NOTICE
SDR LA VIE ET LES TI!iAVADX
D'AtJCHERÉLOT.
Nous croyons être approuvé par tous les amît àes sciences naturelles en faisant connattre la vie d'ua des explorateurs les plus courageux qu'elles aient jamais inspirés, et ce qui nous reste de ses écrits. Les botanistes surtout nous en sauront gré : c'est parmi eux qu'existe, au plus haut degré peut-être, l'espèce de confraternité qu'on a remarquée entre les hommes qui s'occupent d'un même genre d^ tudes. Ils forment comme une société à part, qtii a sa ^e propre, son langage et ses signes de ralliement ; solidaires dans leurs efforts pour l'avancement de l'œuvre commune, c'est un devoir pieux pour tous de mettre en lumière les travaux el les
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services de leurs devanciers. Les gens da monde ne refuseront pas non plus leur sympathie à l'homme intrépide qui a poursuivi un noble but, à travers des difficultés, des périls de toute espèce , et qui, après les aventures les plus extraordinaires, meurt enfin sur la terre étrangère, victime de son dévouement.
Pierre-Martin-Remi Aucher, fils de Nicolas-Pas^ cal-Claude Aucher, négociant en vins, naquit à Blois le 2 octobre 1793. Il fut élevé au collège de cette ville , et paraît avoir reçu une forte éducation classique. La médiocrité de sa fortune le forçant à se faire un état, il étudia la pharmacie à Orléans, puis à Paris , où il se rendit en 1812. La botanique, accessoire indispensable de sa profession, le captiva bientôt i et il s'y livra dès lors avec ardeur sous nos grands maîtres, Antoine- Laurent dé Jussieu et Oesfontaines, dont les leçons si paternelles resteront gravées dans le cœur de tous ceux qui ont eu le bonheur de les suivre.
En 1813,' atiLicbé aa service des hôpitaux de
l'armée d'Espagno, il ne négligea point de former
i pays et du midi de la
a à Blois, mais bientôt s l'appela à l'armée du e des plantes de cette }uand une fois la pass'est emparée de nous, . : les circonstances les
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SUR AUCRER-iLOT. yii
plus diverses ne Bauraient la traverser ; et noua trouvons tour ft tour, en la satisfaisant, un accroisse* ment de jouissances buoine consolation.
De retour une seconde fois dans sa ville natale, Aucher reprit sérieusement ses études. En i817, il épousa mademoiselle Éloy, appartenant, comme lui, k une Emilie modeste et honorable ; il joignit désormais son nom au sien , suivant l'usage de la province. Peu de temps après , il acquit un fonds de librairie, et, en 4820, il y joignit une 'imprimerie. Plus tard, en 1836, il acquit une autre imprimerie à Paris, tout^en conservant son établissement de Blois. Dans celte période de sa vie, il demeura occupé, non-seulement des soins matériels de sa profession, qu'il exerçait avec distinction, mais, à l'exemple des imprimeurs qui ont eux-mêmes eul« tivé les lettres , il se livra à divers travaux pour son propre compte.
Parmi les ouvrages d'une belle exécution qui sont sortis de ses presses, on peut citer : La Luciade, ou l'Ane de Lucius, grec-français, traduction d'Ancber-ÉIoy, réunie à l'Histoire véritable de Lucien, grec-français, traduction de Bellin de Ballu, et une édition de Daphnîset Chloé, grec-français, traduo lion d'Amyot.
Il est auteur d'une Notice historique sur les pays qui composent le département de Loir-et-Cber, imprimée en tête de l'Annuaire de ce département en 1835, et d'une Entomologie en quinze leçons.
Il 8 publié aussi un prospectus et un spécimen d'une Bible polyglotte , mais il y renonça faute d'encouragements suffisants. Enfin, il avait : commencé à prépareV un grand ouvrage sur les inaectesj sous le tiU'C de Réaumur de la Jeunesse, qui est resté en manuscrit inachevé.
Nais j parmi ces travaux variés, la botanique res-: tait son étude de prédilection ; il explorait assidumenthe département de Loir-et-Cher, dont il se proposait de publier la flore, tâche plus douce que celle que les événements l'ont forcé à embrasser plus tard. Ce fut alors qu'il se lia d'amitié avec M. Naudin, juge de paix, aujourd'hui conseiller de préfecture, > amateur de l'histoire. naturelle, et avec un respectable ecclésiastique, M. Lefrou, curédeCour-Clie-; verni » excellent botaniste , dont M. Boreau a fait un juste éloge dans son Introduction à ]a Jlore daceii' Ire delà France (1).
Fixé à Paris en 1826 , Âucher-ÉIoy essaya de donner plus d'extension à son industrie; mais ses entreprises n'eurent pas le succès qu'il en attendait : unedescrises si fréquentes dans le commercede la librairie mit le désordre dans ses affaires , et il. se vit, au mois de mai 1829, obligé de toutaban-. donner.
