‹ Relations des quatre voyages entreprisChapitre 8 sur 26 · partie de la Norwège méiidioiiaie » et même à to^te la Scandinavie · texte numérisé non relu

partie de la Norwège méiidioiiaie » et même à to^te la Scandinavie

Malte-Biun, Précis de la Géogiuph. unipcrs., tom. I, p. loS^est d'avis que ThuJé correspond parfaitement au Jutland, à cause des dunes sablonneuses, des brouillards, et des autres traits càrâetérisiiques de ce pays, qui le font ressembler au tableau que Pythuas trace de Thulc,

Le savant géographe que nous venons de citer, nous avait pn^b une dissertation sur ThUé, que nous nous proposions de mettre à la place de cette note, betfucotop trop superficielie. La moit de cet homme célèbre privera nos lecteurs d*ttn excellent morceau de critique* (D. L. R. )

INTRODUCTION. i5 nous a conservé, dans son Histoire des j4rabes d' Espagne j des renseignemens sur plusieurs d'entre eux qui , dans les vni'' , ix*" et x*" siècles , passèrent en Egypte, en Perse, dans l'Inde et autres pays de l'Orient pour s'instruire ou pour perfectionner leurs études. On doit remarquer, parmi ceux qu'il a cités, deux savans distingués de Guadalajara, Ahmed-hen-Clialaf-ben-Muliamad'heii'Fortun el Madyuni^ et Ahmed-hen- Maza-ben-Yaiigui (i), qui, après avoir étudié dans leur patrie et à Tolède sous de célèbres professeurs , passèrent en Orient et revinrent à Cordoue, où ils acquirent beaucoup de réputation; et un autre de Grenade, Aben-Isà-el Gasani, qui, après avoir voyagé en Orient par ordre du roi Alhahen (2), lui présenta à son retour sa Géographie et une élégante description des environs d'Elvire (3). On conserve la relation écrité par un négociant arabe d'un

(i) Le premier est connu sous le nom de Ahmed y fils de Khalaf, et le second sous celui de Ahmed, fils de Mousa.

(De s. m.)

(a) Le premier est connu sous le nom de Ihn-Isa, et le. second sous celui de Hakem, {Ibid.)

(3) Conde , Histoire de la Domination des Arabes en Espagne, tom. I, pages aîi, 268, 286, 287, 3o3, 35o, 36a, 427, 481 , 480, 520, 521 , et suivantes.

(M. F. DE Nav.)

i6 INTRODUCTION.

voyage qii'il fit, Tan 85 1 de l'ère chrétienne, depuis le golfe Persique jusqu'au dontinent de l'Inde, et cette relation a été commentée et expliquée par un autre Arabe qui avait aussi visité les parties orientales de l'Asie (i). On voit dans ces divers récits que la méthode de faire des découvertes et de naviguer à la vue des côtes

• était toujours suivie , et que la boussole était encore inconnue, non seulement des Arabes, mais encore des Chinois , et cependant ceux-là pénétrèrent vers l'Orient beaucoup au-delà dix golfe de Siam, terme de la navigation européenne. Ils eurent des rapports avec Sumatra et les autres îles du grand Archipel de l'Inde, et ils s'avancèrent jusqu'à la Chine , avec laquelle ils entretenaient, ainsi qu'avec les pays intermédiaires , un commerce réglé depuis le golfe Per-

, sique , où arrivaient fréquemment des vaisseaux* de la Chine et des autres coutrées de l'Inde, pour échanger, troquer ou vendre les denrées de ces pays, (a)

(i) Il s'agit ici de deux relations de la Perse et des Indes, publiées en 1718 par rablxî Rcnaudot. J'ai donné d'amples détails c\ leur sujet dans l'article Rennudot de la Biographie universelle, tom. XXXVII, p. 336. (De S. M.) '

(3) Robertson, Recherches historiques sur l'Inde, sect. 11. — Capmany, Ancien Comm. de Barc, tom. I, p. 8.

(M. F. DE Nav.)

§. VI. D'un autre coté, lorsque les soudansd'Égypte eurent rétabli le commerce de l'Inde par le golfe Arabique ou mer Rouge, et lorsque les marchands italiens eurent commencé à fréquenter l'ancien port d'Alexandrie, l'Egypte, maîtresse des productions de l'Asie, attira dans son sein les richesses des autres pays , parce que les Arabes, maîtres de l'Afrique, de la Syrie, de l'Arabie, de l'Espagne et des principales îles de la Méditerranée , eurent exclusivement en leurs mains ce traiic avantageux, qu'ils encourageaient pour soutenir leur luxe et leur magnificence. Les Vénitiens commencèrent, vers les premières années du neuvième siècle , à faire ce commerce, auquel ils furent redevables du prompt accroissement de leur marinç. Les citoyens d'Amalfi l'entreprirent en même temps, et la rivalité jointe au désir du lucre engagea successivement dans la même carrière les habitans d'Ancône, et ceux de Pise et de Gènes. Ces deux derniers Etats eurent des communications avec la Catalogne dès le commencement du douzième siècle', et la marine deBarcelonne, qui, de même que son commerce, commença dès-lors à se développer et à s'affermir, surtout depuis que les îles Baléares eurent été recouvrées, ne tarda pas, non seulement à rivaliser avec la marine des républiques d'Italie , mais encore à exercer sur elles , en Tome L a

i8 INTRODUCTION.

mainte oocasioii, une sorte de prépondérance ' comme sur des ieudataires qui avaient besoin de 8on alliance et de sa protection. Cette yille parvint

à être l'entrepôt des marchandises d'Orient pour rinténeur de l'Espagne, et dut bientôt à ce trafic et à rexportation qu'elle faisait en retour de ses produits, tant naturels que manufiacturés , l'o«pulence qu'elle conserva jusqu'au commencement du seizième siècle, (i)

VII. Parmi la multitiide d'écrivains géographes que comptent les Arabes, nous citerons, comme méritant une distinction particulière, Akazuino (m), qui ne voulut pas commencer à écrire sa Géographie avant d'avoir visité en per* sonne plusieurs pays de l'Asie et de l'Afrique; Alzegrût, de Séville, dont la Cosmographie, longtemps conservée à l'Escurial, était enrichie de superbes cartes géographiques et astronomv* ques; Abu Obaid (3), de Cordoue, qui fit une ezcdiente description de l'Egypte, de l'Afrique et même de l'Asie et de l'Espagne ; u^iw Moha^

(i) CMpak^ny y Ancien Commentaire de Barcclonne, tom. I, pages 9, 10, 11,1 a. — Dissertation sur les Croisades, $$. 40 à47, etS6à78. . (M. F. de Wav.)

(a) Kazwif^, ( Ds S. M. )

(3) n est lionuné dam lësbistbrieos arabes , Jhu-Obaida-

ai-Juzinni. * (De V...L. )

mad Alabderita, de Valence, qui écrivit UQ itméÊ^^^âeVAfriqué très exacte dans lequel il

fit C4innaître les villes, les coutumes dci» naturels t à i l èfWiBin es de lettres des contrées qu'il visita

dans 6es vujagts; euliu, Aùu-Iiiiian^ écrivain du

iNÉtafe^us connu sons le nom A'Albimni ( i ) ,

qui, apiL's avoii voyag4 et reconuu un grand wf miii wi f^ e pays-pendanl qataiiote années, oom*^

posa un traité complet de géographie qui servit

méffmmi Aimife€la (s) , pour fixer ias ktîtudes

dl les longitudes de plusieurs lieux. Ce traité hi^rM'^^flo^^^v ouvrage que connurent alors * les Arabes, et il fut tellement estimé parmi les iiiPropéens jinéfid^ , que Ramusio avoue qu^il

( 1) Il est nommé dans les historiens arabes, Jhul-JUhan-

al-Bimmi, ( De V. . .l. )

M(m>-Sihan-Binwfi(y. ( Ds S. M. )

(s) Le célèbre ^graphe Abonlféda est appelé, par les

écrivains arabes, Almanek-Almouyad-Emad-Eddin Ismael^

Jèaa*Jfi^yêh d'Aly, prince d'Hamah en Syrie. Son nom propre ëtak Zsma^, ses autres noms n'étaient que des titres

Louorifiques. (De S. 31. )

Dans sa Notiee snr œ savant Aral^ (JKof^v^Me MMivrteite, font. I , p. 9 1 ) , M. Jourdain dit qa'ïtmaeij prkice de

Hnmali , connu sous le nom à' Ahoul-Féda , était surnommé A^Melik^ Al-MomPt^ed et Imdd Eddin , c'est-^ife k roi wetenêox êt ia eQhwtê de Im nUgiÊ» ; €fn*îlL naqnît à Damas en 1373, et mourut en i33i. (D. L. &.)

n'aurait pu, sans son secours, comprendre la relation du voyage que firent en Orient , vers le milieu du treizième siècle , le père et l'oncle de Marco Polo. Ils travaillèrent avec plus de zèle et de persévérance encore , et avec succès, à l'avancement de la partie spéculative de la géographie, non seulement en appliquant à cette science leurs connaissances astronomiques , soit pour mesurer la terre et l'étendue des degrés, soit pour observer la hauteur du pôle, mais encore en inventant des moyens pour déterminer la longitude, et en traduisant et commentant, entre autres ouvrages, celui de Ptolémée, qui était la base et le fondement de leur doctrine (i). En un mot, les Arabes étendant, avec une extrême rapidité, leur domination depuis les bords de rindiis jusqu'aux rivages de l'Océan atlantique, et s'appropriant les inventions et l'industrie des peuples conquis , portèrent leur com-

(i) 11 est bien reconnu aujourd'hui que la géographie proprement dite, celle des cartes, ne peut retirer que très peu de profit des relations et des géographies des voyageurs et écrivains arabes, parce que leurs longitudes, surtout, sont très inexactes. Les renseignemens qu'ils nous ont donnés sur les pays qu'ils ont décrits, et sur les villes, les mœurs, les usages, les productions, le commerce, etc., sont encore d'une grande utilité pour l'histoire de la géographie et de la politique. ( D. L. R. )

IJSTliODUCTION. 21

mei ce dans toutes les parties du globe , et propagèrent les coiinai$saiices géographiques , non seulement dans l'intérieur des continens de l'Asie et de l'Afrique , mais encore dans les îles de la mer des Indes, où l on trouve ineiiie jusqu'auxMoluqueSy des tracesde leur influence, (i)

$. yni. Elle ne fut cependant ni aussi inimé* diate , ni aussi générale dans les pays de l'Europe que les Arabes ne purent soumettre 9 et il fallut un autre événement , une autre impulsion plus efficace et plus extraordinaire pour ouvrir aux Européens occidentaux la communication des pays de l'Orient, et leur en faire acquérir la connaissauce^v

Les croisades , que fit naître le zèle delà reli* gioQ pour reconquérir les saints lieux; la pitié et la compassion qu'inspiraient les pèlerins qui, pour

(i) C^asiri, Bibliothèque arahede l'Escurialy t. II, p. 'i et i a6^;

Andrés, Histoire de la Ltitérature^ tom.yi9 iiv. lU^ chap. a ;

Heereo , Esiai sur Vlt^uenee des Ooisades, Cànsidénh- ^ns générales , §. a ;

Kobcrtson , Recherches iur l'Inde, sect. m.

