LETTRE A M. COQUEBERT DE MONTBRET
A FISMES (Mabre).
Thérapia, $ août iS7f .
Mon cher ami ,
Je n'ai pas répondu plus tôt à vos deux dernières lettres, parce que le besoin de quelque distraction m'a décidé à exécuter en partie le voyage que j'avais projeté. Je me suis rendu en Grèce, où, sans trop de fatigues, j'ai pu recueillir un assez grand nombre de bonnes espèces. Votre dernière lettre nous a donné des inquiétudes sur votre santé ; ne tardez pas à nous tranquilliser le plus tôt que vous le pour-
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(1> ^oy. p. 365 , la lettre & M. itf audiib
rez. Quant à moi, ma santé serait tout à fait rétablie^ n'étaient encore quelque faiblesse dans un dé mes yeux et des douleurs rhumatismales qui, par les changements de temps, si fréquents cette année à Gonstantinople , me font souffrir horriblement. Gomme la saison n'est pas encore très-avancée, je vais me rendre à Brousse, pour y prendre les eaux; j'irai auparavant passer quelques JQurs dans la partie alpine de rOIympe ; je planterai ma tente dans le voisinage de la neige , et j'explorerai toutes les cimes avec l'attention la plus minutieuse.
J'ai reçu les 500 francs que vous m'avez envoyés. Votre générosité, mon cher Montbret, ajouterait encore à mon attachement ik)ur vous si cela était possible; vous m'avez comblé de tant de preuves d'amitié que je ne sais plus comment vous en témoigner ma reconnaissance.
Est-il besoin de vous répéter que mon dévouement est sans bornes , puisque vous en êtes convaincu?
Je vais m'établir à Nichori, pour m'occuper a faire des centuries de mes plantes. J'en adresserai une collection au Muséum , une à M. de Candolle et une à M- Delesaert; quant à vous, je n'aurai à vous faire parvenir que les plantes de Perse, de Grèce et de lt)ly mpe , 1836. Chaque collection de mes plantes^ Iwmena ^an lQ0iQS
quarante centuries , car je puis disposer de plus de 4000 espèces. Ayez la bonté de vous inforiaer si quelques botanistes de Paris coosentiraient à prendre de mes collections; je les préparerais en mêùxe temps. Je ne voudrais pas les vendre moins cher qu'au Muséum , c'est-à-dire à raison de 6(y francs la centurie ^ avec une moyenne de trois échantillons de chaque espèce. 11 m'en coûte de me défaire de mes plantes de cette manîère^là; mon intenlîon, comme vous le savez, était de les vendre avec la Flore (ï Orient que je
médite ; elles en auraient été comme les Icônes ,mais la nécessité m'oblige d'^agir autrement.
Le feu ayant consumé tous mes livres de botanique , à l'exception des trois premiers volumes de Sprengel ^ il m'est impossible de déterminer mes plantes; j'ai donc recours à votre obligeance pour m'envoyer les ouvrages et objets Suivants que vous joindriez à vos plantes de Suisse, et que vous me feriez parvenir par la voie de Marseille. Un peu de diligence m'obligerait beaucoup, car je voudrais pouvoir expédier mes centuries avant l'hiver. Quant au montant de C0S objets, vous vous en rembourserez sur les centuries que j'expédierai au Muséum.
A. P. De Candolle, Prodromus, Id. Théorie élémentaire de Botanique, * Âlph. De Candolle , Monographie des Campanulaôées.
7d» RELATIONS DE VOYAGES
Prodromus flon» Grœeœ^
Dumont d'UrylUe , Enumerafio plantarum Arehipélagi^ etc.