OBSERVATION I
MM. Lereboullet et Faure-Beaulieu ont soumis le malade de l'observation 1 à l’opothérapie hypophysaire. Ils ont pratiqué celle-ci sous forme d’injections sous cutanées d'extrait bhypophysaire Choay; chaque ampoule correspond à o gr. 05 d'extrait, soit à un demi-lobe postérieur d’hypophyse de bœuf.
Pendant près de deux mois, chaque injection est suivie d'une baisse considérable du taux urinaire : de 7 litres en moyenne, il tombe dans les vingt-quatre heures suivantes à 2000, 1500 et 1000 centimètres cubes. Si l'on compare la courbe de ces deux mois d’opothérapie hypophysaire à celle des mois précédents, le contraste est d'autant plus frappant que celle-ci se faisait remarquer par une égalité des plus régulières. q
Cette action inhibitrice sur la polyurie est chaque fois peu.
durable, car dès le nycthémère suivant un crochet brusque
* deflacvurbe)la faitrebondir au miveaurprimitif. Cependant, ekifaisant des'injections par série de trois joursiconséeutifs, séparés par vingt-quatre heures d'abstention, Îles sommets intercalaires de ‘la ‘courbe iquütidienme «de diurèse ‘sem- Blaient tendre à baisser, tendance qui, ‘du/reste,nesiestrpas maintenue. | Toutefois, depuisile:r7imars 1914 on a ‘fait ‘des ‘injections quotidiennes ‘ét la quantité d'urine retombée à {la monmale ‘depuis icétte date, s'y estmaintenue:déjà depuis deux mois, Voici, dans ses moïndresdétails, l'influence des'‘injections et la façon dont ils procédèrent. A 11 heures du matin, après avoir fait uriner le malade on pratique lapremière injection. L'après-midi le mala&e m'éprouve ni le besoin d'uriner ni celui de boire, ce qui ne s'était jamais produit chez lui “spontanément. Al est délivré :de là :soif-coutumière qui oblige:à ingérer environ 2:litres depuis de ‘repas de midi jusqu! au soir. La première .miction,-après l'injection hypophysaire, a lieu vers ro heures du soir. Puis le malade dort toute Ja nuit sans uriner une.seule fois, ce qui est pour dui tout à fait insolite, jusque vers 8 heures du main. L'urine . de ces deux :mictions ‘est.de couleur normale, ou même un peu,plus foncée que normalement.Puis vers 9 heures ou 9h. 12, c'est:à-dire environ vingt-deux heures après, d'injection, survient une nouvelle miction dont l'urine & récupéré -complètement.l'aspect;pâle, presque incolore et Pabondanee des urines habituelles du malade. Lawoif, jusqu'alorstapaisée, réapparaît, :mais deux àtrois heures après la reprise de la diurèsa ; la polydipsie s’accuse aussi nettement-sous la dépendance: della polyurie.
Pendant toute!la durée-des ‘injections le malaüe ‘stbit ‘an
changement complet de son ‘état général. D'apathique, il devient :gai et plus entrain ; à sa somnolence-habituelle fait place un délassement général. Plus d'insomnie nocturne, l'appétit est revenu On ne le voit plus en quête continuelle de se procurer de l'eau pour assouvir une soif continuelle.
La pression artérielle, mesurée par ces-mêmes auteurs, ne donne pas des différences bien marquées avec ce qu'elle est dans,la-normale. Tout.au plus 1/2 centimètre d'écart. Moilà ce-que l’on constate avec l’appareil de Pachon : elle oscille Ænire,11 (pression.maxima)iet"7 :pression-minima).
Quant auxurinesanalysées par M. Deflius, elles montrent une concentration assez .accentuée en ce qui concerne les substances dissoutes éliminées dans les vingt-quatre heures. Mais.comparativement à la raréfaction des urines, elle est peumodifiée.
On pourra comparer à titre d'exemple les éliminations
urinaires.
5 février. — Volume.8.000 centimètres cubes.
NaCI par litre...... 1534 Par:24 heures......... 10/72 Urée — RAS? AE RON ONE REP AINIRRE . 13,60 ER 0 2. 0,26 21087 PL ENEENS ÉRESRE VER 2,06
23 février. — Volume 1.300 centimètres cubes.
NaGI par fitre Pa 4,66 Par heures......... 5,93 ne. 0 asie 27. TT PL D rh ES stti ut, 9,32 LE TPE NE PET 0,05 FPT LORS ENARE PA 1,23
Dans lemmême nyéthémère, après lmjection, les variations :de ‘couleur set d'abondance de Purine,:selon «que :le . malade‘estmeore sous Pimfluence de l'extrait hypophysaire ouque:cette influence s'est épuisée, se traduisent par les
variations suivantes dans leur composition.
4 mars. — 1° Urines émises jusqu’à 8 heures du matin.
Uréé'par'hire ire PRE MR 5361
2° Urines émises de 9 heures à 11 heures.
Uréc'parhtres. CL na 08
NaGi Rss es ee ES NO |
La constante d'Ambard fut recherchée sur notre malade par le D' Vaucher. Le 14 mars, jour de polvurie,-elle était de 0,058. Le 18 mars, jour d’oligurie provoquée par l’opothérapie, elle mesurait 0,065. Ces deux chiffres sont, on le voit, sensiblement normaux et nos résultats confirment les constatations de MM. Aubertin et Ambard.
On pourrait objecter que ces variations si régulièrement constantes de la diurèse après chaque injection, sont la conséquence de simulation ou d’auto-suggestion ; celles-ci pouvant,à la rigueur chez un potomane névropathe, arriver à réfréner l’excrétion urinaire par un apport moindre, volontaire ou non, de liquides ingérés.
Mais l’état psychique du malade semble bien équilibré, ce qui ne nous permet pas d'accepter une semblable hypothèse. Chaque fois qu’on cesse le traitement opothérapique, il se remet à uriner des urines claires et abondantes avant de se remettre à boire, l'écart entre ces deux reprises est de quelques heures.
Voici, consignées en un tableau, les quantités d’urines émises journellement pendant la durée du traitement. Il est facile d'y voir l’action bienfaisante de l’opothérapie hypophysaire etla différence des résultats obtenus suivant le
produit employé.