‹ Relations de voyages en Orient, de 1830 à 1838 (volume 2)Chapitre 18 sur 24 · CLIMAT D'ISPAHAN · texte numérisé non relu

CLIMAT D'ISPAHAN

îl ne pleut presque jamais à Ispahan, une ou deux fois seulement dans le mois de décembre^ seul mois d'hiver. Pendant ce mois, on éprouve quelquefois des froids assez vifs , qui proviennent du vent d'ouest, refroidi par les montagnes du Laristan ; le ciel est toujours d'une sérénité extraordinaire. Quelquefois aussi , en décembre, le vent du nord apporte un peu de neige» mais elle ne reste que quelques heures sur la terre. Cependant, il y a quelques années , il en tomba une si grande quantité » et elle resta si longtemps sur la terre ^ que beaucoup d'arbres fruitiers furent desséchés. Dans l'été , le vent [d'ouest est très-agréable et rafraîchit l'atmosphère* Dans le mois d'août , le vent du midi cause des chaleurs assez fortes , et

tu RELATIOIfS DI VOSAGES

des coupe d& vent d'une grande importonité, mais qui ne dorent que deus ou trois minutes. Le v^tt d*est souffle fort rarement. On peut dire que le climat d'Ispahan est très-agréable j c'est un printemps presque continuel. Cependant, ni le [palmier» ni l'olivier, ni l'oranger n'y croissent ; on ne voit même pas de ces derniers dans les pîtlaiâ. Pour les arbres fruitiers d'Europe et la ^%ne , ils y végètent avec une force extrême , et donnent des fruits délicieux.

Les vignes foumissentun gros raisinsans pépin, le seul qui existe en Perse , et le vin qu^on en retire est célèbre. On cultive à Ispahan le Coton (Chssxpûun herbaceum)y\é Tabac, (tumbeki)(l), dont on fait utt commerce considérable avec Bagdad» et six variétés de /Hélons^ etc.

Qvelqoes fautractions hygiéniques mu voyageurs «n Perse.

Le conseil le plus important est de se garantir à la fois du froid et du soleil. Comme l'usage en Perse est de voyager la nuit , et qu'elle y est gta-

(1) TWnJw Af tahan il'un bniB olalf, hftché asSM groB , qui se fn dans le nar^guilë ou le cslioum. On

kfe uitiea.

m ORIENT. 7»

ciale , il faut avoir soin de se bien couyrir , soit en hiver, soit en été, surtout lorsqu'on descend de cheval. Quant au soleil , un parasol est trèsutile, ou mieu^L) pour éviter la fatigue d'en porter un , et souvent par la difficulté de le tenir sûr des mules qui s'en épouvantent , il faut se couvrir la tête d'un mouchoir^ pour ne point s'exposer à l'action directe du soleil.

. Les eaux en Perse, excepté dans les parties montagneuses, sont extrêmement mauvaises.

Comme elles coulent sur des terrains salés ou imprégnés de soufre , elles sont loijrdes et purgatives. Il faut se garder de les boire seules; il faut y mélanger un peu de vinaigre ou d'eau-dçvie. L'usage du thé est excellent. Le via est ordinairement coi^traire dans les pays chauds , mais en Perse , il en est tout autrement : comme l'eau débilite l'estomao, l'usage du vin lui donne de la force ; en général , je m'en suit toujours bien trouvé. Les fruits p en Perse , sont très^variés et délicieux , mais il ne faut pas se laisser entraîner au plaisir d'en manger ) l'excès serait très-dange^ reux et occasionnerait indubitablement la fièvre« Cependant, en manger modérément, et lorsqu'oii ne se sent point entièrement affaibli f ne saurait causer d'inconvénient* Il faut ausai éviter toute grande fatigue , toute espèce d'caicès , et se tenir l'esprit en gaieté.

Nouveaux détails sur le voyage de 1831.

Page 1