su conserver comme un culte intérieur et comme un bien inaliénable l’amour de la science qu’il avait puisé dès son enfance dans notre éducation nationale. FIN.

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