HOTES
mens nauliquçe (i), propoiia à Tempereur une nou- ▼dle inTeation de pompes en métal pour extraire l'eau des navires , de laquelle il était auteur ; en conséquence de l'admission de sa proposition , avec toutes les conditions qui y étaient rehtives , il Inî fut expédié une cëdule royale datée de Grenade ^ 9 novfl&Iire i5a6 , par laquelle il lui étail accordé la br veur de 60,000 maravédis de pension , ecHnme il le demandait , en sus de ses appoint^MiSf qui éiaieut éeâOfOoo, s'il parvenait à prouYcr les avantages de sua invention dans les épreuves qui en seraient faites à la Corogne et à Séville. On lui accordait en outre , toujouni à la même condition ^ un pimlége exclnaif pendant Tespace de douze ans , pour la iouruiture de ses ponqiea aux faàtimeiis de guerre et aux nariNS marchands espagnols. Cette oédule royale fut cod" firmée par une autre de la Heine , expédiée à Ocana le j I mars t53i ; et par d'autrea cédules, expédiées aussi par la Reine à Mcdiiia del Campo, le i3 octobre et le 4 novembre, il fut ordonné aux juges du tribunal de commerce des Indes à SétSle j de fidre examiner les nouvelles pompes , et de rendre compte au conseil du résultat des expériepces* lie a5 noveinbre on fit l'épreuve à bord du navire Santa^Maria del Espinar, avec deux pompes de dimensions différentes, en présence du fiicteur, du cotatràleur et du
(1) Par t^édnle royale, donnée à Valladolrd , le 10 jmii \M ,
il fut uoininé cosmogrîrpbc de S. M., et fahrî«»iit<le Cartes, d astrolabes et autres instnimens de narigation , arec 3o,ooo mara- TédU de solde annuelle. ( M. F. »K Nat- )
imtairc du tribunal de commerce des Indes. Cette épreuve fut faite par cinq experts (comités, maitres et manmers, et personnes sav^antes et expérimentées dans V art de naviguer lesquels preclamèrent , soUs le sceau du serment , l'tixcellence des nouvelles pompes , et leur supériorité sur celles de bois qui ayaient été en usage jusqu'alors , supériorité fondée stir la bien plus grande quantité d'eau qu'elles pouvaient extraire, sur leur forme et la matière dont elles sont finîtes; enfin, sur la plus grande facilité de leur emploi , de leur maniement et de leur conservation. Ils affirmèrent en même temps que le navire qui serait
pourvu de semblables pompes, courrait moins de risques de mer et d'artUierie, Les juges assistans appuyèrent cette opinion , et ils ajoulèreht que , 9elon eux, les nouvelles pompes jetaient plus d'eau que ne disaient les experts, parce quelle sort auec une grande impétuosité et une grande vialenco , et ainsi la quantité d'eau qui sort est plus grande quelle ne
leparaU, Sur Teiamen que le conseil des Indes fit de
ce rapport ^ il fut ordonné à radministratîon et au tribunal de commerce des Indes , par une autre cédule royale de la Reine, donnée k Medina del Campo, le aii janvier ï53îi, de procéder, pour plus de sûreté , à une nouvelle expérience plus étendue sur le premier navire qui partirait pour la Bf ouvelle-Espa- . gne, et d'allouer toutefois, en attendant, à RiLero, sur les fends ou rentrées quelconques de la caisse de latlite administration du commerce des Indes, les 60,000 maravédis qui lut avaient été accordés. Celte
a8o NOTES.