Il , tourna ses regards vers un pays où un trop
(1) 2vol. in-S, Paris, Boret, 1840.
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graad nombre de Français sont altirés par des promesses qui ne doivent passeréaliser, et par l'exemple de quelques fortunes exceptionnelles; plus souvent dues à l'intrigue qu'au vrai talent. Il partit pour la Russie, accompagné de sa femmeet de sa ■ jeune ûlle, dans l'espoir de faire partie d'une expédition scientifique projetée vers le' Caucase : l'expédition n'eut pas lieu. Il demanda alors au gouvernement russe à êti>e envoyé dans l'intérieur du pnys , pour y former des collections et réunir les matériaux d'une flore. Bien accueilli d'abord, il eut le chagrin de voir ce second projet ajourné.
Sur ces entrefaites, le prince persan Kosrew- Mirza, ambassadeur à Saint-Pétersbourg, avait demandé à M. de Nesseirode de lui indiquer un Français capable de fonder en Perse une imprimerie et une académie. Le ministre jeta les yeux sur Auchér- £loy ; mais la négociation échoua, faute des garanties que celui-ci se croyait en droit de réclamer de l'ambassadeur persan. . .
L'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, qui avait su l'apprécier, lui proposa de faire partie de la mission qui se rend tous les dix ans à Pékin, à travers la Sibérie et la Mongolie : la défiance du ' gouvernement russe, qui craint d'initier des étran- ' gers aux secrets de ses relations avec la Chine, lui ravit encore cette perspective, dont son imagination s'éuit enthousiasmée.
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Le cbagria et la maladie le mirent à deux doigts de la mort ; sa fille tomba aussi grièvemeut malade *. les soins admirables de M'"^ Auch^^Étoy, et la générosité d'un Français, M. de Gournand, sauvèrent cette malheureuse Ëunille. Lorsque Aucha-- Élo; fiit rétabli, il entra chez le prince Waldbowsky, en qualité' de secrétaire, avec de modiques appointements; il y^tait traité avec ^ards.
Halil-Pacha, ambassadeur turc à Saint-Péters* bourg , dans une de ces velléités impuissantes de civilisation que le sultan Mahmoud avait mises à la mode dans son pays, engagea Auoher-Ëtoy à l'accompagner à Constantinople, pour y fcmder un journal turo-û'ançais. Il accepta, et suivit Halil-Pacha, non sans herboriser partout où il en trouvait Toccasion. II parait n'avoir pas fait de relation suivie de ce voyage ; il n'existe à cet égard que les indications éparses dans ses catalc^ues des plantes recueillies sur la route, principaleniMit dans les provinces russes qui bordent la mer Noire. H*^ Aucher-Éloy et sa. fille allèrent le rejoindre quelque temps après à Constantinople.
A mesure qu'il approchait de ees contrées de l'Orient que l'histoire a rendues ai célèbres et où la nature déploie tant de magnificence, Aucber-Éloy ressentit un redoublement de celte ardeur qu'elles inspirent k tous les hommes instruits : un vaste théâtre de découvertes s'ouvrait devant lui , et il se flatta de s'y faire un nom. Gomme d'ailleurs, en
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arrivant à Conslantinople, les belles promesses d'Halil-Pacha ne se réalisaient pas, et qu'il ne trouvait pas d'autre moyen de s'occuper utilement, il résolut d'entreprendre, dans une série de voyages en Turquie, en Grèce, en Egypte, en Syrie et en P^se, des collections de botanique et aussi de zoologie, dont il espérait le placement en Europe à l'aide des relations qu'il avait conservées parmi les savants. En huit années, il a exécuté ce vaste plan , et il se proposait de rétendre encore , lorsqu'il est mort de fatigue.