(M. F. ©E Nav. )

Nous croyons devoir ajouter à la liste des écrivains cités ci-dessus par M. de Navarrete :

Michaudy lUsioire des Croisades^ et

Le comte Maxime de Choiseal^ <£p l^InJUssme des Crairsades^ (D. L. R )

les aller visiter, avaient à braver tant de périls; enfin la haine contre la religion mahométane, transportèrent en Asie les principaux chefs et les armées les plus brillantes de l'Europe (i), et au milieu des chances variées des armes pendant deux siècles, facilitèrent aux Latins les longs voyages aux régions orientales jusqu'aux extrémités de l'Asie. Quoique les premiers croisés aient trouvé dans la Palestine beaucoup de marchandises d'Europe, que les négocians d'Amalfi y avaient portées , il est hors de doute que ces expéditions sacrées, soit pour le transport des troupes, des armes et des provisions, soit pour le remplacement continuel et indispensable des hommes , des vivres et des munitions de toute • espèce, soit pour la défense des côtes, se servirent des vaisseaux des républiques italiennes, qui, à la faveur de ces circonstances, augmentèrent, par l'activité de leur commerce et de leur industrie , les richesses et le pouvoir qui les rendirent si respectables pendant cette période. Quand les Mogols (3) fondèrent leur immense empire, et que leurs princes déployèrent une magnificence et un luxe inconnus jusqu'alors ,

(i) L'an iog6 après J.-C , et annéès suiv. ( De V...l. ) (a) Ou plutôt les Mongols. Voyez la note de M. Abel Rémusat, p. a4« " ^* ^0

INTRODUCTION. a3

ils protégèrent le commerce, et les carayanes

cheminèrent avec sûreté depuis la Syrie jusqu'à la Chine. Les négocians , qui vendaient, dans ces pays, leurs marchandises les plus précieuses aussi avantageusement que facilement, furent encouragés par d'aussi puissans oiotiis à entreprendre ces longs voyages. Les Italiens furent les premiers qui pénétrèrent dans ces pays ; aux spéculations commerciales se joignit également bientôt le zèle religieux, (i)

§• DL Le juif Benjamin de Tudela passa, l'an I i6o, en Orient, pour y visiter ses frères, qu il croyait y trouver dans un grand état de ca^it et de prospérité; et après s*être rendu d'Ëspagne à Gonstautinople, il traversa tous les pays intermédiaires jusqu*à la Tartarie chinoise, et différentes provinces de l'intérieur de Tlnde. Il reconnut dans le cours de ses voyages plu* sieurs lies de TOcéan indien, et revint dans sa patrie après treize ans, riche d'un grand nombre de renseignemens qui lui avaient été transmis ou qu'il avait acquis par lui-même, et

(i) "Heeren^ Essai sur l'Ir\fluence des Croisades^ part. 111, p. 428.

Capmany , Mémoires historiques sur la marine , le commerce et ks arti de ^arcelomte^ part. II, liv. I.

(M.F.deNav.}

«i4 INTEODUGTION.

qui firent connaître une grande partie de notre globe , jusqu'alors ignorée des peuples ood* dentaux (i). Les espérances de ¥oir les princes et les peuples du Mogol (21) embrasser le christianisme, espérances fondées sur des nouvelles vagues et incertaines de conversions déjà ftdtes, et spécialement de celle d'un monarque puis-

(1) Don Mai lin Fernandez de IVavarrete, Dissci-tation historique sur les Croisades, §. ii , p. 26 ; Mémoires de l'Académie royale fthistmre , tome T. ( BL F. ]>b Nat. )

liaratier , qui a traduit en fraDçais \a RHation de Benjauiin y surnoiiuné de Tutkia parce qu'il était m dans cette ville 9 et qui a joint à sa tradaction des notes et de savans commentaires , relève tine multitude d'erreurs ^ de contradictions et d'absurducs dans 1 auteur qu'il ti'aduit. U cherche même à prouver dans sa préface que Benjamin de Tndela n*a jamais voyagé , et qu'il n*a fait que compiler les relations de ses coiitciuporains. Cette opinion est reatce un point indécis entre les savans.

Renaudot pense que la première édition de Titinérairo dont il s*agit , imprimé en hébreu à Constantinopleen 1 543, n'offre point les erreurs géof^t a pli iques qui fouiniillcut dans dans les traductions qui en ont été faites. ( D. L. A. j

(1) Cette expression désigne exclusivement l*empire fondé daii^ î'Indoustan par les Babourides, à la fin du xv* siècle. Pour le» temps dont parle ici M. de Xf^varrete , il fout dire li^ Mogols, ou plus exactement les Mongols , peuples qui

domina iciU alors dans toi^te la XarLane et dans toute la Fcrbc. (A. EO

INTKODUCTION. a5

sant de rintéiieur de 1 Asie, nommé par les Eiiropéans le prêtre Jean (i) , enflammèrent le zèle de quelques princes chrétiens, qui, dans cette

(i) Tous les écriTains du moyen âge offrent im gnmd nombre de récits plus ou moins fabuleux» relatife au prêtre

Jean. C'était le nom que Ton donnait à un souverain chrétien , chef d'une nation toute chrétienne ^ui habitait une région très reculée, vers le centre de l'Asie* Jean du Plan Carpin (dans Bergeron, article p. 4a), Rnbmqub ( Bei'^croii , chap. it) , p. 36), et IMarco ]\j1o (livre I, chap. 64 ) ; parient de son pxisteuce comme d'un fait de notoriété publique de leur toonps. Cependant les récits inyraisemblables de quelques autres écriyains de la même époque, et les fables débitées par des auteurs moiUnus, ont fait révoquer en doute l'existence de ce personnage et le christianisme de sa nation. Les auteurs que j'ai cités nous apprennent qu'il y avait des liens de parenté entre la famille du fameux Tchinghiz-Khan , fondateur de 1 t-inpire mongol , et la race de ce prêtre Jean. Les auteurs chinois et persans , nous font connaître les alliances de la même es|»èce qui subsistaient entre la famille impériale des Mongols et la race royale des Kéraîtes ; nous apprenons de plus, par ces derniers, que le prince et la nation des ILéraîtes étaient chrétiens* On peut consulter ce que j'ai dit à on sujet dans mes Mémoires historiques et géographiques sur V Arménie y vol. II, p. 279, où j'ai rapporté les passages originaux tirés du grand ou'vraged^ Aaschid-£ddin, qui établissent ce fait« Le témoignage de cet auteur ne peut être révoqué en doute , car il était musulman , et premier ministre d un prince de la famille de Xchîngluz-iUjian -, j1 pouvait donc être par-*

a6 INTRODUCTION.

sainteintention, envoyèrent en Orient plusieiilrs

missionnaires vers le milieu du treizième siècle. Deux religieux italiens, de Tordre de Saint^Fran*

Cûtement instruit àe ce fait, qu'un zeié musulman n'aurait |MS en d'intérêt k rapporter , s*il ne l'avait pas cru Trai. Ce qu'il raeonle des Kénntes est confiAé par la patriardie Abou'lfaradj , qui parle , sous Tan 898 de l'hég. ( 1007 <1« J<-C. ) 9 de la conversion des Kéraïtes. Ceci se trouve dons sa Çhnmîqtte syriaque , p. «19» Avant la fondation de r«iii-pîre mongol , les Kéraïtes éfaieiit en relatka kabîf uelle et dans une sorte de dépendance des Chinob. Leur souverain avait l'habitude de jomdre à son titre national Kh/zn ou Jiahaa (roi), cebû de ff^wigf qui signifie la même ehose en chinois, et qoi Im était accordé par les empereur» de la Chine. Les auteurs persans écrivent ce dernier Awang. Le roi des Kéraïtes s'appelait donc Wang-Kkan ou Awang- Kohan* Les Syriens étaient alors fort répandus dans Vixt* térietir de TAsie , et rotee jusqu'à la &àxi» y où' ils étaient attirés par le commerce. I.es auteurs syriens font connaître des évéques syriens, des régions au-delà de la Perse , du Xoikestany ds Tibet et de la Chine. Cet état de choses dok faire présraq^ que les notions relatives an prêtre Jean viennent originairement des marchands syriens. C'est un auteur de cette nation qui donne la date précise de la conversion des Kéraïtes. La première mention dn prêtre lean, dans l'Occident , se trouve dans l'Histoire do Frédéric Barbel Dusse écrite par Otbon de Freysengen, et cet auteur la tenait d'un évéque de Gahala en Syrie y qui en parlait dans une lettre qv'il avait adreisée an piqpe BngèBe IH , jCo l'an 1 145. Si , coovne je le pense , l'Ocoîdsiit doit atuc

INTRODUCTION. ÎÏ7

çms, se raidireiit dans le Raplchak, oè résî^it

le pnBce Batou-Khan : l'un nommé Jean de Pian Garpin, en Ka46; l'autre, eoimu sous le nom