cédule fut présentée par Ribero le is avril suivant, et le tribunal ordonna que Fépreuve s'exécutât sur
le navire la Mer-hauto (Mar-aita)^ pendant le Toyage qu'il allait faire aux Indes de l'Océan, et, à cet effet , Ribero plaça le 4 Hiai , sur ce navire , une de ses pompes . (]ui pesait trois cent trois livres. Le navire arriva à File Saint4)oniingue , n'ayant pu pousser plus loin à cause de la grande quantité d'eau qu'il faisait, et à son retour à Séville, Ribero forma sa requête le i»4 x533, sollicitant qu'il fut dressé une instruction sur l'expérience faite à bord de la Mer^haute, et qu'il en fût rendu compte au conseil, ainsi qu'il était ordonné par la dernière cédule royale. £n conséquence on reçut successivement , et à dater du 17 mai, les déclarations séparées du maître ou capitaine, de trois pilotes, du contre-maître et de cinq mariniers du navire : et tous d'accord en substance, convinrent de l'excellence et des avantages de la pompe de Ribero , assurant que s'ils ne l'avaient pas eue, ils auraient péri en mer, parce que le navire faisait tant d'eau , quelle aarak suffi pour faire moudre un moulin j et qu'ils ne se seraient point décidés à retourner en Espagne sans la confiance que leur inspirait cette pompe , qui , n'occupant qu'un petit nombre d'hommes à refranchir, et rendant inutile le secours de la pompe en bois, laissait libres les hommes nécessaires aux manœuvres et au gouvernement du navire. Les juges (iacteur, trésorier et contrôleur) revêtirent ce rapport de leur dé* position et de leur signature , à la date du 16 octobre
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de la même année i533, époque à laquelle Ribero était déjà mort(i), ajoutant que les nouvelles pompes leur paraissaient très avantageuses pour la sûreté de la iiavii;alion ^ que leur coût jiourrait être d'environ 49B00 maravédb pai' quiutal de poids ^ que le poids devait être en proportion de la grandeur des navires qui faisaient le voyage des Indes, ou de tiois à quatre quintaux pour eeux de cent a deux cents tonneaux , en suivant la même proportion , selon qu'ils seraient plus ou moins grands. ; , \
(x) « Un dw aetes d'où l'on a tiré oet Tatêeîgatmtm Ait m donné, à la date dn 16 septembre x$33 p à Diego de Olhreni » « Cnteor et curateur de» héritiers dadit Diego Ribero , dé/wti, »
(M. F. JûK Nav.)
28a NOTES.
Note 5 , §. XXXIl, Page laB*
Nous n'ayons pas pu vérifier l'époque fixe à la-
quelle le nouveau continent commença à être connu sous le nom à* Amérique. Le gouvernement espagnol Ta toujours appelé Indes occidentales ; et c'est ausn le nom que lui donne Martin Fei nuiiJez de Enciso , l'un de ceux qui le découvrirent, dans ie Sonvmaire de géographie qu^ilimprima en 1 5 19. Herrera annonce que dans le principe on appela ainsi seulement la partie méridionale de cette terre (i). Henri Glareano, suisse et poète lauréat, écrivit en latin un livre de géographie qu'il dédia à M. Jean de Lasko , baron polonais , et qui fut imprimé à Bâle en 1 5^9 ; dans le chapitre id» , folio 35 , il s'exprime ainsi, en parlant des régions que ne connut point Ptolémée : Porro ad oecidentem terra est, quant Amerieam vocant, longitudine octoginta ferme graduum; duce insulœ , SpagnoUa et IsabeLla, quœ quidem reghnes secmdum Uttora ab Hispa^ fds lustratœ sunty Columho genuensi, et Arnenco Fespucioy ejus nai^igationis ducibus (%), Ce qu'il y a de certain , c'estque Vespuce , compagnon d'Alonso de
(i) Description, cbap. i4> (M. F. obNat.)
(a) « Mais il existe à Toccideiit une terr« qu'on appelle .4mérim. quêp et qui «e tiouve placée presque au 80' degré de longitude ; « deux ttesy VEspagnoU et V Isabelle^ losquelLeg sont le long des ri- • Ttges» ont été vîsîtées par des Espagnols, sons te conduit^ de « Colomb génois, et d'Amélie Vespuce. » ( D. L. R. )
NOTfiS. 2à83
Uojoda et d'autres Espagnols, piéieudit avoir découvert It premier la terre ferme de Pana; qu'il le persuada ainsi tu vulgaire , spécialement aux ëtran^rs , usurpant cette gloire sur le grand Colomb , et r^pan* dant pour cela des tables géographiques et des cartes marines qu'il dessinait avec habileté, et dans lesquelles il donnait son nom auxdites provinces et à d'autres qui furent depuis découvertes (i). M. Bossi dit que les uéméficains j plus justes que les Européens, donnèrent le nom de Colombie à beaucoup de terres, à un grand flenue, à une proimce étendue et à une cité populeuse Le reproche d%justice adressé aux autres Européensne peut , sur ce point , atteindre les Espagnols , non seulement parce qu'ils soutinrent avec succès Thonneur et la gloire de Colomb dans un jugement contradictoire rendu par le conseil royal des Indes , portant déclaration favorable de la part du conseil , mais encore parce que tous leurs auteurs anciens , irrités de ce que les étrangers donnaient au Nous^eau-Monde le nom à! Amérique , proposaient de l'appeler Coloma ou Cobimbiana, comme le manifestent , entre beaucoup d'autres , don Juan de Solorzano , le docteur Salazar de Mendoza (3) , et don
(i) Soiorzaiio , Politique indienne, liv. I, chap. a. Vcitia , Guide du Commerce , Uv. II , chaj). a^, n''. 35.
(M.F.DXN4V.)