Il était plus propre d'ailleurs que personne à u|i genre de vie si pénible ; d'une santé alors assez robuste, d'un caractère énergique, il se sentait la force d'affronter, avec de faibles moyens pécuniaires , les épreuves diverses auxquelles le voyageur naturaliste est exposé. Nous aussi , noua avons voyagé en Orient, mais favorisé par la fortune et pourvu de tous les moyens qu'elle peut mettre à la disposition de la curiosité ; nous n'avons parcouru que les provinces les moins reculées de l'Asie Mineure, et pourtant nous avons souffert aussi. Mais ce sont jeux d'enfont, il faut en convenir, en comparaison de la tflche que s'impose la pauvre naturaliste réduit k un min<^ pécule, obligé d'économiser pour la moindre dépense, et de suppléer, par une activité incessante et des efibrts presque surhumains, aux ressource qui lui manquent. Maudit argent! s'écrie avec douleur Attcher-Ëloy dans .une de sei relations. Que
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n'aurait-il pas fait pour la science si dès le début il avait reçu, nous ne disons pas ces cDcouragements magniûques que prodigue le ministère britannique à ses explorateurs, mais seulement les secours que le budget français met avec trop de parcimonie à la disposition de notre gouvernement! Cependant^ il est juste de dire qu'à cette époque Aucher-Éloy était peu connu, et qu'à la distance où il se trouvait de Paris et des bureaux, il était difficile que son plan, qui n'était pas annoncé à l'avance, éveillât la sollicitude du pouvoir. Plus tard , lorsque ses premières collections parvinrent en France, on comprit le parti qu'il était possible de tirer d'un pareil voyageur. M. Adolphe Brongniart avait consenti, avec cette générosité de patronage qui distingue les professeurs du Muséum, à être te dépositaire d'une grande partie de ses récoltes, et il a: toujours continué depuis à lui en procurer le placement. M. De Candolle, dont la perte afflige toute l'Europe savante, avait été frappé du nombre et de l'intérêt des espèces nouvelles dont Aucher-Éloy avait enrichi l'ouvrage classique du Prodrome (1). Tous deux, réunissant leurs efforts à ceux de H. Naudin , obtinrent en sa faveur quelques secours du Muséum et du Ministère de l'Instruction publique ; une partie des fonds lui par-
(1) Prodromus systeiufttis natuialis regai TCgetabilis. Paris, Treuttel et Wurtz.
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vÎDt dans le cours de son dernier voyage : le surplus arriva trop lard I
Des circonstances si défavorables ne peuvent que rehausser extraordinairement le mérite de son entreprise, et l'on est confondu d'un respectueux étonnement lorsque l'on considère l'immensité des collections qu'il a Imites , la bonne préparation des objets qu'elles renferment, Tordre et la précision des indications qui y sont jointes. On y sent à chaque pas, non-seulement le col lecteur exact et consciencieux, mais aussi le naturaliste consommé. Presque dépourvu de livres , il était obligé de tirer de son propre fonds ses déterminations généralement irréprochables; et ses espèces nouvelles, caractérisées à la Mte, ont presque toutes reçu la sanction des maîtres de la science. Il avait même conçu la pensée d'une flore systématique de l'Orient , entreprise colossale, à laquelle personne n'était assurément inieux préparé que lut, mais qu'il n'aurait pu exécuter que s'il avait pu revenir en France et s'y entourer de tous les moyens d'infOTmation , de tous les objets de comparaison qui y abondent.
Ses plantes sont répandues dans une foule d'herbiers , tant publics que particuliers , en France et à l'étranger. On peut se faire une idée du nombre de ses échantillons par la note suivante, extraite du compte tenu par M. Adolphe Brongniart, pour les seules collections qui ont passé par ses mains.
Le premier envoi > comprenant les années 1830 à
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fS36 , a êlé di^ribué entre les personnes ou é blissements ci-aprés :
Hooker
i,emapices.
IloWa<
ThuMt
Fieldmg
Schutclvoith
Moricand
Jiabm
Le deuxième envoi, que sous avons eu, en 1839 « l'occasion d'examiner & Constantinople , alors que H*" Aucher et sa fille étaient religieuseqient occupées à le mettre eu ordre, a été réparti ainsi :
Miuémn de PaiU 1,800 twpboBB.
{coinpreiumt ie$ édutstîllQtil uidques.)
Wetb
Benjamin Delessert
Maille
Hooker
Boinier
Thutet
Fieldi-g
Horicaiid
Jaubert
DunanddeGalatiii
et il en reste encore, entre les mains de H. Bron-
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suft Aticim-ÉLor. M
gniart, une eertaiBe quntité & pfaner. tHins toutes, cbaque espèce est le plus aouvent représentée par plusieurs échantillons , rarement par un seul.
