‹ Relations de voyages en Orient, de 1830 à 1838 (volume 2)Chapitre 13 sur 24 · GÉNÉBALITÉS SUR LA PERSE · texte numérisé non relu

GÉNÉBALITÉS SUR LA PERSE

Les dernier» géographes évaluent la population de la Perse à 9,000,000 d'habitants; maïs ce chiffre est Yort exagéré , et on ne peut guère le porter qu'à 5,000,000. D'ailleurs , depuis quelques années , ce pays a fait de grandes pertes par suite de l'émigration de la plupart des Arméniens sur le territoire russe*

L'armée régulière ne s'élèye pas à plus de 30,000 hommes, on pourrait facilement la porter à 100^000 ; a mais, disent les Anglais , à quoi bon cette dépense ? Dans l'état actuel des choses , la Perse n'a à redouter que les Russes; de ce côté les efforts des Persans seront toujours rares; et quelle que soit leur armée, , ils seront toujours battus. » Aussi n'est-ce que par leur soumission à la volonté de la Russie qu'ils espèrent se maintenir ; et l'influence des Russes est-elle arrivée au plus haut degré; 300,000 hommes que les

(1) Cette notice est le résultat des observations recueillies par Aucher-Eloy dans son voyage de 1835, et dans celui de 1837-1838.

Russes ti^uient sur les frontières , appuient singulièrement cette influence. L'Angleterre es* saye en vain de la balancer , mais que peut^Ue faire avec son ambassadeur , quelle que soit la pompe qui l'entoure ? On a accusé les Anglais de négliger beaucoup l'instruction militaire de^ Persans et d'avoir éloigné les instructeurs fran-* çais et autres 9 parce qu'ils obtenaient beaucoup de succès : cette accusation est juste. Faut41 tout à fait désespérer de créer.une armée redoutable même aux Russes^ avec une population natu;* rellement guerrière comme celle de la Perse?

Non; et si l'Europe faisait quelque forte diversion^ les Russes, (d)ligés de dégarnir leur frontière du côté de la Perse , pourraient bien offrir aux Persans un côté vulnérable. Mais il faut bien comprendre les motifs des Anglais. Pepuis la fanieuse expédition de Nadir-Chah dans l'Inde , les Persans conservent toujours l'espérance de faircj un Jour la conquête de l'Inde, Or, ce projet est aussi celui de la Russie ^ et les Anglaia en ont leç preuves les plus manifestes. Les Russes voudraient donc voir s'augmenter l'armée persane ; qui» deviendrait leur auxiliaire dans une entreprise, elle avec le concours de la Perse ^ n'a rien de trop, difficile. Les Anglais, au contraire, cherchent à maintenir cette armée persane aussi faible que possible ; car ils n'i-

gnarent pas que les gouvernements persan et russe ont plus d'une fois concerté un plan d'invasion de rinde en comn^tun. On sait que la puissance des Anglais dans Flnde est toute d'opinion^ et qu'ils ne seraient point en état de résister à une invasion étrangère que faciliteraient d'ailleurs tous les mécontents du pays. Us ont senti la difficulté de leur position , et bien convaincus que rinde leur échapperait bientôt , ils ont pris le sage parti de mettre le pays en état de se gouverner lui-même ; la dernière charte qu'ils ont donnée est conçue dans cette idée libérale : elle appelle les Indiens éclairés aux fonctions publiques , et emploie tous les moyens possibles pour répandre les lumières parmi eux. En attendant, pour que cette riche proie ne tombe pas en d'autres mains , les Anglais sont aux expédients. Ils désirent ardemment une guerre avec les Russes et voudraient surtout détruire leur influence en Perse. M. Mac- NeîU, envoyé dernièrement parle gouvernement anglais pour voir ce qu'il y aurait a faire de ce côté, n'a pas imaginé d'autre moyen que de s'emparer de Bassora et de Bagdad, afin d'y entretenir une armée propre à intimider les Russes et à soutenir le courage des Persans. L'entretien d'une armée anglaise ne serait pas à charge au gouvernement , parce que le pachàlik de Bagdad

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