Syriens la connaissance de la conversion et du nom du prince des Kéraites , ce mot ^ exprimé en syriaque , devait faeiieiueui domer Ken à tme éciQirocjue , car la première partie de son titre ressemblait beaucoup au nom de Jean, et la seconde se prononçait exactement comme le mot syriaque ( MohM), qui signifie prêtre* S'il en est ainsi, tontes hs matrrattes étymologies que Ton a données tombent d*etles-mêmes. Il ne faut pas y chercher, comme Scalîger ( de Emend* temp^^ïïr* TU) 9 le mot persan/^emr (adorateur), m le mot portugais preste ou prête , c'est-à-dire prêtre , etc. Xes notions communiquées aux Occidentaux par les ^yrielis n'étaient, sans doute, ni bien étendues ni bien exactes , et oenx-ci y à leur tour , les reproduisirent d'une manière peu fidèle; de là vinrent un grand nombre de pièces plus on moins extraor^mnres sur ce prêtre Jean. Les chrétiens ne sachant où il était précisément, le cherchèrent partout. I<a moîadre diroonstanoe conforme ara idées qu'ils s'éuient •finies de ce personnage mystérieux, leur fit attribuer ce nom à d'autres princes fort difPérens du roi des Kéraites. On trouve dans Leibnitx , dans le Spicilége de d'Achery , dans le recueil de Baine, et dans £ckherd , diverses pièeea très cnrieusea^ qui porteal le nom d^ prêtre Jean , 00 qui se rapportent à des princes de sa famille , mais qui ne peuvent concerner le moins du monde la nation des Kéraïtes. I^'exanwn que J'ai £ttt de ces pîAoaem'a coavaiaeu qu'eUea sont tomen relattives aux prineea de la dyaank desKlma- Bàiens, à Mohamed et à son fils,Djelal<£ddin. Ces souverains^

a8 INTRODUCTION.

d^Asœlin, ea ia54; nuiis ce dernier prit une

• - autJce direction, et traversa ensuite la plus grande partie du continent de l'Asie jusqu'à Caschgar. C'est dans le même temps que Saint-Louis dépécha au grand khan Mangou (i), qu'on di»

étaient musulmans^ il est vrai, mais ils étaient ennemis du calife de Bagdad , dont ib voulaient détruire la puisttnce ; il

n'en fallut pas davantage pour que les chrétiens d'Occident les plissent pour les parens du prêtre Jean et pour le prêtre Jean lui-même. Les révolutions survenues dans l'intérieur de l'Asie ayant foit disparaître la nation des Kénutes , et le voyageur ne sachant plus où trouver un personnage sur U;quel on n'avait jamais eu des notions bien exactes , on crut le rencontrer partout où il existait des princes chrétiens , et c'est ainsi que les Portugais forent conduits à donner le nom de prêtre Jean au souvciam chrétien de r£thiopie. (DsS. M.)

(i) Ce monarque était fils de Touli ou Tolei , et neveu d'Oktaï ou Ogotaï, tous les deux fils de Tchioghis-lihan. On disait qui! avait embrassé le christianisme^ vers laSSy à la sollicitation du roi d'Arménie Hayton 1% ce qui est fort dou^ teux, et qu'il devait unir ses forces à celles dos chrétiens, afin d'exterminer les musulmans de la Terre-Mainte. Mais y ainsi que tons ceux dp ses sujets qu'on disait avoir suivi ^n exemple , il se contentait de montrer de la bienv«llanoe pour les clirétiens , et , du reste, il ne savait distinguer aucune religion d'une autre quelconque. Lorsqu'il renvoya à Saint-Louis ses ambassadeurs, il les chargea, pour œ prince , de fibisieurs présens , et d'une lettre dans laquelle il prenait le titre de /iis de Dieu , et de souverain des sei-

J 1.; ^JkJ...^le

INTRODUCTlUJîi. 29 sait avoir embrassé la religion chrétienne, le franciscain brabançon Guillaume Rubruquis, qui parcourut à cette occasion les déserts du

centre de l'Asie. (1)

^neurs de la terre , et ordonnait an saint Roi de se conformer exaclement à la créance et aux lois du grand Tchinghis^Khan, s'il voukni obtenir son amitié et mériter ses bontés.

Le grand khan Mangûu, souverain des Monj^ols , outre les deux tiers de la Chine actuelle , possédait alors presque tonte l'Asie, el le reste du territoire chÎDois était divisé entre les deux 'États des Kin et des Sonn^. Le souverain de ce dernier royaume (la Chine propreiiieut dite), qui était y à cette époque^ Teoipereur li-Xsongy habitait Yaog- • Tcheon, province de Kian-Nan. (Db y...L.)

(1) Le bmits relatifs à la conversion du prêtre Jean et de ses sujets, ne furent pas le seul motif des ambassades dirigées ▼ers rintérieur de TA^e , par les princes chrétiens , dans le cours du siècle.

Les invasions des Mongols en Géorgie et eu Arménie avaient fait naître des rapports entre ces peuples et les croisés. Les chrétiens d'Arménie et de Géorgie, intéressés à tourner les armes des Tartares contre les inusidaians de VÉgypte et de la Syrie, se firent les intermédiaires de né^ gocifttions dont la suite et l'enchainement constituent une sorte de système politique.

\a pape Innocent IV avait commencé, en 1245, par envoyer deux anibassades à la fois, Tune ver$ Batou, général des Mongols du Kord^ qui campait alors sur les bords du Volga 9 et l'autre auprès de Batçhou, qui commandéAt

3o INTRODUCTION.

Ym le commen'cMient du siècèe saiiruit^

I ■ Il II lim. ' .11. I .1 I I I. i.i—

en Perse et en Arménie. La première se composait de trois Franciscains y Laurent de Portugal , Jean Du Plan Carpin et Benoît; les religieux cpii se rendirent en Perse étaient Ascelin , Simon de Saint- Quentin et Akxandre Albert, auxquels se joigziireal en route Kkhard de Crémone et An^ dré da LoajumeL

Ou possède une relation de l'ambastade du Nord , éoàHB par Jean Du Pian Carpin; Simon de Saint - Quentin nous a laissé une relation de cetiedu Jfidi.

Nous aiiprenonsy par ce» rdatioM , que ks aMnbaswiéBaiu qui avaient été trouver Batchou furent très mal reçus |iar ce général. Jean Du Plan Carpin ne s'arrêta pas à la cour de Batou, niak se rendit au campeincp t général de tous lea •Mongols aupvès de GûycM, «dors empereur » et près duquel étaient réunis beaucoup de princes géorgiens, e(mnétables d'Arménie, et j^eaucaup. d'autres princes de diverses parties de TAsie.

Lorsque Sain^-Louia était en Chypre > il y reçut des ambassadeurs envoyés pîn" Ilchikhataï , commamlant muDgol de la Perse et de l'Arménie. Cette ambassade renouvela les idées qu'on s'était formées de la conVerâott des Mongols «u christianisaie, Saint-Louis même en lut si bien persuadé, qu'en envoyant, à son tour, une ambassade aux princes tartaresy il xsanût au igète André de Lonjumel, son . ambassadeur» entve autres préKns pour le grand Uu% une chapelle d'écarlate , avec tons les omemens nécessoîves au culte divin, et plusieurs morceaux du bois de la vraie croix. Ce nouvel envoyé se rendit à la cour mongole, où il arriva ) an «einmenoement de 1849. L'aooucil quUl 7 reçut ne ré» pondit nullement aux espérances qu'on avait conçues , et ,

INTRODUCTION. 3l

OdmQ de Pordeuo (i), du même ordre, entreprit , par Gonatantiiiople , un voyage en Perae

au retour de son ambassadeur, Saint-IiOiiis fut si peu sa- Usfait du résultat de sa démardie qu'ayant jugé à propos d'en tenter une nouyelle , il recommanda à Guillaume de Rubruquis, ou Ruysbroek, qu'il en chargea ( ii53) , de ne pas se doDner pour l'ambassadeur du roi de France. Tout le MMie.miiuiSt'la relatioiiy derettue oélébre, de oe franc»eaia; eBe fit connaître , pour la promière fois, une foule de détails sur la giéo^aphie et l'histoire des contrées de 1 utérienr de l'Asie.

. Beaucoup d'autres expéditions du même genre eurent lieu dans le courant du xiii* siècle , par les ordres des princes d'OcQÎiji^t , à la sollicitation des chrétiens d'Arménie et de Géwgîe f et quelquefois aosai dans la yi» de répandre aux . ayanoea des Mongols defierse, qui étaient devenus, non pas chrétiens , mais ennemis implacables des luusiilmans , et par conséquent, alliés naturels des croisés et de tous ceux qui pouvaient leur fournir des secovin*

(Voyez y pour plus de détails » mes éeùx Mêmoirei sur les Teintions politiques drs pnnces chrétiens , et particulièrement des rois de France at^c les empereurs mongols , tomes VI •t VII 4e la nottvdb cdlection des Mémoires de l'Académie dea laaenpiioBAet Mles4>fttres.) < A. R. )

(i) Odeiicy appelé vulgairement de.Portenau, né dans le diMiM de PordcBoiie au Priori y vers i nérile d'être eoaofMé mfte Asoettn, Plan Carpin, Ridiruquis , Rico de Montecroix , Hayton , Pegoletti , Marco Polo , et quelques antees » parai les voyagea» qai ont ooDconm , dans les mfi m:j3H^ siècles » à foire eomàitre les parties drientates de l'Asie. ( D. L. R. )

3a INTRODUCTION.

et à Omiuz; il arriva jusqu'à llnde^ oà il s'en-

barqua pour la Chiue : il visiia, dans la traversée , les lies du grand Archipel indien , et passa trois années entières à Pékin , ou le grand khan faisait alors sâ résidence* (i)