Quel qu'ait pu être TempresseBient des amateur» à se procurer ses coUectioDS , elles ne l'auraient jamais mené à la fortune. Une centurie de plantes, même des plus rares , a une bien petite valeur vénale , surtout quand elle est offerte ; le public qu'elles intéressent est trop restreint, et compte peu de gens riches. Les naturalistes qui se linmi à cette honorable indu^ie ne peuvent guère d>te^ nir une rémunération tant soit peu convenable, qu'autant que, comme cela se pratique par les soins de la société d'EssIingen , en Souabe, les frais sont couverts i l'avance par une souscription; et encore qudle pauvre carrière I Si Ancher-Éloy n'avait pas été soulenuparune véritable passion, il y auraitbientôt renoncé. Il se trompait d'ailleurs lorsque , dans ses moments de découragement passage, auxquels les plus fort» natures ne sauraient échapper, il supposait que ceux entre les mains de qui tomberaient ses collections à raison de 30 francs la centurie , se croiraient quittes envers le voyageur, pour cette misérable somme. Non, sans doute, il n'est pas un botaniste qui ne s'associe aux-peines que ses récoltes lui ont coûtées et ne lui rende hommage. Tranquilles dans le recueillement de leur cabinet, les botanistes assistent à s^ d^ couvertes; ils parcourent avec lui, par la pen-
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sée , ces mai^ malsains , ces plaines In-ôlantes, ces forêts « ces montagnes inhospitalières , et ils bénissent la mémoire de celui qui leur a préparé tant de jouissances. Notre publication les initiera de plus près aux détails de son pénible pèlerinage , et'ils l'en aimeront davantage. Non, sa mémoire botaniste, célébrée, déjà pEu* De Gandolle(l), n'a rien à redouter de l'ingratitude. D'autres, à sa suite, s'empressent chaque jour de répandre ses découvertes. Presque simultanément, M. Boissier de Genève, dans les Annales des Sciences naturelles, et nous-mëme, .revendiquons en faveur d'Aucher-Éloy la place qui lui appartient. Un ouvrage que nous publions, de concert avec H. Spach, sous le titre d' Illuatratimes ptantarum orienlaliumf signale déjà les additions inestimables .qu'il a faites aux conquêtes antérieures des Rauwol(, des.Tournefort , des Labillardière , et si nos efforts obtiennent quelque faveur dans le public , c'est en grande partie à ses travaux que nous aimons à en reporter l'honneur. Nous ne disons nous -même que. rassembler les matériaux de cette flore de l'Orient
(1} Le célèbre botaniste de Geoève, dans le 6* Tolumede son Prodrome (1837), lui a dédié le genre ^itchera, de la famille des Compoiées , avec cette note, véritable brevet de noblesse scientifique : Cemts dicatum clarissimo jiucher-Eloy, botanico Bksenai, huju» et plurimarumaliarvm stirpium detectori, qui botanices causa jàm à pluribus annii orientales plagoâ proprio mark et vUa periculo peragrat.
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rêvée par l'imaginalion d'Aucher-Ëloy, et que nous ne nous sentons pas la force d'aborder. II n'appartient qu'aux botanistes du premier ordre de l'entreprendre; quel que soit l'heureux génie à qui celte gloire est réservée, qu'il n'oublie pas Auclier-ÉIo^ parmi ceux qui en auront été les ouvriers \
Tout ce que le ctimat, les maladies et la méchanceté des hommes dans les pays barbares peuvent accumuler de misères, Àucher-Éloy l'a éprouvé. Les chaleurs accablantes du jour, le froid habituel des nuits et celui des montagnes, le défaut d'abri, les tortures des insectes, une nourriture chétive, le manque d'eau ou l'eau imprégnée de sels médicinaux , voilà ce qu'il a supporté huit ans. Il y a lieu de s'étonner que sa constitution y ait résisté aussi longtemps ; mais à quelles conditions t Les rhumatismes douloureux sont la moindre de ses souOrances , il est menacé de perdre la vue. Dans le Ghilan , il échappe avec peine aux fièvres malignes qui désolent les bords de la mer Caspienne ; en Perse , il est atteint du choléra ; réduit à se soigner lui-même, sa force morale le soutient , et il improvise de la façon la plus ingénieuse des moyens de salut. A Mascate, it est saisi de cette terrible fièvre, dont l'un des symptômes est un évanouissement de plusieurs heures, et se tire encore de ce mauvais pas , à l'aide du quinine, merveilleuse découverte d'un Français (i)
(1) M. Pelletier.
mil rfOTICJE
que la muaiûcence natioDale aurait bien dû récompenser.
Mais IcB plus grands maux du voyageur sont ceux qu'il éprouve par le faii des hommes el par l'absence presque complète d'ordre dans l'administration , de moralité dans les individus. Là , nulle protection elTicace à attendre de ce qu'on appelle encore l'autorité ; la force matérielle est tout , te brigandage est l'état habituel de nations tout entières : la ruse, le mensonge et les vices les plus honteux régnent partout chez les autres. En caravane, il faut faire le coup de fusil; un jour, Aucher-Eloy est déclaré général , et ses habiles dispositions sauvent la troupe. Quand il n'a avec lui qu'un petit nombre de compagnons, il est exposé à des avanies de toute espèce ou à l'assassinat ; plus d'une fois sa présence d'esprit le préservé d'une mort qui paraissait certaine.
Les touristes de nos bateaux à vapeur, qui ne voient que Smyrne et Constantinople, s'imaginent que les préjugés religieux de l' Orient ne sont plus à craindre : Aucber-Éloy nous les montre plus d'une fois dans toute leur ancienne àpreté , et si , dans de certaines circonstances, sa qualité de Franc lui attire quelque considération, le, plus souvent elle lui suscite des insultes, et il cède avec témérité à l'irritation que ressent son caractère naturdlement fier. Les Persans sont surtout l'objet de ses malédictions, et il les dépeint comme la nation la
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SUR AUGHER-ELOT. lut
plas dégénà'ée de l'Orient : leâr curiosité , leur insolence, lui oDt'été plus d'une fois cruellement à chargé, ei il parle souvent de leur lâcheté qu'il a éié en ellet en mesure d'éprouver.
