‹ Relations des quatre voyages entreprisChapitre 18 sur 26 · NOT · texte numérisé non relu

NOT

ardentes quUs lançaient dans de la naphtc , avec une terrible détonation. Si cette invenlioa vini de l'Orient , selon Topinion commune , il est étrange que Vtisage ne s'en soit étendu qu à partir du commeixçe* ment du dounème siècle parmi les Espagnol», les Almoravides et les Almoliades , dont les empereurs préféraient ordinairement les Aiaures andalons pour les principaux emplois et pour répandre les sciences dans leurs Etats. Malgré la certitude de ces renseignemens , nos chroniques en parient à peine. Celle d'Alphonse XI ne passe-t-elle pas sous sQence que rariUËéifii. chrétienne se servit de machines à poudre pour battre la tille d'Algésiras en i34a , et cela en faisant mention de l'usage qu'en firent les Maures ? JJaia cependant Hernando dei Pulgar le dit expresséliaient dans sa chronique des Rois catholique» (i). Le silence gardé par l'ordonnance militaire d^ 1 office de sénéidial , et ensuite de connétable d'Aragon , promul- . guëe en 1869 P^i* 1® roi don Pèdre TV, relativement aux armes et aux machines à ieu , quand elle spécifie différentes machines de batterie pour Fattaque des

forteresses , ne détruit point le fait que le même sovi- ^ verain rapporte dans les Mémoires de sa propre yie, où il dit que dix ans auparavant, e'est-4-dire en i359, un navire défendit Tcntrée du port de Barcelone à eoups éCescopette (a) , détruisant ^en même temps les

, (ï) Chap. 76. ,

(a) C'était vue etpèce 'd« fosSl ou de pierrier , qu'on appelait aussi iomburc},' , parce qu'on en avait d*abord fail usage en Lorabaidie, d*oit ou TaYait transportât; eu £«pagne. ( Ob )

a68 NOTES.

châteaux d'un autre navire castillau , et lui ealevanl UD inorcdM de son mât principal, (i)

M. Capmany incline avec raison à croire que la première arliilerie à ieu lui connue en Espagne (p. aSa). n trouve, étam Pétrarque, que TiUttge 4e la poudre était connu en Italie , quoique récemment, puisqu'on la regardait eottuM une fjrmnde merreiUe (p. 199) ; que le continuatettr de la chronique de ^^allgi8, traitant de l'année (^de ios aiios i65ij), parle , entre «utres instrametts de guerre , de oooo- . nibus (p. 209.); que Froissart, historien français contemporain, décrivant la bataille navale de 1^7 dit que les Espagnols étaient bien approvisionftaës , et qu'ils avaient des arbalesles et îles canons ( p. .244) 'f que dans la guerre de Chipaa , entre les années iSjS et i38a, on déoouTre dairement l'usage de larliblerie, souâ le nom de bombardes i et même il juge , en s'appuyaut sur Andréa Redenio , que ces grandes machines furent précédées par d'autres, ce que- le même auteur cooiirme, en rapportant que , Tan ià'jS^ Francisco Garriarense se servit de bonibardes o(mtre les Vénitiens ( p. 7.()3 ) ; (ju eu i38o , il y avait à Barcelone une iabrique et un dépôt de ces instrumens de gueiTe , que l'on transportait en Italie et en d'autres pays , ce qui prouve qu'ils étaient connus dans cette ▼ilie depuis une date plu^ancienne ; qu'il y avait des bombardes de bronee ou de fonte , quoique cootmu* nément elles fussent de icr, fabriquées et réparées

(i) Cap». , p. 190 et 191. (M. F. ub Nav.)

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NOTES. iG()

par des maîtres forgerons ; que les boulets qu'elle»

lançaient étaient de pierre et non de métal ^ et la seule choee qui soH certaine , c'est qu'il n'y avait que Les pièces de tir d'un ordre inférieur, et non celles die gros calibre qui lançassent des boulets de fer-, que les grandes bombarde» étaient 49Dukes<9'i^Ai^^ mortiers , et les petites comme nos pîerriers , lesquelles lançaient aussi , comme les grandes , des bour ' lets de pierre et non de fer (p. m4 a sod). ' ^