§. X. Sur ces entrefaites, les spéculations du commerce aidaient à connaître de plus en plus ces pays, et à en multiplier les relations, surtout avec les républiques dltalie. i^îa x 250(2), Nicolas et Mafeo ou Matthieu Pélo, Pun père et l'autre oncle du célèbre Marco Polo, firent un voyage de Venise à Constantinople , en Crimée, et à la cour du grand khau. Revenus en Europe^ ils recommencèrent ce voyage en 1270 (3) , em-

(i) Heeren, Essai sur V Influence des Croisades y p. 43o et suivantes. ( F* de Nav. )

(a) Quelques manuscrits portent 1 25a ; mais l'année 12 5o, •qui est dans le texte de Kamusio et dans .le manuscrit .(le Berlin, s^accorde luieux avec les époques des aotri^ faits rappelés dans la Vie de Marco Polo, Quant à la ilate de ia6^, qui se trouve dan$ quelques manuscrits, c'est uoe erreur de cppiste. ( W—e. )

{Vj Andréa Polo de Saint-Félix , noLlt' Vénitien , origi- .naire de Dalmatie, eut trois fils : Marco 9 Maifio et Nicolo* Ce dernier fut le père du célèbre Marco Polo^ et il avait» ainsi que son frère Maffio, embrassé la proUMnop dn commerce. Tous deux se . l'endirent. à Constantinople pour les affaires de leur commerce , en laSo « et se traD^Kirlèrent ,

menant cette fois avec* eux le jeune Marco, qui, pendant un séjour de vingt-six ans en Asie, visita la pkvB grande partie de ces pays , jusques et y compris la Chine et les îles de la mer des Indes.

en 1 9i56 , sur les bords dn Volga , à Sml et à Bolgfaar, lieux de Ift résidence de Baxiah , fils ou frère de Batou , petit-fils de Genghiz-Khan. Des circonstances particulières , qu'il serait trop long de rapporter ici , l«s oonduinrent à fio^diara^ et de là à la cour de Roublaï , klian ou empereur des Tartares, qui les accueillît très bien , et les envoya en ambassade à la cour de Rome, pour demander des prédicateurs de rÉvangile , voulant par là encourager les princes chrétiens à attaquer le Soudan d'Egypte et les Sarrasins , ses eonemis irréconcilMbles. Ils arriTèrent à Saint- Jean-d'Acre au mois d'avril 1 269 , et bientôt après à Venise. Ils repaie tirent , en 1271 , avec le jeune Marco Polo, et parvinreot enfin ea Chine. Ce dentier reçut, ainsi que ses parens , Taocueil le plus gracieux de l'empereur mongol , et parcourut ses États et une graude partie de l'Asie; après un séjour de vingt-quatre ans environ , il revint en Europe , et arriva, en iftgS, à Venise, avec son père et son oncle, tous trois tellement changés par Tâge, les làuigues, le long espace de temps qu'ils avaient passé lom de leur patrie , dont ils avaient presque oublié la langue , et par le costume tartare qu'ils avaient adopté , que leurs parens ne purent les reconnaître. Les 1,1 andcs richesses rapportées par Marco Polo , ou l'exagération qu'où supposait qu'il mettait dans l'évaluation du nombre des sujets du vaste empire des Mongols , lui firent donner le surnom de messer Marco JUiUom, ou , selon l'ortliogi aphe mudciut , MiUotic. (D. L. R. )

ToM£ I. 3

34 IINTRODUCTION.

Prisonnier des Génois à son retour en Italie , il

rédigea daius sa prisou ane relation historique de son voyage, qui, quoique défigurée parFignoraiice des copistes, fut long - temps regardée ' comme un livre classique pour la géographie de rOrient. On commença de cette manière, et à Taide de ces difiérentes relations, à connaître la grande Tartarie , les vastes déserts qui , au nord et à Touest, entourent la Chine, i étendue et la grandeur de cet empire ^ la nature de son sol et de ses productions , et les mœurs de ses habitans.

^. XI. L'influence des croisades sur la civilisation et sur les relations commerciajbs des nations -

de l'Europe, entre elles et avec les pays d'outremer, est un sujet qui a occupé l'attention et a fait la matière de l'examen des plus célèbres Académies 9 et des sa vans les plus distingués de notre époque. Quant à FEspagne , nous nous sommes proposé de suppléer à la disette des connaissances des étrangers, et même à l'inesaolitude des renseignemens cités dans leurs écrits, en cç qui concerne les actions de nos compatriotes ^ dans une dissertation qui , après avoir reçu l'approbation de l'Académie royale de l'Histoire, a été insérée dans le tome V de ses Mémoires. Nous y avons fait connaître la part que les Ëspagnols de& deux Gastilles, de l' Aragon et de la Navarre ont

prise à ces expéditions sacrées, pendant le xii' et le XIII* siècle; l'influence qu'elles eurent sur notre commerce , dont elles ouvrirent les communications avec les pays d'outre-mer, et avec ceux du Nord qui avaient participé aux guerres d'Asie ; la manière dont notre marine de la Méditerranée et des côtes deCantabrie soutint la concurrence, surtout avec la Flandre et les villes Anséatiques, tant dans les mers du Levant que dans celles du Nord ; enfin, les progrès que la navigation et l'hydrographie, l'architecture et la manoeuvre navales , la législation et le droit maritimes durent à celte émulation, à cette activité et à l'expérience suivie , fruit de ces expéditions.

§. XII. Pendant que les rois d'Aragon par l'accroissement et le pouvoir de leur marine , non moins que par l'opulence que leiu- procuraient l'étendue et la renommée du commerce d'outre-mer , se faisaient respectei- des républiques d'Italie , ceux de la Castille augmentaient leur puissance maritime à mesure qu'ils recouvraient sur les Maures les provinces littorales du Midi. Déjà Saint -Ferdinand avait pris soin d'encourager la pêche et le commerce maritime en divers endroits de la cote septentrionale, ainsi que l'indique la cédule qu'il donna à Zarauz, le 28 septembre 1^37, et qui prescrit aux habitans de cette ville de donner au roi pour

tribut un morceau de chacune des baleines qu'ils tueraient, lequel serait coupé depuis la tête jusqu'à la queue (i). Se trouvant l'année suivante à Valladolid, le même souverain expédia, le 7 novembre, aux habitansde Pontevedra et de Noya, un autre privilège sur l'extraction et la préparation de la graisse de la sardine (2). Dans la cédule de population qu'il octroya à Carthagène, le 16 janvier 1246, il fixa la part que les vaisseaux qui s'armeraient en course dans ce port devraient donner au seigneur sur chaque prise qu'ils feraient : il exempta du droit d'ancrage les bâtimens des armateurs et des habitans de cette ville; il régla que le seigneur ne pourrait les prendre qu'un mois par an poiu^ composer son armée navale, etqu'il devrait, pendant ce mois, en payer les pilotes et les marins ; que ceux qui feraient la guerre sur terre un mois par an seraient exempts de la faire sur mer, et que dans le cas où le seigneur aurait besoin de vaisseaux pour transporter des troupes, des chevaux et des vivres, ou toute autre chose , en quelque endroit que ce

( I ) Dictionnaire Idstorique et géographique de V Espagne , par rAcadémie royale d'Histoire , tom. I , tirt. Giiipuscoa , p. 33i , et tom. II, art. Zarauz, p. 626, dans lequel est insérée la cédule. (M. F. de Nav.)

(2) Voyez, il la fin , la note 2.

fui, il paierait ledit transport d'après la taxe de gens de bien choisis par les deux parties intéressées. La cédule précitée contient en outre la concession faite aux gens de mer et aux marchands, de diverses grâces et faveurs qui devaient nécessairement influer sur Tamélioration et la prospérité de la marine (1). Le saint Roi fit préparer dans les ports de la côte de Cantabrie , une flotte de treize vaisseaux et galères , pour être employée à la conquête de Sé ville. Cette flotte , après avoir soutenu de glorieux combats et déjoué les stratagèmes des Maures pourTincendier, rompit le pont de Triana , coupa ainsi des deux côtés la communication des habitans , et facilita la conquête de la ville. Le même souverain créa la dignité d'amiral de Castille , établit à Séville un corps respectable de noblesse, en récompensant la valeur de ceux qui l'avaient aidé à la conquérir. Il donna aux négocians de cette place pleine liberté de vendre toute espèce de marchandises ; il y excita la concurrence en leur accordant la franchise de beaucoup de droits et même l'honneur de la chevalerie ; il y étendit ces privilèges et exemptions aux gens de mer et à tous ceux qui étaient attachés au service de la

(1) Mémoires s in la Fie de Saint- Ferdinand y pari. III,

p. /483. (M. F. DE IV AV.)

marine ; enfin , il y attira par ces moyens tant éb personnes de l'intérieur de l'Espagne et de l'étranger, que son commerce et son industrie s'accrurent au point de la rendre en peu de temps une des villes les plus riches et les plus commerçantes de l'Europe. Au nombre des vaisseaux qui y affluaient de toutes parts , on en cite, dans la Chronique générale contemporaine ^ qui appartenaient à des villes d'Afrique et d'Aragon, et à celles d'Alexandrie, de Gènes et de Pise , lesquelles contribuèrent certainement à étendre le commerce des productions de l'Inde avec les peuples de l'Occident. Ce commerce prit aussi de l'essor par les alliances de la maison de Castille avec les empereurs d'Orient et d'Allemagne, et avec Jean de Brienne , roi de Jérusalem, qui, forcé d'abandonner son trône en Asie, vint, pour le recouvrer (i), implorer' en Europe le secours de quelques uns de ses souverains.

§. XIII. Sous le règne d'Alphonse-le-Sage, ces alliances et ces liens de famille se multiplièrent

(i) Mémoires pour la Vie de Saint-Ferdinand , part. I , chap. 33 , 59 et suiv.

Ortiz de Zuniga , Annales de Séville , liv. I. iSemper, Histoire du Luxe , part. IV , chap. 7. Chronique générale d* Espagne , part. IV, fol. , verso. Anciennes chroniques du roi Ferdinand ITT ^ chap. 73.

