Extraits de Presse médicale. Paris,3 et 14 mars
Une dernière classe de diabète insipide est celle du diabète d’origine nerveuse. Il est des cas où cette origine nerveuse est indiscutable, tels ceux qui surviennent à la suite d’un traumatisme portant sur l'extrémité céphalique, coup violent amenant souvent des hémorragies ou des ramollissements cérébraux avec perle de connaissance. Mais les lésions ne sont pas toujours siluées dans la profondeur de l’'encéphale, il peut tout aussi bien s'agir d’une altération périphérique de cet organe. Ce n’est pas toujours immédiatement après le choc que l’on voit s’installer la polyurie, mais quelquefois celle-ci n’apparait que vers le cinquième ou neuvième jour après l'accident, comme l’a constaté Dieulafoy.
Il est encore une particularité de diabète d’origine nerveuse ; c’est celui déjà cité plus haut, que l'on rencontre chez les dégénérés. Ils se présentent avec des stigmates plus ou moins nombreux de dégénérescence, microcéphalie, asymétrie faciale, gracilité du corps, cryptorchidie, malformation des mem: bres, signes d’imbécillité. La plugart du temps on le trouvera aussi chez des impulsifs ou des monomanes. Ces diverses lares se rencontrent souvent dans le diabète insipide de l'enfant.
Les diabètes d’origine névropathique peuvent se voir au cours de la maladie de Basedow et surtout de l’hystérie. [l en est enfin qui semblent tirer leur origine d'actes purement réflexes. M. Debove nous a fait connaître des polyuries ressortissant de névralgies telles que les sciatiques ; on peut les voir
survenir encore dans certaines affections douloureuses de la vessie, de l’utérus, dans la péritonite tuberculeuse, le mal de Pott, etc.
Plus récemment on a ajouté à ces diverses classes de diabète insipide les diabètes d’origine hypophysaire, qu'ils accompagnent une acromégalie plus ou moins fruste, ou bien qu'on les rencontre au cours de l’infantilisme congénital ou acquis.
C’est ce dernier ordre de faits que nous envisageons ici en essayant de montrer par des observations diverses le rôle de l’hypophyse dans la genèse de certains diabètes insipides.