Pour l'honneur de la nature humaine, ce genre d'épreuves n'a pas été sans quelques compensations : A.ucher-Eloj a rencontré auist parmi ces nations quelques hommes, tels que le chef du Laristan, lé cheik de BMider-Abassy, qui lui ont témoigné une bienveillance dont il se montre reconnaissant. Il va sans dire que la protection et les secours ne lui ont pas manqué de la part d^ Européens , et principal lement des agents diplomatiques français , non plus que des représentants des cours de Russie et d'Angleterre à Téhéran; M. lecorateSimonitch , M. Mac- N«àll, et M. te colonel Sbee &a particulier, lui ont rendu tous les services qu'il devait attendre d'hommes aussi éclairés. Les établissements chrétiens di^tersés dans l'Orient ont été antsi pour lui d'une grande ressoarœ. De même que dans le moyen âge de l'Europe les couvents étaient l'asile des lettres et de J'infortum , de même aussi dans la barbarie de l'Orient ils sont U providence du voyageur; toBcbante iafloence do 1« religion, ttoyen puisr»ant que 1a politique et le commerce devraient égaleinent favoriser.
Nous allons doitner l'iaelyse siiocincte des six voyages d'AuchefÉloy f à partir de Constântinoi^; cette ville, et ses enviro«i,o<i m fiimillese trouvait
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désormais établie, étaient soo rendez-vouS' et le |)oint central des envois de ses collections.
En 1830, au mois de novembre, il partit pour l'Egypte, muni d'instructions de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg,. A Alexandrie, il fit la connaissance, utile à beaucoup d'égards, de M. Gustave Coquebert de Honbret, parent de MM. Brongniart, et que son goût pour l'histoire naturelle avait aussi attiré en Orient. Tous deux , ils poussèrent jusqu'aux, ruines do Thébes et revinrent ensemble au Caire. M. de Monbret retourna en EurqK par l'Italie, et Aueher-ÉIoj se dirigea par Suez sur je mont Sinaï, de là à Jérusalem par Gaza, en Syrie, en Chypre et à Stancho, et ne revint à Constantinople qu'au mois d'octobre 183i. . K fut alors question de le charger d'une mission de la Porte pour la France; cette idée n'eut' point de suite.
Bn 1832, ilserendit àSmyrne, àRhodes, et de là sur les côtes voisines de l'Asie Mineure; sa relation s'arrête à Aïdin-Guzel - Hissar ; on présume (]ue de cette ville il a regagné Smyrne.
En 1833, M. Coquebert de Monbret vint le rejoindre : ils étaient établis ensemble à Thérapia, où M. et , M™" Aucher-Éloy tenaient une pension française. Vers cette époque, M™ Aucher-Éloy et sa ûlle donnèrent des soins à l'éducation des filles de M. Vogoridi, logothète de la Porte, nommé depuis prince de Samos. Aucher-Éloy> accompagné de
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H. Coquebert de Monbret^ parcourut en détail les eoviroDsde Constantinople, ceut de Brousse , et en particulier le mont Olympe.
Au mois de février 1834, ils entreprirent ensemble un nouveau voyage en Asie; ils passèrent à Nicomédie , Angora , Césarée , Adana , Antioche. , ' Alep, remontèrent en Arménie par Aintab, Malatia, le haut Euphrate, et se rendirent à Erzeroum. M. Charles Texier, si' connu par ses beaux travaux archéologiques en Asie Mineure, les rencontra à Trébisonde, exténués; il avait va l'année précédente Aucher-Éloy à Constantinople, il eut de la peine à le reconnaître : ses cheveux avaient entièrement blanchi. H. Outrey, consul de France à Trébisonde , leur fournil les moyens de retourner à Constantinople par les bords de la mer Noire. La première relation s'arrête à Erzeroum : nous donnons en supplément quelques détails nouveaux sur ee voyage et son complément entier, retrouvés dans des papiers communiqués par la famille de M. de Honbret. Ce dernier retourna en Europe par Semlin ■et l'Allemagne.
' Au commencement de février i836, Aucher-Ëloy repartit seul et retourna par Brousse, Koutaya, Konieh, la chaîne du Taurus et Adana à Alep; de Ikj il se dirigea sur Bagdad; il visita Kermanchah , Hamadan et fspahan. Il fit ensuite une excursion au Zerda-kou, à l'ouest d'Ispahan. De cette capitale de la Perse, il remonta vers Téhéran, puis
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par Sultanieh i Tabriz , où s'arrête la relation. On voit daos lek kttres adressées i M. Naudin, qu'Âucher-ÉIoy arriva i Trébisonde, rongé par la £èvre et alîeoté d'une ophUialmie très grave , et qu'il 8*7 embarqua eu aovendïre pour Coastaoti- JU4>Ie.