( M. F. DE Nav. )

avec les rois de DanemardL, de Sicile, de Bobémei de l^iance et d'Aragon, et procurèrent une communicatioii plus fréquente et plus amicale entre des pays si éloignés les uns des autrcà. La GooceasioQ, la confirmation ou Textensién des privilèges accordés aux vaisseaux de la Catal«kgnei[|: à ceux des républiques dltalie, et la résidence à Séville des marchands de ces pays piptégésr par les consuls (i) qu'y entretenaient leufs gouvernemens , produisil*ent une grande . abondance Ues denrées de Tlnde. Elle lut telle, qiie<huit ans après la conquête de Séville, le Roi , pitHIC réprimer les excès du luxe, lit promulguer itfie ordonnance quHl renouvela deux années après , preuve évidente de son inefficacité. On devait s'attendre à ce résultat, car les richesses ^tant la conséquence naturelle du commerce, h^. hil% celle des richesses, et le perfectionnement des arts celle du luxe , toutes les lois opposées à cet ordre de choses ^ dicté par la nature de Fintérét et des passions des hommes ,

(i) Capmany, Mémoires de Barcelonme,

Collection diplomatique , tI** 20, 24 cL (ioninie la Charte des privilèges que Saint-Ferdioaud octroya aux Génob a servi de type à celles qu'il accorda aux Catalans et à d'antres, et que ce doeumeot est inédît et incoMM, nous le publions ûaïki le u** i*'de l'Appendirc, à la Collection diplomaiigm- (M. t\ de JMav. )

4o INTRODUCTION.

devaient être nécessairement vaines. Le Roi, sans

doute, convaincu lui-même, (juand par la suite il recommanda , dans les lois de las partidas, la décence du maintien et l'ajustement extérieur , défendit à certaines classes Fostentation dans les vétemens, apprit au peuple la manière certaine de s enrichir par le moyen de l'industrie, et encouragea la culture des sciences et .les progrès de la bonne éducation, lorsque toute 1 Europe, excepté l'Italie, était encore dénuée de connaissances et dans Fenfance de la civilisation (i). L'altération de la valeur de la monnaie ne lui réussit pas mieux, parce que toutes les marchandises enchérirent. Pour obvier à cet inconvénient , il les taxa ; mais il en résulta naturel* lement la rareté , le manque même de celles de première nécessité : c'est ce qui obligea Alphonse à déroger à cette loi et à permettre que chacun vendit librement au prix convenu entre le ven* deur et l'acheteur (a). Les toiles d'or et d'argent, la soie, les fourrures, l'hermine, les plumes , les perles fines, étaient alors communes en Espagne ; l'usage des pierres précieuses y étaitajussi très ré^ pandu, quoiqu'un peu moins , cependant Quant

(i) Semper, Hist, du Luxe, part. I, ch. 2. (M. F. deNav. ) (a) Ferreras, Tableau synoptique de t Histoire d Espagne ^ part VI , année i256. (M. F. de Nav. )

Oigitized

INTRODUCTION. 4i

aux perles fines, elles furent interdites aux femmes, par l'ordonnance de 1 258 (i). Si la magnificence et la somptuosité que déploya le Roi à roccasioii des noces de sa sœur i^léonore avec le prince Edouard d'Angleterre, à la réception des ambassadeurs qui vinrent lui offrir Fempire, et à celle des envoyés do soudan d'Égypte , qu'il combla de magnifiques présens , et en diverses autres circonstances semblables (a), sont célébrées par quelques écrivains comme ajoutant à la splendeur de la souveraineté , et censurées par d'autres comme des abus de la prodigalité , elles n eu prouveut pas moins , de toute manière, l'opulence que produisait un commerce aussi étendu et protégé avec tant de générosité. Suivant les mêmes principes , il mit ses soins à augmenter et à protéger la popuiatioti des villes de la cote septentrionale, confirmant à Bermeo la concession qui lui avait été faite des privilèges dont jouissait Logrono , et accordant diverses grâces et franchises aux habitans de Blotrico (3). Ces encouragemens donnés à la ma*

(i) Semper, Msi. disiXfM^, part. I, ch. 7. (M. F. im Nav.)

(3) Ferreras, Tableau synoptique de V Histoire d* Espagne ^ part VI y années 1254 et 126S.

Mondéjar, Mémoires historiques d^Jiphonse^ie-Sagc y îîv.n, clîa[). ^9; liv. 111, ch. 7, et ailleurs. (M. F. dkNav.)

(3) Dictivnnairc historique et géographique de i Espagne ,

4a /INTEODUCTION.

rine inavchaïuie de 110» côtes amt«%^

conséquence nécessaire , à 1 acçroiss^a^t dej\^ inariiieiiiititaire,dont on peut se former quelque idée par la flotte qui partit, en i ^63 , de SévUlet pour aller conitettr^ et couquérir la place dc^ Carthagène; par les préparatifs pour Texpédition d'Afrique; par l'esciidre composée de quatre-* vingts galères 9 de vingt-quatre vaisseaux et d'un grand nombre de galiotes^de bàtioiensetd^/fiii^ barcatiens de moindre grandeur, qui fut mise sur pied pour le siège dAlgésiras; par la coHStjrHytiw des superbes <Aantiers de Séville; parJ'itislilution de Tordre militaire de Sainte-Marie d^^i|^ gns, destiné à récompenser les exploits.«ai$li^ mes; eniin par tantdautres souvenirs bonorj^bjb^ que Ton conserve encore de ce règne. (i) • -««f ^ ^ §. XIY. La marine du Cuipuzcoa futredev^le de services signalés à Sancbe IV , qui par dés prfi viléges importans augmenta la population des villes maritimes de cette province , et spéGit)% ment celle de De(^a etde Gueta/ia, en permettant aux babitans de couper des bois de constrviQlififi pour celle de leurs vaisseaux, et en encourageant

par l'Académie royale d'Histoire, art. Bermto , tome I, p. 167 , et art. Motneo^ tom. U, p. Sg» (M. F, db Nav.)

/{^) Voyez les ouvrages déjà cités de Moiidt-jar, Ziiâiga» i^eireMs, etc. , etc. ( M. F. i>£ Nav. )

IN TKODL C riOi\. 43

Icw^ttmttMOPce et celui des Navarrois en Flaâ*^

et ^m^^ autres pays Ju iSord (i)^ U accorUa aiiiî^ii#iQii»Ue» privilèges aù^iPMtiMMls ca- ^^i^w4^ SéviUe; tt' leur coiilimiii cuiiceslilj^'ïqAt son fAve leur avait âiitea^afin qu'ils fussent traités entièrement à Fégal des Génois , q)îw)gp%;|^jll^ttqi|éte, amieut été ies phis taf)MPi^(2). Set ^0tle» soutinrent la gloire «de la giarine caslilj^ip^ fM^iAcipaiemeutr quand elies empécbèi^tl9^|iitif4i VLme Ab^Iuoeph , qui se trouvait à 4%^Ai*^> dei rt^pa^c ou Jdrique. ||||0W^s|iff|rMil^ ^ cette cifcon^uoe^ treize vaisseai^,^argés dliuiuuieb, danucs, ik* viliMIÉi^^Éniijilâow et incendièrent lea autres;

et, huit aDS plus tard, aprcs avoir allaqué et miî>

tt0ljfim(tfH^ de ïanger, (a flotte maure , dilii 1 iHyu eapturèrent quelques vaisseaux- et

par mlfÊèi mi^^mr% le ^ége et Fimpoortanlft conlarda (3). Ferdmand i V ^ &uu tii;t> ^lui-

historique et géographique <ie V Espagne ^ toyale d'Histoire , art. Dem et Gaetaria.

(M. F. DE Nav.)

(2) Capmaoy , Mémoires de Marceionae.

CoUeelùm diplomatique, n*" M » «4, Sa et 33.

(M. F. hb l^AV.)

(3) Chroniques dv Sanche JV ^ chap. 9.

Ferreras , Tabkau synoptique de l'Histoire d'Espagne , année ( M. F. m Nav. )

44 lis IRODUGTiON.

vit son exemple; il confirma les privilèges que son père avait accordés aux chefs d'équipages et aux comités de Séville , et il y en ajouta de nouveaux, dont l'un fut rétablissement d'un tribunal particulier pour les gens de mer (i). II confirma aussi, à la demande du sire de Biscaye, le privilège pour la fondation de Bilbao, et cimenta , dans celte confirmation , les bases de la prospérité de son commerce (a). Il facilita celui de Fintérieur de ses États, par l'ordre qu'il donna pour empêcher que les marchands ne fussent ni visités ni molestés jusqu'aux ports, où, en cas de tentative de leur part d'exportation de marcbandises dont la sortie du royaume était défendue, le Roi placerait des hommes de probité spécialement chargés de l'examen de leurs bagages (S). Enfin la malheureuse issue du siège d'Algésiras fut compensée par la prise de Gibraltar, où ses forces maritimes lui rendirent d*importans services.

§. Xy« Une chose certainement étonnante^ c'est qu'au milieu des troubles intérieurs , des

(i) Don Martin Fernandez De Navarrete, Dissertations

sur les Croisades j Appendice, n**a6. (M. F. de Nav.)

(a) Dictionnaire historique et f^éognq^uqtie de VEspafgnCf par rAcadémie royale d'Histoire, art. JBi&ao^ tom. I » p. 179»

( M. F. i>E Nav. ) (3) Oidoimance de i3oa > loi ouziciiie. (M. 1. de Nav.)

guerres civiles, et des guerres que les princes chrétiens de Castille, de Portugal, d'Aragon et de Navarre avaient à soutenir continuellement entre eux, et fréquemment contre les rois maures, tant de la Péninsule que d'Afrique, l'opulence et le luxe des Castillans se soient accrus à un tel point que le roi Alphonse XI ait cru nécessaire d'en con-tenir ou d'en réformer les excès par le moyen des lois somptuaires qu'il publia, entre autres dans les cortès d'Alcala de i348. Si l'on compare ces lois avec celles qu'avait fait promulguer Alphonse-le-Sage, son bisaïeul, on remarque combien le luxe s'était étendu et enraciné, et combien la civilisation avait fait de progrès, conséquence naturelle de ceux de l'industrie et du commerce.' L'usage de certains objets, qui ne fut d'abord permis qu'aux personnes d'un haut rang, s'étendit ensuite à celles de classes inférieures. Les perles fines, dont les premières lois n'autorisaient l'emploi que pour les seules femmes, s'étaient déjà introduites jusque dans les vêtemens des hommes, et les peines appliquées aux infracteurs étaient, dans les secondes lois, beaucoup plus raisonnables et plus humaines, ainsi qu'il convenait à un peuple plus instruit et plus civilisé (i). Pour se

(i)Sempcr, Histoire du Luxe y part. I, chap. 7 , p. 3.