M. Capmany ne trouve dans les chroniques des rois • de Castille Henri H, Jean P'' et Henri IQ, aucune mention de machines eu armes à feu , et ce n'est tfàé dans celle de don Pedro iS ino (cbap. 4^) , année i4o4 9 qu'il est parlé de lombardm (i) , .comme d'une pièce qui lançait des boulets de pierre et non de fer : suivant cet écrivain l'usage de ces macbines était très coûteux , scMt parleur'grandemassef'soitpar ladifiBcultédeleur transport. Mais ce silence des chroniques prouvt i a-t-il qu'il n'était point fait usage de l'artillerie en Castille^ vers le milieu et la fin du quatorzième siècle , quand il est établi qu'on s'en est servi depuis le douzième et pendant les suivans , et spécialement au siège de Gibraltar, en i3o6, et à ceux de Baza , de Martos et (l'Algésiras , comme nous l'avons rapporté plus haut ? Et quand M. Capmany lui-même avoue ^ en parlant de la ejuerrc que Ferdinand d'Aragon soutint contre le comte d'Urgel , en i4i3 , dans laquelle il fit un usage très avantageux des armes à feu , que ce souverain ,

(%) Voàr la note « de i« p. 267.

étant mfiutdeCastiUe, avait fait partie derarméeqiû fit la guerre aux Maures de Grenade , et 8*était trouvé

au siège d'Antequera, où il avait acquis une grande expérience , et d'où il avait ramené des officiera dar^ tilierie (ingemeros) ti ( s exercés et fort instruits.

M. Capmauy conclut aussi de la chronique de don Alvaro de Luna que l'art de battre, soit en ruine soit en brèche, avait fait peu de progrès en Castiile depuis 1435 jusqu'à 144^1 quoiqu'il eut reçu le secours de nouvelles pièces légères , comme les coideavrines et Les espingards : qu'on continuait cependant à se servir des anciennes armes y telles que catapaltes,

cl balistes , sans oublier les frondes de toute espèce et les béliers, qui alternaient avec l'artillerie moderne ; * que celle-ci ne fit pas non plus de grands progrès pendant le règne du Roi et de la Reine catholiques , ni même pendant le quinzième siècle , cmnme on le déduit des lettres de Gonzalo de Ayora; et que depuis le règne de l'empereur Charles-Quint les pièces d'a^ tilierie reçurent di£Gérens noms, pris généralement d'oiseaux de proie, jusqu'à ce qu'on finit parles appeler toutes canons, dénomination introduite par les Français*

Le même écrivain examine enfin le commencement ou Tintroduction de l'artillerie dans les naviresret son emploi dans les combats sur mer. H pense av^ ranon qu'elle a dû être postérieure à celle de la guerre sur terre , repousse , avec une saine critique , l'autorité de don Pedro, évêque de Léon , qui suppose l'artillerie de mer en usage dans le onzième ^^e; et afhnne

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qu'on ne s'en servit pas dans la marine d'Aragon ^ avant i^iBy et dans celle de GistiUe avant 1404. Pour soutenir cette opinion, et combattre celle qui était généralement reçue n que le pranier usage de rarlîllerie sur mer fut fait par les Castillans dans la bataille Uvrée aux Anglais près de La Rochelle , en 1371 , il examine le texte dea^historiens contemporains, spécialement celui du français Froissart et de langlais Walsingham , et trouvant dans la description que hit le premier le mot canons parmi les armes diverses dopt les vaisseaux espagnols firent usage dans cette bataille , il pense qu'il n'est point facile de deviner ce que Froissart entendit par le mot vague canons (page a45), lorsqu'il a dit précédemment (page 197 ) qu'il est étrange qu'aucun des deux bis- . toriens cités ne pai le en rien de l'usage de semblables armes à poudre , quoique tous les deux fussent contemporains de révénement et que le français en eût été peut-être témoin. 11 mauiiesle le même doute sur la ngnification du mot canombus (page aoa) dont se sert le continuateur de la Chronique de Guillaume de JVangis, publiée par Duchesne dans le tome V de sa collection , lorsqu'il spécifie différens instrumens de guerre pour la défense des forteresses , en pariant de l'époque de i356. M. Capmany perd de vue que dans le même discours ou question > il a avancé que a la dénomination commune de canons , introduite par « les Français en Italie dans le temps de Louis XU , a est devenue générale en Europe pour Tarlillerie

m moderiàe : les Français (ajoate-i-<U) émirent de* « puis un temps fort ancien ^ la coutume d'appder ic indistinctement canons toutes les armes à feu , soit « portatives , soil de train. Les premières machines « de gnerre à fen appelles constamment canons par tt les historiens français, étaient déjà connues parmi « les Anglais, au commencement du quinzième siècle, a sous le nom vulgaire de gunnas ou gonas » (i). Or, si les Français eurent , dès les temps» anciens, Tbar bitude d'appeler constamment canons les premières inacUines de guerre ou toute autre arme à feu, sans distinction, îLest clair que Froissart et le continuateur de la Chronique de Guillaume de Nangis exprimaieot , par ce mot , ies armes ou machines guerrières à feu dont firent usage les Castillans, en xS^i , à la bataille navale de La Rochelle. Cela ne doit pas pa* raitre étrange puisqu'elles avaient déjà servi, sur un navire , à la défense du port de Barcelone , en i359 (page 192) , et qu avec leur secours les Vénitiens et les Génois soutinrent des combats sur mer, en i38o (pages ao3 et ). Il esl encore plus remarquable, que non seulement on emharquait à Barcelone des armes à feu pour la défense des vaisseaux, en Fan i33i et suivans (page 249) , mais encore , qu'alors même, il y avait dans cette ville des fabriques et fonderies ,