Il était à peine rétabli de ses fatigues , lorsqu'on ttouveau malheur viol le frapper. En mars 1S36, la maison qu'il habitait au Fanar fut atteinte par un de ees inceodiessi fVéqaents à Gonstantinople. Uy perdit «a bibliothèque, une grande quantité de màvuscrits arabes et persans qu'il était parvenu à rassembler, et toute^sacoUecticNQ d'insectes, composée de plus de 50,000 individus» perte irréparable, qui le priva d'une partie des moyens sur lesquels il avait compté pour couvrir les frais des campagnes suivantes. Ses plantée, qu'il avait transportées à Thérapia, échappèrent heureusement à ce déaaslre.
Tant d'épreuves a'ébrajdbèrent pourtârnt point sa xésolutio«. Depuis longtemps, il avait le désir de voir la Grèce et les c6(es de la Turquie d'Europe : qudques mois tui suffirent pour eu visiter les points tes plus intéressants.. Après avoir abordé de nouveau à Smyrite et à Chio, il parcourut successivement Sjtra, Athènes, L'Ile d'Eubée, la Tbessalie, le mont Atbos. t)& retour à. la mi-août, U alla rejoindre à Btovsae sa femme a sa fille , établies, dans. la famille de tL Grespini, négociant d'origine française^
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et, de fà , il herborisa pour la qaafrième fois sar le mont Olympe de Bithjnie.
n eut alors le chagrin d'apprendre la mort ^e H. Coqaebert de Monbret, survenoe à Paris, au mois de joillet 1836, au moment où cet ami aHait pubHer une partie de leurs travaux communs. A plasieurs reprises , M . Coquebert de Monbret avait aidé Aocher-ÉIoy de sa bourse , elâ Paris ses démarches pleines de zèle ne lui aidaient pas manqué non plus.
A peine rentré i Thérapia, Aocher-ÉI'by songea à retourneren Perse: nainementM.AdolpheBrongniart hii éerÎTait-ii d'attendre, pour se remetlre en route, qu'on eût pu lui envoyer de Paris le produit de ses précédantes collections et la réponse aux diversesdemandes d'encouragements qui avaient été faites pour lui au gouvernement ; vainement lui conseillait-il' de se borner, pour le moment, à de petites excursions ea Asie Mineure, qui auraient pu être fructueuses, sans lui occasionner beaucoup de dépense. H avait fait de grands progrès dans la connaissance du turc et du persan ; la saison le pressait j il se remit en marche, accompagné d'un Français, M. Dufaud, qui devait l'aider, dans ses collections de zoologie; d'un drogman nommé Nicolas, et d'un domestique.
M. Dufeud périt à Téhéran, victime des fièvres du Ghilan et du traitement des médecins anglais ; Ricolas , resté presque hydropique à Ispahan , par suite des mêmes fièvres , ne put pas le suivre plus loin;
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le domestique avait été estropié longtemps auparavant, par la rupture d'une arme à feu, et l'avait quitté.
A. travers ces cruels accidents , Aucher-Éloy parcourut sans relâche le nord de l'Anaiolie et du pachalik de Sivas, l'Arménie; il visita de nouveau Ërzeroum, puis les bases du mont Ararat, Bajazidet les bords du lac d'Ouroumiah, Tabriz , le Ghilaa et ses côtes sur la mer Caspienne, dans le plus grand détail. De Téhéran, il monta au pic volcanique du Demawend, qu'il avait vainement essayé d'aborder en 1835. Reprenant la route qu'il avait suivie à la même époque , il revit Ispaban et le couvent hospitalier des Arméniens catholiques de Djulfa, près de cette ville. Delà, accompagné d'un seul domestique arménien, nommé Alawerdi (Dieudonné), il se dirigea sur Chyraz et Bouchyr, au bord du golfe Persique, puis à Firouzabad, traversa la province du Laristan, pour aller s'embarquer à Bender-Abàssy, aân d'explorer Mascate et le pays si peu connu d'Oman en Arabie.