(M. F. DK Nav.)

permader qoe les pierres précieiiBe& et Atrtreft

productions doutre-mer servaient à l'entretien de ce luxe; et que les arts s'étaient perfectionnés dans les Castilles , il/ suffît de lire quelqms passages de la chronique dé ce Roi.

Leii vétemens qu'il portait à la cérémonie de son couronnement, qui eut lieu à Burgos, en i33o, étaient tissus d'or et d'argent, enrichis de broderies représentant des châteaux et des lions , de plusieurs ornemens en perleà fines très grosses, et d'un grand nombre de pierres précieuses , de rabïs , de saphirs et d'émeraudes. Le cheval qu'il montait était d'un grand prix; les arçons de la selle étaient couverts d'or et d'argent et rehaussés de plusieurs pierres précieuses : les côtés et les courroies de la selle étaient, ainsi que les têtières de la bride, d'une étoffe d'or et dTargent , le tout si habilement et si parfaitement travaillé qu'on n^avait ja^' mais fait en Casiûle, avant cette époque ^ de selie aussi belle , ni aussi commode pour le temps ( I )• . Parmi les singulières réjouis^ sauces qui eurent lieu à l'occasion de l'arrivée du Roi à Séville, l'an 1334* on remarque que

toutes les rues qu'il devait traverser furent tendues de drap d'or et de soie, et que dans toutes

^i) C/ironique d'Alphonse /AT, chap. io3. (M. F. de Nav.)

l|ÉHlMAaofUM|ui se trou^aieiit sur son passage on

brûla les pai 1 unis les plus pi ecieux qui exiialaieut l it jiili < iil» h»pkis silàyeâ ( 1 ). Le^Ambe^tonser-

vèreiit ce goût ohenlal au moyen de coin* IflpNÉàÉfiiônSfméc le Levant, et le £aA% sovranten fourmi lu^e preuve iiiaiuicbie. Lu procédaulala

llIPIliftInni et kM répartition du butin qui

fut f^>4^a^ )jd$ réaies (2) et dans les tentes de é^ÊtÊi^ Maroc et de Grenade et

d'autres principaux chefs, après ia glorieuse vic-

le^ ^rétiens, près* de^TariÊsi, én 1 348iîw»ttwiva^oHti^d6 grosses somines d'ar-

lllÉp^Hiliajré 9 ' piu^e^t» l^ots et joyràx d-or

Jpd'ai gt nt, un ^rattd nOîtlb^è de pierres |HTé^ cieupi|^€^ peca^d^ dr^'d'or^e^ ârmes^^iéfJllÉliiai^^ valeur jyaji^4'^rable, ornés et|;arnis avec beaucoup BflliirQuelques fltw^des vàiti^èitfs pâssèretit eu Aragoii el ei\ Navarre avec le lot qui ieia ^lIMNIlÉta^ oàétoitile I ^ II ^T ^ ia ^hronique^ layaisur de ce qui

(1) Chronique, chap. 5^.

Oniz tlç Zuniga rapporte cet événement à l'année 1827. Voyez Annales de Séçitie , liv. Y. (M. F. de Nav.)

(a) La Béaie était la principale galère d'un royaiOBe in» dépendant et non feudatairei et celle que montait le général

sortit du royaume à cette occasion /lU teUe, qu'à Paris, àyfi^non, a Faïence, a Barcelonne , à Pampelune j à E Stella, enfin j dans tojttes ces villes^ Voreî Vargentbaissèrent d'un sixième de la valeur qu ils avaient auparai^ant {}). Le roi Aj* phonse XI confirina non seulement l'exemption de toute contrihution accordée par son aïei^^p^ chefs d'équipages et aux comités de Séville, mais il rétendit même peu d'années après à leurs veuy<^ et à leurs enfans même mineurs. Il confirmai aussi le privilège tVuu U ibuiial particulier , coi^cédé par son père aux gens de mer (3); il invifa le roi d'Aneleten e à indemniser les marchaiiJs castillans des préjudices que leur avaient causés les corsaires anglais en temps de trêve (a) : il ordonna que dans les villes et autres endroits des côtes on ne mit eh vente aucun vaisseau, chaloupe, ou hâtiment quelconque patUfragé ou abandonné, et que tout ce qu'on parviendrait à en sauver fût tenu à la seule disposition, d#3

(i) Chrtmquey chap. a56, p. 455 , M. Samper suppose que ce butin et la capture de rieliesses si considérables sa

fit A la prise de Tarifa, par Sanche IV, 1 au 1292 , Histoire du Luxe , tom. I , p. i3o. (M. F. de Nav. )

(a) Martin Femandez De Navarrete 9 Dissertation sur les Croisades , Appendice n* 26. ( M. F. de Nav. )

(3) Cortès de i34^» |jétitioii 62 j et Corlès du iS/*^, pctitioti 6. (M. F. DE Nav.)

paraîtraient pas après un terme de deux années (1). Ce souverain voulut également que les vaisseaux d'un royaume étranger qui aiTiveraient dans ses États , chargés de marchandises ou de viande, ne pussent être retenus comme gages de dettes contractées par ledit royaume envers le sien (2) ; et il prescrivit euân que les changeurs ou banquiers fussent des hommes de bien qui sussent leur métier et Texerçasseut loyalement, et qu'ils fournissent des cautionnemens à cet effet (S), Solis son règne les commerçans des provinces Basques établirent à Bruges leur bourse nationale , et a La Rochelle une compagnie pour étendre leur commerce avec les pays du Nord. Les ricliesses qu'il produisait aux Flamands étaient telles, que les villes de Gaud, d'Ypres et de Bruges sollicitèrent et obtinrent du roi d'Angleterre Edouard III, un sauf-conduit en laveur des vaisseaux et des marchands castillans, catalans et mayorquins qui faisaient le voyage en Flandre (4). Une autre

(1) Ordoonanee de 134S, titre Sdy loi 5o. (M.F.dsNav.) (9) Ordonnance de 1S48 , titre Ba, loi 5r. (Idem. >

(3) Ordonnance de i34/|, chap. i3. (Idem.)

(4) Dictionnaire géographique et historique des prov. Bas- Hques, art. Saint-Sébastien , tom. II , p. 3i3 et S 22.

Capmany, Mém» de Barcelonne.^CoU, diplom., 64, copié de Rymer, tome U, part, IV, p. 7a. (Idem* ) TOM£ 1. 4

5o INTKODUCTION.

preuve de la réputation de notre marine , à cette

époque , c'est le soin que uiettaient les rois de France i se procurer des bàti^ens castillans pour former leurs esiçadres et défendjr^ l^vil^ États (i). Alphonse fit reconnaître çiir- jla c^ 49 Çantabrie, par des experts du pays^ la Tf^tJÊ 9U bassin d^ Saint-SçJi>astien Qt le canal di| P^iMg^^ pour fixer les lieux les plus coniniodes et les pli^ abrités où les l,4ti4^cQs pusseï^; avec plus de sûreté; il accorda aux hi^bit cette ville 1^ faveur d^e pe pas payer à Sé,Y^lg plus que n'y payaient les Génois et Jes BayQjgi^ nais, et il prit à son compj;e tpu^l^.q^f^riats SOyauB^e dai|^ Le^but d'^a appliquer les produits ^ la conservation et à i'augipenitgtion de s^s forces maritioies. (a), hyrv ltti1iriTTif|1[tjtyp| tjjtjj jours l'honneur du pavillon castillan , surtout df^s.les gloriçu^es bataille^ f^n^^n1^f^^y^||||jflp contre la flotte du roi de Maroc, en t ÎÉ^^Sntre celle du>r9i de Portug4, ^ daa&,^^j^i^,4;^tres actioipflunémoratftes du qâi^çe^^^^-gésiras.

§. XYI. Alphonse XL laissa la marine espa-

(1) p. Daniel, Histoire de la milice française ^ liv. XIV , chap. 4. (M.F. dsNav.)

(2) Dictionnaire géographique et historique^ aiL Saiat^Sé-'

basticii , p . 3 2 . ( Idem . )

INTRODUCTION. 5i

gooiç 4$ins un tel état de prospérité , que l'auuée mémé de sa mort, le roi d'Angleterre disait que les Espagnols voulaient s emparer du domaine âihi mer, ce que portaient à croire les prises et les insultes qu'ils faisaient aux navigateurs anglais. Ce prince, supposant qu'ils avaient iprmé le projet d'anéantir la marine anglaise, à^tama des négociations et s'occupa de concilier les différends qui existaient entre les marines des dîla nations. 11 y parvint l'année sniiPAnte, et conclut à Londres un traité avec les plénipotentiaires 4e3 villes maritimes de Castille et de Biscaye (i) ; ce qui prouve encore que le commerce <8y#fliftl»anoe maritime ne se bornaient pas aux seuls ports de l'Andalousie. Don Pedro fut te| | }<|Bi jW>r:roi de Castille qui, d'après l'observation d'Ortiz de Zuniga (2) , s'embarqua sur des hjllflfiyqyis desa marine, et commanda en personne réexpédition navale, avec laquelle il se présenta i^d^mil^^^çelonne à la tète de quarante-une galères, quéttrê*Vingts vaisseaux (3) , trois galiotes

(1) M. Llaguno a extrait ces documens de la collection de Rymer, dam les additions aux notes de la Chronique du roi don Pedro , 5BS et suiv. ( M< F. db Nav.)

