‹ Relations de voyages en Orient, de 1830 à 1838 (volume 2)Chapitre 14 sur 24 · EN (MUENT · texte numérisé non relu

EN (MUENT

fournirait entre les mains des Anglais bien au delà de ce qui serait nécessaire à l'entretien de cette armée. Je ne fais que reproduire ici mes conversations avec les employés anglais en Perse.

Ce qui semble prouver qu'il est de la politique de la Russie, non d'affaiblir la Perse, mais au contraire de la relever, s'il était possible, c'est qu'elle a excité lé Chah à la conquête d'Hérat, et qu'elle a même proposé à Feth-Ali-Chah de faire la conquête de Khiva pour la remettre ensuite à la Perse. Le général Bruski, Polonais re* belle, esttrès^bien vu de l'ambassadeur de Ruissie qui l'a fait avancer. Quelques milliers de Russes déserteurs n'affaiblissent guère la Russie et secondent au contraire beaucoup ses projets. Elle voudrait que la Perse devînt pour elle une alliée puissante dans le projet, qu'elle ne regarde pas comme impraticable, d'aller en cas de besoin attaquer la puissance anglaise dans l'Inde. C'est une idée de Napoléon qui peut fort bien être mise à profit.

Il serait très-avantageux pour la Perse de réduire les Turcomans sous son obéissance , et de les forcer à renoncera leur vie errante et nomade afin d'assurer la paix et la prospérité du Rhorassan (1). Mehemet Chah en eut l'idée en 1826,

(1) f^oy. la relation du voyage à Boukhara et 4an£f le

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mais cette expédition, mal eonçne, mal exécu* tée, n'eut aucun résultat sérieux et ne servit qu*à compromettre la réputation de Tarmée disciplinée que le père du Chah ayait mis vingt ans pour former. Les airmées régulières sont peu propres à combattre contre les Turcomans qui évitent les engagements généraux et ne font la guerre qu'en partisans (1). L'échec épr<Mivé par le Chah a rendu les Turcomans plus insolents que jamais; il faudrait d'ailleurs, pour obtenir une puissance forte et durable en ce pays, «^emparer de Khi va, mais il est douteux que la Perse soit en état de faire cette conquête, qui ïm lui importerait pas moins qu'au gouvernement de Saint- Pétersbourg, à cause des pêcheurs russes. A l'époque de la mission de Korsew Mirza à, Pétenabourg (1829), l'empereur de Russie (2) dît à ce

Khorasmaiy d'Alexandre Bumes, mortafisassiné en IMI, Um de rinsurr^tion de Caboul contre.les Anglais, et page 331 eidessus, une Notice sur les Yam)euths et Goklans, grandes tribus turcomanes voisines d'Astérabad.

(1) On titniTe ici d«îs le manuscrit une note aases informe ou il est question de collines servant de retraite à des quadrupèdes de Tordre des Bongeurs (voir lettre à M. Brongniart, page 626). Les collines, minées par ces animaux, se seraient éboulées sous les pas d'un régioient persan, dont cet accident iHzarre aurait occasionné la destruction partielle. L'animal dont il est ici question est sans doute le Rat-taupe aveugle ou Zemni,ifusrî/|pA/w»,dePal. Cuv., Reg.an.,1829, t. l,p, 210.

(2) Nicolas.

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jenne prince qu'il devrait engager son gouvernement dans cette entreprise ; celui-ci , objectant leei difficultés î « Éh bien ! dît l'empereur, je la ferai pour vous et vous remettrai le pays » . Cette proposition plut infiniment au vieux Chah ; sur ces entrefaites y Abbas Mirza désirant prouver à son père l'excellence de l'armée régulière que Feth-Ali-Chah se plaignait sans cesse d'entretettir à^des frais énormes, lui proposa d'entreprendre lui-même la conquête de Khiva. L'expédition d'Hérat et la mort de Feth-Ali-Chah arrêtèrent ce projet.

Il est sans doute dans l'intérêt de la Russie de s'emparer de Khiva, et cette conquête lui est bien facile (1). L'empereur actuel a résisté jusqu'ici aux joxhortations qui lui ont été faites par ses ambassadeurs dans cette partie de l'Orient ; sans doute il n'a rien à redouter de la politique du continent européen qui voit avec assez d'indiflérence l'agrandissement de la Russie dans le centre de l'Asie ; mais il n'oQ est probablement pas de même du côté des Anglais, qui ne peuvent guère voir avec plai$ir les Russes et les Persans s'essayer ainsi sur la route de l'Inde ; j'en trouve

(1) Le contraire semble prouvé par l'issue désastreuse de Texpédition tentée sur ce pays par le gouvernement russe dans ces dernières années.

la preuve dans la conduite des officiers anglais au service de Perse , qui ont déclaré ayoir ordre de leur gouvernement de ne point îseconder Texpédition actuelle d'Hérat.

U faut bien reconndtre, au reste, que si jamais la Russie avait le projet de faire une i^*. vasion dans Flnde (et qui sait ce que ne médite pas un gouvernement qui semble suivre la politique rondaîne et s'être proposé la soumission du monde entier ?), la conquête de Khi va lui deviendrait indispensable : on n'en peut douter quand on pense que le fleuve Amoo (1) est navigable jus*qu'aux frontières du Thibet, et que par ce moyen la Russie transporterait sans peine dans l'Inde son matériel de guerre. Comme , d'ailleurs , les Turcomans sont toujours prêts au pillage, la Russie pourrait sans cesse armer un million de ces hommes courageux et s'en servir avec grand avantage dans une guerre d'invasion de l'Inde.

(1) Ou Jihon *, VOxusdes anciens.

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