Assailli , sur un mauvais bateau à moitié ponté, par une tempête du redoutable chemâl, ou veut d'ouest, il Fut, pendant plusieurs heures, entre la vie et la mort. De Mascate il s'avança dans l'intérieur des terres et pénétra jusqu'à la contréedes Wahabites, en luttant contre les fièvres du pays ; ses forces étant épuisées, il rentra à Mascate. Un Juif, agent consulaire anglais, qui s'était d'abord assez bien conduit
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à son égard, profitant d'un moment où la maladie r^npêchait d'opposer aucune résistance, le fît réerabarquer pour Bender-Abassy. Les mauvais temps le forcèrent à relâcher au mouillage de Bender-Saîd , sur l'extrême Avntière du Bétoutchistan. La végétation indienne de ce pays le frappa , et l'avait déterminé à s'y engager ; mais le patron de sa barque mit à la voile subitement. Il aborda ensuite dans l'Ile d'Ormoqz. Il n'avait pas renoncé au Béloutohistan : en conséquence , de retour à Bender-Abassy , il ae dirigea vers Minah , mais il fut forcé de rétrograda et de regagner Chyraz par l'intérieur du Laristan. Il y arriva mourant ; après s'y être ua peu remis , il regagna avec peine Ispahan , non sans récolter encore des plantes. Les soins empressés des bons pères de Djul& et {d'un médecin italien, le docteur Bertonî, ne parvinrentpas aie rétablir. Son étatempirait tous les jours ; sa constitution j soumise à tant de secousses^ était ruinée sans retour. Il comptait pour^ tant encore sur son rétablissement. Il avait d'abord eu le projet de visiter Hérat, Caboul et Kandahar ; la situation des aflaires politiques dans ces contrées l'en avait détourné, et il ne songeait plusqu'à rentrer à Constantinople l'année suivante, par Bassora, Bagdad, Mossoul et les montagnes de la Uédie. Dans un des répits que. la maladie lui laissait, le 5 juillet 1838, il eut encore le courage d'entreprendre une excursion dans le pays des Backtiaris, espérant que l'air des montagnes lui serait fevorable.
Le 8, il setr^Bavers Tune^ sosunités fc Itatiat«u ; le 9 , Tna des chefe de ta oestrée, pmv lesquels il avatt dés lettres , le dissoad» d'aller pitis taia, parce qee tes efaemins n^ét»aitpa«sArs, et il ngtgati tristemeat le couvent de Djutfer peor n'en phw sortir. Sa maladie ihîsaitde rapides progrès, et le 9 octobre il expira entre fe& bras du dsetemr Berioni et dtr p^e I>erdérian , préfet i^ostolique.
H ne Bom reste plus qu'à rendre compte du travail aaquel neas bous sommes Kvrés, pour 1» imse «R wdre et la pabfication des écrits if Aueher-Ëh^, relatifs k ses voyages. Nous y avens été autarisé par sa veiire, et aidés pmr l'obligeance de MM. Nandin «t Adol|:Ae Brt^niart , corane neos empressés à honorer la teœbe iMMaîne de notre ms^iearewi «wapaa'iote.
Seséentscensîstentd'abôrdenuncertaîn iMubK de lettres écrites à sob frère, 9. Aucftêr, oégooia»|à HMs, à M. Gostave Goqvebert de tfosbrei, à M. Adolphe Broi^niart, professeur administraleer auHuséum d'histoire naturellede Paris, à M'*4neherfiloy, & M. Naudin, i M. Fischer, dvecMur <te jardin botanique de Saint^Pétersbeurg , a» colonel Shee, Ji madame Lamarinière, Française établie à Téfaérao, et au drogman Nicolas. Ouelques-unes^des lettt-es de M. Naudia avaient été insérées, en 1)840', dans le tome troisième des Mémoires de la Société des sciences et des lettres de la ville de Blois. ' Les journaux de voyages de 1S30-183-J , da 1833',
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de ISai, 1835, et de 1837-1838 , formaieiit la wcoode partie des écrits mis à notre diaposition (1).
Enfin, il existe pluaieura catalogues de plantes qui restent déposésau Muséum, & l'ai^ui des coUectHuu.
Nous avons d'abord disposé ces naatériaux dans l'ordre chronolo^que (3). Les lettres adressées à M. NaudÎD et à M. Coqudtertde Honbr^ nooa fwit cmaaltre le séjour d'ÂueheiJ'Éloy en Russie , son Toyage de Grèce, en 1836, dont il n'existe pas de relation; d'autre part, elles complètent les données de chacun des autres journaux de voyages. Nwis aioas reproduit ces lettres en entier, au risqua de ^dques répétitions.
Il ne f^ut pas s'attendre & trouver dans ces Réations une narration soignée, telle qu'un voya|{ear rendu à ses foyers peut la préparer pour un puUic exigent : ce sont, k proprement parler, dea notes écrites sans prétoition jour par jour, sous l'imprcs-
(1) Nous avons retrouvé aussi deux morceaux contenant : 1° une notice sur les Yamouthâ et les Goklans, tribus de la province d'Asten^d , su sud de la mer Caspienne , qu'Au-
' die>i3oy ne parate^avnit visitée; il aura ëdit, sa» doMe, cette notice en 1835, d'après des renseigaernents foumiadans le pays, ou bien il l'aura extraite de quelque ouvrage qui nous tât incobnti ; 2° un journal, assez curieux à cause des déteib^de flacKun , d'une campagne feite en 1834, aa service àa IttoW de Bagdsd, par va jeatte Turc ëlev^ i Paris,
(2) Les documents recueillis danp le cours de l'impression (.^OH- page XXI } sont rangés à leur place dans la table des matières.
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sion des événements, et comme des souvenirs desUnés par le voyageur à être développés plus tard. Cela est surtout évident pour les trois premiers journaux , qui paraîtront sans doute trop succincts. Nous avions d'abord hésité à les publier, nous nous y ^mmcs décidé à cause de l'utilité qu'ils peuvent ofirir comme itinéraire, et des indications de localités, à l'usagé des personnes qui compulseront les collections.