(2) Annales de Sévillc, liv. YI, année i356, n** i, où ces expressions sont copiées d'un Mémoire contemporain, ( /c^ )

(3) Le texte espagnol porte le mot naos , (]ue nous avons

5'i INTRODUCTION.

et quatre chaloupes (i). Trois galères de cette flotte avaient héaftiboins été fournies par lé i^i de Greuade, et dix par celui de Portugal, auquel appartenait auâsi Tune des trois galîotes (2). Plus lard il s'embarqua sur une autre flotte de sept galères et de six vaisseatik, quUl fit éqtit|»^r à la hâte, à Séville, pour |X)ursuivre une flotte du roi d'Aragon tpii allait au secours dit roi de France , et q!ii avait violé la neutralité dè^^sâ cotes en capturant à Saniucar, sous ses mèmes\ deux navires de Plaisance, .dàrgii^ d'huile pour Alexandrie il s embarqua aussi

traduit ici, et en plusieurs anrres endroits, par le terme générique vaisseau ^ quoique les bàtimeDs indiqués par cette expression espagnole fussent à peine, au tëmps dont il s'agit , de la force de nos frégates actuelles de. moyenne

grandeur. ( De V.*.l. )

(i) n y a, dans le texte espagnol» ienosf c'est h aqm d'une espèce de liAlinient qui n'est plus en usage » et qui

était à peu prc's de la jjrandeur de nos petits chassemarée ou de nos chebecs. Nous n'ignorons pas que chaloupe traduit mal lena; mais» de tous nos anciens noms de bâtimensy nous n'en avons pas trouvé qui approdiât davantage* {Idem,)

(aj Chrontqtutdu rtddon Pedro ^ aimée 1359, cfaap. tu y I $ et suijr. (M. F. de Nav. )

(3) Ortiz de Zum^a, Annaks ^ liv. VI^ année 1356, n* I".

Chromque du roi don Pednf, année 1 356 ^ chap. 7. {I^)

à Bermeo , et poursuivit avec quelques vaisseaux le comte don Telle, qui fuyait la mort qui le menaçait (i). Sou affection pour la manne et pour tout ce qui y avait rappoi t était telle, qu'il allait souvent assister à la manœuvre des bàtiraeiis, et à la pèche du thon (a). Les bijoux qu'il fit faire à Séville , en forme de vaisseaux, prouvent encore son inclination pour la marine, qu'il soutint et fit respecter en encourageant le commerce inté- \ rieur et extérieur de son royaume. Aux cor<tes de ValladoHd, en iSSi, il exempta de l'impôt pour rentretieii des fossés les villes maritimes qui fourniraient des galères armées pour le service royal (3). Si l'on devait juger de la prospérité de la Castille par l'immensité des trésors qu'accumula ce monarque , on pourrait en iuiérer que sous son règne , celle de ce royaume était parvenue au plus haut degré; mais quoiqu'une grande partie de ses trésors provint de son patriuioine particulier, la richesse publique ne laissa pas néanmoins de s'accroître par le produit con-

(i) Chronique du roi don Pedra , année 1 358 , chap. 4.

(M. FdbNav.)

(a) Ords de Zuniga , jinnaêes , liv. VI , année i356 , n^ t .

Chron. eàt roi don Pedro , ann. i356 , ch. 7 et il. (Id. )

(3) Gortès de i35i 1 pétilions 40 et 48. {Idem,)

sidérable des droits et des édlltributi^M; pair

la quantité d'or et d'argent qui circulait dans ses Él^ts (i). Il s'emparti de toute la fortuné%l des biens des illustres victimes qu'il sacrifiait aux eiiifx>rtemetis dé sou caractère féroce. C'est ainsi qu'il en agit avec Éléonore, reine d'Aragon, et a^ Isabelle sa bru , si Ton peut toutefoii^^ rapporter au témoignage de don Pedro Lopez de Ayala. Cet auteur et lès bistortens^mo^^ content également que Abu-Saïd, surnomnié Mabomet Barberousse, roi de Grénade, étant venu à Sérille en grand appareil , et suivi d'uû noDubreux cortège, apporta ses joyaHx les plus prédeiix en énieraudes, en rubis et en perles fines ; des tissus d'or et de soie , des draps magnifikjues ; une grande quantité de doubles d'or; dès chevaux superbes, de riches caparaçons, et des amies parfoitement travaillées. Son but était de gagner l'esprit duKol et la faveur de ses ministres, afin qu'ils le maintinssent sur son trône; mais il iîit assassiné de la main même du roi don Pedro, qui s'empara de toutes ces richesses, de quelques unes desquelles il fit mention dans son testament (a). Une des grandes preuves de l'état pros-

( I } Semper , mstoire du Luxe , part. I , chap. 7 , p. 1 35.

(M. F.DKliâV.)

(2) Chron, du roi don Pedro ^ ann. i362 , ch. 3, 4 > S ^ ^*

Condc, Histoire des Arabes ^ tom. III, chap. 17. {Jd.)

père des arts à Sé ville, ce sont les bijoux déjà cités plus haut, dont la fabrication était parfaite* Don Pedro laissa à sa fille Constance une galère d'argent; à nà iille Béatrix un vaisseau d'or enricbi de diamans et de perles fines , et deux colliers de pierres précieuses et de perles cTune extrême grosseur; enfin y à son fils don Juan , l'épée castillaiic garnie de diamans et tic perles fines, et en outre les grofipsèii/ sommes d'argent et la quantité de joyaux et de diamans dont il parle dans le même testament. On infère aussi de ce document que le commerce de ces productions de TOrient se faisait par le moyei^ des Maures de Grenade , qui venaient en pèrsonue ou envoyaient des marciiauds italiens les ▼Itidre à Séville.

§. XYU. Sous les deux règnes suivans la ma- Hilflï'iéimillaile conserva sa puissance et aug«> monta sa gloire, spécialement dans la bataille navale livrée sous T^a Rochelle. Douze galères de Gastille, avec le secours de l'artillerie employée pour la première fois sur mer (i) , y détruisirent trente-six vaisseaux anglais, et capturèrent, outre leur amiral, huit mille hommes et le riche trésor qu'ils conduiraient £lles allèrent ensuite porter la terreur sur les côtes d'Angle-

(j) VoycSy à la fin^ la note 3.

terre, où elles commirent des hostilités avec autant de succès que de valeur (i). De semblables avantages, remportés contre les escadres por« tugaises sur le Guadalquivir et sur le Tage , à son embouchure, contribuèrent à la conclusion de la paix entre les deux couronnes (a). Ces succès indiquent que les élémens de la prospérité natritime de la Castille, tels qua la protection et les encouragemens donnés à son commerce, soit intérieur soit extérieur, n'avaient point en* core cessé d'être nm à profit dans ce royaume. On en trouve la preuve dans les dispositions des cortès de 1371, qui facilitaient le trafic des marins des ports de Castilie, de Biscaye, de Guipuscoa, avec ceux de la Galice et des Asturîes (3). Pon Juan V suivit le même système, ét les victoires qu'il remporta sur les flottes de Portugal, en i38i et en 1 384 > le convainquirent de la sagesse de sa conduite (4). Sa politique et sa

(1) Chronique de Henri il ^ année 187 1 , chap. 10; et année 1374) chap. 9.

Discours sur les proprés de la^ navigation en Espagne, p. 32 et suiv. ( M. F. 1» If ay. )

(2) Chronique dt Henri II, aiiiiue 1370, chap. 5j et année 1873 , chap. 5, 6 et 7. (Idem,)

(3) Ciortèsde 1371 , p^titiûii 3i. (Idem,)

(4) Chrofdque de don JuanV* ^ année i38i y chap. 4 ; et année i384 9 chap. 7 et 8. (Idem.)

générosité brillèrent dans l'ambassade qu'il envoya au Soudan de Babylone pour en solliciter la liberté du roi d'Arménie (i). Il donnait ainsi aux princes de l'Orient une idée du pouvoir et de la magnanimité des rois de Castille, et ouvrait pour ses sujets de nouvelles routes au commerce, à la civilisation et aux sciences. Enfin par le traité avantageux qu'il conclut (2) pour le mariage de son fils aîné , depuis Henri III , avec Catherine, fille du duc de Lancastre (3), il assura la paix et arrêta les vues ambitieuses des Portugais (4). Cette princesse ayant, selon quelques écrivains , apporté d'Angleterre , comme partie de sa dot , des troupeaux de mérinos (5) dont la laine s'améliora infiniment dans notre climat, il

(1) Même chronique , année i38o, chap. 6; et année i383 , chap. 9 , 3 et 4. (M. F. de Nav. )

(2) Ce traité fut arrêté en i387,à Bayonne, et confirmé l'année suivante par les États de Castille ; mais le mariage n'eut lieu que sur la fin de i393. (De V...l. )

(3) Et de Constance , l'une des filles de don Pedro-le- Cruel. . (Idem.)

(4) Chronique de don Juan I^^ , année 1 387 , chap. 6 et 7; et année i388, chap. 1 etsuiv. (M. F. de Nav.)

(5) Salazar de Mendoza , Dignités de Castille, liv. III, chap. a 3.

Florez, Reines catholiques, tôm. Il, p. 696.