(i) Note i4 , p. 179.
(3) Mtonm^dde d* Espagne , liv. III , chap. 2 , et dani la Ckroni* qu» du grand Cardinal . liv. l , chap. 62 , §. i . ( M. F. de Nav^ )
284 KOTES.
Fernando Pizarro , qui voulul le nommer Fer-Isabelica, ea mémoire des souverains , de glorieuse siémoire, par lesqueb la dëcouTerte et la conquête furent faites, (i)
(i) Hommes Uiiutrûs du Nouveau^Uoade, Préface, pl. a, et ch. 1.
^ (M. F.dbKat.)
NOTES. a85
NoTB 6, S. XXXm, Page i3i.
Parmi les diffifrentes inveiitiinift utiles qui sont
ducs aux Espagnols , nous en citerons quelques uues pour exemples. La première sera celle des bateaux à ▼apeur, si à la mode de nos jours , et sur laquelle don Thomas Gonzalez nous a envoyé de Simancas la notice suivante :
a Blascâ de Garay , capitaine de navire , proposa <i en 1 543 , à l'empereur et roi Charles-Quinl , une <c machine propre à faire marcher les navires et les <c fortes embarcations , même en temps de calme , <( sans avoir besoin de rames ni de voiles.
« Malgré les obstacles et les contradictions que « rencontra ce projet, TEmpereur consentit à le faire (c essayer, ce qui eut lieu en effet dans le port de « Barcelone, le 17 juin* de ladite année i543. ' ^ c( Giaray ne voulut jamais montrer à découvert «sa machine; mais on vit, pendant Tessai, qu'elle « consistait en une grande chaudière d'eau bouillante « et en deux roues qu'elle mit eu mouvement , et « qui étaient appliquées à rexlérieur, de chaque « côté de Tembarcation.
« L'expérience se fit sur un navire de deux cents « tonneaux , venu de O>llioure (Coliire) à Barce- H lone, chargé de blé; il s'appelait la Trinidad, « capitaine Pedro de Scarza.
ce Pai^ commission de Charle&<^uint et du prince H Philippe il son hls , les personnes suivantes furent « appelées à intervenir dans cette affaire *, savoir :
« don Ënrique de Toledo, le gouverneur don Pedro «Cardona, It^ li csoi ii r Hâviigo , le \-ice-chancclier, « le surintendant général de» iinaaees de Catalogne , « don Franinsoo GvaUa , et beaueoup d'autre» per- « sonnes de marque , castillans et catalans , parmi « lesquelles se trouvaient divers capitaines de navire « « qui amslèreot à l'opétatum ^les uns dans le viis^ « seau , les autres sur le rivage.
« Dans les rapports qui furent adressés à l'Ëmpe- « reur et au prinee , tous en général applaudisBaient (c à rinvention, et louaient spécialement la prompti- « tude avec laquelle on fusait .virer de bord le navire. n Le trésorier Rârago , ennemi du projet , dit qu'un « navire ferait , au moyen de . la machine proposée , a deux Uaaes en trois heures; que rappoorett était tt très compliqué et fort coûteux , et qu'il y avait (( grand risque de voir éclater fréquemoieni la chaule dière. Les autres comssiatairës assurent que le « navire virait de bord deux l'ois plus vite qu'une « galère servie par les procédés ordinaires , et qu'il « faisait au moins une lieue à l'heure.
(t L'épreuve terminée , Garay retira Tapparml qu*il <( avait appliqué au navire ^ tous les bois (maderùâ) fo* « rènt déposés dans raiMnal de Barcelone , et il garda (( pour lui tout le reste.
« Malgré les diffioullés et la eontradâctîi» suseitées « par Ravago , le projet de ^GanÎY Akt apprécié, et « Charles-Quint l'aurait sans doute favorisé, et en 5( aurait tiré parti , si l'eiqpédition dans laquelle ce lâo* « narqué était alors engagé , ne Vea avait distrait 9
NOTE». a87
« toutefois l'Empereur donna à l'auteur un grade de « plus et une gratification de 200,000 œaravëdis : il «( lui fit remboimer tous m» frab « générale , et lui accorda d'autres grâces.