Nous nous sommes attaché à conserver aux Relations leur caract^e , tout en faisant disparaître les incorrections échappées au courant de la plume. Les lecteurs nous sauront certainement gré de n'y avoir rien mis de notre cru. Nous nous sommes borné à un , simple coup de polissoir, pour nous servir de l'exprès sion même d'Aucher-ÉIoy, dans une de ses lettres à M. Naudin, età une meilleure disposition des sujets traités, ayant soin de renvoyer à ta suite de chaque voyage les notes plus étendues relatives aux mœurs et à la politique, qui s-'y trouvaient éparses. Le style d'Aucher-ÉIoy est facile , sent son homme d'esprit et de. goût, familiarisé avec les littératures grecque et latine, source la plussûre de toute distinction intellectuelle; plus d'une fois une citation de Virgile ou d'Horace sert d'expression aux émotions qu'il éprouve. Ses sentiments sont toujours nobles j sa tendre affection pour sa famille et ses amis, son dévouement à la science, son attachement à l'honneur et aux intérêts de son pays^
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se manifestent en toute occasion ; et le récit touchant de ses infortunes nous rappelle souvent un autre voyageur français, notre ami, notre premier compagnon d' éludes bo^oiques, Victor Jacquemont, mort comme lui en Orient, et dont les lettres ont été lues avidement dans toute l'Europe. Sans doute, les écrits d'Aucher-Éloy ne sont pas destinés au même succès littéraire , mais nous avons la conûance qu'ils seront lus avec intérêt.
Ce n'a pasçté d'ailleurs une médiocre peine que de déchiffrer les manuscrits eux-mêmes, tracés, en courant, avec toute sorte de liqueurs plus ou moins colorées, souvent au crayon et à demi eifacés ; nous avons été en cela secondé, avec une rare intelligence, par M. Saillard, employé au Ministère de l'intérieur, et habitué à ce genre de travail.
Quelques notés historiques ou de mœurs nous ont ■ paru nécessaires pour éclaircir les textes. M. Texier nous en a fourni quelques-unes; l'Orient est, en quelque sorte, devenu son domaine, et son amitié nous y a encore une fois guidé. Nous devons aussi à l'obligeance de M. Jouannin, secrétaire interprète, du roi , plusieurs explications utiles.
Quant aux notes botaniques, elles n'ont pas d'autre mérite que d'aider à collationner un certain nombred'espèces ci (é^s ihiiis leiextc, avecles plantes mêmes des cutlectioiir'. les numéros que nout^ avons donnés corrcsiiondenl , pour les voyages antérieurs à -1839, au premier catalogue général d'Aucher-Éloy,
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et pour les derniers voyages, aux auméKw d'wdre deséiiquettes du Muséum. Nous n'avons pas. eu lo temps de retrouver toutes les plantes ni de vérifier toutes les déterminations : quelquefois nous avont proposé DOS doutes; nous essayerons d'éclaircir le tout plus amplement , dans les livraisons successive* de nos Illustrationes planiarum orientalium.
Enfin , le complément indispensable d'une pareille publication était une carte retraçant les itinéraires avec la plus grande exactitude possible. H. Faucbet, dessinateur a'u Ministère des travaux publics; l'a exécutée avec babileté, sous notre direction. Nou* avons mis à' profit plusieurs des indications de M. le colonel Lapie, occupé, à notre prière, dans ce mo- ment même, à dresser une carte complète de la Turquie et de la Perâe , beaucoup plus savante , destinée à retracer les itinéraires des voyageurs botanistes, depuis le XVI" siècle jusqu'à nos joars, et qui doit être annexée à nos lUmtraiiones plantorum orientatium. Les itinéraires d'Aucher-Êloy y seront reproduits; M. Lapie en a tiré parti poar rectifier des routes mal connues, et plus d'un point de géographie resté jusque-là indécis. Nous avons en soin, d'ailleurs, de faire porter sur l'une et l'autre carte tout ce qui est parvenu à notre connaissance d'indications cerlaiiiês des haoteura au-dossni dtt nrfeande la mer, obtenues à l'aide des niveilemenu barométriques on autres.
T^ est le tribnt que nous avons apporté i la mé-
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moire d'Aucher-Éloy. Notre vœu le plus cher est qu'il devienne une consolation pour sa famille, et qu'il fixe un instant sur elle l'attention généreuse du gouvernement. Puisqu'il n'a pas été donné à l'infortuné voyageur de revoir la France , et d'y jouir de la position que ses travaux lui auraient certainement assurée, on ne saurait douter, du moins , que l'administration, qui tient à honneur de récompenser les fiervices rendus aux sciences, ne reporte sur la veuve •d'Aucher-Éloy la bienveillance dont il n'a pas profilé.
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