(i) Le mot uiglais a gun signifie nne arofie à feu en général, eteacare anjonrd^Iwi an eanon t'appelle^ en cette langue, « ^mMif^un^ et no cttiOBBÎer a jwuMT. (Dcy..a..)

d'où Ton retirait de Tartillerie , de la poudre et des

munitions pour l'Italie et autres pays (pages ao4 et suivantes), comme il a été déjà dit; ce qui fmuve què toutes ces choses s'y connaissaient long-temps auparavant. Ainsi donc , pourquoi les navires castiln'en auraient-ils pas fait usage à cette même époque ? — Mais les chroniques n'en disent rien. — Et celles d'Aragon en disent-elles p^us sur tout ce que M. Capmany éclaircit et prouve au^moyen de tant de précieux documens inédits ?

• Indépendamment de ce qu'il est démontré que le silence de nos anciennes chroniques n'est point une ' preuve de la non*existence des choses ou des événemens qu'elles taisent, il est clair, en outre, que Finvention de rartillevie ne put devenir générale tout à coup, soit en raison de Tempire de la coutume ét des passions dominantes , soit par le manque de coib>naissances pour foudre les pièces et leur donner la ferme convenable, soit enfin à cause de la grandé clierté des nouvelles machines, ou de leur poids énorme qui les rendait d'un transport si difficile ^ car selon ce qu'indiqve la duronique de don Pedro Nino, en i ^o i? il fallait vingt paires de bœufs pour mouvoir et transporter une grande bombarde (pag. 209 et suivantes). D'un fUtre côté, on fabriquait peu de poudre , et conséqueoiment elle était fort chère , comme on le voit par les comptes i^ili^existent de la ' guerre de Ferdinand I*' d'Aragon contre le comte d'Urgel, en i4i3, dans lesquels chaque livre de Tome I. 18

poadre rercnail à qualorte réaux de aotre monmie

actuelle, valeur excessive pour ce temps -là*, et par cda .méflie od l'employait en si petites quantités, qu'on n'en adieta alors que soûnmte'qiiinie arrolie» etkmt livres (page 216). (i)

En général , les nouvelles déoDUTertea ne sont ao» cueillies et mises en pratique qu'avec une extrême lenteur, parce qu'elles ont a vaincre auparavaat l'inertie, la routine, et même l'opposition que produisent toujours l'amour -propre et les préjugés. Il fallut des sièdes entiers pour connaître toules les altérations de la bousscde , et pour déterminer les naTÎgateurs à perdre de vue les cotes en se coniiant à ses indications. L'artiUerie était, dansa a naisasace, lourde, informe , et sans règles pour pointer ; on ignorait l'application des mathématiques à cet objet , la portée des bombes (balsu) , la force ou la puiesanoe des mixtes,

et les élëmcns ou parties de leur mélange et de kittr ékbomtion^ la poudre enfin était mre et lort obère ; toute» ces causes durent néceseaireinetit Mar* der ou rendre moins commun l'usage de Tartilleriejus^ qu'àee que, dans le aeîmèmosiàcky k&progrèsdes connaissances scientifiques et de leur application aux arts iacilitèrent sou emploi et son maniement sur teiTe et

(i) Le quintal espapiol pèse 4 airobes ou xoo livres, qni êont un peu moindres que les lîms françaises, en sorte que le quintal espagnol n'équWaut qu'au poids de 98 litres de FVance.

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sur mer, et donnèrent naissance à une science nouvelle, qui, créée par l'espagnol Diego de Alaya (i) est animée à un haut degré de perfection, et a bix de cette arme à feu rinstrumeut le plus puissant et le ploB nécessaire dans les guerres modernes.

(i) RIos , Discours sur Us illustres Auteurs et /nvenftars Je l'artillerie , part. II, art, Mémoires de t Académie rojalc d'Histoire , tom. IV. (M. F. HF Niv.)

M. 4e Navamte veut sans doute parler de D, Diego de Aiaya de Bcatunoiity grand-maître d'artillerie, auteur du Parfait C«^^ iame et èa Jfowei art de l'ArtiUerie, Madrid, in-folio.

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