« Tous ces faits sont extraits des docum^os et des « registres cfriginaux qui se gardent dans les arcliivies « royales de Simancas , parmi les papiers d'État des «affaires de Catalogne et ceux du ministère de « h guerre , section de tmé et de JHSer, dnns hdite « année i543. (1)
« Simancas , 27 Siimt
a Thomas GONZALEZ, »
Parmi les manuscrits que nous .avons examinés et
copiés dans la bibliothèque de San Lorenzo el Real , se trouvait la relation véridique de la journée des Gelves (2), en z566, dans laquelle est rapportée la di-
(i) Sans prétendre contester k Blasco de Gamy ie roérite d'avoir, le premier, inventé les bateaux à vapenr, nous devons dire , cepeDdant ^ qu'on ne saurait blftmer les personnes qui considèrent une iayentMm dont on ne fait paé ntfge, et dontls dstoiirtiaa Jtue «Mmlie dane la pooinère des archîm, à pen près comme li eUe n'avait paa existé. Le* Etpa» gnok ne peuvent a*en prendre qu'à eux-ménies , si cette découverte de Blasco de Garay était restée ignorée jusqu'à présent, et MM. Gonzalez et de Navarrete ont droit à la reconnaissance de leurs concitoyens, pour en avoir fait mention. Quoiqu'il en soit, la part d^éloges due à l'inventeur moderne n'en eat p<»nt diminuée » puisqu'il est probable qu'il n'a point connu les procédés employés par Garrjr. (D«L.R.)
^n) Il ^agk sans doute iei du tiége fait par Dragut, de l'tle d*AfH<{ue, régence de Tunis, appelée ies GerBes^ Gerbt, Zêrèiet
sette d'f^i^i que soutfraieoLt Les EapagjMils. assiégés par les Tares , dans vm fort on forteresse ^ à laquelle ils
suppléèrent en grande partie au moyen.de Teau de mer, dessalée à l'alambic* Cette machine, pourtirer de I Fmu tdmMquée de la mer, dit la relation , fut inuenr
tëe parun Siçiiien, homme de bon jugement, et l'eau était bormeet délicate» On ne doit pas oublier que k Sicile faisait alors partie des domaines de la couronne d'£spagne ^ déjà le docteur Andres de Laguna y dans un ouvrage imprimé à peu près à la même époque 9 avait proposé la distillation comme moyen connu de dessaler Teaude mer j e^ an xSg^, Miguel Martinez de Leiva prétendait, passer pour auteur de, la mér ihode de rendre potable l'eau de mer, sans Aire connaître en quoi elle consistait, peut-être parce que les doenmens de son temps qui Tautorisaient à rendre sa découverte publique , se sont égarés. Le docteur don Ignario Ruis de Lusuriaga,, présenta ces déeouyertes, avec les détails contéâables^ âi'l'JU»» demie royale de Médecine de Madrid , c|^j|is jt|n •Ë'^^fff fipohgétùlue, qui fut imprimé à la du tome I** des Mémoires de ce ooljis savaifif , et fut po^ blié en 1797 , dans le format in-4°. ^
Mais ce qull y a de plus remarquable .a ce suj^^ et que le docteur Luzuriaga et don Francisco Gscar rapportent aussi dans leurs Réflexiw sur les mnkf
GUéap défendue par don Alvaro de Sandez, et <fid lut prise par {et Turcs sons le règne de Philippe II9 apiès une vigooreose résistanee. (0. L. R.)
chines et manœuvres en usa^e à bord , imprimés en 1791 (i) , d'après les renseignemens que nous mimes alors à leur disposition, c'est que les marins espagnols, dans les voyages qu'ils entreprirent pour la découTiiPte de nouvelles terres dans la vaste étendue de lâ^mr Pacifique, faisaient déjà usage, poui^leur boisson , de l'eau de mer qu on était parvenu à dessaier. Dans la salle des manuscrits de la biU^^^fiqpe royale de Madrid , rayon J , cahier 9 1 , se trouve îai^ lation du voyage que fit le capitaine Pedro Femandez de Quiros, par ordre de S. M. , à la terre Australe et inconnue, en i6o5 et 1606 \ dans cette relation , écrite par le pilote principal, Gaspard Gonzalez de Leza, on trouve les passages suivaus : « Journée du 6 fés^rier « 1606. Nous avions fait, par la partie ouest de ces « fleiS de Mendoza, trob cent cinquante lieues , et ce. « jour on arrangea le four et on dressa l'appareil n pour retirer de Tcau douce de la salée. Journée « Jii 7 • On chauffale foUr et la machine à eau , et on « commença à obtenir Teau avec beaucoup de facim lité ; on en retira en ce jour trois cruches du Pé- « rou , et ce fut pour êsstyer la machine : Teau fîit « reconnue, par tout le monde, claire, suave et « bonne à boire. » On remarque cejp^dant que Veau douce ^que donnp;^; cette madiine, devait être en petite quantité^^^^br le jour suivant , 8 , on réduisit la ration , et dans quelques iles on creusa la terre pour trouver de Teau; on essaya même de
(t) Lib. I^diap. i3,p. ixa, (M. F. dbNat)