Don Joseph-Antonio Conde , dans son Histoire de la Domination des Arabes en Espagne, tom. I, chap. 94, en

s*établît une nouvelle branche de commerce qui donna naissance à nos fabriques de draps, dont

parlant du zèle avec lequel Albakem, roi de Cordoue, mort en 976 , encourageait la prospérité de son royaume , dit que plusieurs communes s'adoiiiuiicnt à 1 éducation des bestiaux 9 et surtout à celle desbétes à laine. Leurs pasteurs les faisaient passer successivement d'une jpnrrince à «ne autre, et leur procuraient, par ce moyen, dans chaque saisou , la commoditi^ des pâturages , auxquels ils donnaieut ainsi le temps de se renouveler. Dans la mesaifa^ ou saison d'été» ils condubaient leurs troupeaux sur les hauteurs toujours fraiclies , exposées au nt)rd et au levant , et revenaient à la fin de la saison pour la mesta {^) ou quartiers d*bi- Tér y vers les duAnps abrités du midi ou du couchant. Ces Arabes , ajoute-t-il , se nommaient mcedmot.^ errans on n<H mades,et il est facile que, de l'altération de ce nom, sf soit formé celui de nos mérinos. Cette judicieuse observation de M. Gonde détruit les étymologies bizarres qu'on a voulu donner aux mots mesta et mérinos^ et prouve que , 4 > > ans avant Tarrivée en Espagne de la reine Catherine, les ' Arabes espagnols mettaient d^à en pratique la transhmua" don ('^*)des troupeaux , et connaissaient 5 par conséquent , l'amélioration et la perfection qu'elle fait acquérir aox laines. * (M. F. de Nav,)

(*) Ob mot a {tlaneim aatros ttgaificstioas connues do» perscnnes qvi OUI babtlé TEspagno on ont étudié ce pays , et que nom» croyons ianlile d'expliqaer ici. ( Di V...1.. )

(**) Le mot fraocais transmigration rendant mai l'espagnol trashufuacion, il nous a pani plus convciiaiilt' do franciser ce dernier, dont l'étyinologie tuute la,tuic le rendra d'ailleurs intelligible à tout le monde.

INTRODUCTION. Sg

les progrès , suite dé la protection qu'elles trouvèrent dans le gouvernement, furent bientôt pour la nation une source de richesses; mais ces guerres heureuses et ces traités avautageux causèrent en même temps des dépenses si considérables , que les sujets étaient accablés par Pénormité des impôts:

§. XVIIT. Henri ru, recueillant le fruit de la* politique de son père, allégea ce fardeau, et fixa un système d'économie et de modération en harmonie avec celle de son caractère. 11 honora particulièrement les sftyans; et il disait souvent que les sages conseils de Solon ne lurent pas moins utiles atnc Athéniens que les armes victorieuses de Thémistocles (î). Il ne fut pas moins habile qu'heureux dans le choix de ses ministres et de ses conseillers ; il sut se concilier Tauiitié des grands potentats; et pour connaître les mœurs, les lois et le commerce des pays les plus éloignés, -il envoya des ambassadeurs à leurs 30Uverains, et entre autres à l'empereur des Turcs fiajazet y au Soudan de Babylone , au prêtre Jean, maître de rinde (a) ; au grand Tameria», auquel il envoya une seconde ambassade avec de riches présens* Les nouveaux ambassadeurs se ren-

(1) Gil Gonzalez d*Avila, Uàtoire de Henri III , chap. 5.

( M. F. DK lÎAV. )

(2) Voyez la note i placée au bas de la page aS.

6o INTRODUCTION.

dirent à Gonstantinople, d'où ils passèvent aux rives de TEuphrale, en Arménie, en Perse, puis dans llnde , qu'ils parcoururent jusqu'à Samarkand, où ils trouvèrent Tamerlah^ qui mourut à C€|tte époque (i); ils purent ainsi donner k leur retour des renseigneiuens exacts sur ces pays, ce qu'ils firent dans. leur Itinéraire, dont on di^t depuis à 1 luipnmerie la facile et publique jouissance (a). Tant de connaissances venues du dehors, et la protection que recevaient les arts à rintériçur, les rendirent florissans à Sé* ville, à Tolède et en d'autres villes, où la trempe • excellente des armes, le travail exquis des bijoux et la fabrication parfaite des dr aps firent rivaliser ces produits avec ceux de l'étranger^ s'ils ne les surpassaient pas. L'abondance générale douua ridée de nouveaux besoins, épura le goût et augmenta dans toutes les classes le luxe ^ pour la répression duquel de nouvelles lois coactives

(i) Gonzalez d'Ayilz^ Hisioine de Henri HT, chap- 71.

(M. F. deNav. )

Tainerlan, que les historiens orientaux appellent Timour- Beig ou EnUr^Timmtr^ et le& Chinois Tiei-Moii'Sul ^ mourut le tft février i/|o5 , dans la ville d'Otrar, où une fièvre violrrjte i'avait obligé des'arroter, lorsqu'il était en marche |iour aller faire la conquête de la Chine. ( B, L. R. )

(3} Argote de Molîna le publia à Séville en i582 , In-foL, et S. E. don Ëugcnio de Llaguno le fit réimprimer , en 17S2, iii-/|°. (M. F. DjaNAy.)

INTRODUCTION. 6i

furent impuissantes (i). T.e Roi, en confirmant les privilèges de Bilbao, supprima certains droits qui entravaient son commerce avec les peuples voisins (2). Henri III fut le premier roi de Castille qui, pour exciter parmi ses sujets la construction navale et le commerce, donna cette fameuse loi (3) qui ordonnait que les vaisseaux desnatiu'elsdeson royaume fussent préférés pour tous les frets et chargemens , aux bâtimens des autres nations, même parles négocians étrangers établis en Espagne. Cette prospérité des arts et du commerce fit conserver à la marine militaire la prépondérance qu'elle avait acquise, et le Portugal éprouva sa puissance, lorsque, rompant imprudemment les trêves conclues, il entreprit une guerre qui dura trois ans, et dans laquelle, après avoir vu ses forces maritimes détruites et ses côtes saccagées par Tamiral de Castille don Diego de Mendoza, il se vit réduit à demander la paix ou la continuation de la trêve (4). Les entreprises hardies de don Pedro Nino donnèrent une semblable leçon aux Maures dans la Médi-

(1) Semper, Histoire du Lture, tom. I , chap. 7 , p. 171.

(M. F. DE Nav.)

(2) Chronique de Henri III, année i393, chap. 21, 2e note de l'éditeur. . ( Idem. )

(3) Voyez-la dans son entier, dans Tappepdice à la Collection diplomatique, a. [Idem,)

(4) Gonzalez d'Avila , Hist. de Henri III, ch. 54- ( j

6a lî^TRODUCTlON.

teiTanée, et aux Anglais dans FOcéan^ loMque, détruisant leurs villes maritimes y i\ battit et cap^ tara leurs vaisseaux dans les ports mêmes qui les défendaient. L'expédition aux Ganarieâ^, que les uns rapportent à Tau i393, et d'autns à iSgg (i) y fut d'une plus grande importance à l'égard du sujet que nous traitons. Quelques Andaloux et d'autres aventuriers de Biscaye et du Guipuacoa s'associèrent à Séville, et équi«v' pèrent avec la permissiun de Henri 111, une es^ cadre de cinq yaisseaux, avec lesquels-iU reconnurent une partie des côtes d Afrique et les îles Forte Ventura, Caearie , de £er, Gomèra et Téné« rife. Tombant ensuite sur Lancerote, ils en saccagèrent tous les endroits peuplés , ârent prisonniers le Roi , la Reine et cent soixante-dix habiCaos de cette ile, et après y. avoir diargé leurs vaisr seaux de cuirs , d'animaux et de dre , ils revin*- ^ rent à Séyille, où ils retirèrent l^eaucoii|^ d'ar* gent de ces marchandises. Us informèrent le Roi de la facilité de la conquête, et tirent ainsi naître chez d'autres l'avide désir d'entreprendre des expéditions aussi luçrativas. Loirsque Jean de Bé^ tancourt fit, quelques années après, la conquête

(ij Chronique de Henri IJI^ année 1S93 > chap. ao. Gonsales d'A.viia, Histoire de Henri ///, chap. 79. Cet < auteur , Ortis de Zuniga et Yiera , placent en 1 899 les €véncniens arrivés dans ces îles. ( M. F. de N av. )

INTRODUCTION. 6'i

de ce8 ileS) sur les renseignemens que lui avaient

donnés certains aventuriers français , qui les «piilili «visitées avec l'espagnol Âlvaro Becerra, y^eiiiiit hommage , ainsi quo cela eijL c<J|istant, ^iy^(i|il^^^astille Henri III , lui demanda sa prot^tîg^^^.^Qju secours cl des provisions; et, après hPMI^^e ce prince^ il renouvela à YalladoUd, le af> jL^u j4* ce serment et cet acte de vas- 44lg|isM^ci%|eulem à Jean II son successeur,

cummc il suu sm^ueuv ^nzei am , pour les îles

ft^HOT^ tj^p t. coaqilises qu'à conquérir (i ) ^ mais

encore à la reine C.atherine, en sa qualité de m^miK et tulipe du Jtiloi. Xi. est certain que sans deft secours aussi poîssans Bétancourt n'aurait vau^cie la J^isi^ce des insulau*es, cakmr-ileir inquiétudes r€t: apaiser les querelles dy^>4^^4Qp|^pagu^ns et qompatrioies (2). Ce qu d ji^at de plus remai^quable, c'est que les côtes di Afe fc ^ iHeit de^. .visitées autérieureinent par loi ><M i iB itu riem noranands jusqu'au cap Sierra- . 45.)»^ iigifii:gat latteution de Bétancourt, màne aviv$,<^-il eût terminé la -conquête

(1) Vitffj , Histoire des Canaries , liv. VJI , a.

( M. F. DF. Nav.

(3} yicra, Histoiiv des Canaries, iiv, III, §§ 29, 34 et 36; et Uv. IV, S- ^ (Idem. )

(3) Il est situé à 8* 3o' N. lat. 6« 65' long. O. de Çndix.

des ties. Avec une frég^ite montée de quinze

hommes il parcourut ic cap Cantin jusqu'au ûeuye.^'Or (i ) ^ qui est par^elà .le cap B^fih dor (^)j ût quelques captifs, acquit des renseignemeuft sur les ports, et projeta de coasln^iffie une forteresse pour mettre le pays à ùàÊ0Êli3Ê9h tion, ce qui éveilla les soupçons et même, les craintes du roi de Fez, au point qit'il^iiilh posa un armement pour envahir iesJUes (3). Lis Castillans ne cessèrent pi^.dej^ea iiwterT'atiAill à leur navigation dans ces parages qu xis furent redevables de connaiss^noe&^teudues ^ d»m(^ taines possessions sur les côtes d'Afrique. •

Page 1